jeudi 12 avril 2012

Saint SABAS LE GOTH, abbé et martyr


Martyr

(334-372)

Saint Sabas avait embrassé la religion chrétienne dès sa jeunesse, et il conçut tant d'estime pour la perfection, qu'il en fit le but unique de sa vie. Élevé au milieu du peuple barbare des Goths, presque entièrement païen à cette époque, il sut échapper aux dangers d'un tel milieu et se conserver juste et pur au milieu de la corruption, pénitent au milieu de la licence.

Il empêcha, par son courage et au péril de ses jours, les chrétiens persécutés de sauver leur vie grâce à une supercherie qui consistait à manger de la viande prétendument offerte aux idoles, mais non offerte en réalité.

Quelques habitants de son bourg, afin d'éviter les persécutions, voulaient jurer qu'il n'y avait pas un chrétien parmi eux; mais Sabas s'écria: "Que personne ne jure pour moi, car je suis chrétien." Peu de temps après, Sabas fut saisi pendant la nuit par les ennemis de la religion de Jésus-Christ, arraché de son lit, jeté sur des épines en feu et meurtri à coups de bâtons.

Le lendemain, on lui présenta ainsi qu'à un autre prêtre, prisonnier avec lui, des viandes offertes aux idoles. Tous les deux répondirent qu'on pouvait plutôt les mettre à mort. Un des bourreaux enfonça son javelot dans la poitrine de Sabas; par miracle, le javelot ne laissa aucune trace ni ne causa aucune douleur au martyr: "Vous avez cru me tuer, dit-il au barbare, mais je vous affirme que je n'ai rien senti; votre instrument a été pour moi comme un flocon de laine inoffensif."

Loin d'être touchés du prodige, les persécuteurs le menaçaient de le jeter dans le fleuve voisin: "Soyez béni, Seigneur, s'écria-t-il, et que le nom de Votre Fils Jésus-Christ soit béni dans tous les siècles!" Les soldats du tyran voulaient le renvoyer; mais Sabas leur dit: "Faites ce qui vous est ordonné." Ils le prirent donc et le jetèrent dans le fleuve. Sabas n'était âgé que de trente-huit ans. Son corps, retiré du fleuve, fut laissé sur le rivage pour devenir la proie des bêtes féroces; mais il demeura intact, fut enlevé par les fidèles et reçut une sépulture honorable.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

Saint SABAS


L'Église des Goths à l'Église de Cappadoce, et à tous les chrétiens de l'Église catholique, la miséricorde, la paix et la charité de Dieu, le Père, et de son Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ. Cette parole de saint Pierre est très véritable De quelque nation que soit un homme, s'il craint Dieu, et s'il aime la justice, il est agréable à Dieu. Cette parole, disons-nous, a été accomplie en la personne de saint Sabas, illustre par sa vertu, plus illustre par son martyre. Car étant Goth de nation, né dans une terre barbare, élevé et nourri au milieu d'une nation perverse, il sut toutefois se former sur les plus grands saints, et il cultiva avec tant de soin et d'application toutes les vertus, qu'il brillait parmi ses compatriotes comme une étoile dans une nuit obscure. Il avait embrassé la religion chrétienne dès sa première jeunesse, et il conçut pour la piété une estime si sincère, qu'il s'étudia toute sa vie à l'acquérir dans toute sa perfection, se formant autant qu'il pouvait sur Jésus-Christ même, qu'il se proposa toujours pour modèle. Et parce que toutes choses réussissent par un effet de la bonté de Dieu, à l'avantage de ceux qui l'aiment, Sabas, après avoir combattu contre les puissances de l'enfer, et contre les maux de la vie, victorieux des uns et des autres, mérita de remporter le prix dû à sa valeur et à sa persévérance. Ce serait donc en quelque sorte vouloir dérober à Dieu sa propre gloire, que de supprimer celle de son serviteur; et envier aux siècles à venir un grand sujet d'éducation, que d'ensevelir dans le silence la mémoire de Sabas et de ses vertus. C'est ce qui nous a engagé à mettre par écrit celles qui ont le plus éclaté durant sa vie, et qui ont le plus contribué à rendre sa mort glorieuse. Sa foi fut pure sans aucun mélange d'erreur son obéissance fut prompte sans précipitation sa douceur fut humble sans bassesse. Il avait une éloquence naturelle, que l'art n'avait ni cultivée ni polie son discours avait de la force, quoique négligé et sans affectation sa science n'avait pas moins de profondeur que d'étendue. Affable envers tout le monde, mais avec dignité véritable, intrépide, et sans ménagements pour les ennemis de sa religion modeste, parlant peu, d'une humeur paisible, mais vif pour tout ce qui regardait les intérêts de Dieu se plaisant à chanter ses louanges dans l'église, prenant soin d'y maintenir l'ordre, et procurant de tout son pouvoir la propreté des ornements et la décoration des autels. Sans attache aux biens de la fortune, sobre, chaste, évitant d'avoir aucun entretien avec des femmes, persuadé que tout commerce avec le sexe, quelque innocent qu'il paraisse, peut avoir des suites très dangereuses. Passant les jours et les nuits dans la prière, et toute sa vie dans les exercices continuels d'une pénitence sérieuse fuyant la vaine gloire, portant tout le monde à l'amour de la vertu par ses paroles et par ses exemples s'acquittant avec une grande fidélité des devoirs de son état; enfin, joignant à tant de vertus un désir ardent de glorifier Jésus-Christ, l'ayant confessé généreusement par trois fois, et ayant scellé par son sang sa troisième confession.

