lundi 23 avril 2012

Saint PIERRE-LOUIS-MARIE CHANEL, prêtre et martyr


Saint Pierre Chanel, prêtre et martyr

Pierre Chanel (1803-1841), religieux mariste originaire de Cuet, au diocèse de Belley, fut envoyé en Océanie pour y porter l'Evangile. Il rencontra beaucoup de difficultés de la part des autochtones païens, ainsi que des missionnaires méthodistes. Il arriva à convertir le fils du roi de Futuna, mais le souverain furieux le fit mettre à mort. Son martyre fut la source de la conversion d'une multitude.
SOURCE : http://www.paroisse-saint-aygulf.fr/index.php/prieres-et-liturgie/saints-par-mois/icalrepeat.detail/2015/04/28/584/-/saint-pierre-chanel-pretre-et-martyr

SAINT PIERRE CHANEL

Premier martyr en Océanie

(1803-1841)

Pierre-Louis-Marie Chanel naquit le 12 juillet 1803, à Cuet dans l'Ain, village du diocèse de Lyon. Il était le cinquième d'une famille de huit enfants. De sept à douze ans, il travaillait comme berger. Un jour, un prêtre le remarqua et se chargea de le faire instruire.

Après ses humanités au séminaire de Meximieux et ses études théologiques au grand séminaire de Brou, il reçut l'onction sacerdotale, le 15 juillet 1827. Il exerça d'abord le ministère pastoral à Ambérieu, comme vicaire, puis à Crozet, en qualité de curé. Mû par un désir de plus grande perfection, il entra dans la Société de Marie en 1831 et enseigna pendant cinq ans au petit séminaire de Belley.

En 1836, il sollicita la faveur d'être appliqué à l'apostolat des missions d'Océanie. Le 24 décembre, il s'embarquait au Havre avec Mgr Pompallier et au bout de dix mois de navigation, ils abordaient à l'île de Futuna.

Pendant que l'évêque continuait sa route vers la Nouvelle-Zélande, le Père Chanel s'établissait à Futuna avec deux compagnons. Pendant les deux premières années de leur installation, ce fut le chef de la peuplade, le roitelet Niuliki, qui les hébergea et leur fournit des vivres. Les missionnaires employèrent ce temps à apprendre la langue du pays et se bornèrent à baptiser les enfants moribonds. Dès qu'il se sentit capable de prêcher, le Père Chanel commença le travail d'évangélisation.

Après de très durs débuts, l'apôtre réussit à répandre l'Évangile chez les indigènes où régnait encore l'anthropophagie. Il rendait tous les services possibles, soignait les blessés, empêchait souvent la guerre entre les idolâtres; on l'appelait: l'homme à l'excellent coeur. Lorsque Niuliki, roi et pontife à la fois, vit le mouvement des conversions au christianisme prendre de l'ampleur, il cessa d'envoyer des vivres aux missionnaires et alla s'établir dans un autre village.

Pour subsister, les missionnaires furent réduits à défricher un champ de manioc. Pour les forcer à fuir le pays, on mangeait leurs fruits et leur récolte. Réduits à la plus extrême pauvreté, les Pères durent manger leur chien pour ne pas mourir de faim. Menacé de mort, le Père Chanel répond: «La religion est implantée dans l'île, elle ne s'y perdra point par ma mort, car elle n'est pas l'ouvrage des hommes, mais elle vient de Dieu.»

Les zélés missionnaires continuèrent à réunir leurs catéchumènes tous les dimanches et malgré tout, le petit groupe ne cessa de s'accroître. Le propre fils du roi, touché par la grâce et par les enseignements des missionnaires se déclara publiquement chrétien. Cette conversion acheva d'exaspérer Niuliki et le décida à en finir avec la religion chrétienne à Futuna.

