mercredi 11 avril 2012

Saint LÉON Ier, LE GRAND, Pape, confesseur et Docteur de l'Église


Pape

(398-461)

Saint Léon le Grand naquit à Rome, d'une des premières familles de la Toscane, vers la fin du IVe siècle. Son rare mérite l'éleva promptement au titre d'archidiacre de l'Église romaine; il n'avait guère plus de quarante ans, quand il fut appelé, par les voeux du clergé et du peuple, sur le siège de saint Pierre. Toutes les qualités d'un Pape remarquable parurent dans sa personne, et c'est à juste titre que la postérité, après ses contemporains, lui a donné le nom de Grand.

L'époque était difficile: les manichéens, les donatistes, les ariens, les priscillianistes, les nestoriens et les eutychiens infestaient l'Église de leurs hérésies. Le saint et docte Pontife, armé du glaive de la parole infaillible, combattit avec vigueur la doctrine impie de tous les côtés à la fois; par ses lettres, par ses légats, par des conciles, il suscita un grand mouvement de résistance à l'erreur et le retour d'une grande multitude d'âmes à la justice et à la vérité. Sa magnifique lettre au concile de Chalcédoine produisit un tel effet que les six cents évêques, après en avoir entendu la lecture, s'écrièrent d'une voix unanime: "C'est Pierre qui a parlé par Léon!"

L'un des faits les plus imposants de son beau et si fécond pontificat, c'est sa procession solennelle au-devant d'Attila, roi des Huns, surnommé le fléau de Dieu, qui avançait vers Rome pour la détruire. Attila l'accueillit avec respect et lui promit de laisser en paix la Ville éternelle, moyennant un faible tribut annuel. Les barbares, murmurant de voir leur chef reculer, lui demandèrent raison de sa conduite: "Pendant que le Pontife me parlait, leur dit-il, je voyais à ses côtés un autre Pontife d'une majesté toute divine; il se tenait debout, ses yeux lançaient des éclairs, et il me menaçait du glaive qu'il brandissait dans sa main; j'ai compris que le Ciel se déclarait pour la ville de Rome." Ce personnage n'était autre que saint Pierre. Les Romains firent une réception enthousiaste au Pontife victorieux. Le génie de Raphaël a immortalisé cette scène dans une peinture célèbre.

L'humanité, la douceur et la charité furent les principales vertus de saint Léon. Ses écrits, qui suffiraient à l'illustrer par la splendeur du style comme par l'élévation des pensées, montent à une hauteur plus grande encore quand il traite de l'Incarnation, et c'est pourquoi on lui a donné le titre de Docteur de l'Incarnation. Il surpassa tous les Pontifes qui l'ont précédé, et il eut peu de successeurs dont le mérite ait approché du sien.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_leon_le_grand.html

SAINT LÉON LE GRAND

L’égalité que la Divinité du Fils possède inviolablement n’est pas altérée du fait qu’il est homme ; mais cette descente du Créateur vers la créature, c’est la montée des croyants vers les biens éternels.

Sermon 25, 5e sur la Nativité

Le Créateur portait lui-même sa créature pour refaire en elle l’image de son auteur… En nous le Seigneur tremblait de notre frayeur en sorte que, prenant notre faiblesse et s’en revêtant, il habillât notre inconstance de la fermeté issue de sa force… Le serviteur (il s’agit de saint Pierre) n’aurait pu vaincre l’effroi de l’humaine fragilité si le vainqueur de la mort n’avait d’abord tremblé… c’était comme si je ne sais quelle voix du Seigneur s’était fait entendre dans son cœur pour lui dire : « Où vas-tu, Pierre ? Pourquoi te retirer en toi ? Reviens à moi, aie confiance en moi, suis-moi : ce temps est celui de ma Passion, l’heure de ton supplice n’est pas encore venue. Pourquoi crains-tu ce que tu surmonteras toi aussi ? Ne te laisse pas déconcerter par la faiblesse que j’ai prise. Si moi, j’ai tremblé, c’est en raison de ce que j’ai de toi, mais toi, sois sans crainte en raison de ce que tu tiens de moi » [1].

Sermon 54, 3e sur la Passion

I. Vie

Saint Léon est originaire de Toscane. Il fut élu pape en 440, succédant à Sixte III. Dès avant cette date, le diacre Léon occupait une place prépondérante dans le clergé romain : lors de cette élection, il était d’ailleurs en Gaule, chargé d’une mission politique. On ignore tout de sa jeunesse. À sa demande, en 430 son ami Jean Cassien, qui fut diacre à Constantinople, écrivit un Traité sur l’Incarnation afin d’éclairer l’Occident sur la position de Nestorius, l’évêque de Constantinople qui dissociait dans le Christ le Fils de Dieu et le fils de la Vierge Marie [2]. Durant son long pontificat de vingt et un ans, saint Léon se montra le gardien de l’orthodoxie, le défenseur de Rome et, comme ses Sermons le prouvent, le pasteur attentif à mener son peuple à la perfection [3].

1. Gardien de l’orthodoxie

Saint Léon s’opposa aux pélagiens, aux manichéens et aux priscillianistes, c’est-à-dire qu’il défendit la doctrine de la grâce et de sa nécessité et qu’il combattit le dualisme gnostique qui tend à mépriser la chair. Mais l’œuvre essentielle de Léon, celle dont témoigne toute sa prédication où la doctrine de l’Incarnation est proposée comme la source même de notre vie morale et de notre sanctification, fut la grande lutte contre l’hérésie d’Eutychès. En 431, le concile d’Ephèse avait défini l’union hypostatique de la nature divine et de la nature humaine du Christ en une seule personne. Eutychès, supérieur à Constantinople d’un monastère de plus de trois cents moines, exagéra l’unité de ces deux natures au point de dissoudre en quelque sorte l’humanité du Christ dans sa divinité. Par l’union hypostatique, une seule nature subsiste, disait-il, la nature divine : c’est le monophysisme. En 449, un nouveau concile se réunissait à Ephèse en faveur d’Eutychès qui avait été condamné par l’évêque de Constantinople Flavien. Déjà le pape avait pris nettement position dans une lettre dogmatique adressée à Flavien, la Lettre 28 ou Tome à Flavien.

Les propriétés des deux natures et substances étant pleinement sauvegardées et s’étant réunies en une seule personne, la majesté s’est revêtue de la bassesse, la force de la faiblesse et l’éternité de la mortalité… Le Christ a pris l’état de serviteur sans la souillure du péché, relevant l’humanité sans diminuer la divinité… Pierre, instruit par la révélation du Père, confessa que le Christ et le Fils de Dieu sont la même personne parce que l’un sans l’autre n’aurait pu opérer notre salut et qu’il était également périlleux de croire Jésus-Christ notre Seigneur, ou simplement Dieu sans humanité, ou simplement homme sans divinité.

