lundi 31 mars 2014

R.P. Frédéric William FABER : Le service de Dieu


R.P. Frédéric William Faber (1814-1863) : Le service de Dieu

Il y a vingt-quatre heures dans le jour, tant de jours dans une semaine, tant de semaines dans l'année. Nous avons des occupations variées et plusieurs manières d'employer notre temps ; le plus insouciant doit avoir au moins quelque notion générale et confuse de la distribution qu'il a faite de ce temps. Nous savons que le service de Dieu est la grande chose, ou plutôt qu'il est la seule chose autour de nous qui ait une vraie grandeur. Quelle partie de notre temps lui consacrons-nous ? Combien d'heures par jour donnons-nous à la prière, à la lecture spirituelle, à l'assistance à la messe, à la visite du Saint-Sacrement ou à d'autres exercices directement spirituels ? Du temps nécessairement réclamé par les obligations de notre état ou les devoirs de la société, quelle partie se passe avec quelque souvenir de Dieu ou avec une intention actuelle de faire nos actions ordinaires pour sa gloire ? Pouvons-nous donner à ces questions une réponse satisfaisante ? En outre, nous savons que nous n'aimons pas Dieu comme il faut si nous ne le mettons pas au-dessus de tout. Notre conduite prouve-t-elle que cette maxime est pour nous autre chose qu'une phrase vaine ? Un étranger qui suivrait d'un œil critique nos actions de chaque jour serait-il forcé de convenir que, quelles que soient d'ailleurs nos imperfections, il n'est rien que nous estimions à l'égal de Dieu ? Quand nous portons l'examen sur les intérêts et les affections de notre cœur préoccupé d'affaires, est-il clair pour nous que si Dieu n'y règne pas sans partage dans sa solidaire splendeur, du moins, il y prend sans difficulté le premier rang parmi les autres amours ? Ce n'est pas exiger beaucoup, et cependant pouvons-nous l'affirmer ? Nos actes intérieurs ou extérieurs sont presque aussi nombreux que les battements de notre pouls ; combien en est-il qui soient pour Dieu ? Je ne dis pas qui soient directement religieux, mais qui d'une manière quelconque soient pour Dieu ? Quand même nous serions sûrs qu'une intention virtuelle nous a donné réellement assez de vigueur et de vitalité pour nous soutenir pendant un jour tout entier à travers la multitude de choses que nous avons eues à penser, à dire, à faire et à souffrir, - et certes c'est là une concession assez large, - croyons-nous que cet acte produit le matin nous dispense de penser davantage à Dieu, et ne doit-il pas avoir été formé avec une bien grande intensité, pour persévérer ainsi pendant vingt-quatre heures, malgré les résistances du milieu dans lequel se passe notre vie ? Pour me servir d'une locution toute nationale, sommes-nous vraiment confortables en ce point ? Sommes-nous sûrs de la manière dont nous entendons l'intention virtuelle et comment nous a satisfaits par le passé l'application de notre théorie ?

Dieu ne fait pas librement sa volonté dans le monde ; ce qu'il obtient, c'est par la lutte qu'il l'emporte ; or, ce qui est vrai du monde en général l'est aussi de notre propre cœur. Quoique nous aimions Dieu, et très sincèrement, il lui faut disputer notre amour à la tyrannie de nos affections terrestres ; les préférences de notre nature corrompue ne sont pas pour lui ni pour ce qui le concerne. Ainsi, il arrive chaque jour que ce qu'il veut se trouve en opposition avec ce que nous désirons ou ce qu'exige le monde ; il nous faut opter, sans cesse notre libre élection doit choisir entre Jésus et Barabbas, est-ce toujours à Dieu que nous donnons la préférence ? Ou si quelquefois les surprises, les premiers mouvements, l'impétuosité, la faiblesse nous égarent, n'est-ce jamais avec malice, délibération, parfaite connaissance, que nous ne donnons à Dieu que la seconde place ? Dans les innombrables occasions où ce conflit se présente, combien de fois la victoire est-elle à Dieu ? Et même dans ce cas est-ce une victoire facile, et n'a-t-il pas à faire longuement le siège de nos cœurs, à appeler renforts sur renforts de grâces nouvelles jusqu'à ce qu'enfin il semble en appeler à sa toute-puissance pour amener notre volonté libre à se rendre ? Quant au degré d'application que nous apportons à ce que nous faisons pour Dieu, quel contraste entre notre négligence et la prévoyance, l'énergie, la persévérance avec lesquelles nous poursuivons nos intérêts ou les objets terrestres de notre amour ! Avons-nous lieu d'être satisfaits des résultats de notre examen ?

Toutes ces questions sont, il est vrai, puériles et tout à fait élémentaires ; mais ce qu'elles nous ont appris nous afflige plus que ne l'a fait le tableau de l'ignorance, de l'aversion et de l'indifférence de la grande masse des hommes ; car, puisque nous professons être les champions de Dieu, notre place devrait être à son côté. Nous vivons environnés par sa grâce comme par l'air que nous respirons, nos intelligences sont éclairées par les splendeurs de la céleste vérité, nos cœurs reposent dans la douce captivité des mystères victorieux de l'incarnation, notre vie trouve mille douceurs dans les sacrements, et chacun de nous est le centre d'un monde tout entier d'invisibles grandeurs et de miracles spirituels. Et malgré tout cela, la recherche minutieuse que nous venons de faire nous force à reconnaître que la mesure de notre amour est bien petite. Méditons là-dessus dans les ténèbres de Gethsémani, sur la voie de la croix, en présence des abandonnements du Calvaire ! Considérons-le à la lumière de l'immense amour de la création dont nous avons déjà contemplé la munificence prodigue, l'incomparable tendresse et la miséricorde en quelque sorte exagérée ! Est-ce donc là tout le retour que le Créateur peut attendre de sa créature même quand elle est sainte, bonne et fidèle ? Est-ce donc là toute la part de Dieu dans le monde, son paradis de délices, la portion de son empire où sa souveraineté est encore reconnue ? Bonté du ciel ! Mais nous sauverons-nous si nous continuons de la sorte ? Sommes-nous réellement en état de grâce ? Toute notre vie spirituelle n'est-elle pas une illusion ? Et ne sommes-nous pas, après tout, les ennemis plutôt que les amis de Dieu ? Oh, non ! La foi vient à notre secours ; tout est bien, quoique vraiment tout soit mal ; nous sommes certainement dans la voie du salut, et nous répétons ce que nous avons redit maintes fois par jour : quel Dieu est le nôtre ! Quelle incroyable patience, quelle indulgence sans limites, quelle incompréhensible facilité à se contenter de si peu ! Que la honte du moins nous excite à faire davantage pour Dieu et à l'aimer d'un amour un peu moins infiniment différent et éloigné de celui avec lequel nous ne pouvons, quoi que nous fassions, l'empêcher de nous aimer.

[…]

Nous sommes de toutes parts environnés de mystères ; nos rapports avec Dieu en sont pleins : notre froideur et son amour, sa longanimité et notre insolence… Nous ne savons ce qui est le plus étrange, le plus inexplicable. Si nous considérons attentivement combien peu nous aimons Dieu et de quelle manière nous le lui témoignons, nous serons forcés de reconnaître que les hommes n'accepteraient pas les uns des autres un pareil service ; ils le rejetteraient avec mépris, ils le regarderaient comme une insulte. Un père déshériterait son fils, un ami romprait avec son ami le plus tendre si on répondait à leur amour comme nous répondons à celui de notre Père céleste. Cependant c'est le Dieu éternellement béni à qui, étant ce qu'il est, nous osons, étant ce que nous sommes, offrir ce semblant moqueur d'adoration ! Va-t-il ouvrir les cieux, lancer sur nous ses traits enflammés, nous annihiler à jamais, pour que nous ne soyons pas plus longtemps la honte de son admirable création ? Ou bien rejettera-t-il notre service avec indignation ou du moins avec une dédaigneuse indifférence ? Nous ne comprenons pas aisément pourquoi il ne le fait pas ! Mais, tout au contraire, il daigne accepter et récompenser notre pitoyable affection, et ses récompenses et ses bénédictions nous égarent ; car nous commençons à mesurer nos mérites d'après la grandeur de ses récompenses et non d'après leur bassesse réelle ; nous croyons l'avoir traité avec une grande générosité dont sa munificence même est la preuve, tandis que, au contraire, nous trouvons qu'il demande beaucoup de nous ; notre esprit ne voit plus ses droits, notre cœur ne les sent pas. Et Dieu voit tout cela, et il n'en témoigne rien, non qu'il soit insensible à notre ingratitude, mais parce qu'il ne veut même pas la voir. On ne peut concevoir d'amour plus tendre que celui du Très-Haut qui a prédestiné de toute éternité, puis tiré du néant les objets de son choix et de sa prédilection. Cependant Dieu ne paraît pas sentir notre froideur et notre perversité ; il paraît, au contraire, priser ce que nous lui donnons et jouir de sa possession. Il voulait davantage ; il avait posé d'autres conditions, il demandait plus qu'il n'a obtenu, mais il ne se plaint pas, et ne pouvant faire accepter ses conditions, il se contente des nôtres.

