lundi 30 avril 2012

Sainte CATHERINE de SIENNE, vierge dominicaine, mystique et Docteur de l'Église


Agostino CarracciL'Extase de Sainte Catherine de Sienne, 1570,

Sainte Catherine de Sienne, vierge et docteur de l'Église

Catherine de Sienne (1347-1380) fut partagée, sa vie durant, entre la soif de contempler le Christ en croix et le service de l'Église, que déchiraient les factions. Pénétrée de l'esprit de Saint Dominique, elle puisa dans son amour Dieu les énergies qui lui permirent de ramener le pape d'Avignon à Rome et de faire entendre aux pécheurs l'appel du sang rédempteur.

SOURCE : http://www.paroisse-saint-aygulf.fr/index.php/prieres-et-liturgie/saints-par-mois/icalrepeat.detail/2015/04/29/594/-/sainte-catherine-de-sienne-vierge-et-docteur-de-l-eglise


Giovanni di Paolo, Sainte Catherine recevant la communion des mains du Christ, XVe,

SAINTE CATHERINE de SIENNE

Vierge

(1347-1380)

Catherine, l'une des saintes les plus merveilleuses qui aient paru sur la terre, naquit à Sienne, de parents vertueux, mais qui pourtant, chose incroyable, se firent longtemps ses persécuteurs et entravèrent, autant qu'il leur fut possible, sa vocation religieuse.

Dès l'âge de cinq ans, elle ne montait les escaliers de la maison paternelle qu'à genoux, récitant l'Ave Maria à chaque degré. Vers cette époque, elle eut une apparition de Notre-Seigneur, qui lui révéla tous les secrets de la vie parfaite.

Un jour, l'admirable enfant, se prosternant dans sa chambre, pria la très Sainte Vierge de lui donner Son divin Fils pour Époux, et dès lors elle ne songea qu'à la vie religieuse, qui passionnait noblement son âme. Comme ses parents voulaient la marier, Dieu leur fit comprendre par différents signes extraordinaires que leur fille devait rester vierge; malgré tout, ils persistèrent à la retenir dans le monde.

Catherine ne se découragea pas; elle se fit comme une cellule au fond de son coeur, où elle trouvait toujours son Bien-Aimé. C'est alors que commença pour elle une vie de telles austérités, que les Vies des Saints nous offrent peu de pareils exemples: disciplines, chassis de fer, cilice, privation de nourriture et de sommeil, elle n'ignora rien de tous ces martyres volontaires; elle en vint à ne dormir qu'une demi-heure en deux nuits, ce fut la mortification qui lui coûta le plus.

C'était une lutte continuelle entre la mère et la fille, la tendresse de l'une voulant éviter à l'autre ce martyre de chaque jour, la passion de la souffrance chez l'une rendant inutile l'humaine compassion de l'autre.

De guerre lasse, il fallut enfin laisser partir au couvent cette fille si chérie et si longtemps maltraitée: Catherine entra chez les religieuses de Saint-Dominique. Dès lors sa vie devint de plus en plus étonnante.

Elle eut quelques tentations pénibles pour son âme angélique; le Sauveur, pour la récompenser de la victoire, lui apparut couvert des ignominies de Sa Passion:

"Où étiez-Vous donc, Seigneur, pendant ce terrible combat?

-- Ma fille, J'étais dans ton coeur, et Je Me réjouissais de ta fidélité."

Dans une de Ses apparitions, le Sauveur ôta le coeur de la poitrine de Sa servante et mit le Sien à sa place. Une autre fois, elle reçut les stigmates du divin Crucifié. Souvent, au moment de la Communion, l'Hostie s'échappait des mains du prêtre pour voler vers la bouche de Catherine. Sa vie entière fut un miracle.

Dieu permit qu'elle exerçât une immense influence sur son époque, et qu'elle contribuât pour beaucoup à la cessation du grand schisme d'Occident. Elle mourut à l'âge de trente-trois ans.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/sainte_catherine_de_sienne.html


BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Salle Paul VI

Mercredi 24 novembre 2010

Catherine de Sienne


Chers frères et sœurs,

Je voudrais aujourd’hui vous parler d’une femme qui a eu un rôle éminent dans l’histoire de l’Église. Il s’agit de sainte Catherine de Sienne. Le siècle auquel elle vécut — le XIVe — fut une époque tourmentée pour la vie de l’Eglise et de tout le tissu social en Italie et en Europe. Toutefois, même dans les moments de grandes difficultés, le Seigneur ne cesse de bénir son peuple, suscitant des saints et des saintes qui secouent les esprits et les cœurs provoquant la conversion et le renouveau. Catherine est l’une de celles-ci et, aujourd’hui encore, elle nous parle et nous incite à marcher avec courage vers la sainteté pour être toujours plus pleinement disciples du Seigneur.

Née à Sienne, en 1347, au sein d’une famille très nombreuse, elle mourut dans sa ville natale en 1380. A l’âge de 16 ans, poussée par une vision de saint Dominique, elle entra dans le Tiers Ordre dominicain, dans la branche féminine dite des Mantellate. En demeurant dans sa famille, elle confirma le vœu de virginité qu’elle avait fait en privé alors qu’elle était encore adolescente, et se consacra à la prière, à la pénitence et aux œuvres de charité, surtout au bénéfice des malades.

Lorsque la renommée de sa sainteté se diffusa, elle fut protagoniste d’une intense activité de conseil spirituel à l’égard de toutes les catégories de personnes: nobles et hommes politiques, artistes et personnes du peuple, personnes consacrées, ecclésiastiques, y compris le Pape Grégoire XI qui à cette époque, résidait à Avignon, et que Catherine exhorta de façon énergique et efficace à revenir à Rome. Elle voyagea beaucoup pour solliciter la réforme intérieure de l’Eglise et pour favoriser la paix entre les Etats: c’est pour cette raison également, que le vénérable Jean-Paul II voulut la déclarer co-patronne de l’Europe: pour que le Vieux continent n’oublie jamais les racines chrétiennes qui sont à la base de son chemin et continue de puiser à l’Évangile les valeurs fondamentales qui assurent la justice et la concorde.

Catherine souffrit beaucoup, comme de nombreux saints. Certains pensèrent même qu’il fallait se méfier d’elle, au point qu’en 1374, six ans avant sa mort, le chapitre général des Dominicains la convoqua à Florence pour l’interroger. Il mirent à ses côtés un frère cultivé et humble, Raymond de Capoue, futur maître général de l’Ordre. Devenu son confesseur et également son «fils spirituel», il écrivit une première biographie complète de la sainte. Elle fut canonisée en 1461.

La doctrine de Catherine, qui apprit à lire au prix de nombreuses difficultés et à écrire à l’âge adulte, est contenue dans le Dialogue de la Divine Providence, ou Livre de la Divine Doctrine, chef d’œuvre de la littérature spirituelle, dans ses Lettres, et dans le recueil de Prières. Son enseignement contient une telle richesse qu’en 1970, le Serviteur de Dieu Paul VI, la déclara Docteur de l’Eglise, titre qui s’ajoutait à celui de co-patronne de la ville de Rome, par volonté du bienheureux Pie IX, et de patronne d’Italie, selon la décision du vénérable Pie XII.

Dans une vision qui ne s’effaça plus jamais du cœur et de l’esprit de Catherine, la Vierge la présenta à Jésus, qui lui donna un anneau splendide, en lui disant: «Moi, ton créateur et sauveur, je t’épouse dans la foi, que tu conserveras toujours pure jusqu’à ce que tu célèbres avec moi tes noces éternelles» (Raymond de Capoue, Sainte Catherine de Sienne, Legenda maior, n. 115, Sienne, 1998). Cet anneau ne demeura visible qu’à elle seule. Dans cet épisode extraordinaire, nous percevons le sens vital de la religiosité de Catherine et de toute spiritualité authentique: le christocentrisme. Le Christ est pour elle comme l’époux, avec lequel existe un rapport d’intimité, de communion et de fidélité; il est le bien-aimé au-delà de tout autre bien.

Cette union profonde avec le Seigneur est illustrée par un autre épisode de la vie de cette éminente mystique: l’échange du cœur. Selon Raymond de Capoue, qui transmit les confidences reçues de Catherine, le Seigneur Jésus lui apparut tenant dans la main un cœur humain rouge resplendissant, lui ouvrit la poitrine, l’y introduisit et dit: «Ma très chère petite fille, de même qu’un jour j’ai pris le cœur que tu m’offrais, voici à présent que je te donne le mien, et désormais, il prendra la place qu’occupait le tien» (ibid.). Catherine a vécu véritablement les paroles de saint Paul: «Ce n'est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi» (Ga 2, 20).

Comme la sainte de Sienne, chaque croyant ressent le besoin de s’uniformiser aux sentiments du Cœur du Christ pour aimer Dieu et son prochain, comme le Christ lui-même aime. Et nous pouvons tous laisser notre cœur se transformer et apprendre à aimer comme le Christ, dans une familiarité avec Lui nourrie par la prière, par la méditation sur la Parole de Dieu et par les Sacrements, en particulier en recevant fréquemment et avec dévotion la sainte communion. Catherine appartient elle aussi à ce groupe de saints eucharistiques, avec lesquels j’ai voulu conclure mon Exhortation apostolique Sacramentum caritatis (cf. n. 94). Chers frères et sœurs, l’Eucharistie est un don d’amour extraordinaire que Dieu nous renouvelle sans cesse pour nourrir notre chemin de foi, renforcer notre espérance, enflammer notre charité, pour nous rendre toujours plus semblables à Lui.

Autour d’une personnalité aussi forte et authentique commença à se constituer une véritable famille spirituelle. Il s’agissait de personnes fascinées par l’autorité morale de cette jeune femme dont la vie atteignait un niveau très élevé, et parfois impressionnées également par les phénomènes mystiques auxquels elles assistaient, comme les extases fréquentes. Beaucoup de gens se mirent à son service et considérèrent surtout comme un privilège d’être guidées spirituellement par Catherine. Ils l’appelaient «maman», car en tant que fils spirituels, ils puisaient en elle la nourriture de l’esprit.

Aujourd’hui aussi l’Eglise tire un grand bénéfice de l’exercice de la maternité spirituelle de nombreuses femmes, consacrées et laïques, qui nourrissent dans les âmes la pensée pour Dieu, qui renforcent la foi des personnes et qui orientent la vie chrétienne vers des sommets toujours plus élevés. «Je vous dis et je vous appelle mon fils — écrit Catherine en s’adressant à l’un de ses fils spirituels Giovanni Sabbatini —, dans la mesure où je vous mets au monde par des prières incessantes et mon désir auprès de Dieu, comme une mère met son fils au monde» (Recueil de lettres, Lettre n. 141: A dom Giovanni de’ Sabbatini). Elle avait l’habitude de s’adresser au frère dominicain Bartolomeo de Dominici par ces mots: «Bien-aimé et très cher frère et fils dans le doux Christ Jésus».

Un autre trait de la spiritualité de Catherine est lié au don des larmes. Celles-ci expriment une extrême et profonde sensibilité, la capacité à s’émouvoir et à éprouver de la tendresse. De nombreux saints ont eu le don des larmes, renouvelant l’émotion de Jésus lui-même, qui n’a pas retenu et caché ses pleurs devant le sépulcre de son ami Lazare et la douleur de Marie et de Marthe, et à la vue de Jérusalem, au cours de ses derniers jours terrestres. Selon Catherine, les larmes des saints se mélangent au Sang du Christ, dont elle a parlé avec un ton vibrant et des images symboliques très efficaces: «Rappelez-vous du Christ crucifié, Dieu et homme (...) Donnez-vous pour objet le Christ crucifié, cachez-vous dans les plaies du Christ crucifié, noyez-vous dans le sang du Christ crucifié» (Recueil de lettres, Lettre n. 21; A une personne que l’on ne nomme pas).

Nous pouvons ici comprendre pourquoi Catherine, bien que consciente des fautes humaines des prêtres, ait toujours éprouvé un très grand respect pour eux: ces derniers dispensent, à travers les sacrements et la Parole, la force salvifique du Sang du Christ. La sainte de Sienne a toujours invité les saints ministres, et également le Pape, qu’elle appelait «doux Christ de la terre», à être fidèles à leurs responsabilités, toujours et seulement animée par son amour profond et constant pour l’Eglise. Avant de mourir, elle dit: «Alors que je quitte mon corps, moi en vérité j’ai consommé et donné ma vie dans l’Eglise et pour la Sainte Eglise, ce qui m’est une grâce très particulière» (Raymond de Capoue, Sainte Catherine de Sienne, Legenda maior, n. 363).

Nous apprenons donc de sainte Catherine la science la plus sublime: connaître et aimer Jésus Christ et son Eglise. Dans le Dialogue de la Divine Providence celle-ci, à travers une image singulière, décrit le Christ comme un pont lancé entre le ciel et la terre. Celui-ci est formé de trois marches constituées par les pieds, par le côté et par la bouche de Jésus. En s’élevant grâce à ces marches, l’âme passe à travers les trois étapes de chaque voie de sanctification: le détachement du péché, la pratique de la vertu et de l’amour, l’union douce et affectueuse avec Dieu.

Chers frères et sœurs, apprenons de sainte Catherine à aimer avec courage, de manière intense et sincère, le Christ et l’Eglise. Faisons donc nôtres les paroles de sainte Catherine que nous lisons dans le Dialogue de la Divine Providence, en conclusion du chapitre qui parle du Christ-pont: «Par miséricorde, tu nous as lavés dans le Sang, par miséricorde, tu voulus converser avec les créatures. O fou d’amour! Il ne t’a pas suffi de t’incarner, mais tu voulus aussi mourir! (...) O miséricorde! Mon cœur étouffe en pensant à toi: car où que je me tourne, je ne trouve que miséricorde» (chap. 30). Merci.

* * *

Chers amis, puisse sainte Catherine de Sienne nous apprendre ainsi la science la plus sublime: aimer avec courage intensément et sincèrement Jésus Christ et aimer l’Eglise! Je salue cordialement les pèlerins francophones: bon séjour à tous!


© Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE :



Giovanni di Paolo. Le Mariage mystique de Catherine de Sienne, 1460

CATHERINE DE SIENNE

(1347-1380)

Vierge et docteur de l’Eglise. Cal. romain: 29 avril.

Catherine Benincasa est née à Sienne (Italie) le 25 mars 1347, dimanche des rameaux et Annonciation. En 1352, elle a une vision du Christ-Pontife et fait vœu de virginité. A l'âge de quinze ans, Sainte Catherine revêt l'habit des sœurs de la Pénitence de Saint Dominique (les Mantellate). L'origine de ce groupement remonte à saint Dominique qui avait réuni et organisé des laïcs en une milice chargée de récupérer et de défendre les biens de l'Eglise usurpé par des laïcs et de résister aux hérétiques. Les Soeurs de la pénitence de saint Dominique à l'époque de Ste Catherine ne réunissait normalement que des veuves, mais avait la permission d'entendre les Offices dans les églises des Frères Prêcheurs. Elles suivaient une règle qui n'était pas vraiment religieuse puisque ces soeurs ne prononçaient pas de voeux.

Après la mort de sa soeur Bonaventura, va commencer la vie d’ascèse de Catherine. En 1368, après le retour à Dieu de son père et son mariage mystique avec le Christ, Catherine sauve ses frères pendant un coup d’état à Sienne. Deux ans après, elle donne son coeur à Jésus pour l’Eglise. De la même année datent ses premières lettres et les premières conversions. La jeune mystique provoque quelques émotions dans sa cité et dans l’Ordre des dominicains. Elle doit comparaître devant le Chapitre général des dominicains à Florence en 1374. Elle rencontre alors le Bienheureux Raymond de Capoue qui deviendra son directeur spirituel.

