samedi 28 avril 2012

Saint LOUIS-MARIE GRIGNION de MONTFORT, prêtre et fondateur


SAINT LOUIS-MARIE GRIGNION de MONTFORT

Fondateur d'Ordres religieux,

Docteur de la médiation de Marie

(1673-1716)

Louis-Marie Grignion de La Bacheleraie naquit à Montfort-la-Cane, alors du diocèse de Saint-Malo, aujourd'hui de celui de Rennes, le 31 janvier 1673. Par esprit de religion et d'humilité, il abandonna plus tard le nom de sa famille, pour prendre celui du lieu de sa naissance et de son baptême. Sa première éducation fut pieuse et forte; il la compléta chez les Jésuites de Rennes, où il acquit la réputation d'un saint Louis de Gonzague.

La Providence le conduisit ensuite à Paris, pour y étudier en diverses maisons tenues par les Sulpiciens, et à Saint-Sulpice même. Dans ce séminaire, où il brilla par son intelligence et sa profonde piété, on ne comprit pas assez les vues de Dieu sur lui. Dieu le permit ainsi pour le former à l'amour de la Croix, dont il devait être l'apôtre passionné. C'est à l'école de Saint-Sulpice qu'il puisa toutefois son merveilleux amour de Marie et qu'il se prépara à devenir Son apôtre et Son docteur.

Jeune prêtre, il fut d'abord aumônier à l'hôpital de Poitiers, où il opéra une réforme aussi prompte qu'étonnante. Ballotté ensuite pendant quelques temps par les persécutions que lui suscitaient les Jansénistes, il se rendit à Rome en vue de s'offrir au Pape pour les missions étrangères, et il reçut du Souverain Pontife l'ordre de travailler à l'évangélisation de la France.

Dès lors, pendant dix ans, il va de missions en missions, dans plusieurs diocèses de l'Ouest, qu'il remue et transforme par sa parole puissante, par la flamme de son zèle et par ses miracles. Il alimente sa vie spirituelle dans une prière continuelle et dans des retraites prolongées, il est l'objet des visites fréquentes de la Sainte Vierge. Ses cantiques populaires complètent les fruits étonnants de sa prédication; il plante partout la Croix; il sème partout la dévotion au Rosaire: il prépare providentiellement les peuples de l'Ouest à leur résistance héroïque au flot destructeur de la Révolution, qui surgira en moins d'un siècle.

Après seize ans d'apostolat, il meurt en pleine prédication, à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée), à quarante-trois ans, laissant, pour continuer son oeuvre, une Société de missionnaires, les Soeurs de la Sagesse, et quelques Frères pour les écoles, connus partout aujourd'hui sous le nom de Frères de Saint-Gabriel. C'est un des plus grands saints des temps modernes, et le promoteur des prodigieux développements de la dévotion à la Sainte Vierge à notre époque.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_louis-marie_grignion_de_montfort.html


Louis Marie Grignion de Montfort est né le 30 janvier 1673 à Montfort-sur-Meu. Il a pour parents Jean Baptiste Grignion et Jeanne Robert, demoiselle des Chesnais (en Ille-et-Vilaine), mariés le 10 février 1671 dans l'ancienne église de Toussaints à Rennes. Louis Marie Grignion de Montfort est baptisé le 1er février 1673 dans l'église Saint-Jean de Montfort. Le 16 juillet 1675, ses parents achètent la propriété du Bois-Marquer en Iffendic et s'y installent. En 1685, Louis Marie Grignion de Montfort vient d'atteindre sa douzième année. Ses parents décident de l'envoyer au collège Saint-Thomas-Becket de Rennes et le placent en pension chez son oncle, l'abbé Alain Robert de la Vizeule, prêtre de la paroisse Saint-Sauveur. Le directeur spirituel du jeune étudiant est le Père Descartes, neveu du philosophe. Mais celui qui exerce le plus d'influence sur notre collégien est le Père Gilbert, saint religieux, qui terminera sa vie dans les missions où il évangélisera les "nègres" de la Martinique et des Caraibes. Aux yeux de ses camarades, Louis Marie Grignion de Montfort est un élève très pieux.

Il reste au collège de Rennes jusqu'en 1693 puis se rend au séminaire de Saint-Sulpice à Paris où il séjourne de 1695 à 1700. Louis Marie Grignion de Montfort est promu à l'ordre de prêtrise, le samedi des "Quatre Temps de la Pentecôte" de l'année 1700 (5 juin 1700), par messire Jean Hervieu Bazan de Flamenville, évêque de Perpignan. C'est à l'âge de 27 ans et à l'autel actuel de la Sainte-Vierge, en l'église Saint-Sulpice, qu'il célèbre sa première messe, le 5 juin 1700.

De 1700 à 1703, Louis Marie Grignion de Montfort est à la recherche d'un champ d'apostolat. Son premier ministère est à Nantes, dans la communauté saint Clément où il reste jusqu'en octobre 1701. Il se rend ensuite à Poitiers comme aumônier à l'Hôpital Général. Il fait la connaissance de Marie Louise Trichet (béatifiée en 1993). Avec elle, il fonde les "Sœurs de la Sagesse", le 2 février 1703. A Pâques de la même année, il se rend à Paris à l'Hôpital de la Salpêtrière jadis fondé par saint Vincent de Paul. Il va loger en solitaire dans la rue du Pot de Fer, logis très pauvre où il reste près d'un an. Il met à profit cette solitude pour méditer et prier. C'est probablement à cette époque qu'il écrit "L'amour de la Sagesse éternelle".

L'archevêque de Paris, informé de sa sainteté, lui confie la mission délicate de réformer les ermites du Mont-Valérien. Mais à Poitiers, les pauvres ne l'ont pas oublié et le rappellent. Revenu dans cette ville au début du carême 1706, on lui signifie plus tard son congé. Mais sa vocation est ailleurs et il le sent de plus en plus : c'est de prêcher et instruire le long des routes pour relever la Maison du Seigneur qui tombe en ruines. Reçu en audience le 6 juin 1706 par le Pape Clément XI, il revient en France avec le titre de « Missionnaire apostolique » : " Vous avez, Monsieur, un assez grand champ en France pour exercer votre zèle. N'allez point ailleurs. Et travaillez toujours avec une parfaite soumission aux évêques dans les diocèses où vous serez appelé.". Quittant donc l'hôpital, Louis Marie Grignion de Montfort se met à prêcher des missions dans la ville et aux environs. Dieu lui envoie un auxiliaire dans la personne d'un jeune homme qui s'attache à lui et qui, sous le nom de Frère Mathurin, fera le catéchisme pendant cinquante ans dans les missions avec lui et ses successeurs.

Les dix dernière années de sa vie, Louis Marie Grignion de Montfort sillonne l'Ouest de la France, de paroisses en paroisses pour prêcher 72 missions. Il met ses missions sous la protection de "sa bonne Mère", la Très Sainte Vierge, et du grand guerrier céleste, l'archange Saint-Michel. En compagnie du Frère Mathurin, il se dirige d'abord vers Notre-Dame des Ardilliers, près de Saumur. Sur sa route, il s'arrête à l'abbaye de Fontevrault qui abrite sa soeur Sylvie, religieuse converse. Puis continuant son voyage, le Père de Montfort atteint Angers. Les deux voyageurs débarquent au Mont-Saint-Michel, le 28 septembre 1706. Du Mont-Saint-Michel, le missionnaire se rend à Rennes, où chaque matin, accompagné du Frère Mathurin, il célèbre la messe tantôt à Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, tantôt à Notre-Dame de la Paix, mais le plus souvent à l'hôpital. Il se dirige ensuite vers Dinan, où il rencontre son frère Joseph-Pierre, religieux dominicain, admis au noviciat en 1695 et ordonné prêtre en 1698. Il donne ensuite une mission à Saint-Suliac, puis à Bécherel où il est amené à porter la parole de Dieu dans la maison de la Porte-Berthault. Vers la fin de l'année 1706, il y prêche "la retraite dit Grandet".

Louis Marie Grignion de Montfort s'associe ensuite de 1707 à 1708 à un groupe de missionnaires dirigé par Dom Jean Leuduger (1649-1722), chanoine scolastique de la cathédrale de Saint-Brieuc et fondateur de la Congrégation des Filles du Saint-Esprit. Louis Marie Grignion de Montfort ne tarde pas à se révéler comme une des meilleures recrues de son armée de missionnaires. Pendant sept à huit mois, Louis Marie Grignion de Montfort prêche dans les paroisses de Baulon, Le Verger, Merdrignac, Montfort (au diocèse de Saint-Malo), à la Chèze, Plumieux, Saint-Brieuc, Moncontour (dans le diocèse de Saint-Brieuc). De 1708 à 1710, il exerce sa mission en compagnie du Frère Mathurin et du Frère Jean, dans le pays nantais et ses environs (Nantes, Valet, La Chevrolière, Vertou, Saint-Fiacre en décembre 1708, Campbon le 13 février 1709, Crossac, Ponchâteau d'avril à mai 1709, Bouguenais, Besné, la Chapelle-des-Marais, Missillac, Herbignac, Camoël, Assérac, ....). Son action puissante sur les âmes, ses initiatives audacieuses étonnent ses confrères et font éclater sa sainteté aux yeux de la population.