Le 28 avril 1841, à la pointe du jour, une horde sauvage, conduite par le gendre de Niuliki et armée de lances, de massues, de haches, envahit la maison des missionnaires en un moment où le Père Chanel était seul. Les indigènes pénétrèrent dans le jardin où se trouvait le missionnaire, l'assommèrent à coups de bâton et de massue, puis se livrèrent au pillage. Leur carnage terminé, voyant que le Père respirait encore, Musumusu, le gendre du roi, l'acheva d'un coup de hachette sur la nuque. C'est ainsi que, sans une plainte, sans un soupir, le Père Chanel rendit son âme à Dieu.

Peu d'années après ce drame, toute l'île de Futuna était chrétienne, y compris les assassins du saint martyr. Sa Sainteté Pie XII a canonisé solennellement Pierre Chanel, le 13 juin 1954.

J.M. Planchet, Vie des Saints, édition 1946, p. 438-439; Résumé O.D.M.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_pierre_chanel.html

Pierre Chanel, éducateur

Nous croyons tout connaître de Saint Pierre Chanel...

Le missionnaire qui débarquait à Futuna en novembre 1837 n'était pas un jeune prêtre inexpérimenté, mais un homme mûr, qui avait déjà derrière lui plus de 10 années de sacerdoce, et moins de 3 années et demie encore à vivre...

Ordonné prêtre le 15 juillet 1827, le Père Chanel exerça son ministère pastoral à Ambérieu, comme vicaire, puis à Crozet, en qualité de curé. Mais, poussé par le désir de la Mission, il entra en 1831 dans la Société de Marie et le 24 décembre 1836, il s'embarquait au Havre avec Mgr Pompallier. Où était-il pendant ces cinq ans ? Au petit séminaire de Belley, à mi-chemin entre Lyon et Genève.

Après la mort de son dernier directeur, l'évêque du lieu, Mgr Devie, avait confié cet établissement à un de ses "missionnaires itinérants", le Père Jean-Claude Colin, qui avait rassemblé autour de lui plusieurs prêtres qui s'étaient engagés avec lui, après leur ordination, à fonder une congrégation religieuse placée sous le nom de Marie. Le Père Chanel avait demandé à son évêque de se joindre à eux. Avec l'espoir, un peu fou, de partir un jour en Mission aux Etats-Unis, la "Terre promise" des missionnaires de ce début du 19° siècle, dont parlaient si souvent les Annales de la Propagation de la Foi qu'il lisait assidûment depuis ses années de séminaire. C'était un rêve de jeunesse qui remontait à l'année de sa première communion ( 1817 ).

En fait, au lieu de partir en Amérique, le Père Chanel passera cinq années au petit séminaire de Belley, exerçant tour à tour les fonctions de professeur de 6° la première année, de directeur spirituel et d'économe les deux années suivantes, et de vice-supérieur de la maison les deux dernières années. Cinq années bien remplies, correspondant à la tranche la plus longue de sa vie active..

Si la détermination du pape Grégoire XVI à envoyer des missionnaires en Océanie occidentale ne l'avait pas amené à confier cette mission à la Société de Marie naissante, et si le Père Chanel ne s'était pas porté volontaire pour cette grande aventure, il y a fort à parier que le Père Colin l'y aurait laissé plus longtemps car il y réussissait fort bien.

Toute sa vie ne fut pas marquée du sceau de l'échec apparent, loin de là ! Sa nomination rapide comme directeur spirituel, puis vice-supérieur de l'établissement montre suffisamment l'estime que lui portait le supérieur de la maison, le Père Colin. Son départ fut pour tous un réel sacrifice, même si lui-même pouvait écrire à la veille de son départ du Havre : "Depuis que je ne sens plus le collège de Belley sur mes épaules, je suis redevenu ce que dut être le cordonnier de la fable, lorsqu'il eut rendu au seigneur les cent écus qu'il en avait reçus pour avoir de nouveau ses chansons !"

Sa chanson préférée, ce n'était pas l'enseignement ni l'éducation mais la Mission extérieure, mais quand il fallut chanter la première, il s'en tira fort bien !

Quand le Père Chanel arrive à Belley, en septembre 1831, il n'arrive pas en terre inconnue, comme il le fera six années plus tard, à Futuna. Il était en effet un ancien élève de la maison, où il avait fait une année de philosophie en 1823-1824, avant d'entrer au grand séminaire.