A partir de 1375 commence une période de sa vie durant laquelle elle prend de manière plus publique, la défense des intérêts du Pape et manifeste son souci de l’unité et de l’indépendance de l’Eglise, ainsi que du retour du Pape d’Avignon à Rome. Elle rencontre le pape Grégoire XI à Avignon. En septembre 1376, elle retourne à Sienne et Grégoire XI prend le chemin de Rome. Catherine continue son service d’ambassadrice du pape auprès des villes italiennes toujours en pleine ébullition. En 1378, après le décès de Grégoire XI, Urbain VI est élu pape. 5 mois après cette élection tumultueuse et les maladresses de l’élu, malgré les appels à la patience et les mises en garde de Catherine de Sienne, survient le Grand Schisme d’Occident et l’élection de l'antipape Clément VII (Robert de Genève). Catherine se bat pour que soit reconnu Urbain VI. La même année 1378, elle commence la rédaction de ses Dialogues, qui, rapporte une tradition, auraient été composés en cinq jours d’extase, du 9 au 14 octobre. Catherine vient s’établir définitivement à Rome. Deux ans après, après avoir reçu dans une vision, la nef de l’Eglise sur ses épaules, dans l’église du Vatican, Catherine meurt à Rome à l’âge de 33 ans. Bien que ne sachant pas écrire et ne connaissant pas le latin, elle laisse derrière elle une œuvre considérable. L’importance de son œuvre pour la langue italienne moderne est reconnue.

Appartenant au tiers-ordre dominicain, cette fille de Saint Dominique canonisé en 1461 par le pape Pie II est patronne de l’Italie et a été déclarée docteur de l’Eglise par le pape Paul VI, le 4 octobre 1970 en même temps que Sainte Thérèse d’Avila.

DOUCE CLÉMENCE DU SAINT-ESPRIT

Puissance du Père éternel, aide-moi! sagesse du Fils, éclaire le regard de mon intelligence. Douce clémence du Saint-Esprit, embrase-moi et unis mon cœur à toi, ô Père éternel, je proclame que ta toute-puissance est capable de secourir l’Eglise et d’arracher ton peuple aux mains de Satan; elle peut faire cesser la tribulation de la sainte Eglise, et m’obtenir à moi, victoire et supériorité sur mes ennemis.

Je le confesse, la sagesse de ton Fils, qui est une même chose avec toi, peut éclairer mon intelligence et celle de ton peuple et discerner les ténèbres qui enveloppent ta chère Epouse.

Je confesse, ô douce et éternelle bonté de Dieu, que la clémence de ton Esprit Saint, que ta charité de feu veulent embraser mon cœur pour se l’unir - mon cœur et celui de toute créature raisonnable!

Puis donc que tu sais, que tu peux et que tu veux, j’adjure ta puissance, ô Père éternel, j’adjure la sagesse de ton Fils, par son précieux Sang, j’adjure la clémence de l’Esprit Saint, brasier et abîme de charité qui tint ton fils cloué à la Croix, de faire enfin miséricorde au monde et de rendre à la sainte Eglise la paix et l’union avec l’ardeur de la charité.

Hélas! je ne veux pas que tu tardes davantage; je t'en supplie, que ta volonté t'empêche de fermer l'œil de ta miséricorde sur ta sainte Epouse! Doux Jésus! Jésus amour! (Jésus-Christ Notre Résurrection, op. cit. p. 48-49).


Prière

O Dieu éternel ! O Lumière au-dessus de toute lumière et foyer de toute lumière ! O Feu au-dessus de tout autre feu, Feu qui seul brûle sans se consumer ! Feu qui consume dans l'âme tout péché et tout amour propre, Feu qui ne consume pas l'âme mais la nourrit d'un amour insatiable, puisqu'en la rassasiant vous ne la rassasiez pas, elle vous désire toujours ; et plus elle vous désire, et plus elle vous possède ; plus elle vous possède, et plus elle vous cherche, et plus elle vous trouve, et plus elle vous goûte, ô Feu souverain, Feu éternel, abîme de charité !


Pompeo Batoni, Catherine de Sienne recevant les stigmates, huile sur toile, 1743
Sainte Catherine de Sienne

Proclamée Docteur de l'Église

Homélie du Pape Paul VI

(Traduction de l'Osservatore Romano)

Le dimanche 4 Octobre 1970, Paul VI a présidé dans la Basilique Vaticane la cérémonie solennelle de la proclamation de Sainte Catherine de Sienne comme Docteur de l'Eglise. Voici le texte du discours prononcé par le Pape en la basilique Saint Pierre :

La joie spirituelle qui a rempli notre âme en proclamant Docteur de l'Eglise l'humble et sage vierge dominicaine, Catherine de Sienne, trouve sa référence la plus haute et, dirons-nous, sa justification dans la joie très pure éprouvée par le Seigneur Jésus lorsque, comme le rapporte le saint évangéliste Luc, « il tressaillit de joie sous l'action du Saint Esprit » et dit : « Je te bénis Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux habiles et de l'avoir révélé aux tout petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir.[1] »

En vérité, en remerciant le Père d'avoir révélé les secrets de sa sagesse divine aux humbles, Jésus ne pensait pas seulement aux Douze qu'il avait choisis dans un peuple sans culture et qu'il enverrait un jour comme ses apôtres pour instruire toutes les nations et pour leur enseigner ce qu'il leur avait prescrit[2], mais aussi à tous ceux qui croiraient en lui, parmi lesquels seraient innombrables ceux qui seraient les moins doués aux yeux du monde.

Et l'Apôtre des gentils se plaisait à observer cela en écrivant à la communauté de Corinthe la grecque, ville où pullulaient les gens infatués de sagesse humaine : « Considérez votre appel. Il n'y a pas beaucoup de sages, selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de gens bien nés. Mais ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre la force ; ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l'on méprise, voilà ce que Dieu a choisi ; ce qui n'est pas, pour réduire à rien ce qui est, afin qu'aucune chair n'aille se glorifier devant Dieu.[3]

Ce choix préférentiel de Dieu, dans la mesure où il est insignifiant ou même méprisable aux yeux du monde, avait déjà été annoncé par le Maître lorsqu'il avait appelé, en nette contradiction avec les estimations terrestres, heureux et candidats à son Royaume les pauvres, les affligés, les doux, les affamés de justice, les purs de cœur, les artisans de la paix[4].

Il n'est certes pas dans notre intention d'hésiter à mettre en relief comment, dans la vie et dans l'activité extérieure de Catherine, les Béatitudes évangéliques ont eu modèle de vérité et de beauté exceptionnelles. Tous, d'ailleurs, vous vous rappelez combien elle a été libre en esprit de toute convoitise terrestre, combien elle a été affamée de justice et envahie jusqu'aux entrailles de miséricorde dans sa recherche de porter la paix au sein des familles et dans les villes déchirées par des rivalités et des haines atroces, combien elle s'est prodiguée pour réconcilier la république de Florence avec le Souverain Pontife Grégoire XI, jusqu'à exposer sa propre vie à la vengeance des rebelles. Nous ne nous arrêterons pas à regarder les grâces mystiques exceptionnelles dont le Seigneur a voulu la gratifier, parmi lesquelles le mariage mystique et les saints stigmates. Nous croyons aussi que ce n'est pas, en la présente circonstance, le moment de rappeler l'histoire des magnanimes efforts accomplis par la sainte pour persuader le Pape de revenir à Rome, son siège légitime. Le succès qu'elle a finalement obtenu fut vraiment le chef-d'œuvre de son intense activité qui restera dans les siècles sa grande gloire et constituera un titre tout spécial à l'éternelle reconnaissance de l'Eglise.

Nous croyons par contre opportun en ce moment de mettre brièvement en lumière le second titre qui justifie, en conformité avec le jugement de l'Eglise, l'accord du titre de Docteur à la fille de l'illustre ville de Sienne, et c'est l'excellence particulière de la doctrine.

Quant au premier titre, celui de la sainteté, son approbation solennelle fut exprimée amplement et dans un style unique d'humaniste par le Pontifie Pie II, son compatriote, dans la bulle de canonisation « Misericordias Domini », dont il fut lui-même l'auteur. La cérémonie liturgique spéciale eut lieu dans la Basilique Saint-Pierre le 29 juin 1461.

Que dirons-nous donc de l'éminence de la doctrine de sainte Catherine ? Certainement nous ne trouverons pas dans les écrits de la sainte, c'est-à-dire dans les Lettres, conservées en nombre assez considérable, dans le « Dialogue de la divine Providence » ou « Livre de la doctrine divine » et dans les « orationes », la vigueur apologétique et les hardiesses théologiques qui distinguent les œuvres des grandes lumières de l'Eglise ancienne de l'Orient et de l'Occident. Nous ne pouvons pas non plus exiger de la vierge peu cultivée de Fontebranda les hautes spéculations propres à la théologie systématique, qui ont rendu immortels les docteurs du Moyen Age scolastique. Et, s'il est vrai que se reflète dans ses écrits, et d'une manière surprenante, la théologie du Docteur angélique, celle-ci y apparaît dépouillée de tout revêtement scientifique. Ce qui frappe plus que tout au contraire dans la sainte, c'est la science infuse, c'est-à-dire l'assimilation brillante, profonde et enivrante de la vérité divine et des mystères de la foi contenus dans les livres de l'Ancien et du Nouveau Testaments : une assimilation favorisée, oui, par des dons naturels très particuliers mais évidemment prodigieux, due à un charisme de sagesse du Saint Esprit, un charisme mystique.

Catherine de Sienne offre dans ses écrits un des plus brillants modèles de ces charismes d'exhortation, de parole de sagesse et de parole de science que saint Paul nous a montrés agissant dans chaque fidèle dans les communautés chrétiennes primitives et dont il voulait que l'usage fût bien réglé, faisant remarquer que ces dons ne sont pas tant à l'avantage de ceux qui en sont favorisés que plutôt à celui du Corps tout entier de l'Eglise : comme en lui, en effet, explique l'Apôtre, « c'est le seul et même Esprit qui distribue ses dons à chacun comme il l'entend »,[5] de même sur tous les membres de l'organisme mystique du Christ doit retomber le bénéfice des trésors spirituels que son Esprit prodigue[6].

« Doctrina ejus (scilicet Catharinæ) non acquisita fuit ; prius magistra visa quam est quam discipula » ; c'est ce qu'a déclaré le même Pie II dans la Bulle de canonisation. Et, en vérité, que de rayons de sagesse surhumaine, que d'appels pressants à l'imitation du Christ dans tous les mystères de sa vie et de sa Passion, que d'invitations à la pratique propre des vertus propres aux divers états de vie sont épars dans les œuvres de la sainte ! Ses lettres sont comme autant d'étincelles d'un feu mystérieux allumé dans son cœur brûlant de l'Amour infini qui est le Saint-Esprit.

Mais quelles sont les lignes caractéristiques, les thèmes principaux de son enseignement ascétique et mystique ? Il nous semble qu'à l'imitation du « glorieux Paul [7] » dont elle reflète parfois le style vigoureux et impétueux, Catherine soit la mystique du Verbe incarné et surtout du Christ crucifié. Elle a exalté la vertu rédemptrice du sang adorable du Fils de Dieu, répandu sur le bois de la croix avec la prodigalité de l'amour pour le salut de toutes les générations humaines[8]. Ce sang du Sauveur, la sainte le voit couler d'une manière continuelle au sacrifice de la messe et dans les sacrements, grâce au ministère des ministres sacrés, pour la purification et l'embellissement du Corps mystique du Christ tout entier. Nous pouvons donc dire que Catherine est la mystique du Corps mystique du Christ, c'est-à-dire de l'Eglise.

D'autre part, pour elle, l'Eglise est la mère authentique à laquelle il est juste de se soumettre et d'accorder révérence et assistance. Elle ose dire : « L'Eglise n'est rien d'autre que le Christ lui-même.[9] »

Quels ne furent donc pas le respect et l'amour passionné que la sainte nourrissait pour le Pontife romain ! Aujourd'hui, nous personnellement, serviteur des serviteurs de Dieu, nous devons à Catherine une immense reconnaissance, non certes pour l'honneur qui peut retomber sur notre humble personne, mais pour l'apologie mystique de la charge apostolique du successeur de Pierre. Qui ne se rappelle? Elle contemple en lui « le doux Christ sur la terre[10] », auquel on doit un amour filial et l'obéissance parce que : « qui sera désobéissant au Christ sur la terre, qui tient la place du Christ qui est au ciel, ne participe pas au fruit du sang du Fils de Dieu.[11] » Et, comme anticipant non seulement sur la doctrine, mais sur le langage même du Concile Vatican II[12], la sainte écrit au Pape Urbain VI : « Père très saint... sachez la grande nécessité, qui est la vôtre et celle de la sainte Eglise, de garder ce peuple [de Florence] dans l'obéissance et le respect envers votre Sainteté parce que c'est là qu'est le chef et le principe de notre foi.[13] »

Aux cardinaux ensuite, à beaucoup d'évêques et de prêtres, elle adresse de pressantes exhortations et n'épargne pas de sévères reproches, mais toujours en toute humilité et tout respect pour leur dignité de ministres du sang du Christ.

Et Catherine ne pouvait pas oublier qu'elle était la fille d'un Ordre religieux, un des plus glorieux et des plus actifs dans l'Eglise. Elle nourrissait donc une singulière estime pour ce qu'elle appelle « les saintes religions » qu'elle considère comme un lien d'union dans le Corps mystique, constitué par les représentants du Christ (selon une qualification qui lui est propre) et le corps universel de la religion chrétienne, c'est-à-dire les simples fidèles. Elle exige des religieux la fidélité à leur sublime vocation par l'exercice généreux des vertus et l'observation de leur règles respectives. Dans sa maternelle sollicitude, les laïcs ne sont pas les derniers. Elle leur adresse de nombreuses et vives lettres, les voulant prompts dans la pratique des vertus chrétiennes et des devoirs de leur état, animés d'une ardente charité pour Dieu et pour le prochain puisque eux aussi sont des membres vivants du Corps mystique. Or, dit-elle, « elle [c'est-à-dire l'Eglise] est fondée dans l'amour et elle est même l'amour.[14] »

Comment ensuite ne pas rappeler l'action intense développée par la sainte pour la réforme de l'Eglise ? C'est principalement aux Pasteurs de l'Eglise qu'elle adresse ses exhortations, dégoûtée et saintement indignée de l'indolence de beaucoup d'entre eux, frémissante de leur silence tandis que le troupeau qui leur était confié s'égarait et tombait en ruine. « Hélas, ne plus se taire ! Criez avec cent mille voix, écrit-elle à un haut prélat. Je vois que, parce qu'on se tait, le monde est détraqué, l'Epouse du Christ est pâle, on lui a enlevé sa couleur parce qu'on lui suce le sang par derrière c'est-à-dire le sang du Christ.[15] »

Et qu'est-ce qu'elle entendait par le renouvellement et la réforme de l'Eglise ? Certainement pas le renversement de ses structures essentielles, ni la rébellion contre les Pasteurs, ni la voie libre aux charismes personnels, ni les innovations arbitraires dans le culte et dans la discipline, comme certains le voudraient de nos jours. Au contraire, elle affirme maintes fois que la beauté sera rendue à l'Epouse du Christ et qu'on devra faire la réforme « non par la guerre, mais dans la paix et le calme, par des prières humbles et continuelles, dans les sueurs et les larmes des serviteurs de Dieu.[16] » Il s'agit donc pour la sainte d'une réforme avant tout intérieure puis extérieure, mais toujours dans la communion et l'obéissance filiale envers les représentants légitimes du Christ.