Note 1 : Louis Marie Grignion de Montfort apportait une attention particulière à la bonne tenue des édifices religieux et des cimetières. Le cimetière de Saint-Donation (à Nantes) possédait une antique chapelle dédiée à saint Etienne. Il y plaça une statue de Notre-Dame des Coeurs, qui resta longtemps en vénération, et fonda la Confrérie de Marie, reine des Coeurs. Dans cette même chapelle, le Père Grignion de Montfort bénit, le 21 juin 1710, une cloche qu'il nomma Anne-Marie, du nom de la marraine, Anne Rogier de Crévy, marquise de la Tullaye, et du parrain, qui n'était autre que lui-même. Au registre des signatures figurent les noms de Louis-Marie de Montfort, de Michel de la Gasselinais, le curé, d'Anne Rogier de Crévy, la marraine, puis des membres de la société de Notre-Dame des Coeurs : Mme veuve Dauvaise et sa fille Elisabeth, Prudence Fouchard, Marguerite Charrier, Mme Jean Faverolles.

Note 2 : Entre 1709 et 1711, Louis Marie Grignion de Montfort prend en charge la construction du Calvaire de Pontchâteau ("C'est la croix qui a racheté le monde, c'est la croix qui sauve les âmes".), annoncée durant sa mission à Pontchâteau au mois de mai 1709. D'après la tradition, le terrain d'abord choisi, se trouvait près de la chapelle de Sainte-Reine, sur la paroisse de Rochefort-en-Crévy. Le calvaire est édifié en août 1709. Mais par ordre du roi (décision influencée par Guischard de la Chauvelière, sénéchal du duc de Coislin), le Calvaire est démoli. En effet, dès le 7 septembre 1710, M. de Torcy notifie, de Marly à M. de Châteaurenault, l'ordre du roi. C'est M. de Lannion, lieutenant général de Nantes qui reçoit la pénible mission de présider à la démolition du Calvaire, mais, pris de remord, il se dérobe. L'exécution de la consigne est alors confiée à M. d'Espinose, commandant de la milice de Pontchâteau. L'oeuvre de reconstruction est reprise en 1747. En 1793, les "patriotes" essayent d'incendier le Calvaire après l'avoir saccagé. La seconde restauration du Calvaire est entreprise au début du XIXème siècle, en 1821, par M. Gouray, curé de Pontchâteau.

En 1711, le Père de Montfort est appelé par l'évêque de la Rochelle, Mgr Etienne de Champflour (ancien élève, comme Grignion de Montfort, de Saint-Sulpice, à Paris). Vers le début du carême 1711, Louis Marie Grignion de Montfort quitte le diocèse de Nantes pour se rendre à Garnache, au bord du marais vendéen (à noter que l'armée vendéenne se lèvera un siècle plus tard pour défendre sa foi, l'image du Sacré-Coeur sur la poitrine et le chapelet à la main). Sur la paroisse de Garnache, se trouvait une chapelle en ruines, dédiée autrefois à saint Léonard. Le missionnaire entreprend de la restaurer et la dote d'une statue de la Sainte Vierge qu'il appelle "Notre-Dame de la Victoire". Le 11 mai, il quitte, en compagnie du Frère Mathurin, Luçon pour gagner La Rochelle où l'évêque lui confie l'évangélisation de la ville. A la fin de l'année 1711 et au début de 1712, Louis Marie Grignion de Montfort prêche sans doute quelques missions dans les campagnes. C'est alors que Mgr de Lescure lui demande d'aller évangéliser l'île d'Yeu. La mission terminée, il se rend, vers Pâques, à Nantes, désireux d'encourager les oeuvres qu'il avait établies dans cette ville. En effet selon la promesse faite l'année précédente, Grignion de Montfort est à La Garnache le 5 mai 1712 pour bénir la chapelle Notre-Dame de la Victoire. Dès le soir de l'Ascension, Montfort ouvre une mission à Sallertaine, paroisse voisine, où il restaure une chapelle sous le vocable de Notre-Dame de Bon-Secours. D'autre part sur le terrain de la paroisse, un plateau avait autrefois servi de cimetière et dans ce lieu, cher encore à la piété des fidèles, Montfort souhaite reproduire quoique moins grandiose, le calvaire de Pontchâteau "L'emplacement était bien choisi. Dominant le bourg et terminé par un rocher abrupt, le monticule avait déjà de l'allure. Il suffirait de quelques terrassements pour l'aménager. Au bas, le Père creusa le Saint-Sépulcre. Au-dessus, on construisit la chapelle de Saint-Michel. Et au sommet, bien en vue, on planta la croix, dont les trois branches portaient un grand chapelet enchaîné à l'entour du Christ" (dit le P. Besnard). Mais, le gouverneur de La Rochelle, M. de Chamilly, malgré sa bienveillance à l'égard de Louis Marie Grignion de Montfort, se laisse circonvenir et ordonne la destruction du "prétendu fort" qui était en fait le Calvaire. Le 11 juin 1712, ignorant le repos, Louis Marie Grignion de Montfort prend la route de Saint-Christophe-du-Ligneron. En juillet 1712, le Père de Montfort est de retour à La Rochelle. Une personne pieuse lui fait don d'une pauvre demeure dans le quartier de Saint-Eloi : ce sera son ermitage. A plusieurs reprises il s'y retire dans l'intervalle de ses travaux apostoliques. Il y passe vraisemblablement une partie de l'automne de 1712, occupé à composer le célèbre "Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge". Dès le début de l'hiver, les missions l'appellent : les paroisses de Thairé (en octobre 1712), Saint-Vivien, Esnandes, Courçon (en janvier 1713), Beugnon, Bressuire, Argenton-Château, Séguinière (en mai 1713) l'entendent tour à tour.

Au début de 1713, Louis Marie Grignion de Montfort rédige la " Règle des missionnaires de la Compagnie de Marie", un engagement par vœu de pauvreté de chasteté et d'obéissance. Louis Marie Grignion de Montfort part ensuite, en juillet 1713, pour Paris afin de rencontrer les supérieurs de la communauté du Saint-Esprit. En effet au milieu de ses labeurs dans le diocèse de La Rochelle, l'homme de Dieu ne perd pas de vue le projet (dont il rêve et qui doit être l'oeuvre principale de sa vie) de fonder une société de missionnaires. Plusieurs élèves du séminaire du Saint-Esprit (situé jadis rue Neuve Sainte-Geneviève, appelé, aujourd'hui, rue Tournefort) suivront le Père Montfort et feront partie de la Compagnie de Marie (Jacques Le Vallois, MM. Vetel, Thomas, Hédan, Besnard, ...). A Paris, Grignion de Montfort reste missionnaire : son temps il l'emploie à l'apostolat, et dans ses visites, dans ses rencontres, il ne cesse de prêcher la Sainte Vierge, et surtout la dévotion au Rosaire. Fin août 1713, le Père Montfort s'éloigne de Paris où il avait passé deux mois. L'avenir de sa société de missionnaires semblait assuré.

A son retour de Paris, l'homme de Dieu traverse Poitiers où une autre famille spirituelle l'attend, les Filles de la Sagesse avec Marie Louise de Jésus et Catherine Brunet qu'il avait connues sept ans auparavant, à quelques jours près. Au mois d'août 1713, il atteint la paroisse de Mauzé, sur les confins du diocèse de La Rochelle.

Note 3 : Dès 1711, nous affirment ses biographes (dont l'historien Pauvert), le Père Louis Marie Grignion de Montfort publie un premier recueil (in-18 de 120 pages) : il s'agit d'un volume comprenant cinq fascicules différents qui peut se séparer : le premier traite des vertus chrétiennes, le deuxième et le troisième renferment des cantiques de mission, le quatrième des cantiques pour le Sacré-Coeur. Il met au point aussi une "Méthode pour convertir les protestants". C'est aussi à La Rochelle que le Père Montfort fait imprimer, chez Louis Bourdin, un ouvrage d'une vingtaine de pages : "Dispositions pour bien mourir". Ce dernier opuscule comprend quatre parties : - les dispositions, - les oraisons pour l'Extrême-Onction, - les sept paroles de Jésus en croix, - le testament spirituel.

Dans les premiers mois de 1714, Louis Marie Grignion de Montfort parcourt, en conquérant spirituel, les paroisses de l'île d'Oléron, de Saint-Christophe, Vérines, Saint-Médard, Le Gué-d'Alléré, Saint-Sauveur, Nuaillé, La Jarrie, Croix-Chapeau, Marennes, "répondant partout la semence de la divine parole qu'il arrosait de ses sueurs et qu'ils cultivait par ses exemples, et qui croissait toujours plus à l'ombre de la croix" (dit le P. Besnard). Au mois de mai 1714, en route pour un voyage à Rouen, le bon Père Grignion de Montfort s'arrête à Roussay (non loin de de La Séguinière), à Rennes, à Avranches, à Saint-Lô, à Caen (en septembre 1714). Le long voyage en Normandie occupe les quatre mois de l'été de 1714.