Les principaux d'entre les Goths et leurs magistrats étaient païens ils entreprirent de détruire la religion chrétienne dans la Gothie. La persécution commença par obliger les fidèles à manger des viandes offertes aux idoles. Quelques Gentils, qui avaient des parents chrétiens, les voulant sauver, leur faisaient présenter, par les ministres des faux dieux qu'ils avaient gagnés, des viandes communes et qui n'avaient point été immolées. Sabas, ayant appris la chose, non seulement refusa de toucher aux viandes offertes, mais, paraissant en public, il protesta hautement que si quelque chrétien mangeait de ces viandes supposées, il n'était plus chrétien. Et il empêcha par ce moyen plusieurs chrétiens de donner imprudemment dans les piéges du démon. Cela ne plut pas à ceux qui avaient inventé cette tromperie qu'ils croyaient innocente ils trouvaient Sabas trop sévère et trop scrupuleux ils le chassèrent du bourg où il demeurait, mais quelque temps après ils le rappelèrent.

La persécution ayant recommencé et un commissaire du roi étant venu au bourg de Sabas pour y faire une perquisition des chrétiens, quelques habitants offrirent de jurer sur les victimes, que dans tout le bourg il n'y avait pas un seul chrétien. Mais Sabas se montrant une seconde fois, et s'approchant de ceux qui voulaient faire ce serment « Que personne, dit-il, «ne jure pour moi, car je suis chrétien'); le commissaire d'Athanaric ne laissa pas d'ordonner que le serment serait fait. Sur quoi les principaux habitants ayant fait cacher leurs parents qui faisaient profession du christianisme, jurèrent que dans tout le bourg il n'y avait qu'un seul chrétien. Le commissaire ordonna que ce chrétien comparût, et Sabas se présenta hardiment. Le commissaire demanda à ceux qui l'environnaient ce que cet homme pouvait avoir de bien on lui répondit qu'il ne possédait autre chose que l'habit qu'il portait ce qu'entendant, le commissaire ne fit pas grand cas de lui, disant qu'un homme de cette sorte était sans importance, et qu'il ne pouvait nuire. Il le laissa aller sans lui dire autre chose. La persécution s'étant rallumée pour la troisième fois vers la fête de Pâques, Sabas songea comment et en quel lieu il pourrait célébrer ce saint jour. Il lui vint en pensée d'aller trouver un prêtre de sa connaissance, nommé Guttica, qui demeurait dans une autre ville. Mais s'étant mis en chemin, il rencontra un homme d'une taille extraordinaire et d'un aspect vénérable, qui l'arrêta et lui dit « Retournez d'où vous êtes parti, et célébrez la fête avec le prêtre Sansale ». Sabas répondit « Le prêtre dont vous parlez n'est pas au bourg où il demeure ordinairement a. Il est vrai que Sansale en était sorti et s'était réfugié dans la Romanie, pour s'y mettre à couvert de la persécution mais il y était retourné depuis à cause de la fête de Pâques; et c'est ce que Sabas ignorait. Ainsi, sans vouloir déférer à l'avis de cet inconnu, il se mettait en devoir de poursuivre son chemin, lorsque tout à coup il tomba une si grande quantité de neige du côté où il voulait aller, quoique l'air n'y eût aucune disposition, que la terre en fut couverte à une telle hauteur, qu'il fut impossible à Sabas de passer outre. Ce prodige lui ouvrit les yeux, et lui fit connaître que la volonté de Dieu était qu'il retournât chez lui, et qu'il y fit la pâque avec le prêtre Sansale. Il retourna en même temps sur ses pas, en rendant grâces à Dieu. Et étant venu plein de joie trouver Sansale, il lui raconta, et à plusieurs autres fidèles, ce qui venait de lui arriver. Ils célébrèrent tous ensemble la grande fête de Pâques. Mais trois jours après la fête, Atharide, fils de Rotheste, qui avait en ces quartiers-là une petite souveraineté, entra à l'improviste avec une troupe de brigands dans le bourg où demeurait saint Sabas. Us allèrent d'abord au logis du prêtre Sansale, le surprirent comme il dormait sans se douter de rien, et l'ayant lié, ils le jetèrent dans un chariot. A l'égard de Sabas, l'ayant arraché de son lit, ils le traînèrent tout nu parmi des épines, où ils avaient mis le feu, le frappant sans cesse et lui meurtrissant tout le corps à coups de fouet et de bâton, tant était grande la rage dont ces hommes impitoyables étaient animés contre les serviteurs de Dieu. Mais elle exerça la foi et la patience de Sabas d'une manière extraordinaire car le jour ayant paru, et le Saint voulant glorifier Dieu, parla de cette sorte à ses persécuteurs « Ne m'avez-vous pas fait marcher les pieds nus par des lieux tout couverts de ronces et tout semés d'épines voyez si mes pieds ont la moindre égratignure; venez, touchez mon corps, y trouvez-vous une seule contusion, après tous les coups que vous m'avez donnés ? Eux, n'apercevant en effet sur sa chair aucune marque de leur cruauté, bien loin d'être touchés d'un miracle si évident, n'en furent que plus envenimés contre notre Saint. Ils lui mirent sur les épaules un des essieux du chariot ils y attachèrent ses deux mains. Ils prirent ensuite l'autre essieu, où ils lui lièrent les pieds, les écartant avec violence et les tirant de toute leur force pour les faire aller jusqu'aux extrémités de l'essieu. En cet état ils le poussèrent rudement, et le renversèrent sur la place, où ils le tourmentèrent une partie de la nuit.

