samedi 13 juillet 2013

Saint NABOR et saint FÉLIX (12 juillet), martyrs

Saints Nabor et Félix, Martyrs

Le même jour où l’Église fête saint Jean Gualbert, elle commémore deux martyrs Milanais (+304), très populaires à Milan au IVème siècle. Saint Ambroise, l’évêque de Milan, en fut le panégyriste dans son commentaire sur l’évangile de saint Luc. Ils étaient chrétiens de Milan, quand ils furent arrêtés et, peu de jours après, décapités ne voulant pas renier le Christ auquel ils avaient donné leur vie. Leur culte s’est étendu au point que leur office pénétra dans le calendrier romain au XIIe siècle.

Fête simple dans la réforme de St Pie V, réduite au rang de commémoraison lors de l’institution de la fête de St Jean Gualbert en 1602.

Leçon des Matines avant 1602.

Il n’y avait pas de leçon propre pour les Sts Nabor et Félix, le bréviaire reprenait la leçon du Commun de plusieurs Martyrs.

Sermon de saint Augustin, Évêque.

Troisième leçon. Toutes les fois que nous célébrons, mes très chers frères, les fêtes des saints Martyrs, espérons de telle sorte obtenir du Seigneur, par leur intercession, des grâces temporelles, qu’en imitant ces Martyrs, nous méritions de recevoir ensuite les biens éternels. Ceux-là célèbrent en vérité les joyeuses solennités des saints Martyrs, qui suivent les exemples des Martyrs. Les fêtes des Martyrs sont, en effet, des exhortations au martyre, des invitations à imiter sans regret ce qu’on célèbre avec joie.

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Toute l’Église fait écho en ce jour au solennel hommage que Milan continue de rendre, après seize siècles, à deux vaillants témoins du Christ. « Nos martyrs Félix et Nabor, dit saint Ambroise [1], sont le grain de sénevé de l’Évangile. Ils possédaient la bonne odeur de la foi, mais sans qu’elle fût manifestée ; vint la persécution, ils déposèrent leurs armes, inclinèrent la tête, et frappés du glaive, ils répandirent jusqu’aux confins du monde entier la grâce qui se cachait en eux, en sorte que maintenant on peut dire à bon droit que leur voix a éclaté par toute la terre [2] ».

Honorons-les, et méritons leurs suffrages par la prière que l’Église adresse aujourd’hui à Dieu en mémoire de leurs glorieux combats.

[1] In Luc. XIII, 19.
[2] Psalm. XVIII, 5.

Bhx cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Le culte de ces Martyrs était très populaire à Milan au IVe siècle. Paulin en parle dans la vie de saint Ambroise — Sancti Martyres Nabor et Felix celeberrime frequentabantur [3] — et parfois le saint Docteur en parle aussi, lui qui retrouva les corps des martyrs Gervais et Protais qui gisaient ignorés sous le pavement de la basilique sépulcrale des saints Nabor et Félix : Granum sinapis Martyres nostri sunt : Felix, Nabor et Victor. Habebant odorem Fidei, sed latebat. Venit persecutio, arma posuerunt, colla flexerunt, contusi gladio, per totius terminos mundi gratiam sui sparsere martyrii [4]. Le culte envers ces martyrs milanais s’était donc répandu dès lors dans toutes les Églises ; c’est ainsi qu’au moyen âge leur office pénétra même dans le Calendrier romain.

La messe est du Commun Salus autem ; cependant les collectes sont propres, tirées probablement du Léonien. Voici celle qui, dans le concept primitif de la liturgie, met fin en ce jour à la prière litanique de la Grande Doxologie. « Comme, Seigneur, ne nous manquent jamais les fêtes des martyrs à célébrer, — la mention explicite de Nabor et Félix semble une adjonction postérieure qui altère quelque peu le sens, —qu’ainsi ne nous fasse jamais défaut leur intercession ».

Sur les oblations : « Que les suffrages de vos martyrs Nabor et Félix vous rendent agréables, Seigneur, nos oblations ; et puisque nous les offrons en souvenir de leur triomphe, qu’ainsi leurs mérites vous les fassent accepter ».

Après la Communion. — Cette collecte se trouve dans le Sacramentaire Léonien à la fin du mois d’avril, sous le n° XLIII. « Comme aujourd’hui nous réjouit, Seigneur, l’anniversaire de vos saints et la grâce du divin Sacrement, ainsi accordez-nous de jouir d’un si grand bien pour toute l’éternité ».

Cette phrase est un peu obscure, mais il n’est pas difficile d’en pénétrer le sens. Ici le Sacramentaire Léonien demande que la fête des saints et le don de l’Eucharistie, qui, dans la vie mortelle, représentent le gage d’une félicité future qui nous est promise, réalisent dans l’éternité le plein accomplissement de cette divine promesse.

[3] Paulinus, Vit. S. Ambrosii, c. 14 ; P. L., XIV, col. 34 : ‘Il fréquentait (célébrait) très souvent les saints Martyrs Nabor et Félix’.
[4] S. Ambrosii Exposit. in Luc. Lib. VII, 178 ; P. L., XV, col. 1836 : ‘Nos martyrs sont des grains de sénevé : Félix, Nabor et Victor. Ils avaient le parfum de la Foi mais ils étaient cachés. Vint la persécution, ils posèrent les armes et baissèrent leur cou devant le glaive qui les frappa, pour répandre dans le monde entier la grâce de leur martyre’.

Dom Pius Parsch, Le Guide dans l’année liturgique

Les saints Nabor et Félix. — « A Milan, la mort des saints martyrs Nabor et Félix qui souffrirent au cours de la persécution de Maximien. Les saints étaient deux soldats chrétiens qui servaient dans les légions de l’empereur Maximien Hercule ; accusés de professer la foi des chrétiens, ils furent traduits devant les juges à Milan, et décapités à Lodi (Italie), en 303 ou 304. Les restes des saints martyrs furent déposés à Milan » (Martyrologe). Au XIIe siècle, lorsque l’empereur Frédéric Barberousse eut conquis Milan, il donna les corps des saints Nabor et Félix à l’archevêque de Cologne, Reinald. Celui-ci les fit aussitôt transporter à Cologne avec les corps des trois saints rois mages. Ils y sont encore conservés dans une magnifique chapelle de la cathédrale.

Sts. Nabor and Felix

Martyrs during the persecution of Diocletian (303). The relics of these holy witnesses to the faith rest in Milan, where a church has been erected over their tomb. St. Ambrose extolled the virtues of these two martyrs. In later times, legendary Acts of these saints have appeared, which are imitated from the Acts of other martyrs (Victor, Firmus, and Rusticus). According to these legends, which are without historical value, Nabor and Felix were soldiers in the army of the Maximian Herculeus, and were condemned to death in Milan and beheaded in Lodi. Their feast is celebrated on 12 July.


Nabor and Felix MM (RM)


Died c. 304. Two brothers who were martyred at Milan under Maximian Herculeus during the reign of Diocletian. They owe their celebrity to the solemn translation of their relics by Saint Ambrose, who moved them from their place of interment outside the walls of Milan. Multitudes of pilgrims visited the church, now called Saint Francis, built over their new tomb, as testified by Saint Paulinus of Nola in his vita of Saint Ambrose (Attwater, Benedictines, Encyclopedia, Husenbeth).





Sainte VÉRONIQUE (BÉRÉNICE), disciple


Sainte Véronique

Femme ayant essuyé le visage du Christ montant au Golgotha (1er s.)

ou Bérénice. 

La dévotion du "Chemin de la Croix" évoque le souvenir de cette femme qui aurait bravé la foule hostile pour essuyer le visage du Christ pendant sa Passion, recueillant ainsi sur son linge la Sainte Face. Plusieurs légendes sont à l'origine de ce récit:

- Le nom de Véronique qui en grec, vera icona, veut dire : l'icône authentique.