Le collège existait depuis 80 ans. Il avait été fermé pendant la Révolution française et était finalement devenu une école municipale. A son arrivée à Belley en 1823, Mgr Devie accepte de reprendre cet établissement. Il en fait officiellement son petit séminaire, avec un personnel composé essentiellement de prêtres diocésains.

En 1829, en pleine année scolaire, à la mort de son second directeur, il nomme, contre toute attente, pour lui succéder le Père Jean-Claude Colin, qui ne faisait même pas partie du personnel enseignant mais qui logeait sur place avec ses autres compagnons maristes occupés avec lui à prêcher des Missions dans les montagnes du Bugey.

S'il décide d'y envoyer le Père Chanel en 1831, ce n'est pas seulement parce que celui-ci demandait depuis plusieurs années à se joindre au groupe des aspirants maristes, mais aussi parce qu'il avait confiance en ses qualités pédagogiques et spirituelles pour s'occuper de la formation de ses futurs grands séminaristes. Il ne sera pas déçu.

Avec succès

Pas plus que le Père Jean-Claude Colin, le Père Chanel n'avait été préparé à la tâche d'éducateur qui l'attendait à Belley. Son évêque, en le nommant, pensait qu'il en avait les capacités. La suite lui donna raison. N'est pas professeur de sixième qui veut, même si, cette année-là, la classe ne comptait que sept élèves ; il y faut une certaine disposition. Le Père Chanel l'avait.

La difficulté qu'il aura plus tard à apprendre la langue de Futuna nous fait parfois penser qu'il aurait été un élève médiocre, quoique studieux et volontaire, comme son condisciple, le jeune Jean-Marie Vianney, le futur curé d'Ars, qui faillit être renvoyé du séminaire pour insuffisance intellectuelle. Ce n'était pas le cas du jeune Pierre. Au petit séminaire de Meximieux où il étudia de 1819 à 1823 il obtint plusieurs prix et accessits en vers latins, doctrine chrétienne et discours français et latins. Avec cela, difficile de croire qu'il était fâché avec les langues étrangères, comme on le dit souvent. D'ailleurs, que fera-t-il au Havre, pour tuer le temps, pendant les deux mois qu'il passera avant de pouvoir embarquer pour le Chili ? Il apprendra deux langues en même temps - l'anglais et l'espagnol - pensant qu'elles pourraient lui être utiles plus tard.. Il eut pourtant beaucoup de mal à apprendre la langue de Futuna, si différente de celles qu'il parlait ou comprenait. Ce fut son écharde dans sa vie de missionnaire.

Oubliant provisoirement son attrait pour les Missions, il va se donner totalement à sa tâche, malgré de graves problèmes de santé la première année ( douleurs de poitrine et crachements de sang qui l'obligeront de s'absenter souvent de sa classe pour se reposer ). Néanmoins le supérieur de l'établissement, le Père Colin, qui vit avec lui, remarque ses bons rapports avec les autres enseignants, ses élèves et les autres élèves de l'établissement.

Dès sa seconde année il le nomme directeur spirituel, puis deux ans plus tard, vice-supérieur de la maison. En fait, il se déchargera sur lui presque totalement de la marche du séminaire pour pouvoir se consacrer aux affaires de la Société de Marie. C'est dire qu'entre lui et le Père Chanel il y avait une grande communion de vues et de pensées.

Quel était le projet éducatif du Père Colin ?

Il insistera beaucoup sur la communauté éducative que doivent former, selon lui, les professeurs, les préfets, les directeurs spirituels et le supérieur du petit séminaire. Tous devaient être animés par un amour fraternel, qui servirait de modèle aux élèves. "Rien ne fait plus d'impression sur eux que le bon exemple" aimait-il à répéter.

Dans cette communauté, le supérieur avait un rôle particulier : celui d'un père, qui exerce ses fonctions dans un esprit de concertation et de service. Mais le supérieur reste seul maître à bord, après Dieu. Une dizaine de professeurs l'apprirent à leurs dépens quand ils adhérèrent, contre la volonté de leur supérieur, aux doctrines de Lamennais. A la rentrée suivante il ne reprit aucun d'eux !