Mais ses bourreaux s'étant endormis, une femme survint, qui le détacha il ne songea point à se sauver mais, restant au même lieu, il aidait cette femme à préparer le déjeuner pour quelques domestiques. Le cruel Atharide, s'étant réveillé au point du jour, lui fit lier les mains derrière le dos, et ordonna de le suspendre ainsi à une poutre du logis. Il y était depuis peu de temps, lorsque des gens d'Atharide arrivèrent, portant des viandes qui avaient été immolées aux idoles. « Voici, dirent-ils à saint Sabas et au prêtre, « ce que le grand Atharide vous envoie, afin que vous en mangiez, et que par là vous mettiez votre vie à couvert ». Le prêtre répondit « Nous ne mangerons point de ces viandes cela ne nous est pas permis. Vous pouvez donc dire à Atharide qu'il peut nous faire attacher à une croix, ou nous faire mourir par tel autre genre de supplice qu'il voudra ». Le bienheureux Sabas ajouta « Qui est celui qui nous envoie ces viandes? » Ces hommes répondirent a C'est le seigneur Atharide ». « Il n'y a que Dieu », répliqua Sabas, « qui doive être appelé proprement Seigneur, car il l'est du ciel et de la terre. A l'égard de ces viandes que vous nous présentez, elles sont impures et profanes comme celui qui nous les envoie ». Ce discours de Sabas mit si fort en colère un des esclaves d'Atharide, qu'il lui porta en même temps la pointe de son javelot dans le corps. Tous ceux qui étaient là crurent que le coup avait percé de part en part mais le Saint, surmontant par sa vertu la douleur que lui- devait causer sa blessure, s'adressant à celui qui la lui avait faite « Vous avez cru », lui dit-il, « m'avoir tué je vous assure que je n'ai pas senti plus de mal que si vous m'aviez jeté un flocon de laine contre la poitrine » Et il y a de l'apparence qu'il n'exagérait pas, puisqu'on effet il ne jeta aucun cri lorsqu'il fut frappé, et, ce qui est plus merveilleux, c'est qu'il ne parut point que son corps eût été entamé en aucun endroit, le javelot, quoique lancé avec raideur, ne lui ayant pas même effleuré la peau.

Atharide apprit ce miracle sans en être touché il résolut, au contraire, de se défaire du Saint sans différer davantage. Il renvoya le prêtre Sansale, et fit conduire Sabas sur le bord du fleuve Mussée pour y être jeté. Le Martyr ne voyant point Sansale, et se souvenant du précepte du Seigneur, qui veut que nous aimions notre prochain comme nous-mêmes, demanda aux soldats où était le prêtre. Et quel péché a-t-il commis, ajouta-t-il, pour ne pas mourir avec moi ? Ils lui répondirent : « Ce n'est pas là votre affaire ! ». Alors il s'écria dans un saint transport « Soyez béni, Seigneur, et que le nom de votre Fils, Jésus-Christ, soit béni aussi dans tous les siècles. Amen. Vous permettez, ô mon Dieu, que l'infortuné Atharide se condamne lui-même à une mort éternelle, pendant qu'il me procure une vie qui ne finira jamais. C'est ainsi, Seigneur, qu'il vous plaît d'en user avec vos serviteurs ». Cependant les soldats qui le conduisaient se disaient l'un à l'autre « Ferons-nous mourir cet homme ? Il est innocent laissons-le aller Atharide n'en saura rien ». Mais le bienheureux Sabas leur dit « A quoi sert tout ce badinage ? Faites ce qui vous est ordonné. Vous ne voyez pas ce que je vois Voilà ceux qui doivent recevoir mon âme et la conduire au séjour de la gloire, qui n'attendent pour cela que le moment qu'elle sortira de mon corps a. Les soldats le prirent donc et le précipitèrent dans le fleuve. Lorsqu'il fut au fond, ils lui enfoncèrent dans l'estomac l'essieu qu'ils lui avaient attaché au cou. Ainsi, mourant par l'eau et par le bois, il exprima, par ce double genre de supplice, le véritable symbole du salut des hommes, la Croix et le Baptême. Il n'était âgé que de 38 ans. Son martyre arriva le cinquième jour de la première semaine après Pâques, et le jour de devant les Ides d'avril, sous l'empire de Valentinien et de Valens, et le consulat de Modeste et d'Arinthée (12 avril 372).

On retira le corps de l'eau, et on le laissa sur le rivage sans sépulture, mais sans que les bêtes osassent toutefois en approcher, les frères le gardant nuit et jour, jusqu'à ce que l'illustre Junius Soranus, duc de Scythie et grand serviteur de Dieu, l'eût fait enlever par des personnes fidèles qu'il envoya exprès sur les lieux pour le lui apporter dans la Romanie. Depuis, voulant gratifier son pays d'un don si précieux, il l'envoya à l'église de Cappadoce, du consentement de celle de la Romanie, et par une disposition particulière de la providence de Dieu, qui répand ses grâces et ses bienfaits sur ceux qui le craignent et qui espèrent en lui. « Ne manquez donc pas, nos très chers frères, de lui offrir le divin sacrifice le jour que le saint Martyr a été couronne faites-le savoir aux autres fidèles, afin que tous ceux qui composent l'Église catholique et apostolique, se réjouissant saintement dans le Seigneur, unissent leurs voix pour le louer et le bénir. Saluez de notre part tous les Saints. Ceux qui souffrent avec nous pour la foi vous saluent. Gloire, honneur, puissance, majesté soient à celui qui, par sa bonté et le secours de sa grâce, peut nous couronner dans le ciel, où il règne avec son Fils unique et le Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Amen.