Est-il possible que ce soit de Dieu que nous osons parler de la sorte ? Pourquoi nous tous, ses enfants, ne formons-nous pas une ligue pour consoler son cœur ? Et vous, anges du ciel, pourquoi votre adoration de sa divine majesté ne se change-t-elle pas toute en larmes ?


R.P. Frédéric William FABER, extrait de "Le Créateur et la créature ou les merveilles de l'Amour divin", trad. par M. l'abbé de Valette, Paris, Ambroise Bray, 1858


Saint INNOCENT de MOSCOU (ou d'ALASKA)

Saint Innocent (+ 1879)
Il naquit dans un petit village près d’Irkoutsk en Sibérie. Il se montra très brillant dans ses études et très habile pour les travaux manuels de menuiserie aussi bien que d’horlogerie. Il continua ainsi jusqu’à ses derniers jours à travailler de ses mains. Elevé au sacerdoce peu après son mariage, il lui fut demandé de devenir missionnaire en Alaska. Après un voyage de 14 mois, il entreprit de convertir les Aléouts dont il apprit la langue et pour lesquels il traduisit les textes liturgiques et les Evangiles, composant ainsi la première grammaire de leur langue. Il eut fort à faire devant l’opposition des chamanes. Il construisait lui-même ses églises. Il fonda des écoles, fournissant aux élèves des manuels en russe et en langue tinglit, rédigés par lui. Venu à Moscou pour le Saint Synode, il apprit à ce moment la nouvelle de la mort de son épouse. Il confia ses six enfants à l’Eglise et fut consacré évêque pour le Kamtchatka et l’Alaska. Il parcourut son nouveau diocèse partageant la vie des indigènes dans des tentes en écorces de bouleau. Il apprit le yakoute et continua ses voyages au coeur du désert sibérien malgré le blizzard et la neige. Il obtint d’abord deux évêques pour le seconder. Appelé à devenir métropolite de Moscou et primat de l’Eglise russe, il organisa la Société Russe des Missions, allégea les formalités bureaucratiques de l’Eglise. Bien que devenu, aveugle à cause des journées passées sur la neige, il continua à célébrer de mémoire la Sainte Liturgie, remettant son âme à Dieu quelques instants avant l’office de Pâques.



St. Innocent of Alaska (1797–1879)
by Jenny Schroedel
St. Innocent (John) was born on August 26, 1797 in Russia. His father was a church server, and died when John was only six years old. John attended seminary, married and was ordained a priest in 1821.
Two years later, when he was twenty-five years old, he volunteered to take his family to the rugged Alaskan island of Unalaska. He traveled 2,200 miles over the course of a year with his mother, his wife, infant son Innocent, and brother Stefan. They finally arrived at Unalaska — a volcanic, windswept island — on July 29, 1824.
There, he and his family dug an underground hut for the family to live in, similar to the ones the natives inhabited. Fr. John also created a school for the locals were he integrated his growing knowledge of the local culture and customs into his lessons about Christianity. He also began work on a church and a pine home with wood from Sitka and trained members of his parish in carpentry so that they could assist him. Over the years, he built furniture for his home, as well as clocks and musical instruments for friends and family.
For the next ten years, he traveled by kayak, dogsled, reindeer, and ship to serve more than a thousand Russians and native Alaskans spread over ten different settlements. Out of his devotion for the local people, he translated many hymns and services into their native tongues, as well as creating an alphabet and translating portions of the Bible. He also wrote the first book in Aleutian: An Indication of the Pathway into the Kingdom of Heaven.
In 1838, when Fr. John was visiting St. Petersburg and Moscow to consult with church authorities about his work in Alaska, he received word that his wife had died. He wanted to return to his children immediately, but was persuaded to become a monk by Church authorities. As a monk, he took the name Innocent.
In 1940 he became a bishop and continued his missionary work. He continued to devote himself to the local people, traveling between the islands and working on translations of the services and scriptures into the local Yakut language. On November 19, 1867 he was appointed the Metropolitan of Moscow. He continued to care for the Church in Russia and America. He suggested that the Russian Church in America be based in San Francisco instead of Sitka, and he expressed his desire that the services would be translated into English, that the clergy would speak English, and that Americans would be encouraged to become priests. His prayerful desire and tireless efforts helped seed what is now known as The Orthdox Church in America.
He died on March 31, 1879. He was canonized on October 6, 1977. He is commemorated on October 6 and March 31.
To read more about Eastern Orthodox saints in America, try Portraits of American Saints, compiled and edited by George A. Gray and Jan Bear (from Diocese Council and Department of Missions Diocese of the West Orthodox Church in America, Los Angeles, California, 1994). This unique, readable book offers vivid profiles of contemporary American Eastern Orthodox saints and provided valuable source material for this chapter.



His Grace, Bishop Innocent (Veniaminov) of Alaska

Equal to the Apostles of North America

(1797-1879)


Saint Innocent (secular name: John Evseyevich Popov-Veniaminov) was born into the family of a church server on August 26, 1797 in the village of Anginskoye, Verkholensk District, Irkutsk province. In his fifth year he was already receiving instruction in reading and writing from his ailing father, who died in August 1803.


In 1807 the future bishop entered the Irkutsk theological seminary, subsisting on a meager state grant. In 1817, a year before completing his studies at the seminary, he married, and on May 18 of that year was ordained deacon of the Church of the Annunciation in Irkutsk. Upon graduation from the seminary in 1818, Deacon John Veniaminov was appointed a teacher in a parish school, and on May 18, 1821 he was ordained priest to serve in the Church of the Annunciation.

Father John Veniaminov served only two years in that parish, but in this short time was able to win the deepest respect of his parishioners by the purity of his life, his conscientious celebration of divine services, and his pastoral zeal.

But the Lord did not intend Father John Veniaminov to fulfill God’s call in Irkutsk. Divine Providence led him onto the path of apostolic service in the distant Aleutian Islands.

At the beginning of 1823, Bishop Michael of Irkutsk received instructions from the Holy Synod to send a priest to the island of Unalaska in the Aleutians. However, no member of the Irkutsk clergy was prepared to volunteer for this arduous mission. Then Father John Veniaminov announced his willingness to devote himself to pastoral service on these distant islands.

In later life Saint Innocent would recall how after an inner struggle he had said: “Blessed be the name of the Lord!” and was consumed by a burning desire to devote himself to the service of people ignorant of Christ, but, according to eyewitnesses, eager to hear the teachings of the Gospel.

On May 7, 1823 Father John Veniaminov departed from Irkutsk for his new home accompanied by his aging mother, his wife, his infant son Innocent, and his brother Stefan. Their journey was long and exceptionally difficult. It took them more than a year to travel from Irkutsk to the island of Unalaska, which they finally reached on July 29, 1824.

It was from this point in time and place that the man who in his own lifetime became known as “the apostle of America” began his indefatigable apostolic mission, a mission that was to last almost half a century. His apostolic feats were achieved in the severest climatic conditions constantly fraught with mortal danger.

After he and his family had made their home in a wretched earthen hut, Father John Veniaminov undertook as his first task the construction of a church on the island, and set about studying the local languages and dialects. He trained some of the islanders to be carpenters, metalworkers, blacksmiths, bricklayers and stonemasons, and with their assistance in July 1825, he undertook the construction of a church, which was consecrated in honor of the Ascension the following July.

Father John Veniaminov’s parish included not only the island of Unalaska, but also the neighboring Fox Islands and Pribilof Islands, whose inhabitants had been converted to Christianity before his arrival, but retained many of their pagan ways and customs. Their new spiritual father often had to travel from one island to the other, battling through the stormy ocean waves on a fragile canoe, at enormous risk to his own life and limb.