Fut-elle aussi politique notre très pieuse Vierge ? Oui, sans aucun doute, et d'une manière exceptionnelle, mais dans un sens tout spirituel du mot. En effet elle repoussait avec dédain l'accusation de politicienne que lui adressaient certains de ses concitoyens, en écrivant à l'un d'eux : « … Et mes concitoyens croient que par moi ou par la compagnie que j'ai avec moi il se fait des traités: ils disent la vérité, mais ils ne la connaissent pas et ils prophétisent, puisque je ne veux pas faire autre chose et je ne veux pas que qui est avec moi fasse autre chose que de vaincre le démon et de lui enlever la domination de l'homme qu'il a prise par le péché mortel et d'arracher la haine du cœur humain et de le mettre en paix avec le Christ crucifié et avec son prochain.[17] »

Donc la leçon de cette femme politique « sui generis » conserve encore son sens et sa valeur, bien qu'aujourd'hui on sente davantage le besoin de faire la distinction entre les choses de César et celles de Dieu. L'enseignement politique de la sainte trouve sa plus authentique et parfaite expression dans ce jugement lapidaire qu'elle a porté : « Aucun Etat ne peut se conserver en état de grâce dans la loi civile et dans la loi divine sans la sainte justice.[18] »

Non contente d'avoir développée un enseignement intense et très vaste de vérité et de bonté par la parole et par les écrits, Catherine voulait le sceller par l'offrande finale de sa vie pour le Corps mystique du Christ, qui est l'Eglise, alors, qu'elle n'avait que 33 ans. De son lit de mort, entourée de fidèles disciples, dans une petite cellule voisine de l'église de Sainte Marie sopra Minerva à Rome, elle adressa au Seigneur cette émouvante prière, vrai testament de foi et d'amour reconnaissant très ardent : « O Dieu éternel, reçois le sacrifice de ma vie [en faveur de] ce Corps mystique de la sainte Eglise. Je n'ai rien d'autre à donner que ce que tu m'as donné. Prends donc le cœur et tiens-le sur la face de cette épouse.[19] »

C'est donc le message d'une foi très pure, d'un amour ardent, d'une consécration humble et généreuse à l'Eglise catholique en tant que Corps mystique et Epouse du divin Rédempteur : c'est le message typique du nouveau Docteur de l'Eglise, Catherine de Sienne, pour l'illumination et l'exemple de tous ceux qui se glorifient de lui appartenir. Recueillons-le, ce message, avec un esprit reconnaissant et généreux pour qu'il soit la lumière de notre vie terrestre et le gage d'une appartenance future assurée à l'Eglise triomphante du ciel. Amen !

[1] Evangile selon saint Luc, X 21; évangile selon saint Matthieu, XI 25-26.

[2] Evangile selon saint Matthieu, XXVIII 19-20.

[3] Première épître de saint Paul aux Corinthiens, I 26-29.

[4] Evangile selon saint Matthieu, V 3-10.

[5] Première épître de saint Paul aux Corinthiens, XII 11.

[6] Première épître de saint Paul aux Corinthiens, XI 5 ; épître de saint Paul aux Romains, XII 8 ; première épître de saint Paul à Timothée, VI 2 ; épître de saint Paul à Tite, II 15.

[7] Sainte Catherine de Sienne : « Dialogues de la divine Providence », chapitre XI.

[8] Sainte Catherine de Sienne : « Dialogues de la divine Providence », chapitre CXXVII.

[9] Sainte Catherine de Sienne : Lettre CLXXI.

[10] Sainte Catherine de Sienne : Lettre CXCVI.

[11] Sainte Catherine de Sienne : Lettre CCVII.

[12] Vatican II : Constitution dogmatique « Lumen gentium »n° 23.

[13] Sainte Catherine de Sienne : Lettre XVII.

[14] Sainte Catherine de Sienne : Lettre CIII.

[15] Sainte Catherine de Sienne : Lettre XVI, au Cardinal d'Ostie.

[16] Sainte Catherine de Sienne : « Dialogues de la divine Providence », chapitre XV.

[17] Sainte Catherine de Sienne : Lettre CXXII.

[18] Sainte Catherine de Sienne : « Dialogues de la divine Providence », chapitre CXIX.

[19] Sainte Catherine de Sienne : « Dialogues de la divine Providence », chapitre CCCLXI.

SOURCE : http://missel.free.fr/Sanctoral/04/29.php


Domenico Beccafumi, Stigmatisation de sainte Catherine,  XVIe siècle, Getty Museum

Sainte Catherine de Sienne Co-patronne de l'Europe

À 9h30 le vendredi 1er Octobre 1999, mémoire de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, Vierge et Docteur de l'Église, dans la Basilique Patriarcale du Vatican, auprès de la tombe de l'apôtre Pierre, Jean-Paul II a présidé la Concélébration Solennelle de l'Eucharistie avec les Pères Synodaux, à l'occasion de l'Ouverture de la Deuxième Assemblée Spéciale pour l'Europe du Synode des Évêques, qui se tiendra dans la Salle du Synode au Vatican du 1er au 23 Octobre 1999, sur le thème Jésus-Christ, vivant dans son Église, Source d'espérance pour l'Europe. Au cours de cette célébration, avec Saint Benoît et les les Saints Cyrille et Méthode, le Saint-Père a désigné 3 femmes comme co-patronnes de l'Europe.


Catherine de Sienne et Raymond de Capoue implorent, à Avignon, Grégoire XI 

de faire la paix avec Florence.

OUVERTURE DU SYNODE DES ÉVÊQUES POUR L'EUROPE

HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II


Mes Vénérés Frères dans l'Épiscopat et dans le Sacerdoce,

mes très chers Frères et Soeurs!

1. "Jésus en personne s'approcha et il faisait route avec eux" (Lc 24,15)

Le récit évangélique des disciples d'Emmaüs que nous venons d'écouter, constitue l'icône biblique de fond de cette deuxième Assemblée Spéciale pour l'Europe du Synode des Évêques. Nous l'inaugurons avec cette solennelle concélébration eucharistique qui a pour thème: "Jésus-Christ, vivant dans son Église, source d'espérance pour l'Europe". Nous l'inaugurons en confiant au Seigneur les attentes et les espérances qui sont dans le coeur de chacun de nous. Nous sommes rassemblés autour de l'autel, au nom des Nations du Continent, unis par le désir de rendre toujours plus incisifs et concrets, partout en Europe, l'annonce et le témoignage du Christ vivant, hier, aujourd'hui et à jamais.

C'est avec une grande joie et une affection particulière que j'offre à chacun de vous, ma fraternelle accolade de paix. L'Esprit nous a convoqués à cet important événement ecclésial qui, se rattachant à la première Assemblée pour l'Europe de 1991, conclut la série des Synodes continentaux en vue du Grand Jubilé de l'an 2000. Par votre intermédiaire, j'adresse aux Églises locales, dont vous provenez, mes salutations les plus cordiales.

2."Jésus-Christ est le même hier et aujourd'hui, il le sera à jamais" (He 13,8). C'est là, on le sait, le rappel constant qui résonne dans l'Église en marche vers le grand Jubilé de l'an 2000.

Jésus-Christ est vivant dans son Église et continue, de génération en génération, à "s'approcher" de l'homme et à "faire route" avec lui. C'est surtout dans les moments d'épreuve, lorsque les déceptions risquent de faire vaciller la confiance et l'espérance, que le Ressuscité croise les chemins de l'égarement humain et, même s'il n'est pas reconnu, il devient notre compagnon de route

Ainsi, en Christ et en son Église, Dieu ne cesse de se mettre à l'écoute des joies et des espérances, des tristesses et des angoisses de l'humanité (cf. Const. Past. Gaudium et spes, 1), à laquelle, aujourd'hui encore, il veut faire parvenir l'annonce de sa sollicitude aimante. C'est ce qui s'est produit lors du Concile Vatican II; c'est aussi le sens des différentes Assemblées continentales du Synode des Évêques: le Christ ressuscité, vivant dans son Église, marche avec l'homme qui vit en Afrique, en Amérique, en Asie, en Océanie, en Europe, afin de susciter ou de réveiller dans son âme la foi, l'espérance et la charité.

3.Avec l'Assemblée Synodale qui s'ouvre aujourd'hui, le Seigneur veut adresser au peuple chrétien, pèlerin sur les terres s'étendant de l'Atlantique à l'Oural, une forte invitation à l'espérance. C'est une invitation qui, aujourd'hui, trouve son expression singulière dans les paroles du Prophète: "Pousse des cris de joie... Réjouis-toi... triomphe de tout ton coeur!" (So 3,14). Le Dieu de l'Alliance connaît le coeur de ses fils; il connaît les multiples épreuves douloureuses que les nations européennes ont dû subir au cours de ce siècle si tourmenté et difficile qui arrive désormais à son terme.

Lui, l'Emmanuel, le Dieu-avec-nous, a été crucifié dans les camps de concentration et les goulags, il a connu la souffrance sous les bombardements, dans les tranchées, il a souffert partout où l'homme, où chaque être humain, a été humilié, opprimé et violé dans sa dignité inaliénable. Le Christ a subi la passion dans les innombrables victimes innocentes des guerres et des conflits qui ont ensanglanté les régions d'Europe. Il connaît les graves tentations des générations qui s'apprêtent à franchir le seuil du troisième millénaire: l'enthousiasme suscité par la chute des barrières idéologiques et par les révolutions pacifiques de 1989 semble, hélas, s'être rapidement éteint face à l'impact des égoïsmes politiques et économiques, et sur les lèvres de maintes personnes en Europe montent les paroles découragées des deux disciples sur la route d'Emmaüs: "Nous espérions..." (Lc 24,21).

Dans ce contexte social et culturel particulier, l'Église éprouve le devoir de renouveler avec vigueur le message d'espérance qui lui a été confié par Dieu. Avec cette Assemblée, elle répète à l'Europe: "Yahvé ton Dieu est au milieu de toi, héros sauveur!" (So 3,17). Son invitation à l'espérance ne se fonde pas sur une idéologie utopique, comme celles qui, au cours des deux derniers siècles, ont fini par écraser les droits de l'homme, spécialement ceux des plus faibles. C'est, au contraire, le message éternel du salut proclamé par le Christ: "Le Royaume de Dieu est tout proche, repentez-vous et croyez à l'Évangile!" (cf. Mc 1,15). Avec l'autorité qui lui vient de son Seigneur, l'Église répète à l'Europe d'aujourd'hui: Europe du troisième millénaire "Que tes mains ne défaillent pas!" (So 3,16); ne cède pas au découragement, ne te résigne pas à des modes de penser et de vivre qui n'ont pas d'avenir, car ils ne sont pas fondés sur la ferme certitude de la Parole de Dieu!

À toi, Europe du troisième millénaire et à tous tes fils, l'Église te propose à nouveau le Christ, unique Médiateur de salut hier, aujourd'hui et à jamais (cf. He 13,8). Elle te propose le Christ, véritable espérance de l'homme et de l'histoire, non pas seulement avec des paroles, mais surtout avec le témoignage éloquent de sa sainteté. Les Saints et les Saintes, par leur existence fondée sur les Béatitudes évangéliques constituent, en effet, l'avant-garde la plus efficace et croyable de la mission de l'Église.
4.C'est pourquoi, très chers Frères et Soeurs, au seuil de l'an 2000, alors que toute l'Église d'Europe est ici représentée de la façon la plus digne, j'ai aujourd'hui la joie de proclamer trois nouvelles Copatronnes du continent européen: sainte Edith Stein, sainte Brigitte de Suède et sainte Catherine de Sienne.

L'Europe est déjà placée sous la protection céleste de trois grands saints: celle de Benoît de Norcia, père du monachisme occidental, ainsi que celle des deux frères Cyrille et Méthode, apôtres des slaves. À ces témoins éminents du Christ, j'ai également voulu associer trois autres figures féminines, afin de souligner le grand rôle que les femmes ont joué et continuent à jouer dans l'histoire ecclésiale et civile du Continent, jusqu'à nos jours.

Depuis ses tout débuts et bien que conditionnée par les cultures dans lesquelles elle était insérée, l'Église a toujours reconnu la pleine dignité spirituelle de la femme, à commencer par la vocation et la mission personnelle de Marie, Mère du Rédempteur. Dès le début, les chrétiens se sont adressés à ces femmes, telles que Félicita, Perpétua, Agate, Lucie, Agnès, Cécilia et Anastasie - comme l'atteste le Canon romain - avec une ferveur non moins grande que celle qu'ils réservaient aux hommes saints.

5.Les trois saintes, choisies comme Copatronnes d'Europe, ont toutes un lien spécial avec l'histoire du Continent. Ainsi, Edith Stein, qui provenait d'une famille juive; elle quitta sa brillante carrière de chercheuse pour devenir religieuse carmélite, sous le nom de Thérèse Bénédicte de la Croix, et mourut dans le camp d'extermination d'Auschwitz. Elle est le symbole des drames de l'Europe de ce siècle. Quant à Brigitte de Suède et Catherine de Sienne, qui ont toutes deux vécu au XIVème siècle, elles travaillèrent inlassablement pour l'Église et se préoccupèrent de son sort au niveau européen. Brigitte se consacra, en effet, à Dieu après avoir vécu pleinement sa vocation d'épouse et de mère; parcourant l'Europe du Nord au Sud, elle s'employa sans répit pour réaliser l'unité des chrétiens et mourut à Rome. Enfin Catherine, humble et intrépide tertiaire dominicaine, qui porta la paix dans sa terre natale de Sienne, en Italie et dans l'Europe du XIVème siècle. Elle consacra toutes ses énergies à l'égard de l'Église et réussit à obtenir le retour du Pape d'Avignon à Rome.

Toutes les trois expriment admirablement la synthèse entre la contemplation et l'action. Leurs vies et leurs oeuvres témoignent, avec une grande éloquence, de la force du Christ ressuscité, vivant dans son Église: la force d'un amour généreux pour Dieu et pour l'homme, la force d'un authentique renouveau moral et civil. Dans ces nouvelles Patronnes, si riches de dons sous le profil tout aussi bien surnaturel qu'humain, les chrétiens et les communautés ecclésiales de toute confession peuvent trouver leur inspiration; de même, les citoyens et les États européens, pourvu qu'ils soient sincèrement engagés dans la recherche de la vérité et du bien commun.

6. "Notre coeur n'était-il pas tout brûlant au-dedans de nous... quand il nous expliquait les Écritures?" (Lc 24,32).

Je souhaite, de tout mon coeur que les travaux synodaux nous fassent revivre l'expérience des disciples d'Emmaüs qui, pleins d'espérance et de joie après avoir reconnu le Seigneur "à la fraction du pain", revinrent sans hésitation à Jérusalem pour raconter à leurs frères ce qui s'était passé en chemin (cf. Lc 24,33-35).

Que Jésus-Christ nous concède, à nous aussi, de le rencontrer et de le reconnaître autour de la Table eucharistique, dans la communion des coeurs et de la foi. Qu'il nous fasse le don de vivre ces semaines de réflexion dans une écoute profonde de l'Esprit qui parle aux Églises d'Europe. Qu'il fasse de nous, des apôtres humbles et audacieux de sa Croix, comme le furent les saints Benoît, Cyrille, Méthode et les saintes Edith Stein, Brigitte et Catherine.

Implorons leur aide ainsi que la céleste intercession de Marie, Reine de tous les Saints et Mère de l'Europe. Que de cette deuxième Assemblée Spéciale pour l'Europe puisse émerger une action évangélisatrice attentive aux défis et aux attentes des jeunes générations.

Et que le Christ puisse être une source renouvelée d'espérance pour les habitants du "vieux" continent dans lequel l'Évangile a suscité, au cours des siècles, une incomparable moisson de foi, d'amour diligent et de civilisation!

Amen !

SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/catherine/index.html#c



Ste Catherine de Sienne, vierge

Clément VIII inscrivit sa fête comme commémoraison le 29 avril, jour de la fête de saint Pierre de Vérone en 1597, Urbain VIII la transféra au lendemain pour en permettre une célébration plénière comme semi-double en 1628. Clément X en fit une fête double en 1670. Paul VI l’a déclarée docteur de l’Église en 1970.