SOURCE : P. Giry : Les petits Bollandistes : vies des saints. T. IV.

SOURCE : http://nouvl.evangelisation.free.fr/sabas_le_goth.htm

Saint Sabas le Goth

Martyr ( 372)

Martyr, dans l'actuelle Roumanie. 

Les historiens ne sont pas d'accord, les uns en font un soldat, d'autres un officier, d'autres enfin un simple barbare. Mais tous s'accordent à ce qu'il ait été goth et qu'il paya de sa vie d'être l'un des rares chrétiens dans un peuple majoritairement païen à cette époque. Son existence est prouvée par une lettre de saint Basile.

En Cappadoce, l’an 372, saint Sabas le Goth, martyr. Alors qu’Athanaric, roi des Goths, poursuivait les chrétiens, parce qu’il refusait les aliments immolés aux idoles, il subit de cruels tourments et fut jeté dans un fleuve, le troisième jour après la célébration de la Pâque.


Martyrologe romain

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/959/Saint-Sabas-le-Goth.html

Saint SABAS

Né de race gothique et vivant en Gothie dans un milieu corrompu, il a tellement su ressembler aux saints et il a comme eux honoré le Christ par la pratique de toutes les vertus qu'il a brillé dans le monde comme un astre. Ayant embrassé le christianisme dès l'enfance, il s'imposa un idéal de perfection et voulut le réaliser au moyen de la science du Christ.

Comme tout concourt à l'avantage de ceux qui aiment Dieu, il obtint la récompense due à sa vocation sublime par une lutte vaillante contre l'ennemi, sa force contre les traverses de cette vie et la paix qu'il sut conserver avec tout le monde. Il n'est pas permis de le taire, maintenant qu'il est allé se reposer en Dieu, afin d'en garder la mémoire et de réconforter les âmes pieuses ; nous devons donc entreprendre le récit de ses hauts faits.

Il fut donc orthodoxe dans la foi, empressé à remplir les devoirs de la justice, doux, pieux, plus savant que disert, pacifique à l'égard de tous, véridique, ennemi de l'idolâtrie, modeste et - ce qui convient bien aux humbles - soumis, parlant sans jactance, doux, incliné à tout ce qui était bon; psalmodiant à l'église, dont il prenait grand soin, méprisant la fortune et les biens, dont il n'usait que dans la mesure du nécessaire, sobre, réservé en toute occasion, particulièrement dans le commerce avec les femmes, jeûnant et priant chaque jour, étranger à la vaine gloire, stimulant tout le monde à l'adoption d'une vie pure, pratiquant les vertus de son état, évitant les contradictions, observant enfin une foi sans compromis, celle qui fait ses oeuvres par la charité, et s'entretenant toujours familièrement avec Dieu. Il se montra, non en passant, mais souvent, avant son martyre, le vigoureux défenseur de la piété.

Les princes et les juges de Gothie ayant commencé à poursuivre les chrétiens qu'ils voulaient contraindre à manger les mets offerts aux idoles, quelques païens s'entendirent pour qu'on présentât aux chrétiens qui étaient de leur parenté des viandes qui passeraient pour avoir été immolées aux idoles, quoiqu'il n'en fût rien ; ce stratagème sauverait leurs parents et bernerait les persécuteurs.

À cette nouvelle, le bienheureux Sabas refusa non seulement de prendre sa part de ces mets défendus, mais il s'avança au milieu de l'assemblée et dit : " Celui qui mange de ces viandes cesse d'être chrétien ", et ainsi il mit en garde afin que tous ne tombassent dans le piège du démon ; mais ceux qui avaient imaginé la ruse en prirent occasion de le faire expulser de la ville ; ils le rappelèrent plus tard.

Une nouvelle persécution étant déclarée, plusieurs païens de la ville qui offraient des sacrifices voulurent jurer que leur cité ne contenait aucun chrétien; mais cette fois encore Sabas vint tranquillement au milieu de l'assemblée et dit :

" Que personne ne jure en ce qui me concerne, car je suis chrétien."

Lorsque le persécuteur fut sur les lieux, les susdits païens mirent leurs parents à l'abri et jurèrent que la ville ne renfermait qu'un seul chrétien.

Le prince impie se le fit amener ; c'était Sabas. Quand il fut présent, le prince questionna les assistants sur la fortune de Sabas. " Il n'a, dit-on, que ses habits ", ce qui lui valut le mépris du juge : " Celui qui est en pareil équipage, dit-il, ne peut être ni utile ni dangereux ", et il le fit relâcher.

Une grande persécution fut ensuite provoquée en Gothie par les méchants, et comme la fête de Pâques était proche, Sabas voulut se rendre dans une autre ville chez le prêtre Gatthica, afin de célébrer ce saint jour. Sur la route, il vit un homme de haute taille et d'un aspect magnifique et vénérable qui lui dit :

" Retourne sur tes pas et rends-toi chez le prêtre Sansala.

- Mais Sansala est absent, dit Sabas."

Il s'était enfui en effet devant la persécution et s'était réfugié sur le territoire romain ; cependant la fête de Pâques l'avait mené chez lui, ce que Sabas ignorait et qui explique sa réponse; il continua donc sa route vers la demeure de Gatthica. Comme il ne se conformait pas à l'indication donnée par le grand inconnu, soudain, quoiqu'il fît beau temps alors, il tomba une telle tempête de neige que la route devint impraticable et Sabas ne put continuer. Il comprit à l'instant que Dieu s'opposait à son voyage et le voulait voir retourner auprès du prêtre Sansala. Il rendit grâces et rebroussa chemin. Arrivé chez Sansala, il lui raconta, ainsi qu'à d'autres, son aventure.