His travels over the islands greatly enhanced Father John Veniaminov’s familiarity with the local dialects. In a short time he had mastered six local dialects, and selecting the most widespread of these, he devised for it an alphabet of Cyrillic letters, and translated into that dialect the Gospel according to St. Matthew, as well as the most frequently used prayers and hymns. These were so successfully adopted by the local populace that they soon displaced the shamanic chants. The zealous missionary waged a vigorous campaign against the vicious practices of the natives, and soon succeeded in eliminating them.

Father John Veniaminov’s first translations, the Catechism and the Gospel According to St. Matthew, appeared in Aleut(Fox Island dialect) in 1828. He also wrote an article in this language, The Indication of the Way into the Kingdom of Heaven and compiled a grammar for this Aleut dialect. Father John Veniaminov’s zeal was not confined to the propagation and affirmation of Orthodoxy amongst the Aleutians, and so in 1829, with the blessing of Bishop Michael of Irkutsk, he undertook a journey to the American mainland, to Nushagak, where he brought the word of Christ to the inhabitants of the Bering seacoast, and baptized those who believed.

In November 1834, Father John Veniaminov was transferred to Sitka Island, to the town of Novoarkhangelsk. This opened up to him a new and broader field of missionary activity amongst the Tlingits (or Kolushchans), who had not previously been missionized, due to their firm allegiance to pagan ways.

In Sitka, Father John Veniaminov devoted himself body and soul to the illumination of the Tlingit people, having first assiduously studied their dialect, mores and customs. His linguistic labors were crowned with great successes here too, and bore fruit in the composition of a scholarly work, Notes on the Kolushchan and Kodiak Tongues as well as Other Dialects of the Russo-American Territories, with a Russian-Kolushchan Glossary, the publication of which was greeted as a great event in the scholarly world.

In contemporary descriptions of Father John Veniaminov’s fifteen-year missionary service on the islands of Unalaska and Sitka, he was likened to St. Stephen of Perm. His sound judgment and common sense earned him access to the coarse, but simple and good hearts of the local people. The truths of Christ’s teaching were conveyed to them in accordance with their mental development: they were instructed in an atmosphere of total freedom of belief, and the truths were not forced upon them. Father John Veniaminov patiently waited until people manifested a desire to be baptized. A school was built for the local children, and he provided it with readers and textbooks that he composed and translated by his own hand into the local dialects, and he was their teacher. After leading them into the light of the Gospel, he instructed them in various crafts and trades, he even taught the Tlingits how to vaccinate. This approach won him the trust of the stubborn pagans. Father John Veniaminov’s contemporaries record that the natives loved their teacher and illuminator like a real father, since he was indeed both benefactor and father, teacher and patron to his spiritual children that he had saved for Christ.

In his fifteen years of missionary activity in the Aleutian Islands, Father John Veniaminov was led by his increasing familiarity with the problems of missionary work to the conclusion that a successful development of missionary service in these areas demanded, first and foremost, the construction of many new churches, the founding of a permanent mission in the American north, the appointment of clergyman and missionaries, and the establishment of a deanery under a diocesan bishop.

This article is adapted from the English translation of the Act ot the Holy Synod of the Russian Orthodox Church published in the Journal of the Moscow Patriarchate, English Edition, Issue 1, 1978.





Innocent of Alaska, Enlightener of North America and Apostle to Alaska, was a Russian Orthodox priest and bishop. He is known for his missionary zeal, his great abilities as a scholar and linguist, and his leadership and administration of the Church in Alaska and the Russian Far East in the nineteenth century. He was elevated to archbishop in Alaska and was later appointed Metropolitan of Moscow and all Russia, an office that he held until his death in 1879.
Innocent was born Ivan (John) Evseyevich Popov-Veniaminov in 1797, into the family of a church server in the village of Anginskoye in the Verkholensk District of Irkutsk, in the Far East of the Russian Empire. His father died when he was six years old. In 1807, John entered the Irkutsk Theological Seminary, completing his formal studies in 1818. He married in 1817, and later that year he was ordained to the diaconate. On the completion of his studies he was appointed a teacher in a parish school, and in 1821 he was ordained priest.

In 1823, Bishop Michael of Irkutsk received instructions to send a priest to the island of Unalaska, in the Aleutian archipelago. John volunteered for the mission and set off with his wife, his infant son, his aging mother, and his brother Stefan. After an arduous journey of a year’s duration, they arrived in Unalaska in 1824. He immediately set about his study study of local languages and dialects and began his work of evangelisation that would last for fifty years and would lead to his becoming known as “the Apostle to Alaska”. Living at first in an earthen hut, he trained the local people as carpenters, blacksmiths, and bricklayers, and with their help he built a church for them.

His parish included not only Unalaska, but the neighboring Fox Islands and Pribilof Islands, whose inhabitants had converted to Christianity before his arrival, but who had retained many of their pre-Christian practices. Father John traveled between the islands by canoe, braving the sometimes stormy waters of the Gulf of Alaska. His travels between the islands acquainted him with many of the local dialects. Choosing the most widespread of these, the Aleut dialect of the Fox Islands, John devised a Cyrillic alphabet for it and, using this alphabet, translated the Gospel of Matthew and many hymns and prayers, which were published in 1840 with the blessing of the Holy Synod of the Russian Orthodox Church.
In 1829, with the blessing of the Bishop of Irkutsk, he traveled to the Bering Sea coast of the Alaskan mainland and preached to the people there. By 1836, his missionary journeys extended as far south as the (Russian) Ross Colony north of San Francisco, where he conducted services in its small, wooden chapel. In 1834, John was transferred to Sitka Island, where he devoted himself to the Tlingit people and studied their language and customs. Despite their adherence to their own customs and traditions, he converted many of them to Christ. His studies at Sitka produced his scholarly works, Notes on the Kolushchan and Kodiak Tongues and Other Dialects of the Russo-American Territories, with a Russian-Kolushchan Glossary.

In 1838, Father John traveled to St Petersburg, Moscow, and Kiev to report on his activities and to request an expansion of the Church’s activities in Russian America. While there, he received word that his wife had died, whereupon he requested permission to return to Sitka. Instead, church authorities suggested that he take vows as a monk. At first he ignored these suggestions, but in 1840 he made his vows, choosing the religious name Innocent in honor of Bishop Innocent of Irkutsk. On December 15, 1840, Archimandrite Innocent was consecrated Bishop of Kamchatka and the Kuril Islands (in Russia) and the Aleutian Islands, with his see located in Novoarkhangelsk. He spent the next nine years in the administration of his diocese as well as in missionary work, undertaking several long journeys to remote areas. In 1850 he was elevated to archbishop, and in 1852 the Yakut area was added to his diocese, leading to his taking up residence in the town of Yakutsk in 1853. Innocent traveled frequently throughout his much enlarged diocese and devoted himself to the translation of the Scriptures and liturgical materials into the Yakut (Sakha) language.

In 1865, Archbishop Innocent was appointed a member of the Holy Governing Synod of the Russian Church, and in 1867 he was appointed Metropolitan of Moscow and All Russia, succeeding his friend and mentor, Filaret. As Metropolitan, he undertook revisions of the Church’s texts to remove errors, raised funds to improve the living of priests, and established a retirement home for priests.

He died on March 31, 1879, and was buried at Troitse-Sergiyeva Lavra. In 1977, the Russian Orthodox Church, acting on the formal request of the Orthodox Church in America, declared Innocent a saint. His relics were discovered during at excavation of the cemetery near the Church of the Holy Ghost at Troitse-Sergiyeva Lavra in 1994 and are now venerated by the Orthodox faithful both in Russia and in America.

In one troparion for his commemoration, the faithful proclaim
You evangelized the northern people of America and Asia,
Proclaiming the Gospel of Christ to the natives in their own tongues.
O holy hierarch Father Innocent,
Enlightener of Alaska and all America, whose ways were ordered by the Lord,
Pray to Him for the salvation of our souls in His Heavenly Kingdom!


(prepared from various sources)
The Collect

Holy and immortal God and Father, you blessed your people by calling Innocent from leading your Church in Russia to be an apostle and light to the people of Alaska, and to proclaim the dispensation and grace of God: Guide our steps, that as he labored humbly in danger and hardship, we may witness to the Gospel of Christ wherever we are led, and serve you as gladly in privation as in power; through Jesus Christ our Lord, who lives and reigns with you and the Holy Spirit, one God, to the ages of ages. Amen.

dimanche 30 mars 2014

Saint PIERRE REGALADO, religieux franciscain


Saint Pierre Regalado

Saint Pierre Regalado naquit à Valladolid en l’an 1390, de parents nobles et riches des biens de la terre, mais plus riches encore du bien inestimable de la vertu. Il reçut au baptême le nom de son aïeul. L’enfant pouvait à peine connaître ses parents quand la mort vint lui ravir son père, pour l’introduire dans le céleste royaume, qu’il avait mérité par une charité sans limite. Dès lors tout le soin de son éducation retomba sur sa mère, Marie Castanilla.