Tome à Flavien [4]

Le pape confia cette lettre aux légats chargés de le représenter au concile afin qu’elle y soit lue publiquement. Mais le patriarche d’Alexandrie, Dioscore, qui présidait le concile, veillera à ce qu’elle soit passée sous silence. Eutychès sera réhabilité, l’évêque Flavien jeté en prison mourra par suite des mauvais traitements qu’il dut subir. Le pape désavouera ce concile qu’il nomme lui-même le brigandage d’Ephèse. Suite aux démarches du pape, un nouveau concile oecuménique auquel participèrent plus de 500 évêques se réunit près de Constantinople à Chalcédoine, en 451. La décision dogmatique qui y fut prise s’inspire directement du Tome à Flavien.

À la suite des saints Pères, nous enseignons tous à l’unanimité un seul et même Fils, Notre Seigneur Jésus-Christ, complet quant à sa divinité, complet aussi quant à son humanité, vrai Dieu et en même temps vrai homme, composé d’une âme raisonnable et d’un corps, consubstantiel au Père par sa divinité, consubstantiel à nous par son humanité, né pour nous dans les derniers temps de Marie, la Vierge et la Mère de Dieu ; nous confessons un seul et même Jésus-Christ, Fils unique, que nous reconnaissons être en deux natures, sans qu’il y ait ni confusion, ni transformation, ni division, ni séparation entre elles, car la différence des deux natures n’est nullement supprimée par leur union, tout au contraire, les attributs de chaque nature sont sauvegardés et subsistent en une seule personne…

Décret dogmatique de Chalcédoine [5]

Le concile de Chalcédoine fut celui de la divino-humanité.

Le pape Léon, par sa lettre à Flavien, en avait en quelque sorte dicté le langage. Or, ce vocabulaire fut mal compris par beaucoup d’Orientaux : concordait-il avec celui de Cyrille d’Alexandrie ? Tragiquement, le malentendu entre l’Orient et l’Occident s’aggravait et la rupture qui se préparait s’annonçait d’autant plus grave que le pape refusait, comme ses légats, de reconnaître le 28e canon du Concile qui accordait, après Rome, la primauté au siège de Constantinople [6].

2. Défenseur de Rome

En Occident, les barbares envahissaient l’empire romain. En 452, les Huns, venus d’Asie, franchirent au nord la frontière italienne. L’empereur Valentinien III délégua aussitôt auprès de leur roi, Attila, le Fléau de Dieu, une ambassade chargée de négocier la paix. Elle se composait du pape, d’un préfet et d’un consul. La rencontre célèbre entre Attila et Léon le Grand eut lieu à Mantoue. Attila accepta de quitter l’Italie et Rome fut épargnée. En 455, Léon le Grand s’avancera de même à la rencontre du roi des Vandales, Genséric, mais il ne put obtenir cette fois que Rome soit épargnée, elle fut pillée, mais du moins, grâce à l’intervention du pape, la vie des habitants fut sauvegardée. Léon mourut en 461.

II. Oeuvres

Il n’y a guère à parler, la Lettre à Flavien mise à part, des Lettres de Léon : ce sont des documents officiels très importants pour l’histoire de l’Église et du dogme, mais ces lettres ne sont pas son œuvre personnelle. Quant au Sacramentaire léonien appelé le plus souvent le Veronense, il n’est pas non plus son œuvre : il est une compilation, qui vit le jour à Vérone très probablement, de formules de prières rédigées entre 440 et 550. C’est le rôle des spécialistes de la liturgie d’y discerner la part qui revient à saint Léon ou à son influence.

Les Sermons

On a conservé 96 sermons de saint Léon qui est le premier pape dont on ait les prédications. Le pape prêchait, avec foi et ferveur, aux grandes fêtes de l’année liturgique dont nous pouvons parcourir avec lui tout le cycle : le jeûne de décembre - l’Avent n’existait pas à Rome au Ve siècle -, Noël, l’Epiphanie, le Carême, la Passion, les vendredi et samedi saints, l’Ascension, la Pentecôte, le jeûne de Pentecôte correspondant aux Quatre-Temps de Pentecôte.

La continuation des fêtes qui se succèdent les unes aux autres empêchera que ne se ralentisse la force de notre joie et que ne s’attiédisse la ferveur de notre foi.

Sermon 31 : 1er pour l’Épiphanie [7]

On a aussi un sermon pour la fête des saints Pierre et Paul, un sermon pour la fête de saint Laurent, etc. Le pape parle encore en certaines circonstances : au jour de son ordination épiscopale et chaque année, au jour anniversaire de cette ordination, à l’occasion de collectes organisées au profit des pauvres, etc.

Les sermons de saint Léon sont des homélies liturgiques qui font partie intégrante de la célébration. Ils ne sont pas longs : la plupart peuvent être lus oralement en un quart d’heure. Il est vrai que, bien que la langue en soit très belle, ils sont assez monotones dans leur solennité même. Ils se déroulent en longues et majestueuses périodes cadencées. Les traduire c’est certainement les trahir ! Ces grandes phrases majestueuses et dignes ont été travaillées [8]. Et cependant, si paradoxal que cela paraisse, saint Léon est simple, c’est bien au peuple qu’il s’adresse et il peut en être compris. Le dogme, le dogme christologique partout présent, est au service de la vie chrétienne. On a dit, et c’est vrai, que saint Léon est un moraliste mais sa morale s’enracine toujours dans la doctrine, elle prend sa source dans le mystère pascal, le sacrement du salut. Près du tiers des sermons de saint Léon sont d’ailleurs consacrés à préparer les chrétiens à la célébration pascale ou à la leur commenter.

Certaines formules sont lapidaires, très proches de l’expression liturgique :

Dieu tout-puissant et clément, dont la nature est bonté, dont la volonté est puissance, dont l’action est miséricorde…
Sermon 22 : 2e de la Nativité

Le Dieu immuable dont la volonté ne peut être privée de sa bonté.
Sermon 22

L’ascension du Christ est notre élévation, Là où a précédé la gloire de la tête, Là est appelée l’espérance du corps.
Sermon 73 : 1er sur l’Ascension

En fait, presque toutes les formules de saint Léon ont cette force de frappe ! Mais, traduites, elles perdent leur rythme musical et leur expressive beauté.