Ils célébrèrent ensemble la Pâque. Dans le cours de la troisième nuit qui suivait la fête, Atharid, fils de Rothest, conformément à l'édit des méchants, envahit la ville avec une grande troupe de gens sans aveu et, saisissant le prêtre endormi dans sa maison, il le fit garrotter, ainsi que Sabas, qu'on avait arrêté tout nu dans son lit. On mit le prêtre dans un chariot. Quant à Sabas, on le mena parmi les buissons d'épines récemment brûlés, nu comme lorsqu'il sortit du ventre de sa mère ; on le lia et le flagella avec des verges et des bâtons, ce qui montre à quel point ils étaient cruels et féroces à l'égard des serviteurs de Dieu.

Mais la patience et la foi du juste triomphèrent de la brutalité de ses ennemis. À l'aube, il rendit grâces à Dieu et dit à ses bourreaux :

" Ne m'avez-vous pas conduit nu et sans chaussures dans des terrains difficiles et semés de ronces ? Regardez si mes pieds sont blessés et si mon corps porte la trace des coups que vous m'avez donnés."

Ils ne virent en effet aucune ecchymose ; alors enlevant l'essieu du chariot, ils le lui mirent sur les épaules et attachèrent ses mains aux extrémités ; ils attachèrent de même ses pieds à un autre essieu et, le jetant par-dessus les essieux, ils l'étendirent sur le dos ; enfin ils ne le laissèrent pas avant que la plus grande partie de la nuit ne fût écoulée. Mais pendant que les surveillants dormaient, une femme qui s'était levée de nuit afin de préparer à manger aux ouvriers, coupa ses liens. Une fois délivré, il demeura sur place sans inquiétude, avec cette femme, et il l'aidait de son mieux. Quand le jour parut, le cruel Atharid, mis au courant de ce qui s'était passé, lui fit lier les mains et suspendre à la poutre de la maison.

Peu de temps après arrivèrent des envoyés d'Atharid, apportant des mets offerts aux idoles, qui dirent à Sabas et au prêtre :

" L'illustre Atharid vous envoie ceci afin que vous mangiez et vous sauviez de la mort.

- Nous n'en mangerons pas, dit le prêtre. Cela nous est défendu. Engagez Atharid à nous faire plutôt crucifier ou tuer de toute autre façon.

- Qui envoie cela ? dit Sabas .

- Le seigneur Atharid.

- Il n'y a qu'un seul Seigneur, c'est Dieu, qui est dans le ciel. Ces mets de perdition sont impurs et profanes, comme Atharid lui-même qui les a envoyés."

Un des serviteurs, mis en colère par cette réponse, tordit sur le saint la pointe de son javelot avec tant de fureur que tous les assistants crurent qu'il allait mourir sur le coup. Mais Sabas, dominant la douleur par la sainteté, lui dit :

" Croiras-tu maintenant que j'ai soutenu ton choc ? Mais sache que tu ne m'as pas plus endolori que si tu m'avais jeté un peloton de laine."

Ce qui confirma ses paroles fut son attitude, car il ne cria pas, ni même, ainsi qu'on fait lorsqu'on souffre, il ne gémit pas et on ne vit nulle trace de violence sur son corps.

Sur le rapport qui fut fait de tout cela à Atharid, il donna l'ordre de mettre à mort Sabas. Les bourreaux, ayant renvoyé le prêtre Sansala, amenèrent Sabas sur la berge du Mussovo, afin de l'y noyer. Le bienheureux, se rappelant l'ordre du Seigneur et n'aimant pas son prochain moins que lui-même demanda :

" Pourquoi ne pas tuer le prêtre avec moi, quel péché a-t-il donc commis ?

- Cela ne te regarde pas, lui répondit-on."

Alors Sabas s'écria dans la joie de l'Esprit-Saint :

" Tu es béni, Seigneur, et le Nom de ton Fils soit loué pendant les siècles. Amen. Atharid s'est condamné et livré lui-même à la mort éternelle, mais il m'a envoyé à la vie qui n'a pas de fin. Telle est ta Volonté dans tes serviteurs, Seigneur Dieu."

Tandis qu'on le conduisait mourir, il ne cessa de louer Dieu, ne jugeant pas comparables les misères de cette vie avec la gloire future qui est révélée aux saints. En arrivant sur la rive, les bourreaux se dirent entre eux :

" Pourquoi ne renvoyons-nous pas cet innocent ? Atharid en saura-t-il jamais rien ?"

Sabas leur dit :

" Vous badinez ; faites ce qui vous est commandé. Je vois ce qui vous est caché. Voici que m'attendent ceux qui doivent m'introduire dans la gloire."

Alors on le mena jusqu'au fleuve. Lui louait Dieu et rendait grâces (ce qu'il ne cessa de faire jusqu'à la fin). On lui attacha une pierre au cou et on le précipita. Sa mort par l'eau et le bois fut ainsi un symbole exact du salut. Sabas avait trente-huit ans. Il mourut le cinquième jour de la semaine pascale, c'est-à-dire la veille des ides d'avril, sous le règne de Valens et Valentinien et sous le consulat de Modeste et Arintheus.