Leçons des Matines avant 1960

Quatrième leçon. Catherine, vierge de Sienne, née de parents pieux, obtint l’habit du bienheureux Dominique, que portent les sœurs de la Pénitence. Son abstinence fut extrême et l’austérité de sa vie admirable. Il lui arriva de prolonger son jeûne depuis le jour des Cendres jusqu’à l’Ascension du Seigneur, soutenue seulement par la communion eucharistique. Elle avait à lutter très fréquemment contre les démons, et à souffrir de leur part beaucoup de mauvais traitements ; elle était affligée par des fièvres ardentes et diverses autres maladies. Le nom de Catherine était si célèbre, et la réputation de sa sainteté si grande, qu’on lui amenait de tous côtés des malades et des personnes tourmentées par le malin esprit ; elle commandait au nom du Christ aux maladies et aux fièvres, et contraignait les démons à sortir des corps des possédés.

Cinquième leçon. Pendant son séjour à Pise, un dimanche, après avoir reçu la nourriture céleste, elle fut ravie en extase et vit le Seigneur crucifié venant à elle environné d’une grande lumière, et cinq rayons, sortis des cicatrices de ses plaies divines, se dirigeant sur cinq endroits de son corps. Elle comprit le mystère et pria le Seigneur de ne pas laisser paraître les stigmates. Aussitôt les rayons changèrent leur couleur de sang en une splendeur éclatante, et sous la forme d’une lumière très pure, ils atteignirent ses mains, ses pieds et son cœur. La douleur qu’elle éprouva dans son corps était si grande qu’elle croyait que, si Dieu ne l’eût diminuée, elle eût bientôt succombé. Le Seigneur, dont l’amour est sans bornes, ajouta à cette grâce une faveur nouvelle, en accordant à la Sainte que, tout en ressentant la douleur des plaies, il n’en paraîtrait pas de marques sanglantes. La servante de Dieu ayant rapporté à Raymond, son confesseur, ce qui s’était passé, la pieuse industrie des fidèles, pour représenter visiblement ce miracle, a peint sur les images de la bienheureuse Catherine des rayons lumineux tombant sur ses pieds, ses mains et son côté.

Sixième leçon. Sa science était infuse et non acquise : elle sut résoudre par ses réponses des questions théologiques très difficiles, que lui proposaient des professeurs d’Écriture sainte. Personne n’approcha d’elle sans devenir meilleur ; elle éteignit beaucoup de haines, et fit cesser des inimitiés mortelles. Elle se rendit à Avignon auprès du souverain Pontife Grégoire XI, pour obtenir la paix aux Florentins, qui avaient un différend avec l’Église et qui, pour ce sujet, se trouvaient sous le coup d’un interdit. Elle montra au Pape qu’elle savait par révélation le vœu qu’il avait fait de se rendre à Rome, vœu qu’il croyait connu de Dieu seul. Ce fut à sa persuasion que ce Pontife se décida, après mûre délibération, à revenir personnellement prendre possession de son siège de Rome. Grégoire et Urbain VI, son successeur, eurent Catherine en telle estime, qu’ils la chargèrent de diverses missions. Enfin, après s’être distinguée par toutes les vertus, par le don de prophétie, et illustrée par un grand nombre de miracles, elle s’en alla vers son Époux, âgée d’environ trente-trois ans. Le souverain Pontife Pie II l’a inscrite au nombre des saintes Vierges.


Catherine de Sienne escorte le pape Grégoire XI à Rome, le 17 janvier 1377
fresque anachronique de Giorgio Vasari (1511-1574)

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Le saint Ordre des Frères-Prêcheurs, qui présentait hier une rose vermeille à Jésus ressuscité [1], lui offre aujourd’hui un lis éclatant de blancheur. Catherine de Sienne succède sur le Cycle à Pierre Martyr : touchante association qui forme l’un des plus riches épisodes du Temps pascal. Notre divin Roi a droit à tous les genres de tributs, en ces derniers moments de son séjour avec nous ; et puisque la nature terrestre n’offre en cette saison que fleurs et parfums, il est juste que le monde spirituel épanouisse à la gloire de l’auteur de la grâce ses plus nobles et ses plus odorantes productions.

Qui oserait entreprendre de raconter les mérites de Catherine, d’énumérer seulement les titres de gloire dont son nom est entouré ? Entre les épouses de Jésus elle occupe un des premiers rangs. Vierge fidèle, elle s’unit à l’Époux divin dès ses premières années. Sa vie, consacrée par un si noble vœu, s’écoula au sein de la famille, afin qu’elle fût à même de remplir les hautes missions que la divine Providence lui destinait. Mais le Seigneur, qui voulait néanmoins glorifier par elle le saint état de la Religion, lui inspira de s’unir par la profession du Tiers-Ordre à l’illustre famille du grand Patriarche des Frères-Prêcheurs. Elle en revêtit l’habit, et en pratiqua toute sa vie les saints exercices.

Dès le début de cette sublime carrière, on devine sous les allures de la servante de Dieu quelque chose de céleste, comme si un ange se fût imposé de venir habiter ici-bas, pour y mener dans un corps une vie humaine. Son essor vers Dieu est comme irrésistible, et donne l’idée de cet élan qui entraîne vers le souverain bien les âmes glorifiées, aux yeux desquelles il se montre pour jamais. En vain le poids de la chair mortelle menace d’appesantir le vol du Séraphin terrestre : l’énergie de la pénitence la mate, l’assouplit et l’allège. L’âme semble vivre seule dans ce corps transformé. L’aliment divin de l’Eucharistie suffit à le soutenir ; et l’union avec le Christ devient si complète, que ses plaies sacrées s’impriment sur les membres de la vierge, et lui donnent à goûter les cuisantes et ineffables douleurs de la Passion.

Du sein de cette vie si élevée au-dessus de l’humanité, Catherine n’est étrangère à aucun des besoins de ses frères. Son zèle est tout de feu pour leurs âmes, sa compassion tendre comme celle d’une mère pour les infirmités de leurs corps. Dieu a ouvert pour elle la source des prodiges, et Catherine les dispense à pleines mains sur les hommes. La mort et les maladies cèdent à son empire, et les miracles des anciens jours se multiplient autour d’elle.

Les communications divines ont commencé pour elle dès ses premières années, et l’extase est devenue son état presque habituel. Ses yeux ont souvent vu notre divin Ressuscité qui lui prodigue les caresses et les épreuves. Les plus hauts mystères sont descendus à sa portée, et une science qui n’a rien de la terre illumine son intelligence. Cette fille sans lettres dictera des écrits sublimes, où les vues les plus profondes sur la doctrine céleste sont exposées avec une précision et une éloquence surhumaines, avec un accent qui pénètre encore les âmes aujourd’hui.

Mais le Ciel ne veut pas que tant de merveilles demeurent ensevelies dans un coin de l’Italie. Les saints sont les soutiens de l’Église ; et si leur action est souvent mystérieuse et cachée, quelquefois aussi elle se révèle aux regards des hommes. On voit alors au grand jour les ressorts à l’aide desquels Dieu gouverne le monde. Il s’agissait, à la fin du XIVe siècle, de restituer à la ville sainte la présence du vicaire du Christ, tristement absent de son siège depuis plus de soixante ans. Une âme sainte pouvait, dans le secret de la face de Dieu, par ses mérites et ses prières, déterminer cette heureuse crise vers laquelle l’Église aspirait tout entière ; le Seigneur voulut cette fois que tout se passât au grand jour. Au nom de Rome délaissée, au nom de son Époux divin qui est aussi celui de l’Église, Catherine franchit les Alpes, et se présente au Pontife qui n’a jamais vu Rome et dont Rome ignore les traits. La Prophétesse lui intime avec respect le devoir qu’il doit remplir ; pour garantir la mission qu’elle exerce, elle lui révèle un secret dont lui seul a conscience. Grégoire XI est vaincu, et la Ville éternelle revoit enfin son pasteur et son père. Mais, à la mort du Pontife, un schisme effrayant, présage sinistre de plus grands malheurs, vient déchirer le sein de l’Église. Catherine lutte contre la tempête jusqu’à sa dernière heure ; mais la trente-troisième année de sa vie s’accomplit ; l’Époux divin ne veut pas qu’elle dépasse l’âge qu’il a consacré en sa personne ; il est temps que la vierge aille continuer dans les cieux son ministère d’intercession pour l’Église qu’elle a tant aimée, pour les âmes rachetées dans le sang de son Époux.

Notre divin Ressuscité qui l’appela aux embrassements éternels dans ces jours du Temps pascal, lui avait accordé ici-bas une faveur qui la désigne à notre vénération spéciale en ce moment Un jour, il lui apparut avec sa très sainte Mère ; et Marie-Madeleine qui annonça la Pâque aux Apôtres accompagnait respectueusement le fils et la mère. Le cœur de Catherine se fondit d’amour dans cette visite ; à la fin ses yeux s’arrêtèrent sur Madeleine, dont elle goûtait et enviait à la fois le bonheur. Jésus lui dit : « Bien-aimée, je te la donne pour mère ; adresse-toi désormais à elle en toute assurance ; je la charge spécialement de toi. » A partir de ce jour, une tendresse filiale pour l’amante du Sauveur s’empara du cœur de Catherine, et dès lors elle ne la nomma plus que sa mère.

Le pape Pie II, l’une des gloires de la ville de Sienne, a composé les Hymnes suivantes en l’honneur de sa sainte et illustre concitoyenne. Elles font partie de l’Office de sainte Catherine de Sienne au Bréviaire dominicain.

HYMNE.

Les cantiques d’honneur que nous chantons en chœur à ta louange, dans la joie que nous inspire ta fête, ô vierge Catherine, présente-les au ciel.

S’ils ne sont pas dignes d’y être accueillis, daigne pardonner à notre faiblesse : c’est que notre génie ne saurait s’élever à la hauteur de tes mérites, ô vierge remplie de bonté !

Mais qui a pu jamais porter ton éloge aussi haut que tes mérites ? Quel mortel en ce monde pourrait, dans des vers impérissables, chanter dignement tes grandeurs, ô femme dont rien n’a pu vaincre le courage ?

Tes exemples, ô Catherine, rayonnent par toute la terre ; ta vertu supérieure est à l’égal de ta sagesse ; en toi brillent la tempérance, la force, la piété, la justice, la prudence ; et tu montes dans les cieux.

Nul ici-bas n’ignore ta vertu, tes nobles actions ; nul en ce monde n’a surpassé ta sainteté ; ta compassion envers le Christ souffrant a imprimé sur tes membres jusqu’à ses blessures.

Pauvre, affligée, menant une vie remplie de toutes les douleurs, ton cœur généreux a méprisé tout ce que les hommes estiment précieux ; le ciel pouvait seul être un séjour digne de toi.

Rendons avec transport nos actions de grâces à l’auguste Fils de l’éternel Père ; offrons à l’ Esprit-Saint l’hommage de notre adoration ; aux trois, louange égale !

Amen.

HYMNE

Tu as droit, vierge illustre, à tous les triomphes ; car tes vertus ont été du ciel plutôt que de la terre.

C’est au ciel aussi que tu reçois le prix de ta sainte vie, la récompense de ta vertu, que tu es comblée de tous les biens.

Tu vénères le Père de l’Ordre des Prêcheurs, cet homme comblé de mérites, donné en exemple à l’univers entier, d’une piété sans égale ; et tu deviens toi-même la gloire de son Ordre.

Les plaisirs d’ici-bas, les parures mondaines, l’éclat de la beauté n’eurent aucun prix à tes yeux ; ta seule étude fut de fuir avec soin le péché qui rend la vie coupable.

Assidue à châtier ton corps avec rigueur, des ruisseaux de sang coulent sur tes membres déchirés par les fouets ; les crimes des hommes t’arrachent des larmes continuelles.

Tu intercèdes pour tous ceux qui, dans le monde entier, sont en proie à l’infortune, pour tous ceux dont l’âme est agitée par de cruels soucis.

Pour célébrer dignement tes louanges, il nous faudrait rappeler tous les bienfaits dont tu es la source, toi dont la sainteté dépasse de si loin celle des autres.

On vit le soldat farouche céder à ta parole, les chefs ennemis qui menaçaient la vie des habitants de Sienne, déposer à tes pieds leur fureur.

Ton puissant génie se livra à la science des choses sacrées ; les villes les plus célèbres conservent encore avec respect les lettres gracieuses et pleines de doctrine que tu daignas leur écrire.

Tes exhortations relèvent ceux qui sont tombés ; tu donnes à tous les conseils de la vertu ; tu leur apprends que l’honnêteté est la seule source du bonheur.

La mort et ses terreurs n’excitent que ton mépris ; la menace du trépas ne t’effraie jamais ; à tes yeux il n’est que la récompense d’une vie sainte.

C’est dans cette pensée qu’à l’heure où tu allais quitter ton corps sacré et livrer tes cendres à la tombe, prête à monter au ciel, tu exhortais encore ceux qui, baignés de larmes, entouraient ta couche.

Adorant profondément le divin corps du Christ, tu reçois en versant des pleurs l’hostie du salut, et tes dernières paroles enseignent encore la véritable vie à tes disciples.

Rendons avec transport nos actions de grâces à l’auguste Fils de l’éternel Père ; offrons à l’Esprit-Saint l’hommage de notre adoration ; aux trois, louange égale !

Amen.

Tout entière aux joies de la résurrection de son Époux, la sainte Église s’adresse à vous, ô Catherine, à vous qui suivez ce divin Agneau partout où il va [2]. Dans ce lieu d’exil où il ne doit plus s’arrêter longtemps, elle ne jouit que par intervalles de sa présence ; elle vous demande donc : « L’avez-vous rencontré, celui que chérit mon âme [3] ? » Vous êtes son Épouse, elle l’est aussi ; mais pour vous il n’y a plus de voiles, plus de séparation, tandis que pour elle la jouissance est rare et rapide, et la lumière tempérée encore par les ombres. Mais quelle vie a été la vôtre, ô Catherine ! Elle a uni la plus poignante compassion pour les douleurs de Jésus, aux délices les plus enivrantes de sa vie glorifiée. Vous pouvez nous initier aux mystères sanglants du Calvaire et aux magnificences de la Résurrection. Ces dernières sont en ce moment l’objet de notre méditation respectueuse ; parlez-nous donc de notre divin Ressuscité. N’est-ce pas lui qui a passé à votre doigt virginal l’anneau nuptial, cet anneau orné d’un diamant non pareil qu’entourent quatre pierres précieuses ? Les rayons lumineux qui jaillissent de vos membres stigmatisés ne nous disent-ils pas que vous l’avez vu tout resplendissant de l’éclat de ses plaies glorieuses, lorsque l’amour vous transforma en lui ? Fille de Madeleine, vous annoncez comme elle à l’Église qu’il est ressuscité, et vous allez achever au ciel cette dernière Pâque, cette Pâque de votre trente-troisième année. O Catherine, mère des âmes ici-bas, aimez-les jusque dans le séjour de la gloire où vous brillez entre les épouses du grand Roi. Nous aussi, nous sommes dans la Pâque, dans la vie nouvelle ; veillez sur nous, afin que la vie de Jésus ne s’éteigne jamais dans nos âmes, mais qu’elle croisse toujours par l’amour dont votre vie toute céleste nous offre l’admirable modèle.

Faites-nous part, ô Vierge, de cet attachement filial que vous eûtes pour la sainte Église, et qui vous fit entreprendre de si grandes choses. Vous vous affligiez de ses afflictions, et vous vous réjouissiez de ses joies comme une fille dévouée, parce que vous saviez qu’il n’est point d’amour de l’Époux sans l’amour de l’Épouse, et que l’Époux donne à ses enfants par l’Épouse tout ce qu’il a résolu de leur donner. Nous aussi, nous voulons aimer notre Mère, confesser toujours le lien qui nous unit à elle, la défendre contre ses ennemis, lui gagner de nouveaux fils généreux et fidèles.