Saint Léon, en mettant sans cesse sous les yeux des fidèles la doctrine de l’Incarnation rédemptrice, en a développé toutes les implications : le Christ est uni à tous les hommes par une commune nature et si chaque chrétien doit reconnaître sa dignité, il doit de même reconnaître la dignité de son frère : tout chrétien est par définition socialis (le mot est de saint Léon) un être social, il reconnaît en son frère la nature du Christ. Le devoir de l’ascèse, du jeûne sur lequel saint Léon a tant insisté - s’enracine dans le respect que le chrétien a de sa dignité personnelle : il se purifie au profit de l’homme intérieur, veillant sans cesse sur ses intentions,
… afin que l’âme, libre de toute concupiscence charnelle, puisse, dans le temple de l’esprit, vaquer à la divine sagesse, là où le fracas des soucis terrestres fait silence, et se réjouir dans de saintes méditations, dans les délices éternelles.

Sermon 19, sur le jeûne

Le devoir de l’aumône s’enracine de même dans le respect que le chrétien a de la nature humaine de son frère : par l’incarnation rédemptrice, Dieu nous a reformés à son image
… afin qu’en nous se retrouve la forme même de sa bonté, il nous enflamme du feu de son amour, afin que nous l’aimions, lui-même, mais aussi tout ce qu’il aime.

Sermon 12, sur le jeûne

Le Christ s’est vraiment revêtu de notre humanité :

Celui donc, bien-aimés, qui a pris une véritable et entière nature humaine, a pris vraiment les sens de notre corps, les sentiments de notre âme. Ce n’est pas parce que tout en lui était plein de grâces et de miracles, qu’il a dû pour autant pleurer de fausses larmes, simuler la faim en prenant de la nourriture, ou feindre le sommeil en paraissant dormir. C’est dans notre humiliation qu’il a été méprisé, dans notre affliction qu’il a été attristé, dans notre douleur qu’il a été crucifié. Car sa miséricorde a subi les souffrances de notre état mortel afin de les guérir, sa force les a acceptées afin de les vaincre.

Sermon 58, 7e sur la Passion

Comme la nature divine ne pouvait recevoir le trait de la mort, le Christ a pourtant pris en naissant de nous ce qu’il pourrait offrir pour nous.

Sermon 59, 8e sur la Passion

Elle nous a assumés, cette nature, sans détruire ses attributs au contact des nôtres, ni les nôtres au contact des siens, et elle a fait en elle une Personne unique qui est de la Divinité et de l’humanité, de telle manière que, dans cette économie de faiblesse et de force, ni la chair ne pût être inviolable du fait de son union - à la Divinité, ni la Divinité passible du fait de son union à la chair.

Sermon 72, 2e sur la Résurrection

Il faut terminer en citant ce texte que chacun connaît sans doute par cœur :

Déposons donc le vieil homme avec ses œuvres, et devenus participants de la génération du Christ, renonçons aux œuvres de la chair. Reconnais, ô chrétien, ta dignité : associé à la nature divine, ne retourne pas à ton ancienne bassesse par une manière de vivre dégénérée. Souviens-toi de quel Chef et de quel Corps tu es membre !

Sermon 20, 1er sur la Nativité

Conclusion

Saint Léon le Grand est une forte personnalité, un homme d’action et de gouvernement. Il avait une idée très haute de sa mission et du destin providentiel de Rome. Dans une pensée de foi et sans orgueil personnel, il a imposé la suprématie romaine et il a fait succéder à la Rome impériale la Rome pontificale. Ce ne fut pas sans dommages : son autorité fut telle que l’Orient s’en sentit offensé et que la rupture avec Rome s’accéléra.

Nous n’avons pas à nous arrêter ici à ce point de vue historique, c’est l’auteur des Sermons qui nous intéresse : saint Léon est le témoin de la tradition, il n’est pas un penseur original et il est souvent dit de lui qu’il n’est pas un théologien : c’est exact en ce sens qu’il n’est pas un chercheur, mais la théologie de saint Léon est ferme, sûre et nette et ses sermons sont de grandes œuvres doctrinales, autant que des documents liturgiques et littéraires de valeur. Le dogme de l’union hypostatique est au cœur de la pensée du grand pontife, cette union élève l’humanité et c’est elle qui donne la force à l’homme de réaliser sa destinée. L’appel à la vie morale est l’appel à participer pleinement à l’incarnation rédemptrice. Doctrine, louange, exultation et vie morale ne se dissocient pas : l’homme est appelé à participer à la vie de Dieu qui est charité. Saint Léon est un grand orateur et il est un saint, il vit de sa foi. Sa doctrine théologique est une doctrine pastorale : Jean XXIII voulait l’apprendre de lui, voici ce qu’il écrit au 2 décembre 1961 dans ses notes de retraite spirituelle :

L’exercice de la parole qui veut être substantielle et non vaine me fait désirer de me rapprocher davantage de ce qu’écrivirent les grands pontifes de l’antiquité. Ce mois-ci, ce sont saint Léon le Grand et Innocent III qui me deviennent familiers. Malheureusement peu d’ecclésiastiques se soucient d’eux qui sont riches d’une si grande doctrine théologique et pastorale. Je ne me lasserai jamais de revenir à ces sources si précieuses de science sacrée et de haute et délicieuse poésie.

Jean XXIII


[1] C’est l’admirabile commercium, l’admirable échange, le Seigneur nous emprunte notre humanité et nous communique sa divinité.

[2] Le concile d’Ephèse en 431 avait condamné Nestorius et proclamé Marie Mère de Dieu : Theotokos.

[3] Voir G. Hudon, La perfection chrétienne d’après les sermons de S. Léon le Grand, Paris 1959.

[4] Texte traduit dans le D.T.C. au mot Hypostatique, col. 478-482.

[5] Voir la partie la plus importante du décret et sa traduction au D.T.C. à l’article Chalcédoine, col. 2194-2195.

[6] Afin de comprendre la douloureuse rupture entre l’Orient et l’Occident, lire le chapitre Le malentendu de Chalcédoine, dans O. Clément, Dialogues avec le patriarche Athénagoras, Paris 1969, p. 500-517.

[7] Épiphanie signifie manifestation : saint Léon demande que le Seigneur paraisse, se manifeste dans toutes nos actions.

[8] La période de saint Léon correspond au tricolon de Cicéron. Elle a ses règles littéraires

SOURCE : Soeur Gabriel Peters, Lire les Pères de l’Église. Cours de patrologie, DDB, 1981. Avec l’aimable autorisation des Éditions Migne.

http://www.patristique.org/Les-Peres-de-l-Eglise-latine-IV-Leon-le-Grand.html




BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE


Mercredi 5 mars 2008


Saint Léon le Grand




Chers frères et soeurs,

En poursuivant notre chemin parmi les Pères de l'Eglise, véritables astres qui brillent de loin, nous abordons pendant notre rencontre d'aujourd'hui la figure d'un Pape qui, en 1754, fut proclamé Docteur de l'Eglise par Benoît XIV: il s'agit de saint Léon le Grand. Comme l'indique l'épithète que la tradition lui attribua très tôt, il fut véritablement l'un des plus grands Papes qui aient honoré le Siège romain, contribuant largement à en renforcer l'autorité et le prestige. Premier Evêque de Rome à porter le nom de Léon, adopté ensuite par douze autres Souverains Pontifes, il est également le premier Pape dont nous soit parvenue la prédication qu'il adressait au peuple qui se rassemblait autour de lui pendant les célébrations. Il est naturel de penser également à lui dans le contexte des actuelles Audiences générales du mercredi, des rendez-vous qui pendant les dernières décennies sont devenus pour l'Evêque de Rome une forme habituelle de rencontre avec les fidèles et avec de nombreux visiteurs de toutes les parties du monde.