- Le linge que, dit-on, le Christ aurait envoyé au roi d'Edesse, Abgar, avec son image(*). A quoi la piété occidentale ajoute un élément de la quête du Graal, ou même en faisant de Véronique, l'épouse de Zachée, avec qui elle serait venue jusqu'à Soulac et Amadour

Laissons notre piété se tourner seulement vers ces femmes qui pleuraient durant la Passion du Seigneur et à qui Jésus a dit qu'elles feraient mieux de pleurer sur elles et Jérusalem.

(*) Un internaute nous signale: "Le linge de Véronique ne devrait pas être confondu avec le Mandylion, linge que le Christ aurait envoyé au roi Abgar d'Edesse: le premier représente le Christ de la Passion, couronné d'épines; le second est l'image non faite de main d'homme qui a probablement inspiré les premières icônes du Christ, comme la Sainte Face (XIIe s.) conservée à la cathédrale de Laon. Vous pouvez consulter : P. Sendler Egon. Les mystères du Christ, les icônes de la liturgie. Desclée de Brouwer, 2001, p. 25-26. Ouspensky Leonide, La théologie de l'icône dans l'Église orthodoxe, Cerf, 1980, p. 29."



Les spécialistes des Armées en matière photographique et cinématographique trouvent évidemment en sainte Véronique une protectrice toute indiquée. (Diocèse aux Armées françaises)




Avant le XVIIIe siècle, la Légende (qui veut dire : « ce qui doit être lu ») de sainte Véronique était acceptée de l’Église de France, et ce n’est que devant le souffle de l’incrédulité janséniste ou gallicane qu’elle a pâli un instant. Sans parler du sabotage des rationalistes « dénicheurs de Saints ».

Nous avons analysé et le plus souvent reproduit le chapitre 2 du remarquable ouvrage de M. Cirot de la Ville, intitulé : Origines chrétiennes de Bordeaux. Dans ce chapitre, consacré à l’apostolat de sainte Véronique dans le Médoc, le savant professeur de Théologie de Bordeaux nous semble avoir établi d’une manière invincible la thèse de l’existence et de la mission de sainte Véronique, morte en l’an 70.

VRAIE ÉTYMOLOGIE DU NOM DE VÉRONIQUE

Sainte Véronique, aussi appelée Veronica, Vérénice et Bérénice. Son premier nom fut Seraphia : c’est pour rappeler son héroïque conduite sur la voie du Calvaire que la postérité reconnaissante l’a appelée Bérénice ou Véronique, c’est-à-dire : « Je remporte la victoire ».

Quant au nom de Véronique lui-même, livres et maîtres consultés, je dois opposer un démenti formel à l’étymologie, dont on accuse les prétendues « ténèbres du Moyen-Âge » et qui est sortie beaucoup plus tard de l’irréflexion et du besoin de combattre une Légende qui souriait à la piété.

En s’évertuant à former Véronique de vera latin, et de (ikône) grec, « vraie image », elle s’est condamnée à un travail ingrat qui révolte toutes les lois de la philologie et qui n’aboutit pas au mot qu’elle demande. Cette composition hybride ne peut pas contenir la vérité (Magasin pittoresque, année 1837, p. 71 ; A. Maury, Essai sur les Légendes).

Elle saute aux yeux, au contraire, dans la genèse suivante : Véronique vient du grec (fero nikène), « je porte la victoire », d’où est né l’adjectif (ferenikos) « qui procure la victoire », « vainqueur », « victorieux ». Modifié par le dialecte macédonien, ce mot est devenu Berenikos, Bereniké, Bérénice, formes diverses sous lesquelles, avec sa double racine, il conserve son même sens.

Des odes de Pindare, qui le donne pour épithète au triomphateur des jeux olympiques ; de l’histoire de Macédoine, d’Égypte et de Judée, où il désigne des princesses et des villes, il a passé dans l’histoire chrétienne, aux vainqueurs de la Foi et aux héroïnes de la sainteté : on le trouve plus de dix fois, dans les plus anciens Martyrologes, donné à des Saintes et à des Martyres de tout pays : il n’a donc pas été inventé au Moyen-Âge.

LE MOT ICÔNE VIENT DE (SAINTE) VÉRONIQUE

Il est donc facile de voir de quel côté se trouve la vérité entre ceux qui prétendent tirer de la Sainte Face le nom de Véronique pour le communiquer à la personne, et ceux qui de la personne la transmettent naturellement à l’image (Alfred Maury, Essai sur les Légendes). Les écrivains les plus anciens et les plus érudits se rangent dans cette seconde catégorie. Ils se donnent la main dans le parcours des siècles, aussi précis en faveur de la personne et de son action qu’en faveur de son nom.




Hans Memling (vers 1433–1494). Sainte Véronique,

 National Gallery of Art - Washington
St. Veronica

In several regions of Christendom there is honored under this name a pious matron of Jerusalem who, during the Passion of Christ, as one of the holy women who accompanied Him to Calvary, offered Him a towel on which he left the imprint of His face. She went to Rome, bringing with her this image of Christ, which was long exposed to public veneration. To her likewise are traced other relics of the Blessed Virgin venerated in several churches of the West. The belief in the existence of authentic images of Christ is connected with the old legend of Abgar of Edessa and the apocryphal writing known as the "Mors Pilati". To distinguish at Rome the oldest and best known of these images it was called vera icon (true image), which ordinary language soon made veronica. It is thus designated in several medieval texts mentioned by the Bollandists (e.g. an old Missal of Augsburg has a Mass "De S. Veronica seu Vultus Domini"), and Matthew of Westminster speaks of the imprint of the image of the Savior which is called Veronica: "Effigies Domenici vultus quae Veronica nuncupatur". By degrees, popular imagination mistook this word for the name of a person and attached thereto several legends which vary according to the country.
  • In Italy Veronica comes to Rome at the summons of the Emperor Tiberius, whom she cures by making him touch the sacred image. She thenceforth remains in the capitol of the empire, living there at the same time as Sts. Peter and Paul, and at her death bequeaths the precious image to Pope Clement and his successors.
  • In France she is given in marriage to Zacheus, the convert of the Gospel, accompanies him to Rome, and then to Quiercy, where her husband becomes a hermit, under the name of Amadour, in the region now called Rocamadour. Meanwhile Veronica joins Martial, whom she assists in his apostolic preaching.
  • In the region of Bordeaux Veronica, shortly after the Ascension of Christ, lands at Soulac at the mouth of the Gironde, bringing relics of the Blessed Virgin; there she preaches, dies, and is buried in the tomb which was long venerated either at Soulac or in the Church of St. Seurin at Bordeaux. Sometimes she has even been confounded with a pious woman who, according to Gregory of Tours, brought to the neighboring town of Bazas some drops of the blood of John the Baptist, at whose beheading she was present.
  • In many places she is identified with the Haemorrhissa who was cured in the Gospel.
These pious traditions cannot be documented, but there is no reason why the belief that such an act of compassion did occur should not find expression in the veneration paid to one called Veronica, even though the name has found no place in the Hieronymian Martyrology or the oldest historical Martyrologies, and St. Charles Borromeo excluded the Office of St. Veronica from the Milan Missal where it had been introduced. The Roman Martyrology also records at Milan St. Veronica de Binasco, the Order of St. Augustine, on 13 January, and St. Veronica Giuliani on 9 July.

Sources

Acta SS. Bolland., Feb. I (Paris, 1863); Maury, Lettres sur l'étymologie du nom de Veronique, apôtre de l'Aquitaine (Toulouse, 1877); Bourrieres, Saint Amadour et Sainte Véronique (Cahors, 1894); Palme, Die deutchen Veronicalegenden des XII Jahrh. (Prague, 1892)

Dégert, Antoine. "St. Veronica." The Catholic Encyclopedia. Vol. 15. New York: Robert Appleton Company, 1912. 12 Jul. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/15362a.htm>.