Elle s’en acquitta avec le zèle qu’on pouvait attendre d’une femme aussi profondément chrétienne que sincèrement dévouée au bonheur de son fils. Elle s’appliqua à inculquer à cette jeune âme les principes d’une piété solide. Souvent elle le prenait avec elle quand elle allait se confesser au couvent de Saint-François. L’exemple de la mère déposait dans le cœur de l’enfant de précieuses semences qui ne devaient pas tarder à germer. Il aimait à la voir fréquenter les sacrements, et lorsqu’elle s’approchait de la Table-Sainte, il sentait dans son âme innocente des désirs enflammés de se nourrir du pain de vie.

Marie de Castanilla n’oublia pas non plus de faire donner à son fils l’instruction que réclamait sa noble origine, car elle le destinait à une brillante carrière. Mais Dieu avait des vues plus hautes sur le jeune Pierre. Celui-ci entendait parfois des voix intérieures qui l’appelaient à la vie monastique. Ayant pris conseil de ses directeurs, il résolut de se mettre au nombre des fils de saint François, bien qu’il n’eut alors que treize ans. Il était l’unique fils de sa mère, et c’était sur lui que reposaient les espérances d’une illustre famille.

Mais ces pensées humaines ne furent pas capables de toucher cette grande chrétienne. Sacrifiant son fils avec allégresse et générosité, elle fit elle-même toutes les démarches nécessaires pour faciliter son admission.

Le jeune novice – Sa profession

Pierre prit bientôt l’habit franciscain, et son noviciat commença. Il fit de tels progrès que les religieux ne furent pas longtemps à reconnaître le précieux trésor dont ils étaient enrichis : ils avaient plus à apprendre du novice que le novice de son Père maître. Saint François était la règle et le modèle de toutes ses actions. Pendant tout le cours de son noviciat qui dura un an, jamais il ne se relâcha sur un seul point de sa première ferveur. Aussi son admission à la profession ne souffrit-elle aucune difficulté : il prononça ses vœux à l’âge de quatorze ans : les règles canoniques le permettaient à cette époque.

Le jeune religieux profès, se considéra dès lors comme chargé de tous les emplois pénibles et difficiles. Il éprouvait une joie toute particulière à soigner ses frères malades, et si les infirmités étaient plus rebutantes et les malades plus exigeants, c’était une nouvelle raison de se donner plus généreusement.

Mais comme le relâchement inséparable de la faiblesse et de la misère humaine s’était introduit même dans le sévère institut de saint François, Pierre ne trouvait pas le stimulant ni les moyens nécessaires pour imiter la vie pénitente de son saint Patriarche. Il gémissait en secret de cette situation, mais n’osait entreprendre une vie plus austère, de peur de se singulariser. Dieu entendit les soupirs de son cœur. Depuis longtemps déjà il préparait à son serviteur ce qu’il désirait si ardemment.

Pierre de Villacreces et la réforme

En effet, à l’époque où notre Saint se signalait par de si beaux débuts, une nouvelle lumière se levait sur le monde. C’était la réforme franciscaine entreprise par quelques religieux fervents et désireux de rétablir dans toute la rigueur primitive l’observance de la règle de saint François.

C’est pour cette raison qu’on leur donna le nom d’Observantins. Ils commencèrent par se retirer dans les solitudes et les forêts, afin de préparer dans une vie pénitente, la rude et difficile mission qu’ils entreprenaient. Le plus célèbre d’entre eux, en Espagne, fut Pierre de Villacreces ; c’était un religieux d’une sainteté et d’une science remarquables. Au moment où saint Pierre Regalado prononçait ses vœux, il y avait déjà vingt ans qu’il vivait dans une caverne, loin de tout commerce humain. Quand il en sortit, il se présenta au monde dans un habit si pauvre, et avec un visage si décharné, qu’il n’avait plus d’un homme vivant qu’une faible apparence.

Une première fois qu’il voulut s’établir avec quelques religieux dans l’ermitage de Notre-Dame de la Solcéda qui lui paraissait propre à ses desseins. Il fut obligé de l’abandonner, on ne sait pour quel motif. Il lui fallait donc chercher de nouveau un endroit convenable. Dieu lui-même se chargea de l’indiquer.

Couvent d’Aguilera

A quelques temps de là, les habitants d’Aguilera, village situé entre Aranda et Roa, dans le diocèse d’Osma, avaient aperçu dans les airs des lumières miraculeuses, des globes de feu descendant du ciel. Ils portaient le fait à la connaissance de l’évêque, qui reconnut à ces indices que Dieu s’était réservé ce lieu pour quelque dessein de sa providence. Il fit donc bâtir un ermitage et une chapelle que desservit un prêtre séculier. Le bruit de l’événement miraculeux arriva aux oreilles de Villacreces, et sa première pensée fut de demander à l’évêque d’Osma, son proche parent, la cession de cet ermitage. Le prudent prélat, qui connaissait la solide vertu du réformateur et le besoin que les Frères Mineurs avaient de la réforme, ne fit aucune difficulté, et prit même l’entreprise sous sa protection.

Pierre Villacreces et Pierre Regalado

Pendant qu’il négociait ainsi, Villacreces cherchait à s’attacher des religieux fervents. Dans ce but il vint à Valladolid. La vue de cet homme de Dieu remplit tous ceux qui le virent, d’étonnement et d’édification. Il allait pieds nus, pauvrement vêtu ; il rappelait le temps de saint François, et son exemple prêchait plus que ses paroles la réforme qu’il désirait établir. Dans les couvents, beaucoup de religieux souffraient du relâchement général et n’attendaient qu’une occasion favorable pour embrasser la réforme. Saint Pierre Regalado était à leur tête.

Quand il sut que Villacreces avait la permission du Général, d’admettre dans sa compagnie tous les religieux qui voudraient l’imiter, il alla le trouver ; il lui exposa ses intentions et le supplia ardemment de l’emmener à l’ermitage où il se rendait. Le réformateur apprécia du premier coup d’œil la grande vertu de ce jeune homme, et conçut les plus belles espérances au sujet des entreprises qu’il pouvait établir sur un aussi solide fondement ; il l’admit donc avec beaucoup de joie.

Il entre dans la réforme

Pierre Regalado se mit en route avec lui, et peu de jours après ils arrivèrent à Aguilera : toute leur communauté se composait de quatre religieux, y compris le Père Villacreces. Celle-ci reçut leur vœu d’obéissance et leur donna de ses mains le sac qui devait être le nouvel habit des réformés : puis ils se déchaussèrent.

Le réformateur étant ensuite allé rendre compte de ce qui s’était passé, à l’évêque d’Osma, celui-ci en demeura si édifié qu’il fit agrandir le petit couvent de manière à ce qu’il put servir de résidence à douze religieux. C’était le nombre fixé par Villacreces lui-même. Plus tard saint Pierre Regalado abolit cette règle.

Notre Saint passa dans ce couvent d’Aguilera les onze années suivantes, adonné à l’exercice de toutes les vertus et pratiquant d’effrayantes austérités. Sa nourriture se composait d’un peu de légumes mal assaisonnés : ses jeûnes étaient continuels, car pendant longtemps il observa les neuf carêmes, dits de saint François, qui comprenaient presque toute l’année. Le reste du temps il jeûnait encore souvent au pain et à l’eau ; et jamais il ne se permit de prendre le soir la plus légère collation. Le dimanche seulement il avalait deux bouchées de pain afin de rompre le jeune, par respect pour ce saint jour.

Son assiduité à la prière n’était pas moins remarquable. Il arriva à un tel degré de contemplation que les ravissements et les extases lui étaient familiers. Quand son esprit était ainsi fixé en Dieu, une céleste splendeur entourait son corps. Elle était si brillante qu’elle fit croire plus d’une fois que le couvent brûlait. Un jour, on accourut même d’un village voisin, Gumiel de Mercado, distant de plus d’une lieue, pour éteindre l’incendie imaginaire. Sa ferveur dans l’oraison se trahissait par une grande abondance de larmes : à la fin il fut même obligé de porter un linge sur son bras pour pouvoir les essuyer.