Léon était originaire de la région italienne de la Tuscia. Il devint diacre de l'Eglise de Rome autour de l'an 430 et, avec le temps, il acquit au sein de celle-ci une position de grande importance. Ce rôle de premier plan poussa Galla Placidia, qui à cette époque dirigeait l'Empire d'Occident, à l'envoyer en Gaule en 440 pour résoudre une situation difficile. Mais au cours de l'été de cette année, le Pape Sixte III - dont le nom est lié aux magnifiques mosaïques de Sainte-Marie-Majeure - mourut, et ce fut précisément Léon qui lui succéda, recevant la nouvelle alors qu'il accomplissait justement sa mission de paix en Gaule. De retour à Rome, le nouveau Pape fut consacré le 29 septembre 440. C'est ainsi que commença son pontificat, qui dura plus de vingt-et-un an, et qui a été sans aucun doute l'un des plus importants de l'histoire de l'Eglise. A sa mort, le 10 novembre 461, le Pape fut enterré auprès de la tombe de saint Pierre. Ses reliques sont conservées aujourd'hui encore dans l'un des autels de la Basilique vaticane.

Le Pape Léon vécut à une époque très difficile: la répétition des invasions barbares, le progressif affaiblissement en Occident de l'autorité impériale et une longue crise sociale avaient imposé à l'Evêque de Rome - comme cela devait se produire de manière encore plus forte un siècle et demi plus tard pendant le pontificat de Grégoire le Grand - d'assumer un rôle important également dans les événements civils et politiques. Cela ne manqua pas, bien évidemment, d'accroître l'importance et le prestige du Siège romain. Un épisode de la vie de Léon est en particulier resté célèbre. Il remonte à 452, lorsque le Pape rencontra à Mantoue, avec une délégation romaine, Attila, chef des Huns, et le dissuada de poursuivre la guerre d'invasion par laquelle il avait déjà dévasté les régions du nord-est de l'Italie. Et ainsi sauva-t-il le reste de la péninsule. Cet événement important devint vite mémorable, et il demeure comme le signe emblématique de l'action de paix accomplie par le Pontife. Trois ans plus tard, l'issue d'une autre initiative papale, signe d'un courage qui nous stupéfie encore, ne fut malheureusement pas aussi positive: en effet, au printemps 455 Léon ne réussit pas à empêcher que les Vandales de Genséric, arrivés aux portes de Rome, envahissent la ville sans défense, qui fut mise à sac pendant deux semaines. Toutefois, le geste du Pape - qui, sans défense et uniquement entouré de son clergé, alla à la rencontre de l'envahisseur pour le conjurer de s'arrêter - empêcha au moins que Rome ne soit incendiée et obtint que le terrible sac épargnât les Basiliques Saint-Pierre, Saint-Paul et Saint-Jean, dans lesquelles une partie de la population terrorisée se réfugia.

Nous connaissons bien l'action du Pape Léon, grâce à ses très beaux sermons - nous en conservons près de cent dans un latin splendide et clair - et grâce à ses lettres, environ cent cinquante. Dans ces textes, le Pape apparaît dans toute sa grandeur, tourné vers le service de la vérité dans la charité, à travers un exercice assidu de la parole, qui le montre dans le même temps théologien et pasteur. Léon le Grand, constamment attentif à ses fidèles et au peuple de Rome, mais également à la communion entre les différentes Eglises et à leurs nécessités, fut le défenseur et le promoteur inlassable du primat romain, se présentant comme l'authentique héritier de l'Apôtre Pierre: les nombreux Evêques, en grande partie orientaux, réunis au Concile de Chalcédoine se montrèrent bien conscients de cela.

Se déroulant en 451, avec la participation de trois cent cinquante Evêques, ce Concile fut la plus importante assemblée célébrée jusqu'alors dans l'histoire de l'Eglise. Chalcédoine représente le point d'arrivée sûr de la christologie des trois Conciles œcuméniques précédents: celui de Nicée de 325, celui de Constantinople de 381 et celui d'Ephèse de 431. Au VI siècle, ces quatre Conciles, qui résument la foi de l'Eglise des premiers siècles, furent en effet déjà comparés aux quatre Evangiles: c'est ce qu'affirme Grégoire le Grand dans une lettre célèbre (I, 24), dans laquelle il déclare "accueillir et vénérer, comme les quatre livres du saint Evangile, les quatre Conciles", car c'est sur eux - explique encore Grégoire - "comme sur une pierre carrée que s'élève la structure de la sainte foi". Le Concile de Chalcédoine - repoussant l'hérésie d'Eutichios, qui niait la véritable nature humaine du Fils de Dieu - affirma l'union dans son unique Personne, sans confusion ni séparation, des deux natures humaine et divine.

Cette foi en Jésus Christ, vrai Dieu et vrai homme, était affirmée par le Pape dans un important texte doctrinal adressé à l'Evêque de Constantinople, qui s'intitule Tome à Flavien, qui, lu à Chalcédoine, fut accueilli par les Evêques présents avec une acclamation éloquente, dont la description est conservée dans les actes du Concile: "Pierre a parlé par la bouche de Léon", s'exclamèrent d'une seule voix les Pères conciliaires. C'est en particulier de cette intervention, ainsi que d'autres effectuées au cours de la controverse christologique de ces années-là, qu'il ressort de manière évidente que le Pape ressentait avec une urgence particulière la responsabilité du Successeur de Pierre, dont le rôle est unique dans l'Eglise, car "à un seul apôtre est confié ce qui est communiqué à tous les apôtres", comme affirme Léon dans l'un de ses sermons pour la fête des saints Pierre et Paul (83, 2). Et le Pape sut exercer ces responsabilités, en Occident comme en Orient, en intervenant en diverses circonstances avec prudence, fermeté et lucidité à travers ses écrits et au moyen de ses légats. Il montrait de cette manière que l'exercice du primat romain était alors nécessaire, comme il l'est aujourd'hui, pour servir efficacement la communion, caractéristique de l'unique Eglise du Christ.