A son retour, Louis Maris Grignion de Montfort passe à Rennes, à Aigrefeuille et à Nantes. Ce n'est guère avant novembre 1714 que le Père Grignion de Montfort regagne La Rochelle. Au début de l'hiver, il reprend ses courses apostoliques et évangélise successivement Loiré, Le Breuil-Magné, l'île d'Aix, Saint-Laurent-de-la-Prè et Fouras. Après avoir prêché la mission de Taugon-la-Ronde, en mars 1715, et installé les Filles de la Sagesse à La Rochelle, Louis Marie Grignion de Montfort remonte dans le bocage vendéen, au mois d'avril 1715. A part quelques échappées à Nantes et à La Rochelle pour consolider ses oeuvres diverses, c'est là qu'il va travailler jusqu'à la fin de sa vie. Le 19 avril 1715, il ouvre une mission à Saint-Amand-sur-Sèvre. Il rédige aussi la "Règle des Filles de la Sagesse" au mois de juillet 1715 (approuvées par Mgr de Champflour, le 1er août 1715). Il est à Fontenay, le dimanche 25 août 1715. Un autre ermitage du Père Louis Marie Grignion de Montfort est la grotte de Mervent où il séjourne à trois époques assez rapprochées, en juin, en septembre, et en octobre 1715. Entre temps, il se met à prêcher les missions de Mervent, de Fontenay-le-Comte et de Vouvant. C'est à Saint-Pompain vraisemblablement que le serviteur de Dieu apprend la mort de son père, Jean Baptiste Grignion, décédé le 21 janvier 1716, à Couascavre, près de l'Abbaye-en-Breteil, à l'âge de 69 ans. Une mission se déroule au mois de février 1716 à Villiers-en-Plaine.

Note 4 : le missionnaire apostolique, envoyé par Clément XI à travers la France, s'emploie, en vrai fils de l'Evangile, à prêcher les "grandes vérités" : son programme de sermons, précieusement conservé parmi ses manuscrits, en fournit la preuve. Cependant, il se plait, dans ses instructions de piété, à propager la dévotion du Rosaire. Il emporte de Bretagne la coutume d'expliquer l'enseignement religieux à l'aide de tableaux. Il en possède quinze, sous forme de bannières ou d'étendards, qui représente les mystères du rosaire. Une des oeuvres les plus fructueuses de Grignion de Montfort à La Rochelle, est l'établissement des "écoles charitables", car "tout ce qui était faible attirait les tendresses de son coeur : les pauvres, les malades, les enfants" : la principale occupation de M. de Grignion est d'établir au cours de ses missions des écoles chrétiennes pour les garçons et pour les filles (une des règles fondamentales est la gratuité absolue). Parmi les âmes religieuses qui lui sont chères, la première place revient à l'ancienne petite préférée de la famille Grignion, Louise-Guyonne, devenue Soeur Catherine de Saint-Bernard, chez les Bénédictines de Rambervillers.

Il prêche sa dernière retraite à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée) le 5 avril 1716. C'est là qu'il rend l'âme le 28 avril 1716 (suite à une pleurésie aiguë), à l'âge de 43 ans, et qu'il est enterré le 29 avril 1716 ("On l'inhuma, dit le P. Besnard, dans la chapelle de la Sainte Vierge, à main gauche, proche de la balustrade"). Sur son tombeau sont gravées deux épitaphes : l'une brève, en français, envoyée par M. Barrin, vicaire général de Nantes, l'autre assez longue en latin est attribuée à M. Jean Baptiste Blain ou au marquis de Magnannes, des amis intimes de Louis Marie Grignion de Montfort. L'épitaphe en français, envoyé par M. Barrin, est ainsi conçue : "Ici repose le corps de M. Louis Marie Grignion de Montfort, excellent missionnaire, dont la vie a été innocente, dont la pénitence a été admirable, dont les discours remplis de la grâce du Saint-Esprit ont converti un nombre infini d'hérétiques et de pêcheurs, dont le zèle pour l'honneur de la Très Sainte Vierge et l'établissement du Saint Rosaire a persévéré jusqu'au dernier jour de sa vie. Il est mort en faisant la mission dans cette paroisse, le 28 avril 1716. Pour gage de sa tendresse, Messire Barrin, chantre, chanoine dignitaire et grand vicaire de la cathédrale de Nantes". Voici l'épitaphe latine, gravée sur la table de marbre noir qui recouvre le tombeau du saint : "- Quid cernis, viator? Lumen obscurum, Virum caritatis igne consumptum, - Omnibus omnia factum, Ludovicum Mariam Grignion de Montfort. Si vitam petis, nulla integrior, - Si poenitentiam, nulla austerior, Si zelum, nullus ardentior, Si pietatem in Mariam, Nullus Bernado similior. - Sacerdos Christi, Christum moribus expressit. Verbis ubique docuit, Indefessus nonnist in feretro recubuit. - Pauperum pater, Orphanorum patronus, Peccatorum reconciliator, Mors gloriosa vitae similis, Ut vixerat devixit. Ad coelum Deo maturus evolavit. - Anno Domini MDCCXVI obiit, XLIII aetatis suae" ("- Que regardes-tu, passant ? Un flambeau éteint, Un homme que le feu de la charité a consumé, Qui s'est fait tout à tous, Louis Marie Grignion de Montfort. Si tu t'informes de sa vie, aucune n'a été plus pure, - De sa pénitence, aucune plus austère, De son zèle, aucun plus ardent, De sa dévotion envers Marie, Personne n'a mieux ressemblé à saint Bernard. - Prêtre du Christ, sa vie a retracé celle du Christ, Sa parole a prêché partout le Christ, Infatigable, il ne s'est reposé que dans le cercueil. - Il a été le père des pauvres, Le défenseur de l'orphelin, Le réconciliateur des pêcheurs, Sa glorieuse mort a ressemblé à sa vie, Comme il avait vécu, il cessa de vivre. Mûr pour Dieu il s'est envolé pour le ciel. - Il mourut en l'an du Seigneur 1716, A l'âge de 43 ans").

L'église béatifie Louis Marie Grignion de Montfort le 22 janvier 1888 et Pie XII le déclare saint en 1947. A noter que le procès de canonisation s'est terminé, le 11 janvier 1942.

Saint Montfort est reconnu aujourd'hui comme fondateur de trois congrégations religieuses : les Pères Missionnaires Montfortains appelée à l'origine "Compagnie de Marie", les Filles de la Sagesse et les Frères Saint-Gabriel.

Note 5 : la Compagnie de Marie : Louis Marie Grignion de Montfort savait profiter des circonstances providentielles pour inviter les âmes à le suivre. Il décida le Frère Mathurin, son premier disciple, à l'aider dans ses missions. Il pourra inscrire dans son testament quatre autres noms de Frères : Nicolas, Philippe, Louis et Gabriel, qui formaient le premier noyau de sa famille religieuse. Trois autres coadjuteurs qui le suivaient, Mathurin, Jacques et Jean, n'étaient liés par aucun voeu. Au jour de sa mort, le serviteur de Dieu avait auprès de lui, comme missionnaires, deux disciples qui ne faisaient que commencer leur formation religieuse : le premier est Adrien Vatel, du diocèse de Coutances, et le deuxième est René Mulot, frère du curé-prieur de Saint-Pompain, né à Fontenay-le-Comte, et appartenant au diocèse de La Rochelle.

Note 6 : les Filles de la Sagesse : La famille Trichet, famille de huit enfants profondément chrétienne, était établie à Poitiers. Le chef de famille était procureur au siège présidial de la ville. L'aîné des garçons, Alexis, sera le fils spirituel de Grignion de Montfort. A l'époque où l'abbé Grignion commença son ministère à l'hôpital de Poitiers, Marie Louise Trichet avait 17 ans. La pieuse fille aspirait à la vie religieuse. Louis Marie Grignion de Montfort, son confesseur, fit confectionner à Mlle Trichet, un habit très simple et modeste, de couleur gris cendré. Il le bénit, et, assisté d'un prêtre, il en revêtit Mlle Trichet en disant : "Tenez, ma fille, prenez cet habit : il vous gardera et vous sera d'un grand secours contre toutes sortes de tentations. Vous portez le nom de Marie-Louise , ajoutez-y celui de Jésus que vous choisissez aujourd'hui comme votre unique partage. C'est ainsi que vous vous appellerez désormais". Cette vêture eut lieu le 2 février 1703 et Marie LouiseTrichet avait dix-neuf ans. C'étaient les prémices de sa congrégation que le fondateur voulait offrir à Dieu par Marie, en souvenir de l'offrande de la Sagesse éternelle, faite par la Sainte Vierge au Temple de Jérusalem. Avec Marie Louise de Jésus, Catherine Brunet faisait partie, à l'hôpital de Poitiers, de cette association de piété composée d'infirmes, et que Grignion de Montfort avait nommé "la Sagesse". Catherine Brunet ne recevra l'habit religieux que bien des années après, des mains de M. Dubois, aumônier, délégué à cet effet par le fondateur, et prendra le nom de Soeur de la Conception. C'est finalement Marie Louise de Jésus que Dieu choisit pour être à la tête de cette communauté naissante. Marie Louise de Jésus meure le 28 avril 1759, au lieu, au mois, à l'heure où Grignion de Montfort avait expiré. Les filles de la Sagesse se multiplièrent jusqu'à devenir une importante congrégation de l'Eglise du Christ.

Note 7 : La Communauté du Saint-Esprit : Les frères montfortains de Saint-Gabriel, que l'on appelle aussi plus simplement les Frères de Saint-Gabriel, se rattachent par leurs origines à Louis-Marie Grignion de Montfort. Le siège de son gouvernement est à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée) où Louis Marie Grignion de Montfort mourut et fut inhumé. Le septième supérieur est le père Gabriel Deshayes (1767-1841). Il entre dans la compagnie de Marie à 53 ans. Au XIXème siècle, la congrégation des frères va se développer sous l’impulsion du Père Gabriel Deshayes qui ouvre des écoles pour les sourds et les aveugles. Les pères se multiplient et plus encore les frères, qu'il décide de diviser en deux groupes. Les uns restent avec les pères et sont leurs auxiliaires pour des tâches temporelles ou pastorales. Les autres, plus nombreux, sont destinés à l'enseignement. La maison principale que leur donne Gabriel Deshayes à Saint-Laurent-sur-Sèvre est appelée Saint-Gabriel en son honneur, et l'on prend vite l'habitude d'appeler ses habitants "Frères de Saint-Gabriel". Ce nom, qui remplace le premier, "Frères du Saint-Esprit", deviendra officiel quand les frères seront autorisés à enseigner par toute la France par un décret de l'empereur Napoléon III, le 3 mars 1853. La mission des frères de Saint-Gabriel est principalement l’éducation chrétienne des enfants et des jeunes. Au XXème siècle les frères se sont établis dans une trentaine de pays. Aujourd’hui ils sont particulièrement présents en Asie (Inde…) et en Afrique.