Quelles étaient les qualités éducatives que Colin attendait de son personnel ?

Avant tout de l'autorité : c'était la pierre d'angle de son système éducatif.

Ensuite, la connaissance personnelle des élèves, condition indispensable pour pouvoir s'adapter à chacun d'eux.

Puis un enseignement de qualité.

Enfin, la vigilance, surtout dans les moments et sur les lieux où l'étude n'occupait pas l'esprit des élèves ( la majorité d'entre eux, il faut se le rappeler, étaient internes )

Si la punition faisait partie de l'arsenal pédagogique, Colin recommandait d'en user avec modération et prudence. Mais si l'avenir de l'établissement était en jeu, il n'hésitait pas à renvoyer un élève.

Le secret du Père Chanel

Comment Pierre Chanel mit-il en application ce projet éducatif ?

Nous avons le témoignage d'un professeur qui ne le connaissait pas avant d'arriver à Belley. "Je ne savais à son sujet que sa grande réputation comme excellent directeur. Son amabilité charmait tous les élèves; il était chéri de tous... Il avait une réputation de bonté, de douceur, de piété... Il était toujours gai... Ses réunions hebdomadaires avec les professeurs étaient très utiles pour la paix et la bonne entente, ainsi que pour la discipline de la maison... La maison marchait bien sous sa direction..."

Dans ce témoignage il manque un mot important utilisé par le Père Colin. Celui de fermeté. A la place, on a celui de douceur. Les Futuniens le noteront plus tard : Chanel était un homme au bon coeur.

Anne-Marie Chavoin, la future fondatrice des Soeurs maristes, qui vivait dans le collège voisin de Bon Repos, parlait, elle, de "sa trop grande bonté", contre laquelle elle le mit un jour, en garde. Elle craignait que "son manque de fermeté ne nuise au collège". Ce qui était sous sa plume un reproche, était en réalité une qualité !

Il est vrai qu'après son départ, le collège connut de grosses difficultés, mais peut-on les lui reprocher ? Alors qu'il était encore au collège, un scandale éclata un jour : un des professeurs, un séminariste originaire de Saint Etienne, corrompait certains élèves ( la pédophilie existait déjà à l'époque ! ), et le Père Chanel n'avait rien vu... Mais il n'était pas le seul : personne ne s'était rendu compte de rien, comme cela se passe bien souvent dans ces cas-là.

Ayant découvert le pot aux roses, Chanel prit la décision qui s'imposait.

Quelle était la clef du succès du Père Chanel auprès des élèves et de leurs parents ?

Elle peut se résumer en trois expressions :

une sainte gaieté

peu de pratiques

et un projet pour chacun

Une sainte gaieté... Chanel était toujours gai, on l'a déjà vu. C'était naturel chez lui, comme le prouve sa remarque à un ancien élève, en 1835 : "Il n'y a rien d'extraordinaire ici pour le moment. On travaille et on s'amuse beaucoup..." Séances théâtrales, fêtes, chorales, grands congés avec lever en fanfare : l'ambiance à Belley n'avait rien de morose sous sa houlette !

Peu de pratiques... Ni Colin ni Chanel n'étaient en faveur de pratiques religieuses multiples. Une messe par semaine, une dizaine de chapelet par jour et une confession par mois constituait le menu religieux des élèves. C'était beaucoup moins que dans les établissements similaires de l'époque.

Un projet pour chacun... c'est-à-dire une attention personnelle à chaque élève. C'était bien dans le style de Chanel. En tant que directeur spirituel, il "confessait à tour de bras", selon son expression, c'est-à-dire qu'il passait beaucoup de temps avec les élèves individuellement pour les conduire vers Dieu, chacun à son rythme. Après leur départ du collège, il entretint une correspondance suivie avec certains d'entre eux, jusqu'en Océanie. De Valparaiso, au Chili, où il faisait escale, il demanda que chaque année on lui envoie la liste nominale de tous les nouveaux et qu'on mette une petite croix devant le nom de ceux qui auraient déjà la pensée de venir le rejoindre en Océanie.