Le Seigneur se servit de votre faible bras, ô femme inspirée, pour replacer sur son siège le Pontife dont Rome regrettait l’absence. Vous fûtes plus forte que les éléments humains qui s’agitaient pour prolonger une situation désastreuse pour l’Église. La cendre de Pierre au Vatican, celle de Paul sur la voie d’Ostie, celle de Laurent et de Sébastien, celle de Cécile et d’Agnès, et de tant de milliers de martyrs, tressaillirent dans leurs glorieux tombeaux, lorsque le char triomphal qui portait Grégoire entra dans la ville sainte. Par vous, ô Catherine, soixante-dix années d’une désolante captivité avaient en ce jour leur terme, et Rome expirante revenait à la vie. Aujourd’hui les temps sont changés, et l’enfer a dressé de nouvelles embûches. Rome a vu détrôner le Pontife dont le choix imprescriptible de Pierre a fixé pour jamais la chaire dans la ville éternelle, le Pontife qui ne peut être à Rome que roi. Souffrirez-vous, ô Catherine, que l’œuvre du Seigneur, qui est aussi la vôtre, éprouve un démenti en nos jours, au scandale des faibles, au triomphe insultant des impies ? Hâtez-vous donc d’accourir au secours ; et si votre Époux, dans sa trop juste colère, nous a destinés à subir d’humiliantes épreuves, suppliez du moins, ô notre mère, afin qu’elles soient abrégées.

Priez aussi, ô Catherine, pour la malheureuse Italie qui vous a tant aimée, qui fut si fière de vos grandeurs. L’impiété et l’hérésie circulent aujourd’hui librement dans son sein ; on blasphème le nom de votre Époux, on enseigne à un peuple égaré les doctrines les plus perverses, on lui apprend à maudire tout ce qu’il avait vénéré, l’Église est outragée et dépouillée, la foi dès longtemps affaiblie menace de s’éteindre ; souvenez-vous de votre infortunée patrie, ô Catherine ! Il est temps devenir à son aide et de l’arracher des mains de ses mortels ennemis. L’Église entière espère en vous pour le salut de cette illustre province de son empire : fille immortelle de Sienne, calmez les tempêtes, et sauvez la foi dans ce naufrage qui menace de tout engloutir.

[1] Saint Pierre de Vérone, le 29 avril.

[2] Apoc. X, 4.

[3] Cant. III, 3.


Sainte Catherine de Sienne assiégée par des démons. Vers 1500, anonyme, 

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Le nom de cette Sainte est à lui seul tout un parfum de pureté virginale. Nouvelle Déborah du Nouveau Testament, elle resplendit dans l’Église comme prophétesse, restauratrice du Siège pontifical à Rome, oracle des papes et des princes, médiatrice de paix entre les peuples en lutte, maîtresse éclairée d’âmes nombreuses dans la voie de la plus sublime sainteté, prodige de mortification, victime de l’amour divin, dont la flamme la consuma à Rome prématurément, dans la fleur de sa jeunesse (+ 29 avril 1380).

Pie II, dans la bulle de canonisation de la Sainte, ordonna de célébrer sa fête le premier dimanche de mai. Clément VIII la transféra à ce jour, qui suit immédiatement celui de sa mort.

La messe est celle du Commun des Vierges ; cependant les collectes sont propres ; elles furent composées par le jésuite Alciati sous Urbain VIII. Le corps virginal de Catherine repose sous le maître-autel de la splendide église de Sainte-Marie sur Minerve, à Rome. Un autre temple dédié à son nom près du mont Quirinal conserve le souvenir de la famille spirituelle des Tertiaires dominicaines qu’elle avait groupées autour d’elle. Mentionnons aussi la petite église qui s’élève sous son vocable dans la via Giulia.

Secrète — « Que montent à vous, Seigneur, les prières et l’hostie de salut, embaumée d’un parfum virginal, que nous vous offrons en la solennité de la bienheureuse Catherine. Par notre Seigneur, etc. »

La Confession de Saint-Pierre, au Vatican, est encore toute embaumée de ce virginal parfum. Catherine, dans les derniers mois de sa vie, y passait une bonne partie de ses matinées, absorbée en prière pour le bien de l’Église, auquel elle s’était consacrée comme victime.

Après la Communion. — « Que la nourriture céleste, par laquelle nous avons été réconfortés, nous donne, Seigneur, la vie éternelle, alors qu’à la bienheureuse vierge Catherine elle conféra en outre le soutien de la vie temporelle. Par notre Seigneur, etc. »

L’âme pour qui Dieu est tout a peu de besoins, et le signe que nous possédons vraiment le Seigneur dans notre cœur, consiste en ce que notre esprit est détaché des nombreux besoins, petites misères et nécessités que souvent nous crée notre mollesse et notre peu de mortification. Sainte Catherine passa une fois sans manger tout le Carême et le temps qui s’écoule jusqu’à la Pentecôte, nourrie uniquement de l’aliment sacramentel. Cependant, même sans recourir à ces prodiges de pénitence, il est certain qu’on remarque dans la vie de tous les saints combien leurs besoins étaient réduits, en proportion inverse de l’impérieuse faim de Dieu que ressentait leur âme.


Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Voici que vient l’Époux, allez au devant du Christ, le Seigneur.

Sainte Catherine. — Jour de mort : 29 avril 1380. Tombeau : Dans l’église de Sainte-Marie sopra Minerva, à Rome. Image : On la représente en Dominicaine, avec la croix sur le bras et aussi avec la couronne d’épines. Vie : Catherine naquit à Sienne, le 25 mars 1347. Elle était la dernière d’une famille de 25 enfants. Dans sa jeunesse, elle eut beaucoup à souffrir de la part de ses parents. Elle était leur enfant préférée et ils voulaient la marier ; mais la jeune fille avait déjà fait le vœu de virginité. Elle coupa sa merveilleuse chevelure d’un brun doré. Pour briser sa résistance, on la mit en service et on l’obligea d’accomplir les offices les plus humbles. Enfin, vaincus par sa patience, ses parents cédèrent et elle fut reçue dans le tiers-Ordre dominicain. Sa mortification, sa puissance de thaumaturge et ses extases dépassèrent tout ce qu’on peut imaginer. La renommée de sa sainteté ne tarda pas à se répandre. Des milliers de personnes se pressèrent autour d’elle pour la voir, pour l’entendre, pour trouver auprès d’elle la grâce de la conversion. Les prêtres de son entourage, munis de pouvoirs extraordinaires pour l’absolution, ne pouvaient suffire à entendre les confessions. Elle aidait et consolait dans tous les besoins. Bientôt, elle dut s’occuper des grands intérêts du monde et de l’Église. Elle fut une médiatrice de paix entre les princes ; les princes de l’Église et les grands du monde s’inclinaient devant ses paroles. Elle arracha l’Italie à l’antipape, détermina les princes et les cardinaux à reconnaître le pape légitime. Elle fit le voyage d’Avignon et décida le pape Grégoire IX à revenir à Rome. Ce fut une des femmes les plus illustres du Moyen Age, bien qu’elle soit morte à 33 ans. Le Christ, son Époux, lui avait donné un merveilleux anneau de fiançailles qui n’était visible que pour elle seule. — La messe (Dilexisti) est la belle messe de fiançailles.

SOURCE : http://www.introibo.fr/30-04-Ste-Catherine-de-Sienne#nh3


Francesco Messina .Statue de sainte Catherine de Sienne au Château Saint-Ange à Rome.

St. Catherine of Siena

Dominican Tertiary, born at Siena, 25 March, 1347; died at Rome, 29 April, 1380.


She was the youngest but one of a very large family. Her father, Giacomo di Benincasa, was a dyer; her mother, Lapa, the daughter of a local poet. They belonged to the lower middle-class faction of tradesmen and petty notaries, known as "the Party of the Twelve", which between one revolution and another ruled theRepublic of Siena from 1355 to 1368. From her earliest childhood Catherine began to see visions and to practise extreme austerities. At the age of seven she consecrated her virginity to Christ; in her sixteenth year she took the habit of the Dominican Tertiaries, and renewed the life of the anchorites of the desert in a little room in her father's house. After three years of celestial visitations and familiar conversation with Christ, she underwent the mystical experience known as the "spiritual espousals", probably during the carnival of 1366. She now rejoined her family, began to tend the sick, especially those afflicted with the most repulsive diseases, to serve the poor, and to labour for the conversion of sinners. Though always suffering terrible physical pain, living for long intervals on practically no food save the Blessed Sacrament, she was ever radiantly happy and full of practical wisdom no less than the highest spiritual insight. All her contemporaries bear witness to her extraordinary personal charm, which prevailed over the continual persecution to which she was subjected even by the friars of her own order and by her sisters in religion. She began to gather disciples round her, both men and women, who formed a wonderful spiritual fellowship, united to her by the bonds ofmystical love. During the summer of 1370 she received a series of special manifestations of Divine mysteries, which culminated in a prolonged trance, a kind of mystical death, in which she had a vision of Hell, Purgatory, and Heaven, and heard a Divine command to leave her cell and enter the public life of the world. She began to dispatch letters to men and women in every condition of life, entered into correspondence with the princes and republics of Italy, was consulted by the papal legates about the affairs of the Church, and set herself to heal the wounds of her native land by staying the fury of civil war and the ravages of faction. She implored thepope, Gregory XI, to leave Avignon, to reform the clergy and the administration of the Papal States, and ardently threw herself into his design for a crusade, in the hopes of uniting the powers of Christendom against the infidels, and restoring peace to Italy by delivering her from the wandering companies of mercenary soldiers. While at Pisa, on the fourth Sunday of Lent, 1375, she received the Stigmata, although, at her special prayer, the marks did not appear outwardly in her body while she lived.

Mainly through the misgovernment of the papal officials, war broke out between Florence and the Holy See, and almost the whole of the Papal States rose in insurrection. Catherine had already been sent on a mission from the pope to secure the neutrality of Pisa and Lucca. In June, 1376, she went to Avignon as ambassador of the Florentines, to make their peace; but, either through the bad faith of the republic or through a misunderstanding caused by the frequent changes in its government, she was unsuccessful. Nevertheless she made such a profound impression upon the mind of the pope, that, in spite of the opposition of the Frenchking and almost the whole of the Sacred College, he returned to Rome (17 January, 1377). Catherine spent the greater part of 1377 in effecting a wonderful spiritual revival in the country districts subject to the Republic of Siena, and it was at this time that she miraculously learned to write, though she still seems to have chiefly relied upon her secretaries for her correspondence. Early in 1378 she was sent by Pope Gregory to Florence, to make a fresh effort for peace. Unfortunately, through the factious conduct of her Florentine associates, she became involved in the internal politics of the city, and during a popular tumult (22 June) an attempt was made upon her life. She was bitterly disappointed at her escape, declaring that her sins had deprived her of the red rose of martyrdom. Nevertheless, during the disastrous revolution known as "the tumult of the Ciompi", she still remained at Florence or in its territory until, at the beginning of August, news reached the city that peace had been signed between the republic and the new pope. Catherine then instantly returned toSiena, where she passed a few months of comparative quiet, dictating her "Dialogue", the book of her meditations and revelations.

In the meanwhile the Great Schism had broken out in the Church. From the outset Catherine enthusiastically adhered to the Roman claimant, Urban VI, who in November, 1378, summoned her to Rome. In the Eternal City she spent what remained of her life, working strenuously for the reformation of the Church, serving thedestitute and afflicted, and dispatching eloquent letters in behalf of Urban to high and low in all directions. Her strength was rapidly being consumed; she besought her Divine Bridegroom to let her bear the punishment for all the sins of the world, and to receive the sacrifice of her body for the unity and renovation of the Church; at last it seemed to her that the Bark of Peter was laid upon her shoulders, and that it was crushing her to death with its weight. After a prolonged and mysterious agony of three months, endured by her with supremeexultation and delight, from Sexagesima Sunday until the Sunday before the Ascension, she died. Her last political work, accomplished practically from her death-bed, was the reconciliation of Pope Urban VI with the Roman Republic (1380).

Among Catherine's principal followers were Fra Raimondo delle Vigne, of Capua (d. 1399), her confessor and biographer, afterwards General of the Dominicans, and Stefano di Corrado Maconi (d. 1424), who had been one of her secretaries, and became Prior General of the Carthusians. Raimondo's book, the "Legend", was finished in 1395. A second life of her, the "Supplement", was written a few years later by another of her associates, Fra Tomaso Caffarini (d. 1434), who also composed the "Minor Legend", which was translated into Italian by Stefano Maconi. Between 1411 and 1413 the depositions of the surviving witnesses of her life and work were collected at Venice, to form the famous "Process". Catherine was canonized by Pius II in 1461. The emblems by which she is known in Christian art are the lily and book, the crown of thorns, or sometimes a heart--referring to the legend of her having changed hearts with Christ. Her principal feast is on the 30th of April, but it is popularly celebrated in Siena on the Sunday following. The feast of her Espousals is kept on the Thursday of the carnival.

The works of St. Catherine of Siena rank among the classics of the Italian language, written in the beautifulTuscan vernacular of the fourteenth century. Notwithstanding the existence of many excellent manuscripts, the printed editions present the text in a frequently mutilated and most unsatisfactory condition. Her writings consist of
  • the "Dialogue", or "Treatise on Divine Providence";
  • a collection of nearly four hundred letters; and
  • a series of "Prayers".
The "Dialogue" especially, which treats of the whole spiritual life of man in the form of a series of colloquies between the Eternal Father and the human soul (represented by Catherine herself), is the mystical counterpart in prose of Dante's "Divina Commedia".


A smaller work in the dialogue form, the "Treatise on Consummate Perfection", is also ascribed to her, but is probably spurious. It is impossible in a few words to give an adequate conception of the manifold character and contents of the "Letters", which are the most complete expression of Catherine's many-sided personality. While those addressed to popes and sovereigns, rulers of republics and leaders of armies, are documents of priceless value to students of history, many of those written to private citizens, men and women in thecloister or in the world, are as fresh and illuminating, as wise and practical in their advice and guidance for the devout Catholic today as they were for those who sought her counsel while she lived. Others, again, lead the reader to mystical heights of contemplation, a rarefied atmosphere of sanctity in which only the few privileged spirits can hope to dwell. The key-note to Catherine's teaching is that man, whether in the cloister or in the world, must ever abide in the cell of self-knowledge, which is the stable in which the traveller through time toeternity must be born again.

Sources

Processus contestationum super sanctitate et doctrina beatae Catharinae de Senis, in MARTENE AND DURAND, Veterum Scriptorum et Monumentorum Amplissima Collectio (Paris, 1729), VI; GIGLI, L'opere della serafica Santa Caterina da Siena (Siena and Lucca, 1707-54); TOMMASEO, Le Lettere di S. Caterina da Siena (Florence, 1860); Italian translations of the Legend and the Supplement are included in the first and fifth volumes of GIGLI's Edition; important portions of the Process are still left unpublished in manuscripts in the Biblioteca Comunale of Siena and the Biblioteca Casanatense at Rome.

Gardner, Edmund. "St. Catherine of Siena." The Catholic Encyclopedia. Vol. 3. New York: Robert Appleton Company, 1908.26 Apr. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/03447a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Lois Tesluk.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. November 1, 1908. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.
SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/03447a.htm


April 29.

ST. CATHERINE OF SIENA.

CATHERINE, the daughter of a humble tradesman, was raised up to be the guide and guardian of the Church in one of the darkest periods of its history, the fourteenth century. As a child, prayer was her delight. She would say the "Hail Mary" on each step as she mounted the stairs, and was granted in reward a vision of Christ in glory. When but seven years old, she made a vow of Virginity, and afterwards endured bitter persecution for refusing to marry. Our Lord gave her His Heart in exchange for her own, communicated her with His own hands, and stamped on her body the print of His wounds. At the age of fifteen she entered the Third Order of St. Dominic, but continued to reside in her father's shop, where she united a life of active charity with the prayer of a contemplative Saint. From this obscure home the seraphic virgin was summoned to defend the Church's cause.