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Le message de Grignion de Montfort aux prêtres du XXIe s., par le cardinal Dias

« La nouvelle évangélisation, grand défi du nouveau millénaire »

ROME, Lundi 28 mai 2007 (ZENIT.org) – « Saint Louis Marie Grignion de Montfort nous montre comment connaître, aimer, et servir Notre Seigneur en ayant Marie comme mère, modèle, et guide », affirme le cardinal Ivan Dias, qui a présenté ce « raccourci » pour la sainteté des prêtres du XXIe s.

Le « Traité sur la vraie dévotion à Marie », écrit par Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716) début 1700, bien qu’il soit adressé à tous les chrétiens en général, peut être appliqué de manière particulière aux prêtres, pour qu’ils « soient saints » selon le désir exprimé par le pape Jean-Paul II, et qu’ils soient prêtres « selon le Sacré Cœur de Jésus », a affirmé le cardinal Ivan Dias, préfet de la congrégation pour l’Evangélisation des peuples, qui soulignait l’importance du « Traité » dans sa vie sacerdotale, au cours d’une intervention à Dublin, le 24 mai, dans le cadre d’un séminaire sur « La nouvelle évangélisation : prêtres et laïcs - Le grand défi du nouveau millénaire ».

Le cardinal Dias a confié que dans le petit volume providentiellement acquis dans une librairie de Bombay, il a connu le secret que Saint Louis Marie Grignion de Montfort révélait, « un raccourci pour la sainteté » : « le secret est Marie, le chef d’œuvre de la création de Dieu. Louis de Montfort nous montre comment connaître, aimer, et servir Notre Seigneur avec Marie pour mère, modèle et guide. Ce livre est un trésor inestimable ». Dans le Traité, dont la lecture a été recommandée par de nombreux pontifes, Saint Louis Marie Grignion de Montfort « présente une image vivante de la Bienheureuse Vierge Marie très importante dans son rapport avec les prêtres ».

Le préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des peuples a réfléchi à partir des trois principales dimensions de la vocation sacerdotale : un appel à la sainteté, un appel au service, un appel au combat spirituel. « Saint Louis-Marie nous enseigne comment Marie peut assumer un rôle essentiel dans chacun d’eux » a dit le cardinal. La sainteté consiste à aimer Dieu par-dessus tout de tout notre cœur, de toute notre âme, et de tout notre esprit. Pour atteindre cet objectif, Grignion de Montfort invite à se consacrer complètement à Jésus à travers Marie, dans un « esclavage d’amour ». Un esclavage qui certainement ne dégrade pas la personne humaine, mais l’ennoblit et élève la dignité humaine ».

La Vierge Marie constitue un exemple à suivre : « Elle s’est remise totalement à Dieu comme sa créature sans rien garder pour elle-même. Son existence entière a été tournée uniquement vers Dieu. De cette façon la Bienheureuse Vierge Marie nous enseigne à nous prêtres à nous garder de nous mettre sur un piédestal ou à prendre pour nous-même la gloire due seulement à Dieu. Un prêtre doit constamment se rappeler à soi-même que sa vocation sacerdotale est un don libre à Dieu, non à cause de mérites personnels, de talents, ou d’objectifs atteints, mais pour sa sanctification et pour construire le peuple de Dieu ».

Concernant le thème de l’humble service de l’amour qui caractérise la vocation sacerdotale, le cardinal Dias a rappelé qu’à l’école de spiritualité de Montfort, « un prêtre qui se consacre comme esclave de l’amour ne peut jamais considérer comme sa propriété personnelle aucune chose qu’il possède : sa position et ses talents, ses biens matériels, les personnes confiées à ses soins pastoraux. Toute chose lui a été donnée seulement pour être administrée ». Quand l’Archange Gabriel s’est éloigné de Marie après l’Annonciation, Marie ne s’est pas complu de la nouvelle dignité dont elle avait été investie, d’être la Mère de Dieu, « mais alla en hâte aider sa cousine Elisabeth qui, à un âge avancé, attendait un enfant ». Aux noces de Cana, tandis que tous festoyaient pendant le banquet, Marie s’aperçut des jarres de vin qui étaient vides et convainquit Jésus d’accomplir son premier miracle.

« Pour Marie, être créature du Seigneur signifie sortir et aller à la rencontre des besoins des autres, et elle continue à faire cela aujourd’hui encore, de son trône du ciel. Marie nous enseigne… à mettre notre temps et nos talents au service de Dieu et de notre prochain ». Le cardinal a ensuite cité plusieurs épisodes évangéliques de la vie du Christ, liés au service, qui constituent un exemple valable pour le déroulement du ministère sacerdotal.

La troisième considération du cardinal Dias, liée à la vocation sacerdotale, concerne le combat spirituel. La lutte contre le mal a commencé dans le jardin d’Eden, au début de l’histoire humaine. Déjà Dieu voulut que Marie entrât en scène et y restât jusqu’à la fin des temps. Dans les plus de deux mille ans de l’histoire de l’Eglise, le combat entre les forces du bien et du mal s’est déroulé avec une intensité variable, dans l’Eglise en général et chez les individus. Les saints en particulier ont expérimenté cet affrontement plus pleinement, par des persécutions, des souffrances, des difficultés de tout genre. « De nombreuses personnes, y compris les prêtres, préfèrent vivre une vie médiocre pour ne pas être assaillis par Lucifer et par ses démons - a affirmé le Cardinal Dias. Montfort compris très vite cette bataille, et lui-même eut beaucoup à souffrir à cause des astuces du Malin ». L’antidote à toutes les tentations du Malin (richesse, succès, pouvoir) est la pauvreté d’esprit, qui signifie détachement de tout ce qui nous éloigne de Dieu, et surtout l’humilité, qui intériorise le cœur de Dieu et le fait regarder vers les pauvres et les humbles. C’est précisément ce que Montfort propose dans la consécration à Jésus à travers Marie, affirmait le cardinal préfet.

Le cardinal Dias a ensuite rappelé les apparitions de la Vierge à Sainte Catherine Labouré et la signification de la Médaille miraculeuse, en qui la Vierge est représentée en train d’écraser avec le pied la tête du serpent, le diable. « La plus grande humiliation de Lucifer - a affirmé le cardinal, est d’être écrasé par la Bienheureuse Vierge Marie, un être purement humain appartenant à une catégorie inférieure à celle des anges : Elle l’a écrasé non seulement parce qu’elle est la Mère de Dieu, mais à cause de son humilité, qui est le coup de marteau avec lequel elle a écrasé l’orgueil invétéré de Lucifer ».

Le Cardinal Dias a conclu son intervention en rappelant qu’à l’époque où nous vivons, l’appel sublime au sacerdoce implique de devenir « des hommes de Dieu et des hommes pour les autres », et « dans le Traité sur la vraie dévotion à Marie nous avons un secret qui peut nous aider nous prêtres à porter en avant de façon efficace ces défis de notre vocation sacerdotale, de sorte qu’ils soient bien acceptés aux yeux de Dieu. Le secret est Marie, à travers qui Saint Louis Marie Grignion de Montfort nous appelle à nous consacrer comme esclaves de l’amour de Jésus ».

SOURCE : http://www.zenit.org/article-15468?l=french

AUDIENCE DE JEAN PAUL II



AUX PARTICIPANTS



AU 8ème COLLOQUE INTERNATIONAL DE MARIOLOGIE



Vendredi 13 octobre 2000


Très chers frères et soeurs !

1. Je suis heureux de vous accueillir aujourd'hui, à l'occasion du huitième Colloque international de Mariologie sur le thème "Saint Louis-Marie Grignion de Montfort: spiritualité trinitaire en communion avec Marie". Je vous salue tous avec affection: les organisateurs, les rapporteurs, les participants. J'adresse un remerciement particulier à Mgr François Garnier, Evêque de Luçon, pour les expressions chaleureuses à travers lesquelles il a interprété les sentiments communs.

La rencontre d'aujourd'hui rappelle à la mémoire celle qui eut lieu ici à Rome, en 1706, entre mon vénéré prédécesseur Clément XI et le missionnaire breton, Grignion de Montfort, venu demander au Successeur de Pierre la lumière et le réconfort pour le chemin apostolique qu'il avait entrepris. Je repense également avec gratitude au pèlerinage que la Providence m'a donné d'accomplir sur la tombe de ce grand saint à Saint-Laurent-sur-Sèvre, le 19 septembre 1996.