St. Veronica

St. Veronica (or Berenice) is the woman of Jerusalem who wiped the face of Christ with a veil while he was on the way to Calvary. According to tradition, the cloth was imprinted with the image of Christ’s face.” Unfortunately, there is no historical evidence or scriptural reference to this event, but the legend of Veronica became one of the most popular in Christian lore and the veil one of the beloved relics in the Church.
According to legend, Veronica bore the relic away from the Holy Land, and used it to cure Emperor Tiberius of some illness. The veil was subsequently seen in Rome in the eighth century, and was translated to St. Peter’s in 1297 by command of Pope Boniface VIII. Nothing is known about Veronica, although the apocryphal Acts of Pilate identify her with the woman mentioned in the Gospel of Matthew who suffered from an issue of blood.

Her name is probably derived from Veronica  a Latinisation of Berenice (Greek: Βερενίκη), a Macedonian name, meaning “bearer of victory”. Folk etymology has attributed its origin to the words for true icon (Latin: vera & Greek: icon). The term was thus a convenient appellation to denote the genuine relic of Veronica’s veil and so differentiate from the other similar relics, such as those kept in Milan.

The relic is still preserved in St. Peter’s, and the memory of Veronica’s act of charity is commemorated in the Stations of the Cross. While she is not included in the Roman Martyrology, she is honored with a feast day. Her symbol is the veil bearing the face of Christ and the Crown of Thorns.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/st-veronica/

Veronica (AC)

1st century; feast day formerly on February 4. Veronica's story first appears fairly late in the history of the early Church, though it relates to the very heart of the Gospel--Jesus' way to Golgotha. Veronica is venerated as the woman who wiped Our Lord's face when he fell beneath the Cross on the road to Calvary. On the cloth was left an image of His divine face.


Scholars have been quick to point out that Veronica's name may well derive from the story itself and not be historical. 'Vera' means 'true' and 'icon' means 'image.' Thus she obtained the true image, or vernicle, of Jesus. Legend tells us that Veronica later went to Rome and cured the Emperor Tiberius with the relic. When she died, she left the cloth to Pope Saint Clement. A 'veil of Veronica' is preserved at Saint Peter's in Rome, probably from the 8th century.

French folklore holds that Veronica was the wife of Zacchaeus, the tax collector (Luke 19:1-10), and accompanied him to France, where he is known as Amadour. When he became a hermit, Veronica went on to evangelize southern France. Other accounts make her the same person as Martha, the sister of Lazarus, or a princess of Edessa, or the wife of an unnamed Gallo-Roman officer.

If the story of Veronica is a legend, it is a beautiful, simple, and natural one, and one coming down from the first Good Friday itself. Jesus was passing in the street, bent under His Cross, on the way to His death; His head lowered, full of fever from His torments; His step advancing amid mockery, curiosity, groans of those who lined the way. A woman named Veronica or Bernice advanced, wearing the veil common among her people, a piece of white linen like Noah's cloak.

Perhaps she had seen the Lord before, and maybe even spoken with Him: The Eastern Church, based on the apocryphal Acts of Pilate, identifies Veronica with the woman whom Christ healed of the hemorrhage suffered for 12 years (Matthew 9:20-22). But even if she had not, her story is no more incredible, because she was moved by the simple desire that any human might have had: a wish to soothe this human face where dust and tears and sweat and blood commingled all at once, and which cried out to those who beheld it for relief. Then as the cloth touched Christ's face, everything became sculptured together until the miracle occurred which was within the Lord's power to command. Could he who at the moment of strangulation on the Cross cried aloud, not grant to this daughter the beauty of His face at the moment it was scorned by all but a handful of close friends?

Some reject the legend because there are so many false reproductions of the veil; because of the many legends and traditions woven into the story of Veronica throughout Christendom; because of the far-fetched claims made by preachers and writers in the course of time. None of these criticisms have touched the real point of the story of Veronica: whether there could have been a woman different from the other "daughters of Jerusalem" whom Jesus warned to weep for themselves and their children, and whether it was our Lord's wish to grant this woman the imprint of his face for her good work (Attwater, Benedictines, Bentley, Delaney, Encyclopedia, White).

Saint Veronica is depicted in art holding a cloth with Christ's face imprinted on it. She might also be shown wiping the sweat from His face as He carries the Cross or writing at the dictation of an angel, the sudarium near her (Roeder). She is the patron of linen-drapers and washerwomen (Roeder).



mardi 9 juillet 2013

Saints MARTYRS de GORCUM

SAINTS MARTYRS DE GORCUM

La nuit du 8 au 9 Juin 1572, les dix-neuf martyrs de Gorkum, qui étaient tous ou religieux ou prêtres séculiers, furent pendus à une poutre du couvent, alors en ruines, de sainte Elisabeth, près de La Brille.

Parmi les nombreux confesseurs , qui , durant la déplorable hérésie du seizième siècle , laquelle s'étendit aussi jusque dans les Pays-Bas, restèrent fidèlement attachés à la foi de leurs pères , qui supportèrent , pour la foi catholique , toutes sortes d'outrages , d'insultes et de tourments , et souffrirent courageusement la mort la plus cruelle, ces héros de la foi méritent une place particulière, à cause de leur fermeté, de leur patience , de leur douceur et de leur charité en pardonnant à leurs ennemis.

Ce n'est pas dans une émeute qu'ils furent massacrés, ni dans un moment d'effervescence populaire. Après avoir supporté une longue captivité et des tourments affreux, ils furent envoyés, malgré les ordres du prince d'Orange, de Gorkum à La Brille pour repaître la haine que le comte de Lumey avait jurée au catholicisme. Ce perfide fit de tant d’efforts pour leur faire abandonner la religion catholique, ce fut en vain qu'il leur promit à cette condition la liberté et la vie. Il les envoya à la mort, après les avoir fait tourmenter cruellement, et par des supplices qu'on n'ose même rapporter, afin qu'ils reniassent la présence réelle du corps de Jésus-Christ dans l'Eucharistie et la primauté du Pape. C'est avec une sainte vénération que nous citons ici les noms de ces illustres martyrs, parmi lesquels on compte onze Récollets.

I

Le Père Nicolas Pieck, gardien du couvent des Récollets de Gorkum, issu d'une famille très-ancienne et très-considérable de cette ville, naquit le 29 Août 1534. Ses parents Jean et Henriette Calue étaient de bons et fidèles catholiques, et leur fils marcha de bonne heure sur leurs traces, méprisa les vanités du monde et se rendit à Bois-le-Duc, pour y entrer dans l'ordre de saint François. Comme il inspirait de grandes espérances, ses supérieurs l'envoyèrent à Louvain, pour se perfectionner sons la direction du savant P. Adam Sasbout. Ordonné prêtre, il fut envoyé en divers endroits, où il se rendit célèbre par les fruits de ses prédications.

L'humilité, qui est le fondement et le soutien de toutes les vertus, brillait dans toutes ses paroles et ses actions. Le curé Léonard Vechelius, qui a souffert avec lui, lui ayant représenté que les novateurs, qui avaient le dessus en beaucoup d'endroits et qui mettaient à mort beaucoup de prêtres et de religieux, finiraient par les pendre aussi, il répondit : « Je n'en suis pas encore digne ; la grâce du » martyre n'est accordée qu'à ceux qui la méritent. »

On admirait surtout en lui l'amour de la pauvreté et de la mortification. Il craignait excessivement la superfluité en toutes choses, et principalement dans la nourriture, u Je crains, disait-il souvent, que si S. François revenait » sur la terre, il n'approuvât pas telle ou telle chose. » Son obéissance était sans bornes, et sa chasteté sans tache. Ces vertus ne pouvaient aller sans la charité. Même où il avait le droit de commander, il ajoutait les mots : par charité. Il faisait taire souvent la sévérité des lois en faveur des apostats qui désiraient sincèrement se convertir.