Les cinq années du Père Chanel à Belley l'ont beaucoup marqué.

Dans une des dernières lettres que nous avons de lui, envoyée de Futuna au Père Colin en mai 1840, il disait : "Les petits séminaires de Belley et de Meximieux ne deviendront-ils pas deux pépinières de missionnaires ?... Dans l'impossibilité où je suis d'écrire maintenant à vos chers enfants du petit séminaire de Belley, auriez-vous, mon Très Révérend Père, l'extrême bonté de leur dire de ma part qu'ils ne peuvent pas se faire une idée de la tendresse et de l'affection que je leur porte toujours..."

Tendresse, affection, toujours...

Ces mots caractérisent bien l'éducateur qu'il fut pendant cinq ans. Il avait aimé les jeunes qui lui avaient été confiés !

A l'autre bout du monde, pendant les quelques années qu'il lui restait à vivre, il ne fera pas autre chose :

aimer jusqu'au bout les Futuniens qui lui seront confiés.

D'après une conférence de Carême du Père F. Grossin, le 21 Mars 2003



Saint Pierre Chanel, prêtre français et premier martyr d’Océanie

“Aimer Marie et la faire aimer”, telle était la devise de ce saint français, premier martyr d’Océanie, et un des saint patrons et bienheureux des JMJ 2008 de Sydney.

Saint Pierre Chanel est né le 12 juillet 1803 à la ferme de la Potière à Cuet dans le diocèse de Belley-Ars, en France. Le curé de Cras-sur-Reyssouze remarque rapidement sa piété et son intelligence, et lui propose de l’emmener avec lui, pour servir la messe et étudier avec lui, à l’école de Cras, qu’il intègre à l’automne 1814.

Après sa première communion au Corps de Jésus, le 23 Mars 1817, il se passionne pour la lecture des lettres des missionnaires envoyés par monseigneur Dubourg, de retour d’Amérique. Plus tard il confiera : “C’est l’année où je formai le dessein d’aller dans les missions lointaines”.

Il perçoit à ce moment l’appel de Jésus à tout quitter pour le suivre dans la vocation sacerdotale et commence à étudier au séminaire.

Il est ordonné prêtre en 1827, et après plusieurs missions locales, il rentre dans la Société de Marie. Il enseigne alors pendant 5 ans, tout en désirant être missionnaire sur des terres lointaines.

Suite à l’appel du pape Grégoire XVI à envoyer des missionnaires en Océanie, mission particulièrement confiée à la Société de Marie, Pierre Chanel se porte volontaire, et embarque au Havre, le 24 décembre 1836, en direction de Futuna.

Pierre Chanel et deux compagnons s’installent à Futuna et il y célèbre sa première messe le 8 décembre 1837, (fête de l’Immaculée Conception depuis 1477).

Pendant 2 ans, hébergés par le roi local Niuliki, ils apprend la langue du pays auprès du roi Niuliki et baptise des enfants mourants.

Une fois sa “formation” terminée (!), Pierre Chanel commence son travail d’évangélisation. Il a à coeur de lutter contre le cannibalisme, encore présent sur l’île, et contre les guerres entre tribus. Ses actions lui valent le surnom d’“homme à l’excellent cœur”.

Devant le nombre de conversions au catholicisme, le roi Niuliki prend ombrage et décide de ne plus héberger ni nourrir les missionnaires, qui sont alors contraints de manger du manioc, issu d’un champs qu’ils défrichent et qui est régulièrement saccagé pour les obliger à quitter l’île. Menacés de mort, ils sont même réduits à manger leur chien.

Mais devant les prières et offrandes des missionnaires dans l’Eucharistie célébrée chaque jour, et à travers leur témoignage, l’Esprit-Saint continue à toucher les coeurs.

Ainsi, l’Esprit-Saint conduit le fils du roi Niuliki à se convertir publiquement au catholicisme.

Le 28 avril 1841, le roi décide alors d’en finir avec le missionnaire qui met en péril sa puissance et celle de sa descendance, et envoie des guerriers pour le tuer et piller sa demeure. Roué de coup, d’un coup de hachette, Pierre Chanel entre dans la vie divine ce jour-là.