Les bourreaux retirèrent de l'eau son cadavre et le laissèrent sans sépulcre. Mais ni les bêtes féroces, ni les oiseaux de proie n'y touchèrent. Des fidèles le gardèrent, et le glorieux gouverneur de la Scythie, Junius Soranus, adorateur du vrai Dieu, ayant envoyé des gens sûrs, le fit transporter en terre romaine et, voulant faire bénéficier sa patrie de ce trésor, de ce fruit illustre par sa foi, l'envoya en Cappadoce, conformément au désir des prêtres et à la Volonté de Dieu, qui donne sa Grâce à ceux qui Le craignent. C'est pour cela que, le jour où le martyr fut couronné, offrez le sacrifice et rappelez tout ceci aux frères, afin que, se réjouissant dans toute l'Église catholique et apostolique, ils louent le Seigneur, qui Se choisit ses serviteurs.

On représente saint Sabas suspendu par un doigt à un arbre, car ses actes disent qu'on lui tira violemment les mains et les pieds ; tenant en main un fagot d'épines pour rappeler qu'il fut traîné au milieu des ronces ; plongé dans l'eau. Il est spécialement honoré par les catholiques de Roumanie et en particulier par ceux de Valachie.

SOURCE : http://www.religion-orthodoxe.com/article-saint-sabas-le-goth-martyr-372-71528023.html



Sabas the Goth M & Comp. MM (RM)

(also known as Sabbas)

Died 372. The account of the martyrdom of Saint Sabas was recorded in a letter soon after his death at the hands of a Gothic ruler north of the Danube. Saint Jerome tells us that King Athanaric of the Goths began persecuting Christians in his tribe about 370. Sabas, converted to Christianity in his youth, was lector to the priest Sansala, apparently at Targoviste in modern Romania.

We are told that Sabas exemplified the Christian virtues of obedience and humility, and that he loved to sing the divine praises in church and decorate the altar. His desire for chastity was so great that he refrained from even speaking to women unless it was absolutely necessary. Most of all, Sabas loved the truth.

Sabas denounced the practice of some Christians of pretending to eat meat offered to pagan gods though in reality it had not been sacrificed to the gods by arrangement with some officers. He said that they had renounced the faith by their pretense. For this, he was forced into exile but later was allowed to return.

During another persecution the following year, some Christians swore that there were no Christians among them. Sabas loudly proclaimed his Christianity. After his first arrest, he was released as an insignificant fellow, owning nothing but the clothes on his back, 'who can do us neither good nor harm.'

Just before Easter 372, the persecution was renewed. Atharidus and his troops broke into the lodgings of the sleeping Sansala, bound him, and threw him on a cart. They pulled Sabas out of bed without allowing him to dress and dragged the modest saint naked over thorns and briars, forcing him along with whips and staves. At daybreak Sabas said to his persecutors: "Have not you dragged me, quite naked, over rough and thorny grounds? Observe whether my feet are wounded, or whether the blows you gave me have made any impression on my body." His body bore no bruises or abrasions, which enraged his tormentors, causing them to rack him on a make- shift devise.

Sabas refused an opportunity to escape when the mistress of the house in which they were lodged overnight, untied him. He spent the rest of the night helping the woman to dress victuals for the family.

The next day he was hung upon a beam of the house, and offered and refused meats that had been sacrificed to idols. One of Atharidus's slaves struck the point of his javelin against the saint's breast with such violence that all present believed Sabas had been killed. But he was unharmed. At this, Atharidus declared that Sansala should be dismissed, but Sabas must be drowned.

On the banks of the river, the officers wanted to let him go. Overhearing them, Sabas asked why they were so dilatory in obeying their orders? Then he continued, "I see what you cannot: I see persons on the other side of the river ready to receive my soul, and conduct it to the seat of glory: they only wait the moment in which it will leave my body."

Thereupon he was tied to a pole and held down in the Buzau (Mussovo) River until he was dead; 'This death by wood and water,' says the correspondent, 'was an exact symbol of man's salvation,' i.e., symbols of baptism and the cross. When he was dead, they drew his body out of the water, and left it unburied: but the Christians of the place guarded it from birds and beasts of prey.

Junius Soranus, duke of Scythia, a man who feared God, sent the body to Cappadocia. A letter was sent with these relics from the church of Gothia to that of Cappadocia governed by Saint Basil, which contains an account of the martyrdom of Sabas, and concludes thus: "Wherefore offering up the holy sacrifice on the day whereon the martyr was crowned, impart this to our brethren, that the Lord may be praised throughout the Catholic and Apostolic Church for thus glorifying his servants."

About 50 other Christians were martyred during this same persecution and are honored today (Attwater, Attwater2, Benedictines, Delaney, Encyclopedia, Husenbeth).

In art, Saint Sabas is pictured suspended by his fingers from a fig tree, or being thrown into a river (Roeder). Click here to view an anonymous icon at Hilandar monastery, Mt. Athos, or an anonymous Russian icon of Saints Sava and Symeon of Serbia. He is venerated in Romania (Roeder).


St. Sabas the Goth, Abbot and Martyr

From his authentic acts contained in a letter, written by the Church of Gothia to that of Cappadocia, of which St. Basil was then the chief light; and penned, in all appearance, by St. Aschollus, bishop of Thessalonica, at that time subject to the Goths.


A.D. 372.