Il blâmait sévèrement tous les abus et tout relâchement de la discipline monastique. Il bannit de son couvent plusieurs mauvaises habitudes qui s'y étaient glissées, non sans avoir à combattre la résistance de quelques-uns de ses subordonnés; et il est digne de remarque qu'aucun de ceux qui ont contrarié ses pieux desseins, n'a obtenu la palme du martyre. Sévère envers lui-même, mais amical et affable envers les autres, sa maxime était : « Nous devons servir Dieu avec joie. »

Dans ses derniers sermons il exhorta les fidèles avec ardeur et énergie à ne pas se départir, dans leurs instructions, de la voie de la vérité, et il leur en donnait lui- même un courageux exemple. Il ne tarda pas à être arrêté, horriblement torturé, pendu deux fois, et reçut ainsi la couronne du martyre, n'ayant pas encore atteint l'âge de trente-huit ans.

II

Le Père Jérôme, vicaire, né à Weerd, près de Ruremonde. Après s'être fait Récollet, il parcourut la Terre-Sainte et s'arrêta quelque temps au couvent de Jérusalem. De retour dans sa patrie, on le vit plein de zèle pour le salut des âmes; il se livra sans crainte à ces saintes fonctions. En prison, il encouragea continuellement ses compagnons à terminer glorieusement la lutte qu'ils avaient commencée, afin d'obtenir la brillante couronne, qu'il conquit en effet, à l'âge de cinquante ans.

III

Le Père Thierbi d’Emden, homme de beaucoup de piété et de savoir, né à Amersfort, d'une famille catholique, riche et très-nombreuse. En vain ses amis cherchèrent à le déterminer à accepter un bénéfice avantageux et commode d'une riche abbaye ; il aima mieux suivre la pauvreté évangélique de S. François, et se fit recevoir dans son ordre. Ses supérieurs l'avaient nommé confesseur des religieuses du couvent de Sainte-Agnès. Il s'acquitta avec zèle de ces fonctions, jusqu'à un âge très avancé, où Dieu le trouva digne de partager le sort de ses frères, et d'orner ses cheveux blancs de la couronne du martyre.

IV

Le Père Nicaise d’Heeze, ainsi nommé du village d'Heeze, où il est né. Il fit ses études théologiques à Louvain, au collège du Pape Adrien VI, et fut fait bachelier en théologie. Il était très-versé dans l'Ecriture, qu'il savait presque toute par cœur. Cette connaissance éveilla en lui le désir d'arriver à la perfection évangélique, c'est pourquoi il entra dans l'ordre des Franciscains. Il paraissait avoir l'esprit de prophétie; car lorsque les catholiques, après les premiers troubles de 1566, croyaient pouvoir se livrer en paix à l'exercice de leur religion, il prédit que l'orage ne tarderait pas à éclater de nouveau, et qu'on ne saurait où se cacher ; ce qui se réalisa en 1572, Nicaise se trouvant dans le couvent de son ordre à Gorkum, lors de la prise de cette ville, fut aussitôt emprisonné ; il consola ses amis affligés, par ces paroles : « Que la volonté de Dieu soit faite ! »

Sa tranquillité d'âme et sa résignation ne le quittèrent pas un moment durant les souffrances qu'il endura avec ses compagnons. Il avait au-delà de cinquante-six ans lorsqu'il reçut le martyre.

V

Le Père Wilhade, né dans le royaume de Danemarck, avait quitté sa patrie, pour se soustraire aux persécutions des novateurs. A peine avait-il été reçu comme religieux au couvent de Gorkum, qu'il se vit arraché à son asile et traîné en prison. On le trouvait toujours à genoux, ainsi que le P. Nicaise, priant pour la paix de l'Eglise, et ne paraissant pas sentir les misères des cachots, et c'est en oraison qu'il a rendu l'âme pour sa foi. Il avait presque atteint sa quatre-vingt-dixième année.

VI

Le Père Godefroi, né à Mervel, village près de Saint-Trond avait, en qualité de sacristain, la surveillance des choses sacrées. Il n'en possédait pas moins de talents, et rendit surtout de grands services dans le tribunal de la pénitence. Il consacrait ses loisirs à imprimer et à colorier des images en l'honneur de Jésus-Christ et des Saints, qu'il distribuait pour rien, jusqu'à ce que par le martyre il participât à la béatitude des Saints.

VII

Le Père Antoine, compatriote du Père Jérôme, était un prédicateur très-zélé. Ses supérieurs l'envoyaient souvent d'un village à l'autre prêcher l'Évangile. Il exerçait la plus grande sévérité envers lui-même, quoiqu'il fût très-affable et d'un caractère très-gai. Dans son dernier sermon il exhorta ses auditeurs de la manière la plus énergique à persévérer dans la foi, prédisant, comme par inspiration divine, la prochaine persécution de l'Eglise, dans laquelle il reçut la palme des martyrs.

VIII

Le Père Antoine d’Hornaer, ainsi nommé de son village natal, situé près de Gorkum. Ses parents étaient pauvres, mais craignant Dieu et bons catholiques, de sorte que le Seigneur les trouva dignes d'avoir un fils martyr.

IX

Le Père François de Roy, né a. Bruxelles, venait de se faire recevoir dans l'ordre, lorsqu'il fut envoyé au couvent de Gorkum, pour prendre part, à la fleur de son âge, au triomphe de ses frères.

X

Le frère Pierre d’Assche, village célèbre situé entre Bruxelles et Alost. Frère lai de l'ordre de Saint-François, il était très-exact à remplir ses devoirs. Dans les derniers temps ses supérieurs l'envoyèrent à Gorkum, où la Providence lui destinait la récompense la plus insigne des fidèles confesseurs.

XI

Le frère Corneille van Wyk, né à Duurstede, près d'Utrecht, fut reçu chez les Franciscains comme familier (celui qui sort au service du couvent). Il était extrêmement humble et avait la simplicité d'un enfant, de même qu'il en avait l'obéissance. Le Seigneur, qui a dit que c'est à eux qu'appartient le royaume des cieux, l'y a élevé au haut rang de martyr.

XII

Léonard Vechelius, le plus ancien curé de Gorkum, naquit, en 1527, à Bois-le-Duc, de parents distingués. Après avoir fait ses humanités, il fut envoyé à Louvain, où il fut reçu au collège du Pape Adrien VI : il y étudia pendant neuf ans la théologie et se plaça au rang des premiers théologiens.

Nommé curé de Gorkum, il se rendit à son poste, non seulement avec crainte, mais ses amis durent le forcer de l'accepter. Ruard Tapper, le professeur le plus distingué de son temps, et chancelier de l'université, influa aussi sur sa détermination. Il avait dit plusieurs fois dans ses leçons publiques, auxquelles Vechelius assistait : « Il y en a parmi vous, qui donneront leur vie pour Jésus-Christ et la foi catholique. » Cette prédiction s'accomplit par le martyre de son digne disciple.

Il brilla comme curé, par ses connaissances théologiques et par son éloquence, tant en chaire que dans la vie sociale, et sa réputation était si grande, que beaucoup de chrétiens faibles se rendirent à Gorkum pour être fortifiés par lui dans la foi. La conduite qu'il tenait dans les circonstances difficiles, servait de règle aux curés du pays, et ses décisions étaient regardées comme des oracles.

Sa profonde humilité et sa prévenante affabilité ne lui firent pas négliger la dignité de son caractère. Sa charité envers les pauvres était très grande, il les nourrissait de ses revenus et donna ainsi un exemple aux riches. Il aimait tant la chasteté, que même la médisante envie ne sut soupçonner la sévérité de ses mœurs.