Armed with Papal authority, and accompanied by three confessors, she travelled through Italy, reducing rebellious cities to the obedience of the Holy See, and winning hardened souls to God. In the face well-nigh of the whole world she sought out Gregory XI. at Avignon, brought him back to Rome, and by her letters to the kings and queens of Europe made good the Papal cause. She was the counsellor of Urban VI., and sternly rebuked the disloyal cardinals who had part in electing an antipope. Long had the holy virgin foretold the terrible schism which began ere she died. Day and night she wept and prayed for unity and peace. But the devil excited the Roman people against the Pope, so that some sought the life of Christ's Vicar. With intense earnestness did St. Catherine beg Our Lord to prevent this enormous crime. In spirit she saw the whole city full of demons tempting the people to resist and even slay the Pope. The seditious temper was subdued by Catherine's prayers; but the devils vented their malice by scourging the Saint herself, who gladly endured all for God and His Church. She died at Rome at the age of thirty-three, A.D. 1380.

Reflection.--The seraphic St. Catherine willingly sacrificed the delights of contemplation to labor for the Church and the Apostolic See. How deeply do the troubles of the Church and the consequent loss of souls afflict us? How often do we pray for the Church and the Pope?

SOURCE : http://jesus-passion.com/StCatherine3.htm


Sano di Pietro. Sainte Catherine de Sienne protectrice de l'Oratoire de Sainte Catherine de la Nuit
connue depuis le XVe siècle comme la confrérie Saint-Michel 

St. Catherine of Siena, Doctor of the Church

The value St. Catherine makes central in her short life and which sounds clearly and consistently through her experience is complete surrender to Christ. What is most impressive about her is that she learns to view her surrender to her Lord as a goal to be reached through time.

She was the 23rd child of Jacopo and Lapa Benincasa and grew up as an intelligent, cheerful and intensely religious person. Catherine disappointed her mother by cutting off her hair as a protest against being overly encouraged to improve her appearance in order to attract a husband. Her father ordered her to be left in peace and she was given a room of her own for prayer and meditation.

She entered the Dominican Third Order at 18 and spent the next three years in seclusion, prayer and austerity. Gradually a group of followers gathered around her—men and women, priests and religious. An active public apostolate grew out of her contemplative life. Her letters, mostly for spiritual instruction and encouragement of her followers, began to take more and more note of public affairs. Opposition and slander resulted from her mixing fearlessly with the world and speaking with the candor and authority of one completely committed to Christ. She was cleared of all charges at the Dominican General Chapter of 1374.

Her public influence reached great heights because of her evident holiness, her membership in the Dominican Third Order, and the deep impression she made on the pope. She worked tirelessly for the crusade against the Turks and for peace between Florence and the pope

In 1378, the Great Schism began, splitting the allegiance of Christendom between two, then three, popes and putting even saints on opposing sides. Catherine spent the last two years of her life in Rome, in prayer and pleading on behalf of the cause of Urban VI and the unity of the Church. She offered herself as a victim for the Church in its agony. She died surrounded by her “children.”

Catherine ranks high among the mystics and spiritual writers of the Church. In 1939, she and Francis of Assisi were declared co-patrons of Italy. Paul VI named her and Teresa of Avila doctors of the Church in 1970. Her spiritual testament is found in The Dialogue.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/saint-catherine-of-siena/


Carlo Dolci (1616–1686). Sainte Catherine de Sienne, 1665-1670, 
huile sur panneau de cèdre, 244 X 181, Dulwich Picture Gallery

Saint Catherine of Siena, V.O.P.

Feast Day: April 30th

Profile

    She was the youngest but one of a very large family. Her father, Giacomo di Benincasa, was a dyer; her mother, Lapa, the daughter of a local poet. They belonged to the lower middle-class faction of tradesmen and petty notaries, known as "the Party of the Twelve", which between one revolution and another ruled the Republic of Siena from 1355 to 1368. From her earliest childhood Catherine began to see visions and to practice extreme austerities. At the age of seven she consecrated her virginity to Christ; in her sixteenth year she took the habit of the Dominican Tertiaries, and renewed the life of the anchorites of the desert in a little room in her father's house. After three years of celestial visitations and familiar conversation with Christ, she underwent the mystical experience known as the "spiritual espousals", probably during the carnival of 1366. She now rejoined her family, began to tend the sick, especially those afflicted with the most repulsive diseases, to serve the poor, and to labor for the conversion of sinners. Though always suffering terrible physical pain, living for long intervals on practically no food save the Blessed Sacrament, she was ever radiantly happy and full of practical wisdom no less than the highest spiritual insight. All her contemporaries bear witness to her extraordinary personal charm, which prevailed over the continual persecution to which she was subjected even by the friars of her own order and by her sisters in religion. She began to gather disciples round her, both men and women, who formed a wonderful spiritual fellowship, united to her by the bonds of mystical love. During the summer of 1370 she received a series of special manifestations of Divine mysteries, which culminated in a prolonged trance, a kind of mystical death, in which she had a vision of Hell, Purgatory, and Heaven, and heard a Divine command to leave her cell and enter the public life of the world. She began to dispatch letters to men and women in every condition of life, entered into correspondence with the princes and republics of Italy, was consulted by the papal legates about the affairs of the Church, and set herself to heal the wounds of her native land by staying the fury of civil war and the ravages of faction. She implored the pope, Gregory XI, to leave Avignon, to reform the clergy and the administration of the Papal States, and ardently threw herself into his design for a crusade, in the hopes of uniting the powers of Christendom against the infidels, and restoring peace to Italy by delivering her from the wandering companies of mercenary soldiers. While at Pisa, on the fourth Sunday of Lent, 1375, she received the Stigmata, although, at her special prayer, the marks did not appear outwardly in her body while she lived.

    Mainly through the misgovernment of the papal officials, war broke out between Florence and the Holy See, and almost the whole of the Papal States rose in insurrection. Catherine had already been sent on a mission from the pope to secure the neutrality of Pisa and Lucca. In June, 1376, she went to Avignon as ambassador of the Florentines, to make their peace; but, either through the bad faith of the republic or through a misunderstanding caused by the frequent changes in its government, she was unsuccessful. Nevertheless she made such a profound impression upon the mind of the pope, that, in spite of the opposition of the French king and almost the whole of the Sacred College, he returned to Rome (17 January, 1377). Catherine spent the greater part of 1377 in effecting a wonderful spiritual revival in the country districts subject to the Republic of Siena, and it was at this time that she miraculously learned to write, though she still seems to have chiefly relied upon her secretaries for her correspondence. Early in 1378 she was sent by Pope Gregory to Florence, to make a fresh effort for peace. Unfortunately, through the factious conduct of her Florentine associates, she became involved in the internal politics of the city, and during a popular tumult (22 June) an attempt was made upon her life. She was bitterly disappointed at her escape, declaring that her sins had deprived her of the red rose of martyrdom. Nevertheless, during the disastrous revolution known as "the tumult of the Ciompi", she still remained at Florence or in its territory until, at the beginning of August, news reached the city that peace had been signed between the republic and the new pope. Catherine then instantly returned to Siena, where she passed a few months of comparative quiet, dictating her "Dialogue", the book of her meditations and revelations.

    In the meanwhile the Great Schism had broken out in the Church. From the outset Catherine enthusiastically adhered to the Roman claimant, Urban VI, who in November, 1378, summoned her to Rome. In the Eternal City she spent what remained of her life, working strenuously for the reformation of the Church, serving the destitute and afflicted, and dispatching eloquent letters in behalf of Urban to high and low in all directions. Her strength was rapidly being consumed; she besought her Divine Bridegroom to let her bear the punishment for all the sins of the world, and to receive the sacrifice of her body for the unity and renovation of the Church; at last it seemed to her that the Bark of Peter was laid upon her shoulders, and that it was crushing her to death with its weight. After a prolonged and mysterious agony of three months, endured by her with supreme exultation and delight, from Sexagesima Sunday until the Sunday before the Ascension, she died. Her last political work, accomplished practically from her death-bed, was the reconciliation of Pope Urban VI with the Roman Republic (1380).

    Among Catherine's principal followers were Fra Raimondo delle Vigne, of Capua (d. 1399), her confessor and biographer, afterwards General of the Dominicans, and Stefano di Corrado Maconi (d. 1424), who had been one of her secretaries, and became Prior General of the Carthusians. Raimondo's book, the "Legend", was finished in 1395. A second life of her, the "Supplement", was written a few years later by another of her associates, Fra Tomaso Caffarini (d. 1434), who also composed the "Minor Legend", which was translated into Italian by Stefano Maconi. Between 1411 and 1413 the depositions of the surviving witnesses of her life and work were collected at Venice, to form the famous "Process". Catherine was canonized by Pius II in 1461. The emblems by which she is known in Christian art are the lily and book, the crown of thorns, or sometimes a heart--referring to the legend of her having changed hearts with Christ. Her principal feast is on the 30th of April, but it is popularly celebrated in Siena on the Sunday following. The feast of her Espousals is kept on the Thursday of the carnival.

    The works of St. Catherine of Siena rank among the classics of the Italian language, written in the beautiful Tuscan vernacular of the fourteenth century. Notwithstanding the existence of many excellent manuscripts, the printed editions present the text in a frequently mutilated and most unsatisfactory condition. Her writings consist of

the "Dialogue", or "Treatise on Divine Providence";

a collection of nearly four hundred letters; and

a series of "Prayers".

    The "Dialogue" especially, which treats of the whole spiritual life of man in the form of a series of colloquies between the Eternal Father and the human soul (represented by Catherine herself), is the mystical counterpart in prose of Dante's "Divina Commedia".

    A smaller work in the dialogue form, the "Treatise on Consummate Perfection", is also ascribed to her, but is probably spurious. It is impossible in a few words to give an adequate conception of the manifold character and contents of the "Letters", which are the most complete expression of Catherine's many-sided personality. While those addressed to popes and sovereigns, rulers of republics and leaders of armies, are documents of priceless value to students of history, many of those written to private citizens, men and women in the cloister or in the world, are as fresh and illuminating, as wise and practical in their advice and guidance for the devout Catholic today as they were for those who sought her counsel while she lived. Others, again, lead the reader to mystical heights of contemplation, a rarefied atmosphere of sanctity in which only the few privileged spirits can hope to dwell. The key-note to Catherine's teaching is that man, whether in the cloister or in the world, must ever abide in the cell of self-knowledge, which is the stable in which the traveler through time to eternity must be born again.


Born: March 25, 1347 at Siena, Tuscany, Italy

Died: April 29, 1380 of a mysterious and painful illness that came on without notice, and was never properly diagnosed

Canonized: July 1461 by Pope Pius II

Representation: cross; crown of thorns; heart; lily; ring; stigmata

Patronage: against fire, bodily ills, diocese of Allentown, Pennsylvania, USA, Europe, fire prevention, firefighters, illness, Italy, miscarriages, nurses, nursing services, people ridiculed for their piety, sexual temptation, sick people, sickness, Siena Italy, temptations


Prayers/Commemorations

First Vespers:

Ant. This day is sacred to the honor of the Virgin Catherine, that the excellence of such great sanctity may never fade from the memory of men, but may be ever held by all in highest esteem, alleluia.

V. Pray for us, Blessed Catherine, alleluia.

R.. That we may be made worthy of the promises of Christ, alleluia.

Lauds:

Ant. Of the highest excellence is Catherine, the Virgin of Siena, who was able to restore health to the infirm and life to the dead, alleluia.

V. Virgins shall be led tot he King after her, alleluia.

R. Her companions shall be presented to Thee alleluia.

Second Vespers:

Ant. O most glorious Virgin, whose festival the whole world celebrates this day, whom the angels praise and the others heavenly citizens admire , obtain from God that our minds may be always submissive to the divine commands, and that we may advance in virtue and in all goodness, alleluia.

V. Pray for us, Blessed Catherine, alleluia.

R. That we may be made worthy of the promises of Christ, alleluia.

Prayers:

Let us Pray: O God, who didst enable Blessed Catherine, graced with a special privilege of virginity and patience to overcome the assaults of evil spirits, and to stand unshaken in the love of Thy holy name, grant, we beseech Thee, that after her example treading under foot the wickedness of the world and overcoming the wiles of all enemies, we may safely pass onward to Thy glory. Through Christ our lord. Amen.
Octave of Saint Catherine of Siena

Lauds:

Ant. may Catherine, the Virgin blessed, give us the enjoyment of the true light of Christ and unite us to the heavenly choirs, alleluia.

V. Virgins shall be led to the King after her, alleluia.

R. Her companions shall be presented to Thee, alleluia.

Or, on feasts of other Virgins:

V. God will aid her by His countenance, alleluia.

R. God is in the midst of her, she shall not be moved, alleluia.

Vespers:

Ant. May the Virgin Catherine, cherishing us by her merits, lead us to the throne of the heavenly kingdom, alleluia.

V. Pray for us, Blessed Catherine, alleluia.

R. That we may be made worthy of the promises of Christ, alleluia.

Novena Prayer to Saint Catherine of Siena

O marvelous wonder of the Church, seraphic virgin, Saint Catharine, because of your extraordinary virtue and the immense good which you accomplished for the Church and society, you are acclaimed and blessed by all people. Oh, turn your benign countenance to me who, confident of your powerful patronage, calls upon you with all the ardor of affection and begs you to obtain, by your prayer, the favors I so ardently desire.

You, who were a victim of charity, who in order to benefits your neighbor obtained from God the most stupendous miracles and became the joy and the hope of all, you cannot help but hear the prayers of those who fly into your heart - that heart which you received from the Divine Redeemer in a celestial ecstasy.

Yes, O seraphic virgin, demonstrate once again proof of you power and of your flaming charity, so that your name will be ever more blessed and exalted; grant that we, having experienced your most efficacious intercession here on earth, may come one day to thank you in heaven and enjoy eternal happiness with you. Amen.



SOURCE : http://www.willingshepherds.org/Dominican%20Saint%20III.html#CatherineSiena




Alessandro Franchi (1898). Catherine se coupe les cheveux en présence du frère Tommaso della Fonte,
 Chambre de la maison natale de Catherine de Sienne dans la maison-sanctuaire. Sienne


Catherine of Siena, OP Tert., Virgin

Born in Siena, Italy, March 25, 1347, in Florence, Italy; died there on April 29, 1380; canonized in 1461; declared a Doctor of the Church in 1970.


"Those in union with God when aware of the sins of others live in this gentle light. . . . Therefore they are always peaceful and calm, and nothing can scandalize them because they have done away with what causes them to take scandal, their self-will. . . . They find joy in everything.

"They do not sit in judgement on my servants or anyone else, but rejoice in every situation and every way of living they see. . . . Even when they see something that is clearly sinful, they do not pass judgement, but rather feel a holy and genuine compassion, praying for the sinner."

--Saint Catherine of Siena.

"Whenever you think God has shown you other people's faults, take care: your own judgment may well be at fault. Say nothing. And if you do attribute any vice to another person, immediately and humbly look for it in yourself also. Should the other person really possess that vice, he will correct himself so much the better when he sees how gently you understand him, and he will say to himself whatever you would have told him."

--Saint Catherine of Siena.

Fourteenth century Italy was desolated by plague, schism, and political turmoil. When we are tempted to think that we live in the worst of times, we should remember the life of Saint Catherine. Those days were so black that many saints and scholars believed it heralded the end of the world. The popes deserted Rome for Avignon in 1305. Rome itself was in anarchy. Yet in the midst of confusion and dissent within the Church, God raised up Catherine, one of many saints who prove that our hope in the Lord is never in vain.

Siena had established itself as a military power by conquering Florence in 1260. The city, which possessed a university with a school of medicine and superb cathedral, was governed by the Governo dei Nove (Government of Nine). Art was closely bound to life in Siena. Sienese artists were the most faithful interpreters of the sentiments and ideas of its great mystics. Legend says that Siena was founded by Romulus and Remus or by Remus's sons Ascius and Senius, who created its black and white flag.