Cependant au milieu de tous ces exercices de piété, Pierre trouvait encore le temps d’étudier et de se préparer à recevoir le sacerdoce. La théologie fit ses plus chères délices. Une fois prêtre, il manifesta au dehors toute l’ardeur et la charité qui consumaient son cœur pour le salut des pécheurs. Sa parole opérait des merveilles dans les âmes. C’est à partir surtout de ce moment que l’on put dire qu’il vivait plutôt au ciel que sur la terre. Il n’avait plus de désir que pour la vertu.

Il passe au couvent d’Abrojos

En 1415, saint Villacreces qui vivait encore, le prit avec lui pour aller fonder un nouveau couvent à Abrojos, qui se trouvait relativement assez proche d’Aguilera. Cette fondation se fit dans une pauvreté extrême. Souvent on n’avait pas d’huile pour la lampe du Très-Saint-Sacrement : on manquait aussi de livres pour chanter la messe. Villacreces disait alors à ses religieux que la pauvreté est une huile qui brûle avec une clarté bien plus vive que celle de la terre, en même temps qu’elle exhale une odeur plus suave que les parfums ; et il ajoutait que si l’on ne pouvait chanter, il fallait pleurer et gémir en attendant les célestes harmonies.

C’est dans ce couvent que Pierre reçut l’office de portier. Comme son cœur compatissant ne pouvait voir une misère sans chercher à la soulager, il fit de telles aumônes que les religieux finirent par murmurer et avertirent le supérieur. Un jour, une pauvre veuve, privée de tout secours humain, et chargée de trois enfants encore en bas âge, vient frapper à la porte. C’était l’heure du dîner. Pierre court au réfectoire où étaient rassemblés les religieux, et prend précipitamment de nombreux morceaux de pain, qu’il met dans le pan de son habit. Il se dirigeait déjà vers la porte quand le supérieur l’arrêtant : « Frère Pierre, lui dit-il, vous êtes bien empressé : qu’avez-vous dans le pan de votre habit ? » Le Saint se troubla, mais reprenant aussitôt son calme habituel : « Mon père, ce sont des roses que je vais donner à une pauvre femme qui en a besoin. » - « Montre-les de suite, » répliqua le supérieur, Pierre ouvrit alors modestement sa robe, et tous purent voir avec admiration des roses plus belles que celles qui s’épanouissent dans les jardins de la terre. Le supérieur lui dit alors : « Allez, mon frère, au nom du Seigneur et donnez ces roses à la pauvre femme : désormais distribuez tout ce qu’il vous plaira, car c’est pour cela que la divine bonté est si libérale à notre égard.

Cependant Villacreces s’occupait avec le Saint de rédiger des règles qui assurassent la permanence de la Réforme. En 1417 Villacreces put en porter la rédaction au concile de Constance. Deux bulles favorables accordèrent tout ce qu’on avait sollicité. Il leur était permis de prendre les constitutions établies par saint François lui-même au couvent de Sainte-Marie-des-Anges ; on devait surtout chercher la pauvreté dans les édifices. Le silence, l’abstinence devaient être perpétuels. Les religieux jeûnaient depuis la Toussaint jusqu’à Pâques : ils ne boiraient pas de vin. Le vendredi ils jeûnaient au pain et à l’eau : le lundi, mercredi, et samedi, ils y ajoutaient quelques légumes : les autres jours ils se permettaient un peu de poisson. Le sel et le poivre devaient être absents de leur table, et le pain qu’ils mangeaient devait avoir été quêté de porte en porte. Qu’il fut blanc ou noir, dur ou tendre, disent les constitutions, il faut le manger avec joie. Mais quand tout aliment manquait, et que le frère économe venait déclarer ses fonds épuisés, on avait recours à la sainte patience, jusqu’à ce qu’il plut à Dieu de secourir ses serviteurs. Tel était le régime de vie ordinaire des Réformés. Cette austérité forte et généreuse formait les saints, et dans les deux couvents dont nous parlons, il serait facile d’en énumérer plusieurs qui édifiaient les populations environnantes.

Jamais saint Regalado n’avait goûté plus douce paix ni plus grand bonheur. Il va sans dire qu’il savait comme tous les saints renchérir sur ce que la règle demandait à tous les religieux.

Mort de Villacreces – Regalado élu vicaire

Cependant son frère spirituel jouissait de l’œuvre due à ses travaux et à sa ferveur. Désormais la Réforme était fondée, et il avait de dignes auxiliaires qui sauraient fort bien la maintenir. Sa mission était terminée ; Dieu l’appela à lui et récompensa ses mérites en le mettant en possession de la gloire des bienheureux. Pierre ressentit cruellement la perte de son Père spirituel : sa sérénité habituelle se troubla même quelque peu. Sa vertu bien connue, son admirable prudence, la sévérité avec laquelle il gardait la rigueur de l’institut, enfin tout l’assemblage des vertus nécessaires pour poursuivre l’œuvre commencée, firent que tous les religieux jetèrent les yeux sur lui. D’un avis unanime ils le désignèrent pour succéder à leur supérieur défunt. Le Saint accepta le gouvernement comme un fardeau que Dieu plaçait sur ses épaules pour procurer le bien de l’Eglise et de ses frères. Doux et affable pour ceux qui pratiquaient l’humilité, il se montrait d’une sévérité inexorable pour les rebelles et les orgueilleux : aucun vice ne l’exaspérait autant que l’orgueil. Son exemple montrait le chemin et rendait suave le joug du Seigneur.

Jamais il n’usa de chaussures, et ses voyages ne furent jamais pour lui une raison d’omettre ses jeûnes accoutumés, ni de se dispenser de l’oraison : toujours il les faisait à pied. Il défendit avec une constante ardeur les droits de la nouvelle réforme qui eut beaucoup d’ennemis dès ses commencements. Ils le firent beaucoup souffrir, mais sa patience triompha des humiliations comme des calomnies et des persécutions.

Ses vertus et ses miracles

Dieu savait aussi le récompenser des efforts généreux qu’il tentait pour procurer sa gloire. Sa foi fut souvent récompensée par d’éclatants prodiges. Il était persuadé que Dieu le secourait toujours, dans l’accomplissement de sa charge, et lui donnerait les forces nécessaires. Un vendredi matin, après avoir présidé l’assemblée des frères, il quitta Aguilera, et avant midi, dans l’espace d’une heure, il arrivait à Abrajos qui se trouvait à quatorze lieues de là, et convoquait le chapitre.

Un autre jour, dans ses courses apostoliques, il se trouva arrêté par le Duero dont les eaux avaient grossi et comme il n’y avait pas de barque dans l’endroit, il fit le signe de la croix, étendit son manteau sur les eaux, et passa ainsi à l’autre bord.

Un jour qu’il prêchait à Quintanas, village peu éloigné du couvent, un jeune homme vint le trouver, et lui demanda très humblement l’habit de son Ordre. Le Saint y consentit, mais comme il ne devait rentrer à Aguilera que plus tard, il différa de le recevoir. « Mais, lui dit-il, dès ce moment vous pouvez vous considérer comme membre de la communauté, soumis à l’obéissance. » Or, pendant son absence le jeune homme mourut. A son retour le Saint vint réclamer son corps.

« Ce saint jeune homme est frère de mon Ordre, dit-il.

- Nullement, répliquèrent les parents : il a bien manifesté le désir d’être des vôtres, mais il n’a jamais reçu votre habit.

Le Saint connaissant combien l’intention du jeune homme avait été agréable à Dieu, leur répondit.

- Allez donc, ouvrez le sépulcre et vous verrez vous-mêmes s’il n’est pas revêtu de cet habit. »

On y courut et à la grande satisfaction de tous, le jeune homme qu’on avait enveloppé dans un linceul, se trouva en effet revêtu de l’habit franciscain.

Parmi les vertus de ce grand serviteur de Dieu, celle qui jeta le plus d’éclat, fut sans contredit sa charité. Les œuvres merveilleuses qu’il opérait pour le bien du prochain sont une preuve manifeste de l’incendie d’amour qui consumait son cœur. En quelque endroit qu’il trouvât un nécessiteux, il l’embrassait, le consolait, et ne le faisait partir qu’après avoir entièrement secouru sa misère. Si par hasard il rencontrait en chemin un pauvre malade, il le relevait avec douceur, et l’aidait à marcher. Mais si les jambes lui refusaient tout service, alors le Saint le plaçait sur ses épaules et l’emmenait au couvent où il lui prodiguait les remèdes et les soins, jusqu’à ce qu’il fût complètement rétabli. Pour toute récompense, il ne demandait à l’indigent que la faveur de lui baiser les pieds.