Peu d’années après ce drame, toute l’île de Futuna était chrétienne, y compris ses assassins. Une danse (“eke”), est même créée par les habitants de Futuna en pénitence et pour se souvenir du saint missionnaire qui leur avait apporté la bonne nouvelle de Jésus Ressuscité.

Il a été béatifié par Léon XIII en 1889 comme martyr et canonisé par Pie XII le 13 Juin 1954.

Seigneur, pour la croissance et le progrès de ton Eglise,

tu as donné à saint Pierre Chanel la gloire du martyre ;

permets que nos célébrations du Christ mort et ressuscité

fassent de nous les témoins d’une vie nouvelle.

Amen



St. Peter-Louis-Marie Chanel

Article by Joseph Freri (from Volume 11)

Born at Cuet, Diocese of Belley, France, 1802; died at Futuna, 28 April, 1841. He was ordained priest in 1827, and engaged in the parochial ministry for a few years; but the reading of letters of missionaries in far-away lands inflamed his heart with zeal, and he resolved to devoted his life to the Apostolate. In 1831 he joined the Society of Mary, and in 1836 he embarked for Oceania. He was assigned by his bishop to the Island of Futuna, and landed in Nov., 1837. No Christian missionary had ever set foot there, and the difficulties Peter encountered amidst those savage tribes were almost incredible. Nevertheless, he was beginning to see the results of his efforts, when Niuluki, king and also pontiff of the island, already jealous of the progress of the new religion, was exasperated by the conversion of his son and daughter. At his instigation, one of the ministers gathered some of the enemies of Christianity and Peter was cruelly assassinated without uttering a word of complaint. Through his death, the venerable martyr obtained what he had so ardently desired and earnestly worked for, the conversionof Futuna. In 1842, two Marist missionaries resumed his work, and nowhere has the preaching of the Gospelproduced more wonderful results. Peter was declared Venerable by Pius IX in 1857, and beatified by Leo XIII on 17 November, 1889.

Article by J.P. Sollier (from Volume 3)

Proto-martyr of Oceanica, born at Cuet, dep. of Ain, France, 1803, died at Futuna, Friendly Islands, Oceanica, 28 April, 1841. Being of humble parentage, a zealous priest, M. Trompier, assisted his education. Ordained priest in 1827, he went as curate to Ambérieux and later as pastor to Crozet. His desire to serve in the foreign missions drew him, in 1831, into the newly-founded Society of Mary which, having been formally approved, 29 April, 1836, was entrusted with the evangelization of Occidental Oceanica. Chanel, after taking the three religious vowsat the hands of Father Colin, founder and first superior of the Marists, embarked that same year for his distant mission under the leadership of Bishop Bataillon, and was sent to the island called Horn, or Allofatu, bygeographers, and Futuna by the natives. War between rival tribes and the practice of cannibalism had reduced its population to a few thousands when Chanel landed on its shores. The religion he found there was a worship of terror offered to evil deities. Chanel laboured faithfully amid the greatest hardships, learning the native language, attending the sick, baptizing the dying, and winning from all the name of "the man with the kind heart". Niuliki, the then ruler, showed first an amicable disposition towards the missionary and even declared him "taboo", orsacred and inviolable; but when he saw that his subjects were being drawn away from the idols into the whiteman's religion, he issued an edict against him to avert the movement towards Christianity. At that very time his son Meitala joined the missionary.