Quand ses fonctions l'exigeaient, que son amour pour Jésus-Christ l'y forçaient, il ne craignait personne et censurait les défauts avec la plus grande franchise. Il était malgré cela la douceur même, et ne se démentait pas vis- à-vis des novateurs, qui l'offensèrent souvent de paroles ou d'actions, au point qu'ils brisèrent plus d'une fois ses vitres pendant la nuit. Il les faisait réparer aussitôt pour que le fait ne fût pas connu. Ses ennemis en furent souvent touchés, vinrent implorer son pardon et rentrèrent ' dans le sein de l'Eglise. Il instruisait avec zèle ses paroissiens dans la science du salut, il fortifiait ceux qui chancelaient, et cherchait à ramener les brebis égarées dans le véritable bercail.

Lorsque les prédicateurs des nouvelles doctrines vinrent à Gorkum, le curé Vechelius leur demanda aussitôt quelle était leur mission, ce qui leur causa le plus grand embarras. La populace, qu'on avait excitée, loin de s'en laisser émouvoir, n'en devint que plus furieuse et voulut forcer le curé de prêcher comme les autres l'entendaient. Elle se rendit à main armée à l’église, et menaça d'en venir à des voies de fait. Le fidèle pasteur n'en fut pas ébranlé, et après avoir prié, il monta en chaire, annonça la doctrine chrétienne et démontra la faiblesse des objections des novateurs, et le Tout-Puissant protégea son serviteur, qui retourna en paix chez lui.

Lorsqu'on vit la nouvelle secte s'accroître de plus en plus, lorsqu'on vit la haine que ses partisans avaient conçue contre le clergé , devenir de plus en plus violente , et qu'ils eurent déjà trempé leurs mains dans le sang des prêtres et des religieuses, les amis et surtout la sœur de Vechelius le sollicitèrent de se soustraire au danger, mais toutes leurs prières furent inutiles. Il savait qu'un bon pasteur donne sa vie pour ses brebis et il consacra la sienne à son troupeau. Il avait 45 ans lorsque, après une lutte héroïque, il remporta la palme d'un triomphe immortel.

XIII

Nicolas Poppel, second curé de Gorkum, était ne à Welde, village de la Campine, de parents pauvres mais vertueux. Il avait fait ses études à Louvain au collège de Saint Andonck, et avait été déjà depuis quelque temps curé à Gorkum, lorsque la cure de Vechelius ayant été divisée, il devint son collègue. Il était presque toujours en méditation, et remplissait avec une ardeur infatigable ses devoirs pastoraux. Sa solide piété le faisait soupirer après un plus haut degré de perfection, et il forma le projet de se faire recevoir dans la société de Jésus, qui se propageait à cette époque. Mais le curé Vechelius ayant jugé que son ministère était indispensable a Gorkum et en même temps agréable à Dieu, il renonça à son projet.

Ce fut en vain que son père vint le prier de se retirer pour quelque temps du danger. Il aurait cru irriter par là son Père céleste, et ni les prières ni les larmes de ses parents ne purent l'y déterminer. Dans son dernier sermon, qu'il tint le jour de saint Jean, il exhorta vivement le peuple à rester fidèle à Dieu et au Roi, quoique les confédérés fussent déjà aux portes de la ville.

Le lendemain il dit la messe de grand matin, s'offrant lui-même à son Seigneur, jusqu'à la mort. Après s'être revêtu de ses meilleurs habits, il fut conduit au château avec les autres. On lui demanda s'il allait à la noce. «C'est » comme si j'y allais, répondit-il, oh ! si je pouvais répandre mon sang pour la foi catholique! » Le Seigneur, qui lui inspirait ce désir généreux l'accomplit, lui donna des forces pour combattre, lui accorda la grâce de la persévérance, et orna sa tête de la couronne des martyrs. Il avait environ quarante ans.

XIV

Godefroi Van Duynen, était né à Gorkum. Après avoir fait ses humanités dans cette ville, il fut envoyé à Paris, où il avait un oncle maternel. Il s'y appliqua aux arts libéraux, mais sa plus grande étude fut celle de la vertu. Il ne choisissait ses amis que parmi les personnes pieuses, et leur manière de vivre ressemblait plus à celle de reclus que d'étudiants. On avait une si haute idée de sa vertu et de ses talents, qu'on le nomma recteur de l'université de Paris où il avait été reçu docteur en théologie et donné des leçons publiques.

Son humilité l'avait éloigné pendant longtemps de la dignité du sacerdoce ; il finit cependant par recevoir les ordres et fut nommé curé d'une ville située sur les frontières des Pays-Bas. Méditant sans cesse sur l'élévation de l'état de prêtre, il était devenu si scrupuleux, qu'il fut obligé de quitter les fonctions pastorales. Il résigna sa cure et retourna à Gorkum, où il se contenta d'un petit bénéfice.

Il y mena, comme ci-devant, une vie irréprochable. Il avait l'habitude de jeûner les mercredis et les vendredis. Il passa presque toujours une grande partie de la journée à l’église, priant ou se livrant à d'autres exercices de piété.

Le Seigneur finit par lui accorder la grâce de devoir supporter avec courage et patience les outrages des novateurs, les horreurs des cachots et même une mort cruelle. ii souffrit à l'âge de soixante-dix ans.

XV

Jean d’Oosterwyck, né dans le village de ce nom près de Bois-le-Duc, était chanoine régulier de l'ordre de Saint-Augustin, et passa du couvent dit Ten Rugge, près de La Brille, à Gorkum, pour y diriger un couvent de religieuses du même ordre, lequel était très-déchu par la négligence et la profusion de quelques supérieures. Cette pauvreté cependant fut cause qu'on y introduisit une discipline régulière, et les religieuses, encouragées parles admonitions paternelles de Jean, y restèrent fidèles jusqu'à la fin de leurs jours.

Cependant les soldats de Lumey, nommés les gueux de mer, avaient pris La Brille et pillé et dévasté le couvent de Ten Rugge, Jean ayant appris qu'un de ses frères était mort en martyr, s'écria : « Si Dieu voulait m'accorder la grâce de mourir de même ! » Une vieille religieuse qui Valait entendu, dit tout effrayée : « Que Dieu vous en garde mon père, de perdre la vie par la corde ! Cette mort est si honteuse ! » Mais comme il ne craignait pas plus la honte que la mort, il répéta plusieurs fois : « Oh, si Dieu voulait m'accorder cette faveur ! » Dieu exauça sa sainte prière. Le bon vieillard avait mérité le martyre par la ferveur de ses vœux, et il reçut la couronne triomphale sur les ruines de son couvent.

Les quinze martyrs que nous venons de citer se trouvaient déjà réunis depuis quelque temps au château de Gorkum, lorsque le Seigneur augmenta leur nombre des quatre suivants.

XVI

Le Père Jean, de l'ordre des Dominicains, de la province de Cologne, fut envoyé par ses supérieurs à Hornaer, pour y desservir la paroisse. Il exerçait ses fonctions portant le costume d'un prêtre séculier, parce qu'il craignait la fureur des hérétiques. Lorsque ces derniers se furent emparés de Gorkum et eurent fait prisonnier le clergé de cette ville, ce zélé serviteur de Dieu s'y rendit plusieurs fois, pour administrer les saints Sacrements aux catholiques. Ayant été appelé un soir pour baptiser un enfant, il fut arrêté et enfermé avec les autres, dont il partagea le sort.

XVII

Adrien Becait de l'ordre de Saint-Norbert, né à Hilvarenbeék vers l'an 1532, prit l'habit en 1547 dans l'abbaye de Middelbourg, où il vécut en paix pendant vingt-cinq ans. En 1572, il fut envoyé en Hollande, en qualité de curé de Munster, non loin de La Haye. Une forte tempête s'éleva pendant son voyage, mais Dieu l'y fit échapper, pour le glorifier, trois mois plus tard, de la couronne des martyrs.