Il avait aussi une extrême compassion envers les pauvres lépreux : il les assistait encore avec plus de soin : il baisait leurs plaies dégoûtantes, et souvent le ciel récompensa l’ardeur de sa charité en accordant la guérison à plusieurs de ces malheureux.

En récompense d’une vie aussi sainte, Dieu se plaisait à favoriser son serviteur du don des miracles.

Une nuit, après le chant de Matines, il ordonna aux religieux de revêtir les ornements sacrés, et précédés de la croix et du bénitier, il les conduisit au bord du Duero qui coulait près de là. Les religieux muets d’étonnement, ne pouvaient s’expliquer une détermination aussi étrange, mais il y avait à peine quelques instants qu’ils étaient sur la rive qu’ils virent venir à eux le cadavre d’une femme qui s’était précipitée dans le fleuve pour défendre sa chasteté. Leur surprise cessa alors, et fit place à l’admiration. On retira le cadavre et on lui donna une sépulture honorable, en louant Dieu d’avoir révélé le fait à son serviteur.

Un autre jour la cloche appela les religieux au réfectoire : c’était l’heure du dîner. Aussitôt l’économe court avertir le Saint qu’il n’y a plus qu’une seule bouchée de pain dans le couvent. « Puisque le signal d’aller au réfectoire est donné, répondit-il, qu’on s’y rende. Dieu pourvoira à nos besoins. On venait de bénir la table, et les religieux étaient à peine assis, qu’on sonna à la conciergerie. Le portier y courut, et trouva une mule chargée de pain et de provisions. Après les avoir apportées au réfectoire, il revint à la porte, mais il n’y rencontra plus l’animal et malgré toutes les recherches qu’il fit, il ne parvint jamais à découvrir le chemin par lequel il était venu ni à connaître le conducteur qui l’avait amené.

Il serait trop long de raconter tous les prodiges que Dieu opéra par l’intermédiaire de son serviteur. Sa renommée s’étendit si loin que les personnes pieuses des pays les plus reculés se recommandaient à ses prières au milieu des plus grandes affaires et que toujours le succès répondit à leur confiance. Pleins de vertus et de mérites, le corps macéré par d’indicibles pénitences, l’âme enrichie des plus admirables dons de l’Esprit-Saint. Pierre allait bientôt jouir de la récompense due à ses glorieux travaux. Il laissait du reste la Réforme bien affermie.

Mort de saint Pierre

Au commencement du carême 1456, il tomba gravement malade, et comprit facilement que la maladie était mortelle. La perte d’un tel père jetait les religieux dans un extrême abattement : lui seul conservait un visage joyeux. Il les consolait et les exhortait à toujours persévérer dans la rigueur qu’ils avaient jusqu’alors pratiquée.

Il avait une invincible répugnance pour toute espèce de nourriture, de telle sorte qu’il lui était impossible de prendre aucun aliment. Le médecin désireux de lui offrir quelque chose qui put lui plaire à son goût, lui demanda un jour s’il mangerait bien une perdrix. Il répondit que oui ; mais sa réponse contrista tout le monde, car à cette époque on ne pouvait facilement le satisfaire. Or le médecin quittait à peine le couvent, qu’une perdrix poursuivit par un milan vint se réfugier auprès de lui. Il la prit et revint joyeux trouver le Saint. Saint Pierre reçut le petit animal, et tout en lui faisant de nombreuses caresses, il arrangea ses plumes, et lui dit : « Cher petit oiseau, Dieu t’a arraché des griffes cruelles de ton ennemi, sera-ce une raison pour que tu meures de mes mains ? Non, va, et loue par tes chants ton Créateur et ton Sauveur. » Et il la lâcha, au grand étonnement de tous ses frères qui admiraient la douceur de son esprit.

Cependant le mal empirait toujours et la mort avançait à grands pas. Saint Pierre voulut s’y disposer le mieux qu’il pût. Il demanda donc à recevoir le viatique. Quand le prêtre eut apporté dans son humble cellule le Dieu de l’Eucharistie, Pierre se leva sur sa couche, et d’une voix entrecoupée de sanglots demanda pardon à ses frères des scandales qu’il leur avait donnés. Ceux-ci pleuraient et protestaient qu’eux seuls devaient implorer ce pardon. Lorsque le moribond eut reçu la Sainte-Hostie, les religieux jugèrent que le moment était venu de lui administrer l’Extrême-Onction. « Non, répondit-il, attendez plutôt l’évêque de Palencia, c’est lui qui doit me rendre ce dernier office. » On lui obéit, et peu d’heures après le prélat arrivait et avait le bonheur d’assister un Saint à sa dernière heure. Quand il eut reçu l’Extrême-Onction, Pierre fit ranger ses religieux autour de sa pauvre couche et leur ordonna de commencer les prières pour les agonisants. Quelques instants après il leva les mains au ciel et expira doucement en disant : Seigneur, je remets mon esprit entre vos mains. C’était le trente mars : il était âgé de 66 ans.


Saint  Pierre Regalado est né à Valladolid en 1390. Il est le fils de Pierre Regalado et Marie de la Costanilla, tous les deux natifs de Valladolid. A 14 ans, il est reçu dans l’Ordre des Franciscains et va vivre à l’ermitage de La Aguilera fondée en 1404 par le Père Pierre de Villacreces, qui a commencé la reforme de l’Ordre en Espagne, en essayant de revenir au style de vie simple de Saint François et de ses premiers frères qui vivaient parmi les gens humbles des faubourgs des villes et des citées. Pierre Regalado fut un enthousiaste promoteur de cette façon de vivre. En habitant ce couvent il pt se consacrer à la prière, partager les besoins et les inquiétudes des gens simples de ces villages et annoncer la bonne nouvelle de Jésus. E1412 il est ordonné prêtre et célèbre sa première messe dans l’ancien ermitage (actuellement Chapelle de la Gloire). En 1415 il est nommé supérieur de ce couvent ainsi que de celui de l’Abrojo prés de Valladolid. Dieu le récompensa en lui donnant le don de la prophétie et du miracle. Il meurt le 30 mars 1456, il est béatifié en 1683 par Innocent XI et sanctifié le 29 Juin 1746 par Benoit XIV. Sa fête est célébrée le 13 mai jour du transfert de son corps à l’urne de la chambre où on vénère actuellement ses restes. Il est le patron des toreros pour avoir apprivoisé un taureau échappé des arènes de Valladolid, aux portes du couvent de l’Abrojo à Laguna de Duero (Valladolid).

HISTOIRE

Des évènements de grande importance historique se sont déroulés entre les murs du Sanctuaire. Il a été  visité par les Rois Catholiques, en particulier par la reine Isabel qui disait à son cortège: “entrez doucement, que vous marchez sur des os de saint”. Le Cardinal Cisneros, surmontant la résistance de la noblesse de Castille nomme, ici, héritier de la Couronne au prince Charles, futur Empereur Charles I d’Espagne et V d’Allemagne. Le même Cisneros, peu de mois avant de mourir à Roa en 1517, écrivit d’ici à l’ambassadeur en Flandres   Diego López de Ayala afin de  terminer les préparatifs du voyage du prince Charles, qui un an plus tard passera ici sa première Semaine Sainte espagnole. Ensuite tous les descendants de sa dynastie visiteront ce Santuaire: Philipe II, Marguerite d’Autriche et Philipe III qui passait de longne période dans la région avec son favori le Duc de Lerma, Philipe IV qui fut guéri par Pierre Regalado et qui est intervint personnellement à Rome pour accélérer son procès en canonisation. Mais c’est surtout la multitude de gens humble de ce terroir du Duero qui a écrit les plus belles pages de ce Sanctuaire et de son très aimé Saint Pierre Regalado.

 LE SANCTUAIRE

La Chapelle de la Gloire.- Elle fût édifiée en 1593 à la place du premier ermitage qui est à l’origine du sanctuaire. Elle a été construite par Juan López de Zúñiga, Duc de Peñaranda et Vice-roi de Naples sous le règne de Philipe II. Sur la gauche se trouve la dalle du premier tombeau du Saint, sur la droite une urne d’ébène, d’écaille et de cristal, au centre un gisant du Saint en albâtre, couronnement  du sépulcre que la reine Isabel demanda à la Comtesse de Haro, Doña Mencia de Mendoza de faire ériger.