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort constitue pour moi une figure de référence significative, qui m'a illuminé dans les moments importants de la vie. Alors que j'étais séminariste clandestin et que je travaillais à l'usine Solvay à Cracovie, mon directeur spirituel me conseilla de méditer sur le Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge. J'ai lu et relu plusieurs fois avec un grand intérêt spirituel ce précieux petit livre ascétique, dont la couverture bleue s'était tachée de soude. En plaçant la Mère du Christ en relation avec le mystère trinitaire, Monfort m'a aidé à comprendre que la Vierge appartient au plan du salut par la volonté du Père, en tant que Mère du Verbe incarné, qu'Elle a conçu par l'oeuvre de l'Esprit Saint. Chaque intervention de Marie dans l'oeuvre de la régénération des fidèles ne se met pas en concurrence avec le Christ, mais dérive de lui et est à son service. L'action que Marie accomplit sur le plan du salut est toujours christocentrique, c'est-à-dire qu'elle fait directement référence à une médiation qui a lieu dans le Christ. Je compris alors que je ne pouvais pas exclure la Mère du Seigneur de ma vie sans désobéir à la volonté de Dieu-Trinité, qui a voulu "commencer et accomplir" les grands mystères de l'histoire du salut avec la collaboration responsable et fidèle de l'humble Servante de Nazareth.

Je rends à présent également grâce au Seigneur pour avoir fait l'expérience de ce que vous avez, vous aussi, eu la possibilité d'approfondir au cours de ce colloque, à savoir que l'accueil de Marie dans la vie en Christ et dans l'Esprit introduit le croyant au coeur même du mystère trinitaire.

2. Très chers frères et soeurs, au cours de votre Symposium, vous vous êtes arrêtés sur la spiritualité trinitaire en communion avec Marie: un aspect qui est caractéristique de l'enseignement de Montfort.

En effet, il ne propose pas une théologie sans influence dans la vie concrète, ni même un christianisme "par procuration", sans assumer personnellement les engagements dérivant du Baptême. Au contraire, il invite à une spiritualité vécue intensément; il encourage à un don de soi au Christ, décidé librement et en conscience, et, à travers Lui, à l'Esprit Saint et au Père. Sous cette lumière, on comprend comment la référence à Marie rend parfait le renouveau des promesses baptismales, car c'est précisément Marie la créature la "plus conforme à Jésus-Christ" (Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, n. 121).

Oui, toute la spiritualité christocentrique et mariale enseignée par Mont-fort dérive de la Trinité et conduit à celle-ci. A ce propos, on est frappé par son insistance sur l'action des trois Personnes divines à l'égard de Marie. Dieu le Père "a donné son unique Fils au monde seulement à travers Marie" et "il désire avoir des enfants à travers Marie jusqu'à la fin du monde" (Ibid., nn. 16 et 29). Dieu le Fils "s'est fait homme pour notre salut, mais en Marie et à travers Marie" et "il désire se former et pour ainsi dire s'incarner chaque jour à travers sa chère mère dans ses membres" (Ibid., nn. 16 et 31). Dieu Esprit Saint "a communiqué à Marie, sa fidèle Epouse, ses dons ineffables" et "il désire former en Elle et à travers Elle des élus" (Ibid., nn. 25 et 34).

3. Marie apparaît donc comme un espace d'amour et d'action de la Personne de la Trinité, et Montfort la présente dans une perspective relationnelle: "Marie est totalement relative à Dieu et je l'appellerai volontiers la relation à Dieu, qui existe seulement en relation à Dieu" (Ibid., n. 225). C'est pourquoi la Toute Sainte conduit à la Trinité. En lui répétant chaque jour "Totus tuus" et en vivant en harmonie avec Elle, on peut parvenir à l'expérience du Père dans la confiance et dans l'amour sans limite (cf. Ibid., nn. 169 et 215), à la docilité à l'Esprit Saint (cf. Ibid., n. 258) et à la transformation de soi selon l'image du Christ (cf. Ibid., nn. 218-221).

Il arrive parfois que dans la catéchèse et également dans les exercices spirituels, on considère de façon implicite "la note trinitaire et christologique, qui est intrinsèque et essentielle en ceux-ci" (Exhort. apost. Marialis cultus, n. 25). Dans la vision de Grignion de Montfort, en revanche, la foi trinitaire imprègne entièrement les prières adressées à Marie: "Je te salue, Marie, Fille très aimable du Père éternel, Mère admirable du Fils, Epouse très fidèle de l'Esprit Saint, auguste temple de la Très Sainte Trinité" (Méthodes pour réciter le Rosaire, n. 15). De même, dans la Prière enflammée, adressée aux trois Personnes divines et tournée vers les derniers temps de l'Eglise, Marie est contemplée comme la "montagne de Dieu" (n. 25), lieu de sainteté qui élève vers Dieu et transforme dans le Christ.

Que chaque chrétien puisse faire sienne la doxologie que Montfort place sur les lèvres de Marie dans le Magnificat: "Adorons et bénissons / notre unique et vrai Dieu! / Que l'univers retentisse et que l'on chante en chaque lieu: / Gloire au Père éternel, / gloire au Verbe adorable! / La même gloire à l'Esprit Saint / qui avec son amour les unit en un lien ineffable" (Cantique, 85, 6).

En implorant sur chacun de vous l'assistance permanente de la Sainte Vierge, afin que vous puissiez vivre votre vocation en communion avec Elle, notre Mère et notre modèle, je vous donne de tout coeur une Bénédiction apostolique spéciale.


Saint Louis-Marie Grignon de Montfort (1673 – 1716)

Aîné des dix-huit enfants d'un avocat breton, Louis naît à Montfort près de Rennes. A 9 ans, il entre au séminaire Saint-Sulpice de Paris. Prêtre en 1700, il devient aumônier de l'hôpital de Poitiers. Il partage la table des pauvres malades et regroupe les jeunes filles désireuses de servir les pauvres. Parmi elles, Marie-Louise Trichet, fille d'un haut magistrat qui, lui, ne l'entend pas de cette oreille. Les réformes de Louis-Marie indisposent la bourgeoisie de la ville qui le congédie de l'hôpital. Mais les missions attirent Louis-Marie. Il se rend à Rome pour demander d'être envoyé au loin. Le Pape l'envoie en France comme prédicateur des missions paroissiales. Là encore il déchaîne l'enthousiasme des uns et la colère des autres :"Monsieur de Montfort est fou." Entièrement voué à la Mère de Dieu, il écrit "l'Amour de la Sagesse éternelle" et surtout "le Traité de la vraie dévotion à Marie." Il mène les foules à Jésus par Marie. Vient le temps des fondations. Les jeunes filles de l'hôpital de Poitiers deviennent l'œuvre des "Filles de la Sagesse". Il rêva aussi d'une petite compagnie de prêtres pour les missions populaires : les Missionnaires de la "Compagnie de Marie" qui ne verront le jour qu'après sa mort.


Saint Louis-Marie GRIGNION DE MONTFORT

Nom: GRIGNION DE MONTFORT

Prénom: Louis-Marie

Nom de religion: Louis-Marie

Pays: France

Naissance: 1673 à Montfort-sur-Meu (Diocèse de S.Malo, actuellement de Rennes)

Mort: 28.04.1716 à Saint-Laurent-sur-Sèvres

Etat: Prêtre - Religieux - Fondateur

Note: Elève des Jésuites, puis de S.Sulpice - Prêtre le 05.06.1700 - Grand missionnaire de l'Ouest de la France - Fondateur des "Filles de la Sagesse" (02.02.1703), de la "Compagnie de Marie " (Pères Monfortains - 1712) et (au moins inspirateur) des "Frères de Saint-Gabriel".


Béatification: 22.01.1888 à Rome par Léon XIII

Canonisation: 20.07.1947 à Rome par Pie XII

Fête: 28 avril


Réf. dans l’Osservatore Romano:

Réf. dans la Documentation Catholique: 1947 col. 1301.1423-1431

Notice brève

Né à Montfort-sur-Meu, près de Rennes, en 1673, d'une famille nombreuse et pauvre, Louis-Marie Grignion entra au séminaire de Saint-Sulpice, près de Paris, dans la section réservée aux pauvres. Dès le début de son ministère sacerdotal et missionnaire dans l'Ouest, il est entravé dans ses initiatives apostoliques hardies. Il entreprend alors un pèlerinage à pied jusqu'à Rome où Clément XI lui confère le titre de "missionnaire apostolique", et lui donne le crucifix. Fort de cet appui, il continue sa vie itinérante consacrée aux missions populaires en Bretagne, au Poitou et notamment en Vendée. Il fait réciter le rosaire et prêche "la vraie dévotion à la sainte Vierge", son "secret" consistant à se donner "tout entier en esclave d'amour à Jésus par Marie". Amant de la Croix et personnalité hors série, il rencontre incompréhensions et contradictions, même de la part d'évêques, à qui cependant il reste toujours obéissant; mais rien ne saurait arrêter cette âme sacerdotale au cœur "embrasé", ce "apôtre marial des derniers temps". Il meurt à 43 ans, le 28 avril 1716, au cours d'une dernière mission, à. Il est le fondateur de la Congrégation des Missionnaires de la Sagesse - ou Montfortains - et de celle des Filles de la Sagesse. Les Frères de Saint Gabriel se réclament également de lui.