Musumusu, Niuliki's prime minister and an implacable enemy of Christianity, then concocted a plot with the petty chiefs against the Christians, which was carried out with great cruelty. At day-break, on 28 April, 1841, the conspirators assembled together and, after wounding many neophytes whom they had surprised sleeping, proceeded to Chanel's hut. One shattered his arm and wounded his left temple with a war-club. Another struck him to the ground with a bayonet. A third beat him severely with a club. The missionary was uttering the while words of gentle resignation: "Malie fuai" (it is: well for me). Musumusu himself, enraged at the tardiness of death, split open the martyr's skull with an adze. The remains of the martyred missionary, hurriedly buried, were later claimed by M. Lavaux, commander of the French naval station of Tahiti, and taken to France on a government transport, 1842. The cause of the beatification of Father Chanel, introduced 1857, terminated by theBrief "Quemadmodum" of 16 Nov., 1889. The solemnities took place the following day in the basilica of St. Peter,Rome. "Oceanicæ protomartyr" is the official title given Blessed Chanel by the Congregation of Rites in thedecree declaring: "tuto procedi posse ad solemnem Ven. servi Dei P. M. Chanel beatificationem".


[Note: Peter Chanel, the proto-martyr of the Society of Mary, and of Oceania, was canonized in 1954 by Pope Pius XII.]

Sources

VOLUME 11: BOURDIN, Vie du Ven. Serviteur de Dieu Pierre-Marie-Louis Chanel (Lyon, 1867); NICOLET, Life of Blessed P. M. L. Chanel (Dublin, 1890); Quelques guérisons et grâces signalées obtenues par l'intercession du Bienheureux P. M. L. Chanel (Lyon, 1891); HERVIER, Les Missions Maristes en Océanie (Paris, 1902); Life of the Ven. Fr. Colin, Founder and First Superior General of the Society of Mary (St. Louis, 1909).

VOLUME 3: Acta authentica beatificationis (Rome, 1889); BOURDIN, Vie du P. Chanel (Lyon, 1867); NICOLET, Vie du Bienheureux P. M. Chanel (Lyon, 1890), two abridgments in English of the foregoing were printed at Dublin and Abbeville (1890); MANGERET, Mgr. Bataillon et les Missions de l'Océanie (Paris, Lyon, 1884), I, 225; HERVIER, Les missions Maristes en Océanie (Paris, 1902); Annales de la propagation de la foi (Lyon, 1842, 1843); Our First Beatified Martyrs (pamphlet issued by the Society for the Propagation of the Faith, New York, 1907).

"St. Peter-Louis-Marie Chanel." The Catholic Encyclopedia. Vol. 11. New York: Robert Appleton Company, 1911. 26 Apr. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/11769a.htm>.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/11769a.htm

Peter Louis Mary Chanel, Priest M (AC)

Born at Cluet, near Belley, France, in 1803; died on Futuna, Oceania, in April 28, 1841; canonized in 1954.


Peter Chanel was a model pupil, model vicar, model parish priest, and model missionary. He began life as a shepherd to his father's sheep. The Abbé Trompier of the parish of Cras, however, recognized the intelligence and devoutness of the young boy and obtained permission to have Peter attend the small school he had started. Peter performed well and went on to the seminary.

After his ordination in 1827, he was given the parish of Crozet, which had earned a bad reputation. Over three years, his attendance to the sick gained the confidence of the parishioners and brought about a spiritual revival.

In 1831, wishing to become a missionary, the peasant's son was one of the first to join the missionary Society of Mary which was formed at Lyons, France, in 1822, but taught another five years in the seminary of Belley. In 1836, the Marists received papal approval, and Peter was sent with a small band of missionaries to New Hebrides in the Pacific. With a lay-brother and an English layman, Thomas Boog, Peter went to the Islands of Futuna, under French sovereignty near Fiji, where cannibalism had only recently been forbidden by the local ruler, Niuliki.

The missionaries gained the confidence of the people by attending the sick, learning the language, and beginning to teach. The chieftain Niuliki became jealous of their influence, however, and was further angered when his own son said he wished to be baptized. Three years after his arrival, when his companions were away, Peter was attacked by a band of warriors who killed him with a club and cut up his body with their hatchets.

His martyrdom served his cause, however, for within a few months the island was Christianized. When called upon to justify his conversion, one of Chanel's catechumens had said of him, "He loves us. He does what he teaches. He forgives his enemies. His teaching is good."


Because he was the first martyr of the South Seas, Peter Chanel is the patron of Oceania (Attwater, Benedictines, Bentley, Delaney, Encyclopedia, White).