Le reliquaire qui se trouve dans cette chapelle est un cadeau de Vatican au Duc de Peñaranda et contient des reliques de Saints du début du christianisme. Sur la sépulture des ducs on peut lire cette épitaphe:  Ici repose son Excellence Juan de Zúñiga Abellaneda y Bazan, Duc de Peñaranda, propriétaire et Comte de Miranda, par sa nièce et épouse Son Excellence Dª María de Zuñiga, dont le grand héroe fut gentilhomme de chambre de sa Majesté.

De son Conseil d’Etat et du Suprème de la guerre, Vis-roi et grand Capitaine du Royaume de Catalogne et de Naples, Président des Conseils Suprèmes d’Italie et de Castille. Mort le 4 septembre 1648. 

L’Église.-  Elle fut édifiée en 1438 par Saint Pierre Regalado et dédiée à l’Annonciation ; c’est ici que l’on ensevelit son corps. Incendiée en 1699, elle fût reconstruite en 1709. Le revêtement actuel lui donne une allure de style  renaissance et d’art toscan. La nef est surmontée par la taille d’un Christ du XVI siècle. De chaque coté du crucifix,  sous la voûte se trouve le symbole marial  du pot avec des lis, thème que se répète sous la coupole, dont les pendentifs sont décorés par quatre peintures représentant Saint François, Saint Antoine, Saint Diego et Saint Bonaventure. Sur les murs se trouve un portrait de Père Villacreces (1360-1422) et quinze  toiles ou serges, oeuvres de Frère Diego  de Frutos (XVIII s.) représentant des scènes de la vie de Saint Pierre Regalado et soulignant la ressemblance de Pierre Regalado et Jésus dans l´Evangile. Voici la séquence chronologique et thématique:

1. Pierre reçoit l´habit franciscain (1404) ; 

2. La prière ardente du Saint fait l´évêque Pierre de Castilla s´exclamer : « C´est vraiment la maison  de Dieu » (Domus Dei) ; 

3. Laissez les enfants venir vers moi ; 

4. Les aliments se transforment en roses ; 

5. Il s s´occupe  des malade et handicapés; 

6. Il ramasse le cadavre d´ une femme noyée pour l´enterrer ; 

7. Au milieu des railleries un enfant loue le saint ; 

8. Il apprivoise un taureau à Valladolid ; 

9. Il traverse la rivière  sur sa cape ; 

10. En compagnie des Anges ; 

11. Il visite  Fr. Lope e Salinas à Fresneda (Janvier 1456) ; 

12. Il reçoit l'Onction de l´évêque D. Pedro de Castilla et guérit  D. Diego Gómez de Sandoval, neveu du prélat (mars 1456) ; 

13. Il secoure un mendiant dès sa sépulture ; 

14. Pauvres et malades devant le sépulcre  du Saint ; 

15. La Reine Isabelle visite son sépulcre.
           
 Ces toiles datant du débout du XVIII ème s. font partie d´une grande production du franciscain Diego de Frutos, qui se partage entre ce Sanctuaire et le couvent de St. François  à Valladolid, démoli en 1863, et dont les œuvres ont été emmenées au Musée National de Sculpture de Valladolid. À l´occasion  de la canonisation du Saint en 1746  certaines de ces toiles ont été exposées au Vatican. En 2003-2004 le gouvernement régional de Castilla et León restaure toute la collection

 La Chapelle Baroque  (1692). Elle a étée construite comme chapelle funéraire, est un endroit riche de symboles.  Il s’agit de la sépulture d’un croyant, où la mort a étée vaincue par la vie.  Le dessus de ce sépulcre n’est pas une dalle froide mais une voûte ovale traversée par la lumière de la lanterne et des fenêtres  latérales inondées de couleurs. Les lunettes peintes sous la voûte ont été pour Saint Pierre Regalado d’autres sources de lumière et représentent Marie dans le mystère de son Assomption et  plusieurs Saints Franciscains  qui éclairent le chemin de Saint Pierre Regalado. Dans les fenêtres des symboles se rapportant à Marie comme l’Arche de l’alliance, La rose mystique , le palmier, la fontaine, la tour de David, le cyprès, le lys…

Les retables baroques , de l’école de Valladolid, (XVIII s.) débordent  de vie: Saint Joseph et Saint Antoine avec l’Enfant dans ses bras, la vie qui commencent, les colonnes remplies de grappes généreuses, les pilastres décorés avec des volutes en mouvements ascendant et qui s’ouvrent en forme de palmier, et surmontant le tout. Dans le retable principal l’ensemble de Saint Pierre Regalado témoin de l’expérience de Marie, la première croyante. Les anges dans une espèce de danse accompagnent  Pierre cheminant avec un bâton, pendant qu’un ange sur sa droite   lui porte le chapeau qui le protégeant du soleil et du vent.  Le désir d’aller au devant de ceux qui ont besoin de lui, lui donne des ailes. L’artiste a respecté deux objectifs: nous laisser un magnifique retable et nous permettre de voir l’urne qui garde les restes sacrés du Saint et qui se trouvent dans la chambre attenante.

Les cadres qui pendent sur les murs sont assez confus, ils représentent Saint Pierre Regalado priant, le passage du Duero sur la cape, les viandes transformées en roses, Ils sont de la fin du XVII siècle ou début du XVIII siècle.

La chambre (1692). La décoration de ses murs est remarquable. Trois toiles de l’école de Velázquez racontent trois scènes différentes:

·        La reine Isabel, la conquête de Granada terminée,  en laissant là son mari, revient en Castille. Elle vénère le corps du Saint enterré ici depuis 36 ans. La reine émue par l’état du corps du Saint souhaite garder une relique et veut donner au cadavre une sépulture plus digne. La Comtesse de Haro se chargera de sa réalisation.

·        Guérison de l’Infant Philipe IV par la relique du Saint, lorsque le cortège royal passe par Aranda de Duero.

·        Depuis sa mort le Saint continue d’aider ses amis les pauvres.

         La coupole de la Chambre est un hymne à l’Immaculée.

        Le sépulcre. Les restes du Saint sont conservés dans une urne d’albâtre au centre de la chambre. Elle fut construite en 1910 avec les restes originaux du sépulcre que la Reine Isabel demanda à la Comtesse de Haro en 1492 réalisé à Burgos par l’atelier des Colonia et que les troupes de Napoleon détruisirent en occupant le couvent en 1808. Les panneaux de l’urne représentent:

    1º Epitaphe en latin, en lettre gothique, indiquant que Saint Pierre Regalado a participé à la résurrection du Seigneur à qu’il a servi avec ces mots: Repose ses chairs parés *brillent ses os en repos * Il servi toujours le Christ * Abandonna le monde dés l’enfance * Méprisa les honneurs de ce monde * Pierre, Vicaire de Domus Dei et de Scala Coeli * Mourut ici, sous la règle de la pauvreté de Saint François * Sans chercher aucun honneur mondain, seulement la grâce du Christ * La Comtesse de Haro embellit son sépulcre * En remerciement, il prit éternellement pour elle * Il mit fin au travail de la chair le deuxième jour de la Résurrection du Seigneur, en l’an 1456.

    2ª La prière de Saint Pierre Regalado et ses frères sauvent une femme dans le Duero

    3ª Saint Pierre Regalado avec  Saint Louis de Toulouse et Saint Antoine de Padoue

    4º Saint Pierre Regalado reçoit la Sainte Onction.

L’urne est couronnée par cinq anges, quatre avec le blason de Ordre Franciscaine, des Ducs de Peñaranda et le la ville de Valladolid, berceau du Saint et le cinquième lève les yeux fermés comme symbole de la foi qui contemple la victoire de la vie sur la mort.

SOURCE : http://www.magacor.com/sanpedroregalado/frances.htm

St. Peter Regalado

St. Peter Regaldo lived at a very busy time. The Great Western Schism (1378-1417) was settled at the Council of Constance (1414-1418). France and England were fighting the Hundred Years’ War, and in 1453 the Byzantine Empire was completely wiped out by the loss of Constantinople to the Turks. At Peter’s death the age of printing had just begun in Germany, and Columbus’s arrival in the New World was less than 40 years away.

Peter came from a wealthy and pious family in Valladolid, Spain. At the age of 13, he was allowed to enter the Conventual Franciscans. Shortly after his ordination, he was made superior of the friary in Aguilar. He became part of a group of friars who wanted to lead a life of greater poverty and penance. In 1442 he was appointed head of all the Spanish Franciscans in his reform group.

Peter led the friars by his example. A special love of the poor and the sick characterized Peter. Miraculous stories are told about his charity to the poor. For example, the bread never seemed to run out as long as Peter had hungry people to feed. Throughout most of his life, Peter went hungry; he lived only on bread and water.