Notice développée

Louis GRIGNION naît le 31 janvier 1673 à Montfort-sur-Meu (ou Montfort-la-Cane), petite ville à l'ouest de Rennes qui faisait partie à l'époque du diocèse de Saint-Malo (aujourd'hui de Rennes) en France. Il est baptisé le lendemain, 1er février. Son père, Jean-Baptiste Grignion, peu fortuné, est cependant de famille honorable, avocat au bailliage de Montfort. L'enfant est mis en nourrice chez une fermière; néanmoins sa mère, Jeanne Robert, tient à lui inculquer elle-même les premiers éléments de la piété. Des enfants qui survivront, Louis est l'aîné; il a six sœurs et deux frères. Deux de ses sœurs seront moniales et un frère, Dominicain. Il passe ses années d'enfance à Iffendic à quelques kilomètres de Montfort où son père a acheté une ferme appelée "Le Bois Marquer". Ecolier, il fréquente d'abord l'école de Montfort, puis, à douze ans, il va au collège des Jésuites de Rennes. Excellent élève, très pieux, spécialement envers la Sainte Vierge, il ajoute le nom de Marie au sien à l'occasion de sa confirmation: Déjà il se dévoue pour les pauvres et les malades. Par humilité, le jeune homme laisse son nom de Grignion pour s'appeler désormais Louis-Marie de Montfort. Ayant la vocation sacerdotale, il poursuit dans le même collège des études de philosophie et de théologie; puis grâce à une bienfaitrice, il peut envisager de monter à Paris pour entrer au séminaire en 1693. Il commence par refuser le cheval qu'on lui propose pour le voyage ; il ira à pieds. Sa mère lui donne un habit neuf et son père, dix écus. Mais il a tôt fait de tout distribuer ; il change ses habits pour ceux d'un pauvre et donne son argent, et c'est dans un accoutrement de mendiant qu'il arrive à Paris, à la stupéfaction de celle qui l'accueille. Du coup, celle-ci ne le fait pas entrer directement au séminaire mais l'oriente vers un stage pour le former aux usages ecclésiastiques. Une disette qui survient à Paris à la fin de cette même année 1693 oblige sa bienfaitrice à cesser le paiement de sa pension. Bientôt une maladie grave, occasionnée par la pauvreté du régime et l'accablement du travail, le conduisent à l'hôpital où son affaiblissement, aggravé par une sévère saignée, n'arrive pas à avoir raison de sa vie: il guérit selon sa prédiction. Vu sa valeur, on l'admet au "petit Saint-Sulpice" le séminaire des pauvres, en juillet 1695. Il y reste cinq ans. En tant que bibliothécaire, il dévore les Pères de l'Église, s'intéressant spécialement à tout ce qui concerne la Vierge Marie. En aucun d'eux il ne trouve – du moins explicitement – la doctrine qu'il dévoilera ensuite comme un "secret": le "saint Esclavage " de Jésus en Marie.

Il est ordonné prêtre le 5 juin 1700. Son premier ministère est à Nantes, dans la communauté saint Clément: Ce sont des prêtres qui prêchent des missions paroissiales, ce qui devrait lui convenir, mais secrètement, il se sent gêné par certains d'entre eux qui sont jansénistes. Il se rend à Poitiers à l'Hôpital Général, maison mal tenue où l'on cache les malades au public. Il s'emploie généreusement à le réformer et fait la connaissance de 2 Marie-Louise Trichet (béatifiée en 1993). Là, avec elle et de pauvres filles infirmes animées d'un esprit d'humilité et de sacrifice, il fonde les "Sœurs de la Sagesse", le 2 février 1703. Mais son action réformatrice lui vaut des inimitiés. A Pâques de la même année, il se rend à Paris à l'Hôpital de la Salpêtrière jadis fondé par saint Vincent de Paul. Là aussi, rejeté, il va loger en solitaire dans la rue du Pot de Fer, logis très pauvre où il reste près d'un an. Il met à profit cette solitude pour méditer et prier. C'est probablement à cette époque qu'il écrit "L'amour de la Sagesse éternelle". L'archevêque de Paris, informé de sa sainteté, lui confie la mission délicate de réformer les ermites du Mont-Valérien. Mais à Poitiers, les pauvres ne l'ont pas oublié et le rappellent. Revenu dans cette ville au début du carême 1706, on lui signifie à nouveau son congé. Quittant donc l'hôpital, il se met à prêcher des missions dans la ville et aux environs. Dieu lui envoie un auxiliaire dans la personne d'un jeune homme qui s'attache à lui et qui, sous le nom de Frère Mathurin, fera le catéchisme pendant cinquante ans dans les missions avec lui et ses successeurs. L'une des premières missions du Père se déroule dans le faubourg misérable de Montbernage. Il y utilise plusieurs des procédés qui caractériseront beaucoup de ses missions ultérieures: invitation à renouveler les promesses du baptême, processions, liturgies vivantes, drames liturgiques de la Passion. Il a demandé -et obtenu- le don de toucher les cœurs. Avant même de parler, il tire son grand crucifix, le montre à l'assistance avec une telle flamme dans le regard que tout le monde se prend à frémir et à crier miséricorde. Mais ses succès suscitent probablement la jalousie; en tous cas, il se voit interdire de prêcher dans le diocèse de Poitiers. Que va-t-il faire? Il songe à se faire missionnaire au Canada pour y souffrir et mourir en martyr. Il fait à pieds le pèlerinage de Rome pour demander l'avis du Saint-Père, le pape Clément XI. Celui-ci lui répond qu'il y a assez de bien à faire dans son pays et, pour lui marquer officiellement sa bienveillance, il lui donne un crucifix et lui confère le titre de "missionnaire apostolique". A son retour, il fait une retraite au Mont Saint-Michel et s'affilie à un groupe de missionnaires bretons (1707). A sa prédication il joint la charité, créant par exemple une soupe populaire à Dinan. Mais dans la contrainte d'un groupe, il ne peut donner toute sa mesure. Il part pour Nantes où s'ouvre pour lui un plus vaste champ d'apostolat. Pendant deux ans, il prêche dans la région avec grand succès. C'est là qu'on commence à l'appeler "le bon Père de Montfort". Il veille à prolonger le bon effet de ses missions en fondant des confraternités et associations. (Il demande notamment qu'on reste fidèle à son Rosaire. Il écrira, pour le dire, une méthode encore utilisée de nos jours). Comme souvenir tangible des missions, il érige aussi des calvaires, notamment le calvaire géant de Pontchâteau avec l'aide d'une foule de volontaires enthousiastes, mais la veille de la bénédiction, l'évêque lui fait transmettre l'ordre royal de le démolir, des ennemis de Montfort ayant suggéré à Louis XIV que ce site pourrait servir de forteresse aux Anglais (!). D'une seule traite, Montfort se rend à pieds à Nantes (50 km.) pour supplier l'évêque de rapporter cet ordre. En vain. Il revient de nuit et, le lendemain, il déclare à la foule décontenancée (comme il l'avait fait naguère à Poitiers dans une occasion similaire) : "Plantons la croix dans nos cœurs, elle y sera mieux placée que partout ailleurs". (Inutile de dire que les mêmes paysans, réquisitionnés pour la démolition du tertre, se sentaient des membres de plomb!) De Nantes, Montfort écrit la: " Lettre aux amis de la Croix ".

Puisqu'il est gêné à Nantes, l'évêque de La Rochelle, Mgr de Champflour, l'invite à prêcher dans son diocèse. Il travaille avec succès dans ce "boulevard du protestantisme" ainsi que dans ce qu'on appellera plus tard "la Vendée militaire". Puis il retourne à Poitiers, car les dix années assignées comme terme au long noviciat de la fondatrice Sœur Marie-Louise de Jésus (Trichet) et de sa compagne Catherine Brunet se sont écoulées. Sur son chemin, il guérit une dame qui donnera plus tard aux Sœurs de la Sagesse leur 1ère maison de Saint-Laurent-sur-Sèvre. Séjour bref à Poitiers car la colère des jansénistes se réveille et il doit partir. Il écrit le merveilleux et exigeant opuscule: "Le secret de Marie", puis d'une façon plus développée, de sa belle écriture grande et régulière : le "Traité de la vraie dévotion à la sainte Vierge" (titre donné ultérieurement). Il cherche à fonder une "Compagnie" de prêtres à l'esprit marial, enflammés de zèle comme lui, mais il ne trouve pas d'adeptes. Parfois, il se retire dans une grotte de la forêt (Mervent) ou dans l’ "ermitage Saint-Éloi" donné par les gens de La Rochelle. C'est là qu'il jette les linéaments de la règle pour ses prêtres missionnaires. Deux prêtres s'étant présentés à lui, il fonde la "Compagnie de Marie" ou "Missionnaires de Marie" (Montfortains) en 1712. De même, un certain nombre de laïcs appelés "frères du Saint-Esprit" l'aident dans sa tâche : première ébauche des "Frères de Saint-Gabriel" qui se réclament de lui (mais qui ne seront fondés, comme religieux, qu'en 1835).

Le 1er avril 1716 (à 43 ans) , épuisé par le travail et la maladie, il se rend à Saint-Laurent-sur-Sèvre pour sa dernière mission. Il s'y prépare par trois jours de pénitence. Mgr de Champflour l'y rejoint. C'est un triomphe. Il fait un dernier effort pour assister aux vêpres solennelles qu'il a promis de présider. Lui, le prédicateur véhément des fins dernières, prêche sur la douceur de Jésus, sa compassion pour les faibles, sa miséricorde pour les pécheurs. Après quoi, il se couche sur la paille. Il dicte son testament le 27 avril. Le lendemain, se soulevant sur son grabat, le crucifix à la main, le regard rayonnant, il entonne d'une voix vibrante le premier couplet d'un de ses cantiques :

Allons mes chers amis,



Allons en Paradis!



Quoiqu'on fasse en ces lieux,



Le Paradis vaut mieux!

Il expire peu après (28 avril 1716).