THE FAITH of Christ erected its trophies not only over the pride and sophistry of the heathen philosophers, and the united power of the Roman empire, but also over the kings of barbarous infidel nations; who, though in every other thing the contrast of the Romans, and enemies to their name, yet vied with them in the rage with which they sought, by every human stratagem, and every invention of cruelty, to depress the cross of Christ: by which the finger of God was more visible in the propagation of his faith. Even among the Goths, his name was glorified by the blood of martyrs. Athanaric, king of the Goths, 1 in the year 370, and according to St. Jerom, raised a violent persecution against the Christians among them. The Greeks commemorate fifty-one martyrs who suffered in that nation. The two most illustrious are SS. Nicetas and Sabas. This latter was by birth a Goth, converted to the faith in his youth, and a faithful imitator of the obedience, mildness, humility, and other virtues of the apostles. He was affable to all men, yet with dignity; a lover of truth, an enemy to all dissimulation or disguise, intrepid, modest, of few words, and a lover of peace; yet zealous and active. To sing the divine praises in the church, and to adorn the altars, was his great delight. He was so scrupulously chaste, that he shunned all conversation with women, except what was indispensable. He often spent whole days and nights in prayer, and devoted his whole life to the exercises of penance: flying vain glory, and by words and example inducing others to a love of virtue, he burned with an ardent desire, in all things to glorify Jesus Christ. The princes and magistrates of Gothia began, in 370, to persecute the Christians, by compelling them to eat meats which had been sacrificed to idols, out of a superstitious motive, as if they were sanctified. Some heathens who had Christian relations, desiring to save them, prevailed upon the king’s officers to present them common meats which had not been offered to the idols. Sabas condemned this impious collusion, and not only refused to eat such meats, but protested aloud that whoever should eat them would be no longer a Christian, having by that scandalous compliance renounced his faith. Thus he hindered many from falling into that snare of the devil, but displeased others, who banished him from his town, though they some time after recalled him home. The next year the persecution was renewed, and a commissary of the king arrived at St. Sabas’s town in search of Christians. Some of the inhabitants offered to swear on the victims that there were no Christians in the place. Sabas appeared, and stepping up to those who were going to take that oath, said: “Let no man swear for me: for I am a Christian.” Notwithstanding this, the commissary ordered the oath to be tendered. Therefore the principal men of the city hid the other Christians, and then swore that there was but one Christian in their town. The commissary commanded that he should appear. Sabas boldly presented himself. The commissary asked the by-standers what wealth he had: and being told he had nothing besides the clothes on his back, the commissary despised him, saying: “Such a fellow can do us neither good nor harm.”


The persecution was renewed with much greater fury in 372, before Easter. Sabas considered how he could celebrate that solemnity, and for this purpose set out to go to a priest named Gouttica in another city. Being on the road, he was admonished by God to return, and keep the festival with the priest Sansala. He did so, and on the third night after Atharidus, son of one that enjoyed a petty sovereignty in that country, entered the town, and with an armed troop suddenly broke into the lodgings of Sansala, surprised him asleep, bound him, and threw him on a cart. They pulled Sabas out of bed without suffering him to put on his clothes, and dragged him naked as he was over thorns and briers, forcing him along with whips and staves. When it was day, Sabas said to his persecutors: “Have not you dragged me, quite naked, over rough and thorny grounds? Observe whether my feet are wounded, or whether the blows you gave me have made any impression on my body:” and indeed they could not perceive any the least marks. The persecutors being enraged, for want of a rack, took the axle-tree of a cart, laid it upon his neck, and stretching out his hands, fastened them to each end. They fastened another in like manner to his feet, and in this situation they tormented him a considerable part of the following night. When they were gone to rest, the woman of the house in which they lodged untied him: but he would not make his escape, and spent the remainder of that night in helping the woman to dress victuals for the family. The next day Atharidus commanded his hands to be tied, and caused him to be hung upon a beam of the house, and soon after ordered his servants to carry him and the priest certain meats that had been offered to idols, which they refused to eat, and Sabas said: “This pernicious meat is impure and profane, as is Atharidus himself who sent it.” One of the slaves of Atharidus, incensed at these words, struck the point of his javelin against the saint’s breast with such violence, that all present believed he had been killed. But St. Sabas said: “Do you think you have slain me? Know, that I felt no more pain than if the javelin had been a lock of wool.” Atharidus, being informed of these particulars, gave orders that he should be put to death. Wherefore, having dismissed the priest Sansala, his companion, they carried away St. Sabas in order to throw him into the Musæus. 2 The martyr, filled with joy in the Holy Ghost, blessed and praised God without ceasing for thinking him worthy to suffer for his sake. Being come to the river side, the officers said one to another: “Why don’t we let this man go? He is innocent; and Atharidus will never know anything of the matter.” St. Sabas, overhearing them, asked them why they trifled, and were so dilatory in obeying their orders? “I see,” said he, “what you cannot: I see persons on the other side of the river ready to receive my soul, and conduct it to the seat of glory: they only wait the moment in which it will leave my body.” Hereupon they threw him into the river, praising God to the last: and by the means of the axle-tree they had fastened about his neck, they strangled him in the water. He therefore suffered martyrdom, say the acts, by water and wood, the symbols of baptism and the cross: which happened on the 12th of April, Valentinian and Valens being emperors, in 372. After this the executioners drew his body out of the water, and left it unburied: but the Christians of the place guarded it from birds and beasts of prey. Junius Soranus, duke of Scythia, a man who feared God, carried off the body, which he sent into his country, Cappadocia. With these relics was sent a letter from the church of Gothia to that of Cappadocia, which contains an account of the martyrdom of St. Sabas, and concludes thus: “Wherefore offering up the holy sacrifice on the day whereon the martyr was crowned, impart this to our brethren, that the Lord may be praised throughout the Catholic and Apostolic Church for thus glorifying his servants.” Thus the acts, which were sent to the church of Cappadocia, together with the relics of St. Sabas. 3 Both the Greek and Latin Martyrologies mention this martyr.