Le 7 Juillet, les vagabonds de La Brille l'attaquèrent dans son presbytère, et l'emmenèrent prisonnier, ainsi que son vicaire Jacques Lacops. Ils furent mis dans la prison où se trouvaient les ecclésiastiques de Gorkum, et pendus avec eux. .

XVIII

Jacques Lacops, né en 1541 à Audenarde en Flandre, était, dès sa jeunesse, très-versé dans plusieurs langues, et se fit religieux dans l'abbaye de Middelbourg, dont nous venons de parler. Lié avec quelques novateurs, il se laissa prendre dans leurs filets lors des premières fureurs des iconoclastes, en 1566. Il quitta son couvent, renonça à sa foi, et se fit même prédicant de la prétendue réforme. Mais il déplora bientôt sa chute, revint au couvent, demanda pardon à ses frères affligés, détesta ses erreurs, livra aux flammes un petit livre envenimé qu'il avait écrit, et se montra prêt à se soumettre à la plus rigoureuse pénitence.

Peu de temps après il fut envoyé, comme pénitent, à l'abbaye de Marienweerd en Gueldre, où il consacra une grande partie de son temps à écrire contre les hérésies, pour réparer autant qu'il était en lui le scandale qu'il avait causé par son apostasie. Lorsqu'on eut suffisamment éprouvé sa constance, on l'envoya à Munster, où son frère, Adrien Lacops, était curé pour le seconder dans l'exercice de ses fonctions. Après la mort de son frère, il y demeura comme vicaire d'Adrien Bécan. Quelques brigands du parti du comte de Lumey allèrent prendre le curé de Munster dans sa maison pastorale le 5 ou 6 juillet de l'année 1572, et se saisirent en même temps de son vicaire. Conduits à La Brille, ils y furent examinés sur leur croyance et en particulier sur la Présence réelle. Jacques Lacops ayant confondu sur ce point les deux ministres contre qui il disputait, le comte de Lumey, frappé de son savoir, de son éloquence, de sa jeunesse et de sa bonne mine, entreprit de le séduire par des caresses, et lui reprocha d'être retourné dans son monastère après l'avoir abandonné. Le digne religieux lui répliqua qu'il avait reconnu sa faute, et que les plus cruels supplices ne l'y feraient pas retomber. Ayant persévéré jusqu'au bout dans la confession de la foi catholique, il fut pendu à une échelle, et étranglé par ses bourreaux à l'âge de trente ans.

XIX

André Wouters, dont on ne connaît pas le lieu de naissance, était curé de Heynort, près de Dortrecht. Il fut enlevé par les novateurs et conduit à La Brille. On prétend que sa conduite n'était pas des plus édifiantes, et qu'il remplissait d'abord avec beaucoup de négligence les devoirs de sa place ; mais la miséricorde infinie de Dieu lui accorda la grâce spéciale d'effacer toutes les taches de sa conduite antérieure et de gagner la couronne impérissable des martyrs par la courageuse fermeté qu'il montra dans sa confession de foi et par le sacrifice de sa vie.

Jésus-Christ était hier, il est aujourd'hui et il sera le même dans tous les siècles. Il Couvrit de gloire nos martyrs, comme il avait honoré ceux du premier siècle, par les miracles qui s'opérèrent sur leurs tombeaux.

Leurs reliques, plus précieuses que l'or elles joyaux, auraient sans doute été respectueusement enlevées par les catholiques, et placées dans un lieu convenable, pour célébrer le jour de leur bienheureuse naissance, c'est-à- dire celui de leur martyre, si la vigilance des novateurs et les guerres continuelles n'y eussent mis obstacle. Cependant beaucoup de catholiques célébrèrent ce jour mémorable, en jeûnant la veille et en priant humblement Je Seigneur pendant ces deux jours, de protéger la religion catholique et de la rétablir dans leur patrie. Us implorèrent à cet effet l'intercession des nouveaux martyrs, et leur prière fut exaucée. Une partie des Pays-Bas fut purgée des erreurs, et dans l'autre la religion catholique se conserva dans toute sa pureté au milieu d'une oppression qui dura plus de deux siècles.

Beaucoup de fidèles visitaient secrètement le tombeau des martyrs, quelques-uns s'y rendaient plusieurs fois par an, et s'en revenaient toujours fortifiés et consolés. Enfin le pieux archiduc Albert et son épouse Isabelle, conçurent le désir de faire transférer en un lieu convenable les reliques de nos martyrs. Quelques personnes de confiance furent envoyées, en Septembre 1615, de Bruxelles à La Brille. Elles se rendirent à l'endroit où avait été le couvent de Ten Rugge, et prirent une grande partie de leurs ossements, et les apportèrent, au milieu de grands dangers, à Bruxelles. Elles y furent placées dans des châsses précieuses et exposées à la vénération publique dans l'église des révérends pères Récollets, après avoir été solennellement levées de terre, ce qui arriva le 18 Octobre 1618. L'enquête au sujet de leur authenticité avait duré jusqu'à ce jour. Le même jour, l'archevêque de Malines, Matthias Hovius, célébra une messe solennelle, les reliques furent processionnellement promenées dans la ville, et une maladie contagieuse, qui régnait alors à Bruxelles et y causait beaucoup de ravages, fut soudain arrêté dans ses progrès.

Des parties de ces saintes reliques furent envoyées aux Récollets de Louvain, de Malines, d'Anvers, de Tirlemont, de Saint-Trond, de Cambrai, d'Ath, de Binche, de Tournai, de Lille, de Douai, de Valenciennes, de Mons, de Nivelles , de Namur , de Cologne et en plusieurs autres endroits , où l'anniversaire de la mort des martyrs de Gorkum fut célébré avec pompe tous les ans.

En 1772, le second jubilé séculaire de leur mort fut solennellement célébré dans toutes les églises des Récollets des Pays-Bas catholiques. A Louvain, ce jubilé fut célébré par une fête de quinze jours.

Ils furent tous déclarés martyrs par Clément X, et le décret solennel de leur béatification fut publié le 24 Novembre 1675. La célébration de leur fête dans tout le diocèse de Malines a été accordée en 1721, par le Pape Innocent XIII. Les Bollandistes ont publié plusieurs miracles opérés par leur intercession : cette relation avait été envoyée à Rome pour travailler au procès de leur béatification.

Saints Martyrs de Gorcum

en Hollande (✝ 1572)

Ils furent 19 martyrs originaires de Gorcum qui, arrêtés par leurs compatriotes calvinistes, alors en guerre contre les Espagnols, connurent d'abord une dure détention, devenant un spectacle pour les moqueries de la foule. Durant les nuits qui précédèrent leur exécution, les gardes et les sentinelles les insultaient dans leur ivresse et leur débauche. Ils furent pendus lentement, puis détachés, puis attachés à nouveau, renvoyés comme un ballon dans les mains des bourreaux, qui prenaient soin de ne pas les faire mourir. Leur captivité dura encore dix jours. Et c'est en chantant le "Salve Regina" qu'ils arrivèrent à La Brille. Plusieurs apostasièrent, mais ils furent tout de suite remplacés par d'autres, indignés. Un jeune novice eut peur et quitta le cercle des martyrs. Son compagnon s'écria de stupeur et les gardes le défigurèrent à coups de pique jusqu'à ce qu'il ne puisse plus parler. Enfin, les uns après les autres ils furent pendus pour être restés fidèles à l'Église romaine. Il y avait onze franciscains, un dominicain, deux prémontrés, un chanoine de Saint Augustin et quatre prêtres séculiers.