Conscient du moment historique dans lequel il vivait et du passage qui se produisait - à une période de crise profonde - entre la Rome païenne et la Rome chrétienne, Léon le Grand sut être proche du peuple et des fidèles à travers l'action pastorale et la prédication. Il anima la charité dans une Rome éprouvée par les famines, l'afflux des réfugiés, les injustices et la pauvreté. Il fit obstacle aux superstitions païennes et à l'action des groupes manichéens. Il relia la liturgie à la vie quotidienne des chrétiens: en unissant par exemple la pratique du jeûne à la charité et à l'aumône, en particulier à l'occasion des Quattro tempora, qui marquent pendant le cours de l'année le changement des saisons. Léon le Grand enseigna en particulier à ses fidèles - et aujourd'hui encore ses paroles restent valables pour nous - que la liturgie chrétienne n'est pas le souvenir d'événements passés, mais l'actualisation de réalités invisibles qui agissent dans la vie de chacun. C'est ce qu'il souligne dans un sermon (64, 1-2) à propos de la Pâque, à célébrer à chaque époque de l'année "pas tant comme quelque chose du passé, mais plutôt comme un événement du présent". Tout cela s'inscrit dans un projet précis, insiste le saint Pontife: en effet, de même que le Créateur a animé par le souffle de la vie rationnelle l'homme façonné avec la boue de la terre, après le péché originel, il a envoyé son Fils dans le monde pour restituer à l'homme la dignité perdue et détruire la domination du diable, à travers la vie nouvelle de la grâce.

Tel est le mystère christologique auquel saint Léon le Grand, avec sa lettre au Concile d'Ephèse, a apporté une contribution efficace et essentielle, confirmant pour tous les temps - par l'intermédiaire de ce Concile - ce que dit saint Pierre à Césarée de Philippe. Avec Pierre et comme Pierre, il confesse: "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant". Il est donc Dieu et Homme à la fois, "il n'est pas étranger au genre humain, mais étranger au péché" (cf. Serm. 64). Dans la force de cette foi christologique, il fut un grand porteur de paix et d'amour. Il nous montre ainsi le chemin: dans la foi nous apprenons la charité. Nous apprenons donc avec saint Léon le Grand à croire dans le Christ, vrai Dieu et vrai Homme, et à réaliser cette foi chaque jour dans l'action pour la paix et dans l'amour pour le prochain.

* * *

Je suis heureux de vous accueillir, chers pèlerins francophones, particulièrement des séminaristes de Versailles avec leur Évêque, Monseigneur Éric Aumonier, et le groupe de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr. Puissiez-vous professer la même foi que saint Léon dans le mystère de l’Incarnation et y trouver la joie profonde. Avec ma Bénédiction apostolique.

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St Léon Ier le Grand, pape, confesseur et docteur

Mort à Rome le 10 novembre 461. Fêté à Rome le 28 juin, jour de la translation de son corps (origine de la fête de St Léon II).

Bède le Vénérable, suivant en cela le Liber Pontificalis, inscrivit sa déposition au 11 avril dans son martyrologe : la fête entra alors à cette date dans les sacramentaires francs du VIIIe siècle. Rome adopta la date du 11 avril au XIe siècle, célébrant ainsi deux fois St Léon le Grand jusqu’à ce qu’une confusion fasse de la date du 28 juin la fête de St Léon II, erreur entérinée par la réforme de St Pie V qui institua la fête de ce pape.

Benoît XIV a déclaré St Léon le Grand docteur en 1754.

Son office comportait la particularité d’avoir au premier nocturne, contrairement aux autres fêtes du même rang d’un pape ou d’un docteur, une lecture de l’Écriture propre (1 Petr. 1, 1-21) et non celle de l’Écriture occurrente, en raison notamment de son homélie qui tenait lieu de troisième Nocturne sur le commentaire de Matt. 16, 13-19.

Leçons des Matines avant 1960

Au premier nocturne.

Commencement de la 1re Épitre de l’Apôtre Saint Pierre. Cap. 1, 1-21.

Première leçon. Pierre, Apôtre de Jésus-Christ, aux étrangers de la dispersion dans le Pont, la Galatie, la Cappadoce, l’Asie et la Bithynie, élus, selon la prescience de Dieu le Père, pour être sanctifiés par l’Esprit, pour obéir et être arrosés du sang de Jésus-Christ : qu’en vous la grâce et la paix s’accroissent. Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés pour une vive espérance, par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts, pour un héritage incorruptible, qui n’est pas souillé, qui ne peut se flétrir, réservé dans les cieux pour vous, qui par la vertu de Dieu êtes gardés au moyen de la foi pour le salut qui doit être révélé à la fin des temps.

Deuxième leçon. En (ce salut) vous serez transportés de joie, bien qu’il faille maintenant que pour peu de jours vous soyez contristés par diverses tentations, afin que l’épreuve de votre foi, beaucoup plus précieuse que l’or (qu’on éprouve par le feu), soit trouvée digne de louange, de gloire et d’honneur à la révélation de Jésus-Christ, que vous aimez, quoique vous ne l’ayez point vu ; en qui vous croyez, sans le voir encore maintenant ; or, croyant ainsi, vous tressaillirez d’une joie ineffable et glorifiée ; obtenant comme fin de votre foi le salut de vos âmes. Salut qu’ont recherché et scruté les Prophètes qui ont prédit la grâce que vous deviez recevoir. Et, comme ils cherchaient quel temps et quelles circonstances l’Esprit du Christ qui était en eux indiquait, en prédisant les souffrances du Christ et les gloires qui devaient les suivre, il leur fut révélé que ce n’était pas pour eux-mêmes, mais pour vous, qu’ils étaient dispensateurs des choses qui vous sont annoncées maintenant par ceux qui vous ont évangélisés par l’Esprit-Saint envoyé du ciel, et que les Anges désirent contempler.

Troisième leçon. C’est pourquoi ayant ceint les reins de votre esprit, étant sobres, placez votre espérance entière dans la grâce qui vous sera donnée lorsque paraîtra Jésus-Christ. Comme des enfants obéissants, ne vous conformez pas à vos convoitises d’autrefois, quand vous étiez dans l’ignorance ; mais, à l’image du Saint qui vous a appelés, soyez saints vous aussi dans toute votre conduite, car il est écrit : Vous serez saints parce que je suis saint. Et si vous invoquez comme votre Père celui qui, sans faire acception des personnes, juge chacun selon ses œuvres, conduisez-vous avec crainte durant le temps de votre pèlerinage ; sachant que ce n’est point par des choses périssables, par l’or ou l’argent, que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre que vous teniez de vos pères, mais par le précieux sang du Christ, comme de l’Agneau sans tache et sans défaut, prédestiné avant la création du monde, et manifesté dans les derniers temps à cause de vous, qui par lui croyez en Dieu, lequel l’a ressuscité d’entre les morts, et lui a donné la gloire, afin que votre foi et votre espérance fussent en Dieu.