The martyrs despised torments and death, because the immense joys of heaven were always before their eyes. If they made a due impression upon our souls, we should never be slothful in the practice of virtue. When an ancient monk complained of being weary of living in close solitude, his abbot said to him: “This weariness clearly proves that you have neither the joys of heaven nor the eternal torments of the damned before your eyes: otherwise no sloth or discouragement could ever seize your soul.” St. Austin gives the following advice: “Not only think of the road through which thou art travelling, but take care never to lose sight of the blessed country in which thou art shortly to arrive. Thou meetest here with passing sufferings, but will soon enjoy everlasting rest. In order to labour with constancy and cheerfulness, consider the reward. The labourer would faint in the vineyard, if he were not cheered by the thought of what he is to receive. When thou lookest up at the recompense, everything thou doest or sufferest will appear light, and no more than a shadow: it bears no manner of proportion with what thou art to receive for it. Thou wilt wonder that so much is given for such trifling pains.” 4

Note 1. That barbarous people, who swarmed originally from Gothland in Sweden, passed first into Pomerania, where Tacitus places them; thence to the borders of the Palus Mæotis, where Caracalla checked their inroads by a victory over them in 215. Yet they extended themselves along the Danube, and into Thrace and Greece, and by their furious incursions were to the Roman empire the most troublesome swarm of the whole northern hive, till they overthrew the empire of the West, erecting on its ruins the kingdoms of the Ostrogoths, or eastern Goths, in Italy, and of the Visigoths, or western Goths, in the southern parts of France and in Spain. The Goths began to receive the light of the faith about the reign of Valerian, from certain priests and other captives, whom, in their inroads, they had carried away out of Galatia and Cappadocia, and who, by healing their sick and preaching the gospel, converted several among them, as Sozomen (b. 2, c. 6,) and Philostorgius (b. 2, c. 5,) relate. Hence St. Basil (ep. 338, p. 330,) says, that the seeds of the gospel among the Goths were brought from Cappadocia by the blessed Eutychius, a man of eminent virtue, who, by the power of the Holy Ghost and his gifts, had softened the hearts of those barbarians. St. Cyril of Jerusalem, (Cat. 16, n. 22,) in 343, mentions the Goths and Sarmatians among the Christians who had bishops, priests, monks, holy virgins, and martyrs. In the council of Nice, among the subscriptions, we find that of Theophilus, bishop of Gothia. Ulphilas succeeded Theophilus, and after his example, adhered to the council of Nice and the Catholic faith, as Socrates (b. 2, c. 42,) and Sozomen (b. 6, c. 37,) expressly affirm; “which was the faith of his ancestors,” says Theodoret, (b. 4, c. 33.) He taught the Goths to write, invented their alphabet, and translated the Bible into their language. In the year 374, St. Basil (ep. 164, p. 254,) still commended the faith of the Goths. But Ulphilas being sent to Constantinople, in 376, to beg of the Emperor Valens certain lands in Thrace, was gained over by Eudoxius and other crafty Arians, to embrace their heresy, and pervert the faith of his countrymen, as Sozomen (b. 6, c. 37,) and Theodoret (b. 4, c. 33,) testify. Athanaric, king of the Thervingian Goths, who bordered on the empire, raised a bloody persecution against the Christians in 370. Fritigernes, king of the western Goths, was at war with Athanaric, and being the weaker, in order to engage the Emperor Valens to succour him, embraced the Christian religion and the Arian heresy at the same time, by the means of Ulphilas. But the church, under the persecutor Athanaric, remained yet untainted; and both the Latin and Greek Church has always venerated the martyrs that suffered under him. Moreover, the acts of St. Sabas were addressed to the churches of Cappadocia, of which St. Basil was the metropolitan; and seem drawn up by St. Ascholius, bishop of Thessalonica, a prelate closely linked with St. Athanasius, as St. Basil assures us, (ep. 154, p. 243,) who also praised St. Ascholius (ep. 164, p. 254,) for propagating the faith among barbarous nations, whilst Christian princes sought by Arianism to destroy it. He also says, that one coming from those parts preached up against the Arians the purity of the faith professed there, (ep. 164, p. 254.) St. Ambrose extols their faith and zeal against Arianism, together with their martyrdom, (in c. 2, Lucæ. p. 1294.) So does Theodoret, (Hist. b. 4, c. 28, 30, 33.) St. Austin says, that the king of the Goths persecuted the Christians with wonderful cruelty, when there were none but Catholics in Gothia, (de civ. Dei, l. 18, c. 52.) This remark seemed necessary to correct the mistake of certain modern English writers, who pretend that the Goths embraced Christianity and Arianism at the same time. 

Note 2. A river in Wallachia, now called Mussovo, which falls into the Danube a little below Rebnik. 

Note 3. It is supposed that this letter was penned by St. Ascholius, bishop of Thessalonica, the capital of Macedonia: for St. Basil (ep. 164, p. 284,) writing to St. Ascholius, thanks him for his account of the persecution, and of the martyr’s triumph by water and wood. And again (ep. 165, p. 256,) thanks him for the body of the martyr he had sent him, probably by the commission of Duke Soranus, a relation of St. Basil, who had written to him (ep. 155, p. 244, ed. Ben.) begging him to enrich his country with the relics of some martyrs in that persecution. 

Note 4. St. Aug. Conc. 2, on Ps. 36. 

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume IV: April. The Lives of the Saints.  1866.