Giacomo di Benincasa had a thriving cloth dying business on the Vicolo del Tiratoio (Street of the Dyers) with three of his sons: Bartolommeo, Orlando, and Stefano, plus two journeymen and two apprentices. The family lived upstairs. The also had a family farm.

When Benincasa's domineering and shrewish wife Lapa, daughter of a now forgotten poet, gave birth to twin daughters, Catherine and Giovanna, she already had 22 children. Lapa kept Catherine and breastfed her, but didn't have enough milk for her twin, who was given to another's care and eventually died. A 25th child was born and named Giovanna also, though she lived only a few years. Thirteen of the children lived to adulthood and all remained at home until they were married. Eventually eleven grandchildren were included in the household, which was big enough to include a foster son Tommaso della Fonte, whose parents died in the plague of 1348.

Though Catherine was not a pretty child, she was popular in the neighborhood because of her gaiety and wise little sayings. According to her first biographer Blessed Raymond of Capua she always had the ability to charm others. She was slight and pale, her features delicate, the texture of her skin exquisite, and her hair long, thick, lustrous, and golden. She was animated, cheerful, friendly, sensitive, and charming. All her movements were swift and graceful.

Prayer came naturally to her. At the age of five she would kneel on each step of the stairs of her home and say a prayer. She was only seven when she reported her first vision--of Jesus seated on a throne surrounded by saints, when returning with a younger brother from visiting one of her married sisters. The young child dragged at her hand, but she was lost in ecstasy. From that day she was consecrated to His service and engaged herself entirely in prayer, meditation, and acts of penance in which she encouraged her friends to join her.

Raymond of Capua, her confessor and biographer, wrote "... taught entirely by the Holy Spirit, she had come to know and value the lives and way of life of the holy Fathers of Egypt and the great deeds of other saints, especially Blessed Dominic, and had felt such a strong desire to do what they did that she had been unable to think about anything else."

The Benincasas owned a small farm out the outskirts of San Rocca a Pilli, 14 km from Siena, where Catherine spent time. She had a passion for flowers and wove them into little crosses for her early confessor Padre Tommaso. She often dreamed that angels descended from Heaven and crowned her with white lilies.

Her parents wanted her to marry and encouraged her to enhance her looks. For a time she submitted to the ministrations of a hair dresser and to be decked out in fashionable clothes, but she soon repented of her concession meant to please her mother and sister Bonaventura. At age 16, when a real courtship was imminent, however, she told her mother she had taken a vow of perpetual virginity when she was seven. When her mother didn't take her seriously, she cut off her luxurious golden hair (Saint Rose of Lima did the same in a similar situation).

Her mother was enraged, discharged their maid, and decided Catherine should dress like a servant and perform a servant's tasks. Catherine accepted her tasks cheerfully and performed them capably. The men of the family objected but were overruled by Lapa; however, her father promised her that she would not be forced into marriage and he insisted that she be given a room to herself and time to pray because he had seen a white dove hovering above her head.

She dreamed that she encountered Saint Dominic and was overcome with a desire to enter the Third Order of the Dominican Sisters of Penance. At that time there were about 100 devout older women and spinsters in Siena who were known as Mantellates, because of the black capes they wore over their white habits.

Still unpersuaded that her daughter would not marry, Lapa took her to the spa at Vignone hoping to fatten her up in preparation for marriage. A week later they returned. Catherine had scalded herself at the source of the hot springs in order to disfigure herself. She had also contracted smallpox.

During her illness she extracted a promise from Lapa to ask the sisters to accept her daughter. The Mother Superior said Catherine was too young (pleasing Lapa) but Catherine insisted that the order had no rule about it. Lapa assured her that Catherine had cut off her hair, scalded herself, and now had smallpox, so that she would no longer be attractive. Then the Mother agreed to visit Catherine. Several weeks later Catherine received the mantle and habit.

For three years she left her bare room only to attend Mass, broke her silence only for confession or to meet an emergency, ate sparingly and alone, and recited the Divine Office during the hours when she knew that the Dominican friars slept.

She underwent periods of aridity, but was never subject to temptation. On Shrove Tuesday, 1367, she prayed for the "fullness of faith" and had a vision in which she saw Jesus, Mary, Saint John the Evangelist, Saint Paul, and Saint Dominic, the founder of her order. During this vision, the Blessed Virgin presented her to Jesus, who espoused Himself to her. He placed on her finger a gold ring with four pearls set in a circle in it and a wonderful diamond in the middle, saying to her, "receive this ring as a pledge and testimony that you are mine and will be mine for ever." No one else could see the ring but it was always before her eyes.

She had many marvelous religious experiences. At the age of 26, she first felt the pain of Christ's suffering in her own body. Two years later during a visit to Pisa, she received Communion in the little church of Santa Christina. As she meditated in thanksgiving upon the crucifix, five blood-red rays seemed to come from it which pierced her hands, feet, and heart. Thus, she received the five visible wounds of His suffering--the stigmata. It caused such acute pain that she swooned. Unable or unwilling to eat, Catherine went for eight years without food or liquid other than the Blessed Sacrament. She prayed that the marks not be conspicuous, though they are traceable on her incorruptible body by a transparency in the tissues.

Oftentimes she was seen levitated in the air during her prayer. Once, as she was being given Holy Communion, the priest felt the Host become agitated and fly, as if of its own volition, from his fingers into her mouth. In the Life of Saint Catherine, Mother Francis Raphael relates that the saint was immune to fire. She tells of a time that Catherine fell forward into a fire in the kitchen during a religious ecstasy. The fire was large and fierce, but when Catherine was pulled out of the smoking embers neither she nor her clothes were damaged.

But none of these divine favors would have meant much to a needy world if Catherine had remained hidden in her home. In 1370, she heard a divine voice that commanded her to leave the cell and enter His service in the world to promote the salvation of her neighbors. Thousands came to see her, to hear her, and to be converted by her. A mystical circle of members of religious orders, secular priests, and lay people gathered around her.

Of course, public opinion in Siena was sharply divided about Catherine. It may have been in consequence of accusations made against her that she was summoned to Florence to appear before the chapter general of the Dominicans. If any charges were made, they were certainly disproved, and shortly thereafter the new lector of Siena, Blessed Raymond, was appointed as her confessor.

The core of her teaching was: Man, whether in the cloister or in the world, must live in a cell of self-knowledge, which is the stall in which the pilgrim must be reborn from time to eternity. The press of the repentant was so great that the three priests of her neighborhood, who had been provided by the pope to hear the confessions of those who were induced by her to amend their lives, could hardly cope with it.

She dispatched letters that often had been dictated in ecstasy, to men and women of all ranks, entered into correspondence with kings and princes and with the Italian city-states. She took part also in public affairs, and Catherine welcomed all who came to call--the curious, the seeking, the devout. She collected information from them all.

Even the pope relied upon her good judgment. At this time the papacy was tragically weakened by contested papal elections, pope and antipope denouncing each other. Catherine supported the true Pope Urban VI against his opponents; but he was a somewhat graceless man, and her letters to him never hesitated to reprove the pope for this fault, while remaining entirely loyal to him.

Twice at least she successfully intervened in matters of high politics. Catherine made peace between cities torn by factional strife: she made peace between the pope and the city of Florence. On June 18, 1376, Catherine arrived in Avignon as unofficial ambassadress, and induced the pope to return to Italy, and--this was the greatest work of her life--brought to an end the Babylonian captivity of the popes. Thus, on September 13, 1376, Pope Gregory XI started from Avignon to travel by water to Rome.

It was a month before Catherine arrived back in Siena, from where she continued to exhort the pope to contribute to the peace of Italy. By his special request, she went again to Florence, still rent by factions and obstinate in its disobedience and under interdict. There she remained for some time amid daily murders and confiscations, in danger of her life but never daunted, even when swords were drawn against her. Finally, she established peace between Florence and the Holy See.

Catherine dictated from memory The Dialogue in five days before she left Siena forever. It is her account of her visions. She was clairaudient and clairvoyant, also awareness of communion with Jesus. She was illiterate, but yearning to be able to read the breviary, when suddenly she could read--either through the help of Father Tommaso della Fonte or Alessia Saracini (her friend), or through a miracle.

Her foster brother Tommaso della Fonte became a priest and her confessor during the time of her novitiate. He provided her with other books, such as a short history of the Church, lives of the saints, the Psalms and other portions of the Bible. She later astonished learned ecclesiastics with her grasp of these subjects.

She loved music and to sing, was passionately fond of children. She began to make friends again, first among the Mantellate and Dominicans, then among the priests and physicians at the Hospital of Santa Maria della Scala, where she began her nursing career, then among the intelligentsia. She had the gift of healing. Much of what she did was met with ingratitude.

Catherine loved working amongst the sick. Unlike most other volunteers, she would care for those with the most repulsive diseases, such as leprosy, which was then virtually incurable. She gathered round her many friends, and when a fearful plague broke out in Siena, she led them boldly among those who had caught it-- sometimes even digging graves and burying the dead herself.

Catherine also suffered moral temptations, and often it seemed that God had deserted her. Was it for this that she had forsaken all to follow Him? A woman suffering from cancer, to whom she had given devoted care, pursued her with a vicious tongue and poured out upon her all the irritability and despair which were provoked by her hopeless condition, but Catherine remained incredibly patient and forbearing; her visions returned and her heart was strengthened. "O my Savior, my Lord," she cried, "why did You forsake me?" "My child," came the answer, "I have been with you through all. I was in your heart all the while."

She gave freely from her father's resources to the poor beggars, some of whom she claimed were saintly visitors in disguise. Through all her arduous life she remained gentle and forgiving, serving Christ in the lives of the poor, following Him into mean streets and crowded hovels, taking upon herself the burden of pain and sin that she met with, nourished and sustained by her frequent visions. Our Lord appeared to her holding in one hand a crown of gold and in the other a crown of thorns, and asked which she would choose. Without hesitation she reached out her hand for the crown of thorns. Francesco di Vanni Malavolti, a famous philanderer, so desired Catherine's friendship that he went immediately to confession. They had an spontaneous and lasting friendship because of their mental harmony. After the death of his wife, he entered the monastery and spent the remainder of his days in prayer and contemplation.

Andrea Vanni was a friend whose portrait of her remains in the Church of San Domenico in Siena. He and Catherine's brother Bartolo led the revolution that toppled the government.

For thirty years this brave and devoted soul showed how there is a Power that transcends our earthly life, and awakened many, by conversion, to a sense of the Eternal. "Her prayers," we are told by an eyewitness, "were of such intensity, that one hour of prayer more consumed that poor little body than two days upon the rack would have done another."

When the great Western schism broke out following the death of Pope Gregory in 1378, the new pope, Urban VI, called her to Rome. A rival pope was established at Avignon by some cardinals who declared Urban's election was illegal. Christendom was divided into two camps. She spoke to the cardinals in open consistory, wrote to the chief sponsors of the schism, to foreign princes, and through her influence, helped to overcome the French anti-pope in Italy. She also continued to write to Urban, sometimes urging him to remain patient in trials and other times admonishing him to abate his harshness that was alienating even his supporters.

Instead of resenting her reproofs, Urban invited her to come to Rome to advise and assist him. In obedience, she left Siena forever and took up residence in the Eternal City. There she labored indefatigably by her prayers and exhortations to gain new adherents to the true pontiff.

After she had offered her life as a sacrifice to God, and had seen and felt in a vision the Almighty God pressing out her heart as a balm over the Church, she fell mortally ill and died in the arms of Alessia Saracini after eight weeks of most acute suffering at the age of 33--the age at which her Master had died. And when she died, she was merry and joyful.

Catherine is one of the greatest mystics of all time. In her, the extraordinary mystical states that are the preparation for true sanctifying graces and the counterpart of the burdens of sainthood, became particularly evident. The history of literature gives the saint a place of honor beside Dante and Petrarch (Bentley, Gill, Harrison, Keyes, Schamoni, Walsh).

In art, Saint Catherine is always portrayed as a Dominican tertiary (white habit, black mantle, white veil) with a stigmata, lily, and book. Sometimes she is portrayed (1) with a crown of thorns and a crucifix; (2) with her heart on a book; (3) with her heart at her feet and a scourge or skull, book, and lily; (4) with the devil under her feet; (5) crowned by angels with three crowns; (6) celebrating her mystic marriage with Christ; (7) giving clothes to a beggar, who is really Christ (Roeder). Catherine is the patron of Italy together with Saint Francis of Assisi (Roeder).

SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0429.shtml


Girolamo di Benvenuto, Sainte Catherine de Sienne exorcisant une femme possédée

April 30

St. Catharine of Sienna, Virgin

From her life by Raymund of Capua, her confessor, afterwards general of the Dominicans; also by Stephen, prior of the Carthusians, near Pavia, who had intimately known the saint, and from other contemporary authors. Likewise Divæ Catharinæ Seuensis Vita per Joan. Pinum, Tolosanum. Bononiæ, 4to. 1505. See her history judiciously and elegantly compiled by F. Touron, t. 2, a writer justly extolled in the Journel de Sçavants, and honoured with great encomiums by Pope Benedict XIV. Her life by her confessor, containing things omitted in other editions, is printed in Italian at Florence, in 1477, 4to. in a Gothic character; yet this is a translation from the Latin: also another printed at Sienna, in 1524, 4to. See also Papebroke’s Remarks, Apr. t. 3, p. 851

A.D. 1380.