Au deuxième nocturne.

Quatrième leçon. Léon naquit en Toscane. Il gouverna l’Église au temps où Attila, roi des Huns, surnommé le fléau de Dieu, envahissant l’Italie, prit la ville d’Aquilée après un siège de trois jours, la pilla et l’incendia. Entraîné de là vers Rome par une ardente fureur, le prince barbare se préparait déjà à faire traverser le Mincio à ses troupes, près de l’endroit où il se jette dans le Pô, lorsque Léon, ému de compassion en voyant les maux qui menaçaient l’Italie, vint à sa rencontre, et par une éloquence divine sut persuader Attila de revenir sur ses pas. Les barbares demandèrent à leur chef pourquoi, contre sa coutume, il avait montré tant de respect à ce Pontife romain, au point de faire tout ce qu’il lui avait commandé. Il répondit qu’il avait agi par crainte d’un autre personnage, revêtu d’habits sacerdotaux, qui se tenait debout près du Pape pendant qu’il lui parlait et qui, l’épée nue, menaçait de lui donner la mort s’il n’obéissait à Léon. C’est pourquoi Attila retourna en Pannonie.

Cinquième leçon. Léon fut reçu à Rome avec une joie singulière par toute la population. Peu après, Genséric ayant envahi la Ville, il lui persuada avec la même force d’éloquence, et grâce à l’estime qu’inspirait sa sainteté, d’empêcher l’incendie, les ignominies et les meurtres. Le saint Pape, voyant l’Église attaquée par beaucoup d’hérésies et troublée surtout par les Nestoriens et les Eutychiens, convoqua un concile à Chalcédoine. Six cent trente Évêques s’y trouvèrent réunis, on y condamna Eutychès, Dioscore, et, pour la seconde fois, Nestorius ; puis Léon confirma par son autorité les décrets de ce concile.

Sixième leçon. Le saint Pontife s’occupa ensuite de faire réparer et construire des églises ; ce fut par son conseil qu’une pieuse femme, nommée Démétria, bâtit dans sa propriété l’église de Saint-Etienne sur la voie Latine, à trois milles de Rome ; lui-même en éleva une sur la voie Appienne sous le nom de saint Corneille ; de plus il répara beaucoup d’autres édifices religieux et les pourvut de nouveau de vases sacrés. Il fit construire des voûtes dans les trois basiliques de Saint-Pierre, de Saint-Paul et Constantinienne ; il édifia un monastère près de la basilique de Saint-Pierre, et il établit au tombeau des Apôtres des gardiens qu’il appela Cubiculaires. Il statua qu’au Canon de la Messe, on ajouterait ces mots : Sanctum sacrificium, immaculatum hostiam : sacrifice saint, hostie immaculée. Il ordonna que les religieuses ne recevraient le voile bénit qu’après avoir fait preuve jusqu’à quarante ans de virginité. Illustre par ces actions et par d’autres encore, auteur de beaucoup d’écrits pleins de sainteté et d’éloquence, Léon s’endormit dans le Seigneur, le trois des ides d’avril. Il tint le siège pontifical vingt ans, dix mois et vingt-huit jours.

Au troisième nocturne.

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu. Cap. 16, 13-19.

En ce temps-là : Jésus vint aux environs de Césarée de Philippe, et il interrogeait ses disciples, en disant : Que disent les hommes touchant le Fils de l’homme ? Et le reste.

Homélie de saint Léon, Pape.

Septième leçon. Ainsi que nous l’avons appris par la lecture de l’Évangile, le Seigneur avait interrogé ses disciples, leur demandant ce qu’ils pensaient de lui-même au milieu des opinions diverses des hommes, et le bienheureux Apôtre Pierre avait répondu : « Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant ». Le Seigneur dit alors : « Tu es heureux, Simon, fils de Jean, car la chair ni le sang ne t’ont révélé ceci, mais mon Père, qui est dans les cieux. Aussi moi je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle. Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux ; et tout ce que tu lieras sur la terre, sera lié aussi dans les cieux ; et tout ce que tu délieras sur la terre, sera aussi délié dans les cieux ». Ce que la Vérité a établi demeure donc ; et le bienheureux Pierre, gardant la solidité de pierre qu’il a reçue, ne cesse de tenir le gouvernail de l’Église, à lui confié.

Huitième leçon. Dans l’Église universelle, Pierre répète chaque jour : « Vous êtes le Christ, le fils du Dieu vivant, » et toute langue qui confesse le Seigneur est instruite par le magistère de cette voix. C’est cette foi qui triomphe du démon et brise les liens de ceux qu’il avait rendus captifs. C’est cette foi qui, après les avoir arrachés au monde, les introduit dans le ciel, et les portes de l’enfer ne peuvent prévaloir contre elle. Il lui a été donné par Dieu une telle fermeté que jamais la perversité de l’hérésie n’a pu la corrompre, ni la perfidie du paganisme la vaincre. C’est donc aussi, mes bien-aimés, dans ces sentiments que la fête d’aujourd’hui est célébrée par un culte raisonnable, en sorte qu’en mon humble personne l’on considère et l’on honore celui en qui se perpétue sa sollicitude de tous les pasteurs, et qui conserve toujours la garde des brebis, à lui confiées ; celui dont la dignité ne diminue ni ne décline, même en un indigne héritier.

Neuvième leçon. Quand donc nous faisons entendre nos exhortations à votre sainte assemblée croyez que celui-là même vous parle dont nous tenons la place. C’est, animé de son affection pour vous, que nous vous avertissons, et nous ne vous prêchons rien qu’il n’ait enseigné, vous conjurant de ceindre spirituellement vos reins et de mener une vie chaste et sobre dans la crainte de Dieu. Vous êtes, comme le dit l’Apôtre, « ma couronne et ma joie », si votre foi qui, dès le commencement de l’Évangile, a été célébrée dans le monde entier, persévère en toute sainteté et dilection. Toute l’Église, répandue dans l’univers entier, doit sans doute fleurir en toutes les vertus, mais il convient qu’entre tous les peuples vous vous distinguiez par le mérite d’une piété plus excellente, vous qui, établis au sommet de la religion chrétienne et sur la pierre même de l’apostolat, avez été, avec tous les hommes, rachetés par Jésus-Christ notre Seigneur, et de préférence à tous les hommes, instruits par le bienheureux Apôtre Pierre.