Immediately after his death on March 31, 1456, his grave became a place of pilgrimage. Peter was canonized in 1746.


St. Peter de Regalado

(REGALATUS)

A Friar Minor and reformer, born at Valladolid, 1390; died at Aguilera, 30 March, 1456. His parents were of noble birth and conspicuous for their wealth and virtue. Having lost his father in his early youth, he was piously educated by his mother. At the age of ten years Peter begged to be admitted into the Seraphic Order, which favour was granted him three years afterwards in the convent of his native town. In 1404 he became one of the first disciples of Peter de Villacreces, who in 1397 had introduced into Spain the reform of the Observance of which he became one of the most zealous propagators. In the newly-founded convent at Aguilera Peter found the life of solitude, prayer, and eminent poverty, which had always been the greatest object of his desire. In 1415 he became superior of the convent at Aguilera and, on the death of Peter de Villacreces (1422), also of that at Tribulos or del Abroyo. He observed nine Lents, fasting on bread and water, and was endowed with the gift of miracles and prophecy and of every virtue. When his body was exhumed thirty-six years after his death, at the instance of Isabella the Catholic, it was found incorrupt and placed in a more precious tomb. He was beatified by Innocent XI, 11 March, 1684, and canonized by Benedict XIV, 29 June, 1746. His feast is celebrated 13 May, the day of the translation of his body. In art he is represented with flames bursting from his heart.

Sources

CLARY, Lives of the Saints and Blessed of the Three Orders of St. Francis, II (Taunton, 1886), 150-9; DAZA, Excelencias de lao ciudad de Valladolid, con la vida y milagros de s. fray Pedro Regalado etc. (Valladolid, 1627), Lat. tr. in Act. SS., III, March, 850-64; Relatio pro canonizatione, ibid., 864-70; WADDING, Ann. Min., XII, 2-9, 445-74; BERGUIN, St. Pierre Régalat, prêtre de l'ordre des Frères Mineurs de l'Observance, restaurateur de la discipline régulière en Espagne (Périgueux, 1898).

Heckmann, Ferdinand. "St. Peter de Regalado." The Catholic Encyclopedia. Vol. 11. New York: Robert Appleton Company,1911. 30 Mar. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/11766b.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Douglas J. Potter. Dedicated to the Immaculate Heart of the Blessed Virgin Mary.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. February 1, 1911. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.

Saint Peter Regalado

(St Pierre Regalat, San Pedro Regalado)

Feast Day – March 30
The life of this great servant of God appeared to be merely the unfolding and an ever stronger exemplification of the virtues which he received in holy baptism. Born in 1390 of wealthy and devout parents at Valladolid in Spain, he lost his father at an early age; but he himself became the comfort of his pious mother, who with joy and gratitude to God recognized in her little son distinct signs of future holiness.

One could notice nothing childish in him. He loved places of retirement, where he would sit for hours in deepest devotion. Not only did the saintly child meditate upon the sufferings of Christ, but he wished also to have a share in them by inflicting pain on his tender body.

When he was ten years old, he importuned his mother to permit him to consecrate himself entirely to God in the Franciscan Order. The prudent woman first tried his vocation for a long time; but after three years, when she could no longer doubt that the call came from God, she gave her consent despite his youthful age; and thirteen-year-old Peter was also granted admittance into the convent, a thing frequently done in those days. Although he was a child, he practiced all the austerities and virtues of a perfect religious.

Just at that time there was being introduced into Spain a stricter observance of the rule, and peter attached himself to it with lively zeal. From Valladolid he traveled with his teacher and superior, Father Peter of Villagarcia, to the quiet little convent of Aguilar in the diocese of Osma, where he prepared himself for the priesthood by earnest study and still more earnest prayer. He had been a priest but a short time when his teacher, who had set out on a journey to establish new convents of this reform movement, believed that he could find no one in Augilar better fitted for the superiorship than his pupil, Peter Regalado. In this position he proved himself so efficient that, after the death of Father Peter of Villagarcia in the year 1442, he was appointed head of all the convents of the movement in Spain. Whatever he, as superior, taught the brethren, they saw him observe most perfectly in his own life. Perhaps to enable him to better supervise the convents, Peter had the ability to bilocate, as he was often known to be at two different convents at exactly the same time taking care of important matters.

Saint Peter Regalado kept almost continuous silence; the greater part of the night he devoted to prayer; Holy Mass he celebrated with such devotion that often he was not able to refrain from tears. He scourged his body sometimes even until he bled; his bed was the bare floor or a little straw; nine times a year he kept a forty-day fast, mostly on bread and water. Religious poverty he observed most rigorously, for which reason he had to suffer much opposition and even persecution. He accepted that, however, in patience and meekness out of love for God.

His love of neighbor was so great that he often brought the poor and the sick with him into the convent and cared for them with great love. God rewarded his faithful service with most extraordinary graces. At prayer he was so filled with seraphic ardor that he was seen raised above the ground, with flames radiating from his body. On occasion there occurred a prodigy such as was once observed in the life of St Francis: the flames rose above the roof of the convent through not damaging it. The bishop of Osma, who one saw this prodigy himself, cried out:

“Truly, that is the abode of God.”

It seemed that the body of the holy man possessed the agility and ease which our glorified bodies will one day have, because he crossed over rivers as though they were solid ground; and often he was found at the same hour at convents far distant from one another, transacting business pertaining to his office.

God almighty announced the praises of His servant through the mouths of babes. On one occasion, Peter said to a babe in the arms of his mother: “May the Lord bless you, my dear child! Oh, what a beautiful and brilliant soul you have!” At this the babe turned to him and said to the amazement of its mother: “But still more beautiful is your soul, which God has adorned with so many graces.”

Soon, however, the great mass of the people was to praise him.

Saint Peter Regalado died in the sixty-sixth year of his life, on March 31, 1456, and immediately the veneration of the people began. His grave was glorified by innumerable miracles.

In 1492, the Catholic Queen Isabella requested to have several fingers taken from the saint as relics. This was done, and the amputation of the fingers caused blood to flow from the wounds for some time, as if the saint were still alive. This took place 36 years after the death of the saint.

Pope Innocent XI beatified him, and Pope Benedict XIV solemnly enrolled Saint Peter Regalado among the saints.

from: The Franciscan Book Of Saints, ed. by Marion Habig, OFM

SOURCE : http://www.roman-catholic-saints.com/saint-peter-regalado.html

Peter Regalatus, OFM (RM)
(also known as Peter Regalado)
Born in Valladolid, Spain, 1390; died March 30, 1456; canonized by Benedict XIV in 1746; another feast day was March 30. The nobly born, 13-year-old Peter entered the Franciscan order in his hometown, after convincing his widowed mother that all would be well. He later migrated to Aguilar del Campo in New Castile, which had been established by Father Peter Villacretios. There today's saint began his efforts at reforming this and several other friaries--primarily through his own example of austerity, penance, and prayer. The feast of the translation of his relics is today (Benedictines, Husenbeth). 

May 13

St. Peter Regalati, Confessor

THIS saint was descended of a noble family, and having lost his father in his infancy, in the thirteenth year of his age, he extorted with great difficulty his mother’s consent to enter himself in the Franciscan friars at Valladolid, of which city he was a native. By his extraordinary fervour he was distinguished among his brethren. When F. Peter Villacretios, who had established a rigorous reformation of his Order of Aquileria, in the diocess of Osma, founded a second retired convent more like a prison than a house, at Tribulos on the Deuro, near Aquileria, our saint, at his earnest request, was admitted one of this colony. By the austerity of his penance, his assiduity in contemplation, and the sublime gift of prayer with which he was endowed, he seems to have equalled the most eminent saints of his Order. The sufferings of our divine Redeemer were the principal entertainment of his soul, and he lived in a constant union with God. Upon the death of F. Villacretios he succeeded him in the government of his reformed congregation, and died at Aquileria on the 30th of March, in the sixty-sixth year of his age, of our Lord 1456. He was canonized by Benedict XIV. in 1746, and his name is placed in the Roman Martyrology on the 13th of May, the day of the translation of his relics. On his extraordinary raptures, miracles, and heroic virtues, see the process and bull of his canonization, p. 73. 121. and 544. Also the relations made in the tribunal of the Rota, published by Benedict XIV. de Canoniz. l. 2. Append. 7. t. 2. p. 629. ad. p. 672. and his life compiled by F. Daza, a Spanish Franciscan, published by Henschenius on the 30th of March, t. 3. Mart. p. 853.

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume V: May. The Lives of the Saints.  1866.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/5/132.html