BD en hommage à ces martyrs: "N'ayez pas peur" (édition Coccinelle) : http://www.coccinellebd.be/catalogue/produit.php?ref=Nayezpaspeur&amp;id_rubrique=1

À Brielle sur la Meuse dans les Pays-Bas, en 1572, la passion des saints martyrs Nicolas Pieck, prêtre, et ses compagnons: Jérôme de Weert, Théodoric van der Eern, Nicaise de Heeze, Willehad du Danemark, Godefroid Coart de Melveren, Antoine de Hoornaert, Antoine de Weert et François de Roye, prêtres franciscains; Pierre van der Slagmolen d’Assche et Corneille de Wijk-bij-Dourstede, religieux franciscains; Jean Lenaerts, chanoine régulier de Saint-Augustin, Jean de Cologne, prêtre dominicain; Adrien de Hilvarenbeck, Jacques Lacops, prêtres prémontrés; Léonard Vechel, Nicolas Poppel, Godefroid van Duynen, André Wouters, prêtres, dix franciscains et huit du clergé diocésain ou religieux de Gorcum.

Pour avoir défendu la doctrine catholique sur la présence du Christ dans l’Eucharistie et l’autorité de l’Église romaine, ils furent soumis par les calvinistes à toute sorte d’outrages et de tourments, enfin étranglés par pendaison, achevant ainsi leur combat.

Martyrologe romain

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1474/Saints-Martyrs-de-Gorcum.html

Cesare Fracassini (1838-1868). Martyr de Gorkum en 1572. Vatican.

Saints Adrien et Jacques

prêtres prémontrés - martyrs en Hollande (✝ 1572)

Le 9 juillet 1572, dix-neuf prêtres et religieux, fidèles à leur foi catholique, furent pendus à Gorcum par les calvinistes. Parmi eux, deux fils de saint Norbert. Adrien Jansen, né en 1529, surnommé Becanus parce qu’il était natif de Hilvarenbeek, entra à l’âge de 15 ans à l’abbaye de Middelbourg. Après avoir été maître des novices et vicaire, il devint curé à Agterkerke vers 1560 puis curé à Monster en 1572, où venait de mourir Adrien Lacops. Adrien Jansen fut un prêtre exemplaire, fidèle et apostolique, qui oeuvra dans une paroisse où l’on comptait déjà plusieurs calvinistes.

Jacques Lacops était né à Audenarde en 1542, et il entra à l’exemple de son frère à Middelbourg. Intelligent, plein de charme, ses succès lui tournèrent la tête. Sa vie religieuse devint médiocre. Quand les iconoclastes envahirent l’abbaye, en 1566, il avait 24 ans, il renia sa foi, avec deux autres. Son père et son frère prémontré le firent revenir bientôt à la raison. Touché par la grâce, il revint à l’abbaye et fut accueilli charitablement dans la salle du chapitre, où il demanda pardon de ses scandales : il avait écrit un pamphlet anti-catholique et était devenu pasteur protestant Il fut alors envoyé à l’abbaye de Mariënweerd pour y passer un temps de pénitence. Réconcilié, Jacques fut nommé, au bout de cinq années vicaire à Monster, où son frère était curé, et où vivait leur père avec eux, dans le presbytère.

A la mort de son frère, en 1572, c’est donc Adrien Jansen qui devint son curé. La collaboration devait durer trois mois. En juillet de cette année-là, les «gueux de la mer» prirent d’assaut le presbytère et emmenèrent curé et vicaire. Adrien et Jacques furent réunis avec 17 autres prêtres et religieux. Frappés, injuriés, ils parcoururent les rues sous les cris de la foule. En route, les gueux demandèrent – mais sans succès - aux pêcheurs de la région de leur donner un tonneau de bière, en rançon pour la libération des otages. On les jeta en prison, et ils subirent de durs interrogatoires, au cours desquels ils défendirent le dogme de l’eucharistie et l’autorité du pape. Bien qu’Adrien était été habitué à réfuter les objections des hérétiques, c’est Jacques Lacops, plus jeune mais plus habile à la parole, qui soutenait surtout la lutte. Le 9 juillet 1572, les deux prémontrés reçurent la couronne des martyrs. Adrien avait 43 ans et Jacques 30 ans. Ils furent béatifiés par Clément V le 24 novembre 1675 et canonisés par Pie IX le 29 juin 1867.

Vie des Saints et Bienheureux - Postulator Generalis Ordinis Praemonstratensis

Les dix-neuf Martyrs de Gorcum

(† 1572)

Lors de la révolte des Protestants des Pays-Bas contre le gouvernement de la catholique Espagne, un certain nombre de révoltés, appelés «Gueux de mer», habitaient sur des vaisseaux aux bouches de l'Escaut. C'étaient en général des gens de sac et de corde, qui, sous prétexte de religion, exerçaient sur mer la piraterie, et sur terre les pires violences contre les prêtres et les religieux.

En avril 1572, les Gueux se présentèrent à l'improviste devant la ville de Gorcum et promirent aux habitants de respecter la liberté religieuse de tous, prêtres et laïques; se fiant à cette promesse, les citoyens leur ouvrirent les portes de la ville. Moins confiant, le Gouverneur se retira dans le château avec tous ceux qui n'avaient pas confiance en la parole de ces écumeurs de mer. Malgré la bravoure du Gouverneur, le château, dépourvu de troupes et de munitions, ne pouvait tenir longtemps. De leur côté les Gueux, redoutant l'arrivée de secours, réitèrent les promesses d'amnistie pleine et entière. Alors les assiégés se confessent mutuellement, reçoivent le saint Viatique, et on laisse entrer les Gueux.

A peine la bande de huguenots est-elle dans la place qu'elle se jette sur les assiégés pour les fouiller et les dépouiller. Ils les font ensuite comparaître pour leur arracher l'aveu de l'endroit où ils ont caché leurs trésors. S'attaquant d'abord à Nicolas Janssen, curé de Gorcum, ils lui enroulent autour du cou la corde d'un franciscain, la font passer sur la porte de la prison, et la tirant, soulèvent et lâchent tour à tour le malheureux prêtre, jusqu'à ce qu'ils le voient près d'expirer. C'est alors le tour du Père Gardien, Nicolas Pieck. Après plusieurs secousses effroyables, la corde casse, le patient tombe inanimé. Est-il mort ? Pour s'en assurer, un bourreau promène sur son visage la flamme d'un cierge; il la fait entrer dans les narines, dans la bouche, lui brûle la langue et le palais. Dans la prison du château, des scènes de ce genre se renouvellent huit jours durant.

Le samedi 5 juillet, la phalange des confesseurs fut dirigée sur Brielle, où elle devait trouver son Calvaire. Là, dans une grotesque procession, on les obligea à faire le tour de la potence, puis de recommencer à reculons, en chantant le « Salve Regina.» Cependant, sur leur passage, des femmes trempent leur balai dans l'eau sale et les aspergent en parodiant « l'Asperges me.» Un des confesseurs de la foi, ancien pèlerin de Terre Sainte, ne peut s'empêcher de dire : « J'ai vécu chez les Turcs et les Maures ; jamais je n'ai rien vu de pareil.» Détail touchant, le peuple réclama ensuite l' « Oremus.» Un saint vieillard s'exécuta en y substituant l'oraison de la fête de Notre-dame des Sept-Douleurs, que tous le monde écouta en silence : « Seigneur Jésus-Christ, que la Bienheureuse Vierge Marie, votre Mère, dont la très sainte âme fut percée d'un glaive de douleur au moment de votre Passion, daigne bien intercéder pour nous, maintenant et à l'heure de notre mort.»

Ramenés en prison, ils sont pressés d'apostasier, mais la plupart demeurent inébranlables dans leur croyance. Furieux de leur échec, et désireux d'en finir avec leurs prisonniers, les Gueux les conduisent la nuit même dans un ancien monastère abandonné; il jettent des cordes sur deux poutres, et dressent une échelle. Bientôt dix-neuf corps se balancent dans le vide. Le lendemain matin, 9 juillet, la populace était admise à insulter les corps de ces martyrs ; elle le fit aussi copieusement que lâchement.