Dom Guéranger, l’Année Liturgique

L’un des plus grands noms des fastes de l’Église apparaît aujourd’hui sur le Cycle. Léon, Pontife et Docteur, se lève à l’horizon pascal, et vient attirer notre admiration et notre amour. Son nom seul appelle déjà l’enthousiasme. Il est le Lion, selon la signification de son nom, le Lion de la sainte Église, reproduisant ainsi en sa personne l’un des plus nobles titres de notre divin Ressuscité. Déjà, dans la suite des siècles, treize pontifes ont porté ce même nom, et cinq d’entre eux sont inscrits au catalogue des Saints ; mais nul ne l’a rendu plus glorieux que l’illustre personnage que nous fêtons aujourd’hui : aussi est-il appelé Léon le Grand.

Il a mérité ce titre par ses nobles travaux pour éclairer la foi des peuples sur le sublime mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu. La sainte Église avait triomphé des hérésies qui s’étaient attaquées au dogme de la Trinité ; les efforts de l’enfer se portèrent alors contre le dogme du Dieu fait homme. Un évêque de Constantinople, Nestorius, osa nier l’unité de personne en Jésus-Christ, et séparer en lui le Dieu de l’homme. Le concile d’Ephèse foudroya cette erreur qui anéantissait la Rédemption. Une nouvelle hérésie, opposée à la première, mais non moins destructive du christianisme, ne tarda pas à s’élever. Le moine Eutychès soutint que dans l’Incarnation la nature humaine avait été absorbée par la nature divine, et cette erreur s’étendait avec une effrayante rapidité. L’Église sentit le besoin d’un docteur qui résumât avec précision et autorité le dogme qui fait le fondement de nos espérances. Léon se leva alors, et du haut de la chaire apostolique où l’Esprit-Saint l’avait fait asseoir et proclama avec une éloquence et une clarté sans égales la formule de la foi antique, toujours la même, mais resplendissante d’un éclat nouveau. Un cri d’admiration partit du sein même du Concile œcuménique de Chalcédoine, rassemblé pour condamner le système impie d’Eutychès. « Pierre a parlé par la bouche de Léon ! » s’écrièrent les Pères ; et quatorze siècles n’ont pas effacé dans l’Église d’Orient, comme nous le verrons tout à l’heure, l’enthousiasme qu’excitèrent les enseignements préparés par Léon pour l’Église entière.

L’Occident, en proie à toutes les calamités de l’invasion des barbares, voyait s’écrouler les derniers débris de l’empire, et Attila, le Fléau de Dieu, était déjà aux portes de Rome. La barbarie recula devant la majesté de Léon, comme l’hérésie se dissipait devant l’autorité de sa parole. Le chef des Huns, qui avait fait céder les plus formidables remparts, conféra avec le Pontife sur les bords du Mincio, et il prit l’engagement de ne pas entrer dans Rome. Le calme et la dignité de Léon, qui affrontait sans défense le plus redoutable des vainqueurs de l’Empire, et exposait sa vie pour son troupeau, avaient ébranlé le barbare. En même temps son œil apercevait dans les airs l’apôtre Pierre, sous les traits d’un auguste personnage qui protégeait l’intercesseur de Rome. Dans le cœur d’Attila la terreur vint en aide à l’admiration. Moment sublime, où tout un monde nouveau se révèle ! Le Pontife désarmé affrontant les violences du barbare, le barbare ému à la vue d’un dévouement qu’il ne comprend pas encore, le ciel intervenant pour aider cette nature féroce à s’incliner devant la force morale. L’acte de dévouement accompli par Léon exprime dans un seul trait ce que plusieurs siècles virent s’opérer dans l’Europe entière ; mais l’auréole du Pontife n’en est que plus éclatante.

Afin qu’aucun genre de gloire ne manquât à Léon, l’Esprit-Saint l’avait doué d’une éloquence que l’on pourrait appeler papale, tant elle est empreinte de majesté et de plénitude. La langue latine expirante y retrouve des accents et un tour qui rappellent parfois l’âge de sa vigueur ; et le dogme chrétien, formulé dans un style pompeux et nourri de la plus pure sève apostolique, y resplendit d’un merveilleux éclat. Léon a célébré, dans ses mémorables discours, le Christ sortant du tombeau, et conviant ses fidèles à ressusciter avec lui. Il a caractérisé entre autres la période de l’Année liturgique que nous parcourons en ce moment, quand il a dit : « Les jours qui s’écoulèrent entre la résurrection du Seigneur et son Ascension, ne furent pas des jours oisifs ; car c’est alors que furent confirmés les Sacrements et révélés les grands mystères [1]. »

L’Église grecque, dans ses Menées, consacre à saint Léon un solennel Office, auquel nous empruntons les strophes suivantes. Composées avant le schisme, elles expriment l’antique foi de l’Église de Constantinople dans la primauté du Pontife romain, et montrent d’une manière irréfutable que ce ne sont pas les Latins qui ont changé la foi. Les Grecs célèbrent la mémoire de saint Léon le dix-huit février.

(DIE XVIII FEBRUARII.) Heureux Pontife, illustre Léon, tu as été le compagnon des Pontifes fidèles et des Martyrs ; invincible dans les combats, tu t’es montré inébranlable comme la tour et la citadelle de la religion ; dans ton orthodoxie et ta science, tu as proclamé l’ineffable génération du Seigneur. Recteur de l’orthodoxie, docteur de la piété et de la sainteté, flambeau de la terre tout entière, inspiré de Dieu, gloire des vrais fidèles, sage Léon, lyre du Saint-Esprit, tu as éclairé tous les hommes par ta doctrine. Héritier de la Chaire de Pierre, comme lui tu as présidé à l’Église entière ; son esprit a été en toi, et son zèle t’enflammait pour la foi. Éclatant d’une splendide lumière, très saint Léon, tu as éclairci le mystère de l’ineffable et divine incarnation, proclamant la double nature et la double volonté du Dieu fait chair. Tout resplendissant de la science divine, tu as lancé partout les rayons de l’orthodoxie ; après avoir dissipé les ténèbres de l’hérésie, tu as quitté cette vie, ô bienheureux, et tu habites la lumière qui ne connaît pas de couchant. Par ta prédication merveilleuse, tu nous as montré le Christ Fils unique et Seigneur, engendré du Père avant les siècles, né pour nous de la Vierge, et apparaissant sur la terre semblable à nous, ô ministre inspiré des divins mystères ! Assis glorieux sur le trône du pontificat, tu as fermé la gueule des lions ; en proclamant le dogme sacré de l’adorable Trinité, tu as fait briller aux yeux de ton troupeau la lumière de la connaissance de Dieu ; c’est pour cela que tu as été glorifié comme un divin Pontife initié à la grâce de Dieu. Tu t’es levé de l’Occident, comme un soleil rayonnant : ta science a dissipé le sophisme d’Eutychès qui confondait les deux natures, et celui de Nestorius qui les divisait ; tu nous as appris à adorer un seul Christ en deux natures indivisibles, immuables et sans confusion. Inspiré de Dieu, tu as présenté comme de nouvelles tables écrites du doigt de Dieu ; semblable à Moïse apparaissant aux yeux du peuple divin, tu t es écrié dans l’assemblée des Maîtres vénérables : « Pontifes, célébrez le Christ ; bénissez-le et exaltez-le à jamais. » Maintenant, ô Pontife du Christ, tu portes une couronne éclatante de beauté ; prêtre fidèle, la justice est ton vêtement, et tu tressailles d’une joie ineffable dans le paradis des délices ; daigne supplier sans cesse le Seigneur pour ton troupeau. Dans le séjour où sont les sièges, les trônes et les rangs pour les Patriarches, tu as mérité d’entrer comme un Père, comme un vrai Patriarche, entouré des rayons de la foi et de la grâce, heureux Léon ! et nous proclamons tous l’éternelle félicité qui est ton partage.