Importance et actualité du Père de Montfort

On a dit que l'une des raisons pour laquelle les Vendéens se sont opposés aux tendances anti-religieuses de la Révolution, 80 ans plus tard, c'est que leur foi avait été affermie par la prédication du Père de Montfort.

A l'heure actuelle, beaucoup se consacrent au Christ et à la Sainte Vierge selon la méthode du Père de Montfort, le plus illustre d'entre eux étant le Pape Jean-Paul II dont la devise " Totus tuus " (Je suis tout à Toi, ô Jésus en Marie) est empruntée au Père de Montfort. Beaucoup demandent que le Père de Montfort soit déclaré docteur de l'Église.

Portrait : De " ce Jérémie du XVIIème siècle finissant, qui a crié de toutes ses forces ses avertissements pathétiques " (Daniel-Rops), on trouve sans doute un juste portrait dans le tableau que Montfort lui-même a tracé sur les "prophètes des derniers temps" :

"On doit croire (...) que sur la fin des temps, et peut-être plus tôt qu'on ne le pense, Dieu suscitera de grands hommes, remplis du Saint-Esprit et de l'esprit de Marie, par lesquels cette divine Souveraine fera de grandes merveilles dans le monde, pour y détruire le péché et y établir le règne de Jésus-Christ, son Fils, sur celui du monde corrompu; et c'est par le moyen de cette dévotion à la très Sainte Vierge, que je ne fais que tracer et amoindrir par ma faiblesse, que ces saints personnages viendront à bout de tout " ("Secret de Marie" n°59).



La consécration de St Louis-Marie Grignion de Montfort-formule de consécration

Texte commenté de la

Consecration de soi-même à Jésus-Christ par les mains de Marie

Acte de Foi

Ô Sagesse éternelle et incarnée ! Ô très aimable et adorable Jésus, vrai Dieu et vrai homme, Fils unique du Père éternel et de Marie toujours Vierge !

Acte d'adoration

Je vous adore profondément dans le sein et les splendeurs de votre Père, pendant l'éternité, et dans le sein virginal de Marie, votre digne Mère, dans le temps de votre Incarnation.

Acte de remerciement

Je vous rends grâce de ce que vous vous êtes anéanti vous-même, en prenant la forme d'un esclave, pour me tirer du cruel esclavage du démon.

Acte de louange

Je vous loue et glorifie de ce que vous avez bien voulu vous soumettre à Marie, votre sainte Mère, en toutes choses, afin de me rendre par Elle, votre fidèle esclave.

Acte de repentir

Mais hélas ! ingrat et infidèle que je suis, je ne vous ai pas gardé les voeux et les promesses que je vous ai solennellement faits dans mon Baptême; je n'ai point rempli mes obligations; je ne mérite pas d'être appelé votre enfant ni votre esclave, et, comme il n'y a rien en moi qui ne mérite vos rebuts et votre colère, je n'ose plus par moi-même approcher de votre sainte et auguste Majesté.

Acte de demande

C'est pourquoi j'ai recours à l'intercession et à la miséricorde de votre sainte Mère, que vous m'avez donnée pour Médiatrice auprès de vous, et c'est par son moyen que j'espère obtenir de vous la contrition et le pardon de mes péchés, l'acquisition et la conservation de la Sagesse.

Hommage à la Couronne d'Excellence de la T.S. Vierge

Je vous salue donc, ô Marie immaculée, tabernacle vivant de la divinité, où la Sagesse éternelle cachée veut être adorée des anges et des hommes.

Hommage à la Couronne de Puissance de la T.S. Vierge

Je vous salue, ô Reine du ciel et de la terre, à l'empire de qui tout est soumis : tout ce qui est au-dessous de Dieu.

Hommage à la Couronne de Miséricorde de la T.S. Vierge

Je vous salue, ô Refuge assuré des pécheurs, dont la miséricorde n'a manqué à personne.

1° condition pour obtenir la Sagesse éternelle : un grand désir

Exaucez les désirs que j'ai de la divine Sagesse, et recevez pour cela les voeux et les offres que ma bassesse vous présente.

2° condition : La mortification universelle

Moi, ______, pécheur infidèle, je renouvelle et ratifie aujourd'hui, entre vos mains, les voeux de mon Baptême : Je renonce pour jamais à Satan, à ses pompes et à ses oeuvres, et je me donne tout entier à Jésus-Christ, la Sagesse incarnée, pour porter ma croix à sa suite tous les jours de ma vie, et afin que je lui sois plus fidèle que je n'ai été jusqu'ici.

3° condition : la donation totale

Je vous choisis aujourd'hui, en présence de toute la cour céleste, pour ma Mère et Maîtresse. Je vous livre et consacre, en qualité d'esclave, mon corps et mon âme, mes biens intérieurs et extérieurs, et la valeur même de mes bonnes actions passées, présentes et futures, vous laissant un entier et plein droit de disposer de moi et de tout ce qui m'appartient, sans exception, selon votre bon plaisir, à la plus grande gloire de Dieu, dans le temps et dans l'éternité.

4° condition : Une prière instante et continuelle auprès de la Trés Sainte Vierge Marie

Recevez, ô Vierge bénigne, cette petite offrande de mon esclavage, en l'honneur et union de la soumission que la Sagesse éternelle a bien voulu avoir de votre maternité, en hommage de la puissance que vous avez tous deux sur ce petit vermisseau et ce misérable pécheur, et en action de grâce (des privilèges) dont la Sainte Trinité vous a favorisée.

Acte de ferme propos

Je proteste que je veux désormais, comme votre véritable esclave, chercher votre honneur et vous obéir en toutes choses.

Acte de recours à la Médiation ascendante de la Vierge Marie

Ô Mere admirable ! Présentez-moi à votre cher Fils, en qualité d'esclave éternel, afin que, m'ayant racheté par vous, il me reçoive par vous.

Et à sa Médiation descendante

Ô Mère de miséricorde ! Faites-moi la grâce d'obtenir la vraie Sagesse de Dieu et de me mettre pour cela, au nombre de ceux que vous aimez, que vous enseignez, que vous nourrissez et protégez comme vos enfants et vos esclaves.

Acte de persévérance

Ô Vierge fidèle ! Rendez-moi en toutes choses un si parfait disciple, imitateur et esclave de la Sagesse incarnée, Jésus-Christ votre Fils, que j'arrive par votre intercession, à votre exemple, à la plénitude de son âge sur la terre et de sa gloire dans les cieux.

Ainsi soit-il.

L'Amour de la Sagesse éternelle, n° 223-227.


Saint Louis-Marie Grignion de Montfort

Missionary in Brittany and Vendee; born at Montfort, 31 January, 1673; died at Saint Laurent sur Sevre, 28 April, 1716.


From his childhood, he was indefatigably devoted to prayer before the Blessed Sacrament, and, when from his twelfth year he was sent as a day pupil to the Jesuit college at Rennes, he never failed to visit the church before and after class. He joined a society of young men who during holidays ministered to the poor and to the incurables in the hospitals, and read for them edifying books during their meals. At the age of nineteen, he went on foot to Paris to follow the course in theology, gave away on the journey all his money to the poor, exchanged clothing with them, and made a vow to subsist thenceforth only on alms. He was ordained priest at the age of twenty-seven, and for some time fulfilled the duties of chaplain in a hospital. In 1705, when he was thirty-two, he found his true vocation, and thereafter devoted himself to preaching to the people. During seventeen years he preached the Gospel in countless towns and villages. As an orator he was highly gifted, his language being simple but replete with fire and divine love. His whole life was conspicuous for virtues difficult for modern degeneracy to comprehend: constant prayer, love of the poor, poverty carried to an unheard-of degree, joy in humiliations and persecutions.

The following two instances will illustrate his success. He once gave a mission for the soldiers of the garrison atLa Rochelle, and moved by his words, the men wept, and cried aloud for the forgiveness of their sins. In theprocession which terminated this mission, an officer walked at the head, barefooted and carrying a banner, and the soldiers, also barefooted, followed, carrying in one hand a crucifix, in the other a rosary, and singing hymns.

Grignion's extraordinary influence was especially apparent in the matter of the calvary at Pontchateau. When he announced his determination of building a monumental calvary on a neighbouring hill, the idea was enthusiastically received by the inhabitants. For fifteen months between two and four hundred peasants worked daily without recompense, and the task had just been completed, when the king commanded that the whole should be demolished, and the land restored to its former condition. The Jansenists had convinced the Governor of Brittany that a fortress capable of affording aid to persons in revolt was being erected, and for several months five hundred peasants, watched by a company of soldiers, were compelled to carry out the work of destruction. Father de Montfort was not disturbed on receiving this humiliating news, exclaiming only: "Blessed be God!"

This was by no means the only trial to which Grignion was subjected. It often happened that the Jansenists, irritated by his success, secure by their intrigues his banishment form the district, in which he was giving amission. At La Rochelle some wretches put poison into his cup of broth, and, despite the antidote which he swallowed, his health was always impaired. On another occasion, some malefactors hid in a narrow street with the intention of assassinating him, but he had a presentiment of danger and escaped by going by another street. A year before his death, Father de Montfort founded two congregations — the Sisters of Wisdom, who were to devote themselves to hospital work and the instruction of poor girls, and the Company of Mary, composed of missionaries. He had long cherished these projects but circumstances had hindered their execution, and, humanly speaking, the work appeared to have failed at his death, since these congregations numbered respectively only four sisters and two priests with a few brothers. But the blessed founder, who had on several occasions shown himself possessed of the gift of prophecy, knew that the tree would grow. At the beginning of the twentieth century the Sisters of Wisdom numbered five thousand, and were spread throughout every country; they possessed forty-four houses, and gave instruction to 60,000 children. After the death of its founder, the Company of Mary was governed for 39 years by Father Mulot. He had at first refused to join de Montfort in his missionary labours. "I cannot become a missionary", said he, "for I have been paralysed on one side for years; I have an affection of the lungs which scarcely allows me to breathe, and am indeed so ill that I have no rest day or night." But the holy man, impelled by a sudden inspiration, replied, "As soon as you begin to preach you will be completely cured." And the event justified the prediction. Grignion de Montfort was beatifiedby Leo XIII in 1888.