Au nombre des victimes de cette hécatombe, on comptait : onze Frères Mineurs de l'Observance ; un Dominicain ; deux Prémontrés ; un chanoine régulier de Saint-Augustin, et quatre prêtres du clergé séculier.

Pie IX a inscrit ces dix-neuf confesseurs de la foi au nombre des martyrs, le 29 juin 1866.

J.-M. Planchet, Nouvelle Vie des Saints, 2e éd. Paris, 1946

The Martyrs of Gorkum

The year 1572, Luther and Calvin had already wrested from the Church a great part of Europe. The iconoclastic storm had swept through the Netherlands, and was followed by a struggle between Lutheranism and Calvinism in which the latter was victorious. In 1571 the Calvinists held their first synod, at Embden. On 1 April of the next year the Watergeuzen (Sea-beggars) conquered Briel and later Vlissingen and other places. In June, Dortrecht and Gorkum fell into their hands and at Gorkum they captured nine Franciscans. These were: Nicholas Pieck, guardian of Gorkum, Hieronymns of Weert, vicar, Theodorus van der Eem, of Amersfoort, Nicasius Janssen, of Heeze, Willehad of Denmark, Godefried of Mervel, Antonius of Weert, Antonius of Hoornaer, and Franciseus de Roye, of Brussels. To these were added two lay brothers from the same monastery, Petrus of Assche and Cornelius of Wyk near Duurstede. Almost at the same time the Calvinists laid their hands on the learned parish priest of Gorkum, Leonardus Vechel of Bois-le-Duc, who had made distinguished studies in Louvain, and also has assistant Nicolaas Janssen, surnamed Poppel, of Welde in Belgium. With the above, were also imprisoned Godefried van Duynsen, of Gorkum who was active as a priest in his native city, and Joannes Lenartz of Oisterwljk, an Augustinian and director of the convent of Augustinian nuns in Gorkum. To these fifteen, who from the very first underwent all the sufferings and torments of the persecution, were later added four more companions: Joannes van Hoornaer, a Dominican of the Cologne province and parish priest not far from Gorkum, who, when apprised of the incarceration of the clergy of Gorkum, hastened to the city in order to administer the sacraments to them and was seized and imprisoned with the rest, Jacobus Lacops of Oudenaar, a Norbertine, who after leading a frivolous life, being disobedient to his order, and neglectful of his religious duties, reformed, became a curate in Monster, Holland and was imprisoned in 1572; Adrianus Janssen of Hilvarenbeek, at one time a Premonstratensian and parish priest in Monster, who was sent to Brielle with Jacobus Lacops; and lastly Andreas Wouters of Heynoord, whose conduct was not edifying up to the time of his arrest, but who made ample amends by his martyrdom.

After enduring much suffering and abuse in the prison at Gorkum (26 June-6 July) the first fifteen martyrs were transferred to Brielle. On their way to Dortrecht they were exhibited for money to the curious and arrived at Brielle 13 July. On the following day, Lumey, the commander of the Watergeuzen, caused the martyrs to be interrogated and ordered a sort of disputation. In the meantime the four other martyrs also arrived. It was exacted of each that he abandon his belief in the Blessed Sacrament and in papal supremacy. All remained firm in their faith. Meanwhile there came a letter from William of Orange which enjoined all those in authority to leave priests and religious unmolested. Nevertheless Lumey caused the martyrs to be hanged in the night of 9 July, in a turfshed amid cruel mutilations. Their beatification took place on 14 Nov., 1675, and their canonization on 29 June, 1865. For many years the place of their martyrdom in Brielle has been the scene of numerous pilgrimages and processions.

Albers, Petrus Henricus. "The Martyrs of Gorkum." The Catholic Encyclopedia. Vol. 6. New York: Robert Appleton Company,1909. 10 Jul. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/06651c.htm>.

July 9

SS. Martyrs of Gorcum

NINETEEN priests and religious men, who were taken by the Calvinists in Gorcum, after suffering many insults, were hanged on account of their religion at Bril, on the 9th of July, 1572. Of these, eleven were Franciscan friars, called Recollects, of the convent of Gorcum, amongst whom were Nicholas Pick the guardian, and Jerom Werden, vicar of the same convent. The former was thirty-eight years old, an eminent preacher, and a man endued with the primitive spirit of his order, especially the love of holy poverty and mortification. He feared the least superfluity even in the meanest and most necessary things, especially in meals; and he would often say: “I fear if St. Francis were living, he would not approve of this or that.” He was most zealous to preserve this spirit of poverty and penance in his house, and he used to call property and superfluity the bane of a religious state. His constant cheerfulness rendered piety and penance itself amiable. He often had these words in his mouth: “We must always serve God with cheerfulness.” He had frequently expressed an earnest desire to die a martyr, but sincerely confessed himself altogether unworthy of that honour. The other martyrs were a Dominican, two Norbertins, one Canon Regular of St. Austin, called John Oosterwican, 1 three curates, and another secular priest. The first of these curates was Leonard Vechel, the elder pastor at Gorcum. He had gained great reputation in his theological studies at Louvain under the celebrated Ruard Tapper; and in the discharge of pastoral duties at Gorcum, had joined an uncommon zeal, piety, eloquence, and learning with such success, that his practice and conduct in difficult cases was a rule for other curates of the country, and his decisions were regarded as oracles at the university itself. For the relief of the poor, especially those who were sick, he gave his temporal substance with such tenderness and profusion as to seem desirous, had it been possible, to have given them himself. He reproved vice without respect of persons; and by his invincible meekness and patience disarmed and conquered many who had been long deaf to all his remonstrances, and added only insults to their obstinacy. Nicholas Poppel was the second pastor at Gorcum, and though inferior in abilities, was in zeal worthy to be the colleague of Vechel, and to attain to the same crown with him. The rest of this happy company had made their lives an apprenticeship to martyrdom. They were declared martyrs, and beatified by Clement X. in 1674. The relation of several miracles performed by their intercession and relics which was sent to Rome in order to their beatification, is published by the Bollandists. 2 The greater part of their relics is kept in the church of the Franciscan friars at Brussels, whither they were secretly conveyed from Bril. See the accurate history of their martyrdom written by the learned doctor William Estius, printed at Douay in 1603. Also Batavia Sacra, part. 2. p. 174. and various memoirs collected by Solier the Bollandist, t. 2. Julij, p. 736. 1

Note 1. John Oosterwican was director to a convent of nuns of the same order in Gorcum; he was then very old, and had often prayed that God would honour him with the crown of martyrdom.

The names of the eleven Franciscans were Nicholas Pick, Jerom, a native of Werden, in the county of Horn, Theodoric of Embden, native of Amorfort, Nicaise, Johnson, native of Heze, Wilhade, native of Denmark, Godfrey of Merveille, Antony of the town of Werden, Antony of Hornaire, a village near Gorcum, Francis Rodes, native of Brussels. These were priests and preachers. The other two were lay-brothers, namely, Peter of Asca, a village in Brabant, and Cornelius of Dorestate, a village now called Wick, in the territory of Utrecht. The three curates were Leonard Vechel, Nicholas Poppel, and Godfrey Dunen. This last was a native of Gorcum, who having been rector of the university of Paris, where he had studied and taught, was some time curate in Holland, near the French territories, but resigned his curacy and lived at Gorcum.

The other martyrs were John Oosterwican mentioned above; John, a Dominican of the province of Cologne, curate of Hornaire; Adrian Hilvarenbeck, a Norbertin of Middleburg, who served a parish at Munster, a village near the mouth of the Meuse; James Lacop of the same order and monastery, an assistant in a neighbouring parish to Munster; and Andrew Walter, a secular priest, curate of Heinort, near Dort.

Note 2. Julij, t. 2, p. 823.

Rev. Alban Butler (1711–73). Volume VII: July. The Lives of the Saints. 1866.