ST. PETER CHANEL—1803-1841

On April 18, 1841, a band of native warriors entered the hut of Father Peter Chanel on the island of Futuna in the New Hebrides islands near New Zealand. They clubbed the missionary to death and cut up his body with hatchets. Two years later, the whole island was Catholic.

St. Peter Chanel's death bears witness to the ancient axiom that "the blood of martyrs is the seed of Christians." He is the first martyr from Oceania, that part of the world spread over the south Pacific, and he came there as the fulfillment of a dream he had had as a boy.

Peter was born in 1803 in the diocese of Belley, France. At the age of seven, he was a shepherd boy, but the local parish priest, recognizing something unusual in the boy, convinced his parents to let him study, in a little school the priest had started. From there Peter went on to the seminary, where it was said of him: "He had a heart of gold with the simple faith of a child, and he led the life of an angel."

He was ordained a priest and assigned to a parish at Crozet. In three years he had transformed the parish. In 1831, he joined the newly founded Society of Mary, since he had long dreamed of being a missionary; but for five years he was assigned to teach at the seminary in Belley. Finally, in 1836, his dream was realized, and he was sent with other Marists to the islands of the Pacific. He had to suffer great hardships, disappointments, frustration, and almost complete failure as well as the opposition of the local chieftain. The work seemed hopeless: only a few had been baptized, and the chieftain continued to be suspicious and hostile. Then, when the chief's son asked for baptism, the chief was so angry that he sent warriors to kill the missionary.

Peter's violent death brought about the conversion of the island, and the people of Futuna remain Catholic to this day. Peter Chanel was beatified in 1889 and canonized in 1954.

Thought for the Day: Success or failure is often not completely in our hands, and sometimes we have to face what seems almost certain failure. But success is not required of us, only fidelity. St. Peter Chanel's work ended in his own death in the face of what seemed total failure. Out of that failure, God brought about the success Peter was seeking.

From 'The Catholic One Year Bible': . . . "Why are you looking in a tomb for someone who is alive? He isn't here! He has come back to life again! Don't you remember what he told you back in Galilee . . . that he would rise again the third day?"—Luke 24:5-7

Taken from "The One Year Book of Saints" by Rev. Clifford Stevens published by Our Sunday Visitor Publishing Division, Our Sunday Visitor, Inc., Huntington, IN 46750.

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St. Peter Chanel

St. Peter Chanel the protomartyr of the South Seas. St. Peter Chanel was born in 1803 at Clet in the diocese of Belley, France. His intelligence and simple piety brought him to the attention of the local priest, Father Trompier, who saw to his elementary education. Entering the diocesan Seminary, Peter won the affection and the esteem of both students and professors. After his ordination he found himself in a rundown country parish and completely revitalized it in the three year span that he remained there.

However, his mind was set on missionary work; so, in 1831, he joined the newly formed Society of Mary (Marists) which concentrated on missionary work at home and abroad. To his dismay, he was appointed to teach at the seminary at Belley and remained there for the next five years, diligently performing his duties.

In 1836, the Society was given the New Hebrides in the Pacific as a field for evangelization, and the jubilant St. Peter was appointed Superior of a little band of missionaries sent to proclaim the Faith to its inhabitants. On reaching their destination after an arduous ten month journey, the band split up and St. Peter went to the Island of Futuna accompanied by a laybrother and an English layman, Thomas Boog.

They were at first well received by the pagans and their king Niuliki who had only recently forbidden canabalism. However, the kings jealousy and fear were aroused when the missionaries learned the language and gained the people’s confidence; he realized the adoption of the Christian Faith would lead to the abolition of some of the prerogatives he enjoyed as both highpriest and sovereign.

Finally, when his own son expressed a desire to be baptized, the king’s hatred erupted and he dispatched a group of his warriors to set upon the saintly head of the missionaries. Thus, on April 28, 1841, three years after his arrival, St. Peter was seized and clubbed to death by those he had come to save. And his death brought his work to completion – within five months the entire island was converted to Christianity.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/saint-peter-chanel/

Voir aussi : http://www.peterchanel.info/bioshort.htm