Note: Louis de Montfort was canonized by Pius XII in 1947.

Sources

CRUIKSHANK, Blessed Grignion, etc. (London, 1892); JAC, Vie, etc. (Paris, 1903); LAVEILLE, Vie, etc. (Paris, 1907).

Poulain, Augustin. "St. Louis-Marie Grignion de Montfort." The Catholic Encyclopedia. Vol. 9. New York: Robert Appleton Company, 1910. 27 Apr. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/09384a.htm>.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/09384a.htm

Louis Mary Grignion de Montfort (RM)

Born in Montfort (near Rennes), Brittany, on January 31, 1673; died at Saint-Laurent-sur-Sevre, France, on April 28, 1716; beatified in 1888; canonized by Pope Pius XII in 1947.


Saint Louis de Montfort Louis' parents were poor, hard-working people who raised eight children, the oldest of whom was Louis. In the normal course of events, Louis would have learned a trade and helped to educate his siblings, but early in his life his mother recognized that he was destined for the priesthood. At the pleading of her and his teacher, he was allowed to begin his studies. Some charitable people provided the funds for his education.

As a very young child, Louis had organized Rosary societies, preached sermons, told stories of the saints, and led the Rosary with groups of neighborhood children.

He was particularly devoted to Our Lady, and he took her name in confirmation. As a student with the Jesuits at Rennes, he continued his devotions; he joined the sodality, and became an exemplary member. When he had completed his studies, he left for Paris in 1693 to begin his studies for the priesthood. He walked the 130 miles in the rain, sleeping in haystacks and under bridges, and, on arriving in Paris, he entered a poverty-stricken seminary in which the students had scarcely enough to eat, which caused him serious illness. On the verge of ordination, his funds were withdrawn by his benefactor, and it looked as though Louis would have to return home. He was taken in by a kindly priest, however. Louis was ordained in 1700, and, after saying his first Mass in the Lady Chapel of Saint Sulpice, he was sent as chaplain to a hospital in Poitiers where mismanagement and quarreling were a tradition. He endeared himself to the patients, and he angered the managers of the hospital when he reorganized the staff. Consequently, he was sent away, but not before he had laid the foundation of what was later to be a religious congregation of women known as the Institute of the Daughters of Divine Wisdom at Poitiers, to nurse the sick poor and conduct free schools.

This rebuff was not the first Louis had to suffer; in the seminary, his superiors had exhausted themselves in trying his patience-- making him seem to be a fool. All his life he was to meet the same stubborn opposition to everything he tried to do. Many of the clergy, even some of the bishops, were infected with Jansenism, and they fought him secretly and openly. In his work giving missions, his moving from one place to another was occasioned as often by the persecution of his enemies as it was by the need of his apostolate. Going to Rome, he begged Pope Clement XI to be sent on the foreign missions, but he was refused and sent back to Brittany, France, as missionary apostolic. He returned in his usual spirit of buoyant obedience, even though he knew that several bishops had already forbidden him to set foot in their dioceses.

For the rest of his life, Louis gave flamboyant missions in country parishes, some of which had been without the care of a priest for generations. Ruined churches were repaired, marriages rectified, children baptized and instructed, and Catholicity rebuilt. He joined the third order of Dominicans, and everywhere he went, he established the Rosary devotion. People who came to his missions out of curiosity, remained, and his preaching did much to renew religion in France.

His enemies were as busy as he was, however. They gave false reports to the bishops, drove him from place to place, and, in one case, succeeded in poisoning him. The poison was not fatal, and it had an unforeseen result. While he recuperated from its evil effects, he wrote True devotion to the Blessed Virgin, which he himself prophesied would be hidden away by the malice of men and the devil. After nearly 200 years, the manuscript was rescued from its hiding place, and, only a few years ago, it was given the publicity that it deserved.

In 1715, Louis founded a second religious congregation to train helpers in his forceful methods of preaching called the Missionaries of the Company of Mary (Attwater, Benedictines, Delaney, Dorcy, Encyclopedia).




Saint Lewis Mary Grignion De Montfort, C.O.P.

Feast Day: April 28th

Profile

    Louis' parents were poor, hard-working people who raised eight children, the oldest of whom was Louis. In the normal course of events, Louis would have learned a trade and helped to educate his siblings, but early in his life his mother recognized that he was destined for the priesthood. At the pleading of her and his teacher, he was allowed to begin his studies. Some charitable people provided the funds for his education.

    As a very young child, Louis had organized Rosary societies, preached sermons, told stories of the saints, and led the Rosary with groups of neighborhood children. He was particularly devoted to Our Lady, and he took her name in confirmation. As a student with the Jesuits at Rennes, he continued his devotions; he joined the sodality, and became an exemplary member. When he had completed his studies, he left for Paris in 1693 to begin his studies for the priesthood. He walked the 130 miles in the rain, sleeping in haystacks and under bridges, and, on arriving in Paris, he entered a poverty-stricken seminary in which the students had scarcely enough to eat, which caused him serious illness. On the verge of ordination, his funds were withdrawn by his benefactor, and it looked as though Louis would have to return home. He was taken in by a kindly priest, however.

    Louis was ordained in 1700, and, after saying his first Mass in the Lady Chapel of Saint Sulpice, he was sent as chaplain to a hospital in Poitiers where mismanagement and quarreling were a tradition. He endeared himself to the patients, and he angered the managers of the hospital when he reorganized the staff. Consequently, he was sent away, but not before he had laid the foundation of what was later to be a religious congregation of women known as the Institute of the Daughters of Divine Wisdom at Poitiers, to nurse the sick poor and conduct free schools.

    This rebuff was not the first Louis had to suffer; in the seminary, his superiors had exhausted themselves in trying his patience-- making him seem to be a fool. All his life he was to meet the same stubborn opposition to everything he tried to do. Many of the clergy, even some of the bishops, were infected with Jansenism, and they fought him secretly and openly. In his work giving missions, his moving from one place to another was occasioned as often by the persecution of his enemies as it was by the need of his apostolate. Going to Rome, he begged Pope Clement XI to be sent on the foreign missions, but he was refused and sent back to Brittany, France, as missionary apostolic. He returned in his usual spirit of buoyant obedience, even though he knew that several bishops had already forbidden him to set foot in their dioceses.

    For the rest of his life, Louis gave flamboyant missions in country parishes, some of which had been without the care of a priest for generations. Ruined churches were repaired, marriages rectified, children baptized and instructed, and Catholicity rebuilt. He joined the third order of Dominicans, and everywhere he went, he established the Rosary devotion. People who came to his missions out of curiosity, remained, and his preaching did much to renew religion in France.

    His enemies were as busy as he was, however. They gave false reports to the bishops, drove him from place to place, and, in one case, succeeded in poisoning him. The poison was not fatal, and it had an unforeseen result. While he recuperated from its evil effects, he wrote True devotion to the Blessed Virgin, which he himself prophesied would be hidden away by the malice of men and the devil. After nearly 200 years, the manuscript was rescued from its hiding place, and, only a few years ago, it was given the publicity that it deserved.

    In 1715, Louis founded a second religious congregation to train helpers in his forceful methods of preaching called the Missionaries of the Company of Mary (Attwater, Benedictines, Delaney, Dorcy, Encyclopedia).

Born: January 13, 1673 at Montfort-La-Cane, Brittany, France

Died: 1716 at Saint-Laurent-sur-Sovre, France

Canonized:  1947 by Pope Pius XII

Prayers/Commemorations

First Vespers:

Ant.  Come, O daughters of Jerusalem, and behold a Martyr with a crown wherewith the Lord crowned him on the day of solemnity and rejoicing, alleluia, alleluia, alleluia

V. Pray for us, Blessed Louis Mary alleluia

R. That we may be made worthy of the promises of Christ, alleluia.

Lauds:

Ant. Perpetual light will shine upon Thy Saints, O lord, alleluia, and an eternity of ages, alleluia, alleluia, alleluia

V. A crown of gold is on his head, alleluia
.
R. Signed with the sign of sanctity, alleluia

Second Vespers:

Ant. In the city of the Lord the music of the Saints incessantly resounds: there the angels and archangels sing a canticle before the throne of God, alleluia.

V. Pray for us, Blessed Louis Mary, alleluia

R. That we may be made worthy of the promises of Christ. alleluia

Prayer:

Let us Pray: O God, who didst make Blessed Louis Mary, Thy confessor, an illustrious preacher of the mystery of the cross and of the Most Holy Rosary, and dist through him enrich the Church with a new family, grant through his merits and intercession that by the life, death and resurrection of Thine only-begotten Son, we may obtain the rewards of eternal life. Through the same Christ our Lord. Amen.


Oeuvres complètes de saint Louis-Marie Grignion de Montfort : http://jesusmarie.free.fr/grignion_de_montfort.html


Saint Louis-Marie Grignion de Montfort et JEAN PAUL II. Document de Gloria.tv :