ST. CATHARINE was born at Sienna, in 1347. Her father, James Benincasa, by trade a dyer, was a virtuous man; and though blessed with temporal prosperity, always chiefly solicitous to leave to his children a solid inheritance of virtue, by his example, and by deeply instilling into them lessons of piety.—Her mother, Lapa, had a particular affection for this daughter above her other children; and the accomplishments of mind and body with which she was adorned made her the darling and delight of all that knew her, and procured her the name of Euphrosyna. She was favoured by God with extraordinary graces as soon as she was capable of knowing him. She withdrew very young to a solitude a little out of the town to imitate the lives of the fathers of the desert. Returning after some time to her father’s house, she continued to be guided by the same spirit. In her childhood she consecrated her virginity to God by a private vow. Her love of mortification and prayer, and her sentiments of virtue, were such as are not usually found in so tender an age. But God was pleased to put her resolution to a great trial. At twelve years of age, her parents thought of engaging her in a married state. Catharine found them deaf to her entreaties that she might live single; and therefore redoubled her prayers, watching, and austerities, knowing her protection must be from God alone. Her parents, regarding her inclination to solitude as unsuitable to the life for which they designed her, endeavoured to divert her from it, and began to thwart her devotions, depriving her in this view of the little chamber or cell they had till then allowed her. They loaded her with the most distracting employments, and laid on her all the drudgery of the house, as if she had been a person hired into the family for that purpose. The hardest labour, humiliations, contempt, and the insults of her sisters, were to the saint a subject of joy; and such was her ardent love of crosses, that she embraced them in all shapes with a holy eagerness, and received all railleries with an admirable sweetness and heroic patience. If anything grieved her, it was the loss of her dear solitude. But the Holy Ghost, that interior faithful master, to whom she listened, taught her to make herself another solitude in her heart; where, amidst all her occupations, she considered herself always as alone with God; to whose presence she kept herself no less attentive than if she had no exterior employment to distract her. In that admirable Treatise of God’s Providence, which she wrote, she saith, “That our Lord had taught her to build in her soul a private closet, strongly vaulted with the divine providence, and to keep herself always close and retired there; he assured her that by this means she should find peace and perpetual repose in her soul, which no storm or tribulation could disturb or interrupt.” Her sisters and other friends persuaded her to join with them in the diversions of the world, alleging, that virtue is not an enemy to neatness in dress, or to cheerfulness; under which soft names they endeavoured to recommend the dangerous liberties of worldly pastimes and vanities. Catharine was accordingly prevailed upon by her sister to dress in a manner something more genteel; but she soon repented of her compliance, and wept for it during the remainder of her life, as the greatest infidelity she had ever been guilty of to her heavenly spouse. The death of her eldest sister, Bonaventura, soon after confirmed her in those sentiments. Her father, edified at her patience and virtue, at length approved and seconded her devotion, and all her pious desires. She liberally assisted the poor, served the sick, and comforted the afflicted and prisoners. Her chief subsistence was on boiled herbs, without either sauce or bread, which last she seldom tasted. She wore a very rough hair-cloth, and a large iron girdle armed with sharp points, lay on the ground, and watched much. Humility, obedience, and a denial of her own will, even in her penitential austerities, gave them their true value. She began this course of life when under fifteen years of age. She was moreover visited with many painful distempers, which she underwent with incredible patience; she had also suffered much from the use of hot baths prescribed her by physicians. Amidst her pains, it was her constant prayer that they might serve for the expiation of her offences, and the purifying of her heart. She long desired, and in 1365, the eighteenth year of her age, (but two years later, according to some writers,) she received the habit of the third Order of St. Dominic, in a nunnery contiguous to the Dominicans’ convent. From that time her cell became her paradise, prayer her element, and her mortifications had no longer any restraint. For three years she never spoke to any one but to God and her confessor. Her days and nights were employed in the delightful exercises of contemplation: the fruits whereof were supernatural lights, a most ardent love of God, and zeal for the conversion of sinners. The old serpent, seeing her angelical life, set all his engines at work to assault her virtue. He first filled her imagination with the most filthy representations, and assailed her heart with the basest and most humbling temptations. Afterwards, he spread in her soul such a cloud and darkness that it was the severest trial imaginable. She saw herself a hundred times on the brink of the precipice, but was always supported by an invisible hand. Her arms were fervent prayer, humility, resignation, and confidence in God. By these she persevered victorious, and was at last delivered from those trials which had only served to purify her heart.—Our Saviour visiting her after this bitter conflict, she said to him: “Where wast thou, my divine Spouse, whilst I lay in such an abandoned, frightful condition?” “I was with thee,” he seemed to reply. “What!” said she, “amidst the filthy abominations with which my soul was infested!” He answered: “They were displeasing and most painful to thee. This conflict therefore was thy merit, and the victory over them was owing to my presence.” Her ghostly enemy also solicited her to pride, omitting neither violence nor stratagem to seduce her into this vice; but invincible humility was a buckler to cover her from all his fiery darts. God recompensed her charity to the poor by many miracles, often multiplying provisions in her hands, and enabling her to carry loads of corn, oil, and other necessaries to the poor, which her natural strength could not otherwise have borne. The greatest miracle seemed her patience in bearing the murmurs, and even the reproaches, of these ungrateful and importunate people. Catharine dressed, and served an old woman named Tocca, infected to that degree with a leprosy, that the magistrates had ordered her to be removed out of the city, and separated from all others. This poor wretch nevertheless made no other return to the tender charity of the saint, but continual bitter complaints and reproaches; which, instead of wearying out her constancy, only moved the saint to show her still greater marks of sweetness and humility.—Another, whose infectious cancer the saint for a long time sucked and dressed, published against her the most infamous calumnies; in which she was seconded by a sister of the convent. Catharine bore in silence the violent persecution they brought upon her, and continued her affectionate services till, by her patience and prayers, she had obtained of God the conversion of both these enemies, which was followed by a retractation of their slanders.

The ardent charity of this holy virgin made her indefatigable in labouring for the conversion of sinners, offering for that end continual tears, prayers, fasts, and other austerities, and thinking nothing difficult or above her strength. All her discourses, actions, and her very silence, powerfully induced men to the love of virtue, so that no one, according to Pope Pius II. ever approached her who went not away better. Nannes, a powerful turbulent citizen, being brought to our saint to be reclaimed, all she could say to him to bring him to a right sense of his duty was of no effect: upon which she made a sudden pause in her discourse, to offer up her prayers for him: they were heard that very instant, and an entire change was wrought in the man, to which his tears and other tokens bore evidence. He accordingly reconciled himself to all his enemies, and embraced a most penitential life. When he afterwards fell into many temporal calamities, the saint rejoiced at his spiritual advantage under them, saying, God purged his heart from the poison with which it was infected by its inveterate attachment to creatures.—Nannes gave to the saint a stately house which he possessed within two miles of the city. This, by the pope’s authority, she converted into a nunnery. We omit the miraculous conversion of James Tholomei and his sisters, of Nicholas Tuldo, and many others; particularly of two famous assassins going to die with blasphemies in their mouths, and in transports of rage and despair, who were suddenly converted in their last moments, on the saint’s praying for them, confessed their crimes to a priest with great signs of repentance, and appeared thoroughly resigned to the punishment about to be inflicted on them. A pestilence laying waste the country in 1374, Catharine devoted herself to serve the infected, and obtained of God the cure of several; amongst others, of two holy Dominicans, Raymund of Capua, and Bartholomew of Sienna. The most hardened sinners could not withstand the force of her exhortations to a change of life. Thousands flocked from places at a distance in the country to hear or only to see her, and were brought over by her words or example to the true dispositions of sincere repentance. She undertook a journey to Monte Pulciano to consecrate to God two of her nieces, who there took the religious veil of St. Dominic: and another journey to Pisa, by order of her superiors, at the earnest suit of the citizens. She there restored health to many in body, but to a far greater number in soul. Raymund of Capua and two other Dominicans were commissioned by Pope Gregory XI. then residing at Avignon, to hear the confessions at Sienna, of those who were induced by the saint to enter upon a change of life; these priests were occupied day and night, in hearing the confessions of many who had never confessed before; besides those of others who had acquitted themselves but superficially of that duty. Whilst she was at Pisa, in 1375, the people of Florence and Perugia, with a great part of Tuscany, and even of the ecclesiastical state, entered into a league against the holy see. The news of this disturbance was delivered to Catharine by Raymund of Capua, and her heart was pierced with the most bitter sorrow on account of those evils, which she had foretold three years before they came to their height. The two furious factions of the Guelphs and Gibellines, which had so disturbed and divided the state of Florence, then a powerful commonwealth, united at last against the pope, to strip the holy see of the lands it possessed in Italy. The disturbance was begun in June, 1373, and a numerous army was set on foot: the word Libertas, wrote on the banner of the league, was the signal. Perugia, Bologna, Viterbo, Ancona, and other strong holds, soon declared for them. The inhabitants of Arezzo, Lucca, Sienna, and other places, were kept within the bounds of duty by the prayers, letters, and exhortations of St. Catharine, and generously contemned the threats of the Florentines. Pope Gregory XI. residing at Avignon, wrote to the city of Florence, but without success. He therefore sent the cardinal Robert of Geneva, his legate, with an army, and laid the diocess of Florence under an interdict. Internal divisions, murders, and all other domestic miseries amongst the Florentines, joined with the conspiracy of the neighbouring states, concurred to open their eyes, and made them sue for pardon. The magistrates sent to Sienna to beg St. Catharine would become their mediatrix. She could not resist their pressing entreaties. Before she arrived at Florence, she was met by the priors or chiefs of the magistrates; and the city left the management of the whole affair to her discretion, with a promise that she should be followed to Avignon by their ambassadors, who should sign and ratify the conditions of reconciliation between the parties at variance, and confirm every thing she had done. The saint arrived at Avignon on the 18th of June, 1376, and was received by the pope and cardinals with great marks of distinction. His holiness, after a conference with her, in admiration of her prudence and sanctity, said to her: “I desire nothing but peace. I put the affair entirely into your hands; only I recommend to you the honour of the church.” But the Florentines sought not peace sincerely, and they continued to carry on secret intrigues to draw all Italy from its obedience to the holy see. Their ambassadors arrived very late at Avignon, and spoke with so great insolence, that they showed peace was far from being the subject of their errand. God suffered the conclusion of this work to be deferred in punishment of the sins of the Florentines, by which means St. Catharine sanctified herself still more by suffering longer amidst a seditious people.

The saint had another point no less at heart in her journey to Avignon. Pope John XXII. a Frenchman, born at Cahors, bishop, first of Frejus, then of Avignon, lastly of Porto, being made pope in 1314, fixed his residence at Avignon, where John’s successors, Benedict XII., Clement VI., Innocent VI., and Urban V., also resided. The then Pope Gregory XI., elected in 1370, continued also there. The Romans complained that their bishops had for seventy-four years past forsaken their church, and threatened a schism. Gregory XI. had made a secret vow to return to Rome; but not finding this design agreeable to his court, he consulted the holy virgin on this subject who answered: “Fulfil what you have promised to God.” The pope, surprised she should know by revelation what he had never discovered to any person on earth, was immediately determined to carry his good design into execution. The saint soon after left Avignon. We have several letters written by her to him, to press him to hasten his return; and he shortly after followed her, leaving Avignon on the 13th of September, in 1376. He overtook the saint at Genoa, where she made a short stay. At Sienna, she continued her former way of life, serving and often curing the sick, converting the most obstinate sinners, and reconciling the most inveterate enemies, more still by her prayers than by her words. Such was her knowledge of heavenly things, that certain Italian doctors, out of envy, and with the intent to expose her ignorance, being come to hold a conference with her, departed in confusion and admiration at her interior lights. The same had happened at Avignon some time before, where three prelates, envying her credit with the pope, put to her the most intricate questions on an interior life, and many other subjects; but admiring her answers to all their difficulties, confessed to the pope they had never seen a soul so enlightened, and so profoundly humble as Catharine. She had many disciples: amongst others, Stephen, son of Conrad, a senator of Sienna. This nobleman was reduced by enemies to the last extremity. Seeing himself on the brink of ruin, he addressed himself to the saint, who, having first made a thorough convert of him from the world and its vanities, by her prayers, miraculously, on a sudden, pacified all his persecutors, and calmed their fury. Stephen, from that time, looked upon as dust all that he had formerly most passionately loved and pursued; and he testified of himself, that by her presence, and much more by her zealous discourses, he always found the divine love vehemently kindled in his breast, and his contempt of all earthly things increased. He became the most fervent amongst her disciples, made a collection of all her words as oracles, would be her secretary to write her letters, and her companion in her journies to Avignon, Florence, and Rome; and at length, by her advice, professed himself a Carthusian monk.—He assisted at her death, and wrote her life at the request of several princes; having been witness of her great miracles and virtues, and having experienced often in himself her spirit of prophecy, her knowledge of the consciences of others, and her extraordinary light in spiritual things.

St. Catharine wrote to Pope Gregory XI. at Rome, strongly exhorting him to contribute by all means possible to the general peace of Italy. His holiness commissioned her to go to Florence, still divided and obstinate in its disobedience. She lived some time in that factious place, amidst daily murders, and confiscations, in frequent dangers of her own life many ways; in which she always showed herself most undaunted, even when swords were drawn against her. At length she overcame that obstinate people, and brought them to submission, obedience, and peace; though not under Gregory XI. as Baillet mistakes, but his successor, Urban VI. as her contemporary historian informs us. This memorable reconciliation was effected in 1378; after which Catharine hastened to her solitary abode at Sienna, where her occupation, and, we may say, her very nourishment, was holy prayer: in which intercourse with the Almighty, he discovered to her very wonderful mysteries, and bestowed on her a spirit which delivered the truths of salvation in a manner that astonished her hearers. Some of her discourses were collected, and compose the treatise On Providence, under her name. Her whole life seemed one continued miracle; but what the servants of God admired most in her was the perpetual strict union of her soul with God. For, though obliged often to converse with different persons on so many different affairs, and transact business of the greatest moment, she was always occupied on God, and absorbed in him. For many years she had accustomed herself to so rigorous an abstinence, that the blessed eucharist might be said to be almost the only nourishment which supported her. Once she fasted from Ash-Wednesday till Ascension-day, receiving only the blessed eucharist during that whole time. Many treated her as a hypocrite, and invented all manner of calumnies against her; but she rejoiced at humiliations, and gloried in the cross of Christ, as much as she dreaded and abhorred praise and applause. In a vision, our Saviour is said one day to have presented her with two crowns, one of gold and the other of thorns, bidding her choose which of the two she pleased. She answered: “I desire, O Lord, to live here always conformed to your passion, and to find pain and suffering my repose and delight.” Then eagerly taking up the crown of thorns, she forcibly pressed it upon her head. The earnest desire and love of humiliations and crosses was nourished in her soul by assiduous meditation on the sufferings of our divine Redeemer. What, above all things, pierced her heart was scandal, chiefly that of the unhappy great schism which followed the death of Gregory XI. in 1378, when Urban VI. was chosen at Rome, and acknowledged there by all the cardinals, though his election was in the beginning overawed by the Roman people, who demanded an Italian pope. Urban’s harsh and austere temper alienated from him the affections of the cardinals, several of whom withdrew; and having declared the late election null, chose Clement VII. with whom they retired out of Italy, and resided at Avignon. Our saint, not content to spend herself in floods of tears, weeping before God for these evils of his church, wrote the strongest and most pathetic letters to those cardinals who had first acknowledged Urban, and afterwards elected another; pressing them to return to their lawful pastor, and acknowledge Urban’s title. She wrote also to several countries and princes in his favour, and to Urban himself, exhorting him to bear up cheerfully under the troubles he found himself involved in, and to abate somewhat of a temper that had made him so many enemies, and mollify that rigidness of disposition which had driven the world from him, and still kept a very considerable part of Christendom from acknowledging him. The pope listened to her, sent for her to Rome, followed her directions, and designed to send her with St. Catharine of Sweden to Joan, queen of Sicily, who had sided with Clement. Our saint grieved to see this occasion of martyrdom snatched from her, when the journey was laid aside on account of the dangers that were foreseen to attend it. She wrote, however, to queen Joan, likewise two letters full of holy fire to the king of France, also to the king of Hungary and others, to exhort them to renounce the schism.

We pass over the ecstacies and other wonderful favours this virgin received from heaven, and the innumerable miracles God wrought by her means. She has left us, besides the example of her life, six treatises in form of a dialogue, a discourse on the annunciation of the Blessed Virgin, and three hundred and sixty-four letters, which show that she had a superior genius, and wrote perfectly well. Whilst she was labouring to extend the obedience of the true pope, Urban VI., her infirmities and pains increasing, she died at Rome on the 29th of April, in 1380, being thirty-three years old. She was buried in the church of the Minerva, where her body is still kept under an altar. Her skull is in the Dominican’s church at Sienna, in which city are shown her house, her instruments of penance, and other relics. She was canonized by Pope Pius II. in 1461. Urban VIII. transferred her festival to the 30th of this month.

When we read the lives of the saints, and consider the wonderful graces with which God enriched them, we admire their happiness in being so highly favoured by him, and say to ourselves that their labours and sufferings bore no proportion to the sweetness of heavenly peace and love with which their souls were replenished, and the spiritual joy and consolations which were a present superabundant recompense and support. But it was in the victory over their passions, in the fervour of their charity, and in the perfection of their humility, patience, and meekness, that their virtue and their happiness chiefly consisted. Nor are we to imagine that God raised them to these sublime graces without their assiduous application to the practice both of exterior and interior mortification, especially of the latter. Self-denial prepared them for this state of perfect virtue, and supported them in it. What a pity is it to hear persons talk of sublime virtue, and to see them pretend to aspire after it, without having studied in earnest to die to themselves. Without this condition, all their fine discourses are mere speculation, and their endeavours fruitless.
Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume IV: April. The Lives of the Saints.  1866

Girolamo di Benvenuto (1470-1524), Catherine obtient du Christ la libération de sa sœur Palmerina 
de son pacte avec le diable avant de mourir, Cambridge (Ma), Fogg Art Museum


Œuvres de Sainte Catherine de Sienne : http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Textes/index.html