Gloire soit à vous, ô Christ, Lion de la tribu de Juda, qui avez suscité dans votre Église un Lion pour la défendre aux jours où la sainte foi courait de si grands dangers. Vous aviez chargé Pierre de confirmer ses frères ; et nous avons vu Léon, en qui Pierre était vivant, remplir cet office avec une autorité souveraine. Nous avons entendu retentir l’acclamation du saint Concile, qui, en s’inclinant devant la doctrine toute céleste de Léon, proclamait le bienfait signalé que vous avez, en ces jours, conféré à votre troupeau, lorsque vous donnâtes à Pierre le soin de paître les brebis comme les agneaux.

O Léon ! Vous avez dignement représenté Pierre dans sa chaire. Votre parole apostolique n’a cessé d’en descendre, toujours vraie, toujours éloquente et majestueuse. L’Église de votre temps vous honora comme le maître de la doctrine, et l’Église de tous les siècles vous reconnaît pour l’un des plus savants docteurs qui aient enseigné la divine Parole. Du haut du ciel où vous siégez maintenant, répandez sur nous l’intelligence du divin mystère que vous avez été chargé d’exposer. Sous votre plume inspirée, ce mystère s’éclairât, son harmonie sublime se révèle ; et la foi se réjouit de percevoir si distinctement le divin objet auquel elle adhère. Fortifiez en nous cette foi, ô Léon ! Le Verbe incarné est encore blasphémé de nos jours ; vengez sa gloire, en nous envoyant de nouveaux docteurs.

Vous avez triomphé de la barbarie, ô noble Pontife ! Attila vous rendit les armes. De nos jours, il s’est levé de nouveaux barbares, les barbares civilisés qui nous vantent comme l’idéal des sociétés celle qui n’est plus chrétienne, celle qui dans ses lois et ses institutions ne confesse plus Jésus-Christ roi de l’humanité, auquel toute puissance a été donnée au ciel et sur la terre. Oh ! venez à notre secours ; car le mal est monte à son comble. Beaucoup sont séduits et s’en vont à l’apostasie sans s’en douter. Obtenez que la lumière ne s’éteigne pas totalement chez nous, que le scandale s’arrête enfin. Attila n’était qu’un païen ; les modernes utopistes sont chrétiens, ou du moins quelques uns voudraient l’être ; prenez pitié d’eux, et ne permettez pas qu’ils soient plus longtemps victimes de leurs illusions.

En ces jours de la Pâque qui vous rappellent, ô Léon, les labeurs de votre ministère pastoral, alors qu’entouré de vos néophytes vous les nourrissiez de vos immortels discours, priez pour les fidèles qui, dans cette même solennité, sont ressuscites avec Jésus-Christ. Ils ont besoin de connaître de plus en plus ce divin Sauveur de leurs âmes, afin de s’attacher à lui et de ne plus jamais s’en séparer. Révélez-leur tout ce qu’il est, et dans sa nature divine et dans sa nature humaine : comme Dieu, leur fin dernière, et leur juge après cette vie ; comme homme, leur frère, leur Rédempteur et leur modèle. O Léon ! Bénissez, soutenez votre successeur sur la Chaire de Pierre, et montrez-vous en ces jours l’appui de cette Rome dont vous avez célébré avec tant d’éloquence les saintes et éternelles destinées.
[1] Sermo LXXII

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

C’est le 10 novembre 461 que mourut ce célèbre Pontife dont le souvenir évoque les grandes victoires de l’orthodoxie dans les conciles de Constantinople et de Chalcédoine ; toutefois comme cette date était consacrée, à Rome, à un groupe insigne de martyrs ensevelis dans la basilique de Saint-Tryphon, la fête du grand Pontife passa en seconde ligne et fut transférée au 11 avril, jour où pour la première fois il fut déposé dans la tombe, sous le portique extérieur de Saint-Pierre. La mémoire du saint Pontife se présentait une seconde fois — S. Leonis secundo — le 28 juin, anniversaire de la translation de son corps à l’intérieur de la basilique vaticane, sous le pape Serge Ier. Par la suite, dans les calendriers modernes, la fête du 11 avril devint universelle, raison pour laquelle le titulaire de la commémoration du 28 juin fut peu à peu identifié avec un autre Léon, le second de ce nom, personnage qui n’a pourtant pas laissé de grandes traces dans l’histoire, et dont le pontificat ne dura qu’un an.

Voici la belle épigraphe qu’en 688 Serge Ier plaça sur la tombe du saint Pontife :

HVIVS • APOSTOLICI • PRIMVM • EST • HIC • CORPVS • HVMATVM

QVOD • EO • DECET • TVMVLO • DIGNVS • IN • ARCE • PETRI

HINC • VATVM • PROCERVMQVE • COHORS • QVOS • CERNIS • ADESSE

MEMBRA • SVB • EGREGIA • SVNT • ADOPERTA • DOMO

SED • DVDVM • VT • PASTOR • MAGNVS • LEO • SEPTA • GREGEMQVE

CHRISTICOLAM • SERVANS • LANITOR • ARCIS • ERAT

COMMONET • E • TVMVLO • QVOD • GESSERAT • IPSE • SVPERSTES

INSIDIANS • NE • LVPVS • VASTET • OVILE • DEI

TESTANTVR • MISSI • PRO • RECTO • DOGMATE • LIBRI

QVOS • PIA • CORDA • COLVNT • QVOS • PRAVA • TVRBA • TIMET

RVGIIT • ET • PAVIDA • STVPVERVNT • CORDA • FERARVM

PASTORISQVE • SVI • IVSSA • SEQVVNTVR • OVES

HIC • TAMEN • EXTREMO • IACVIT • SVB • MARMORE • TEMPLI

QVEM • IAM • PONTIFICVM • PLVRA • SEPVLCHRA • CELANT

SERGIVS • ANTISTES • DIVINO • IMPVLSVS • AMORE

NVNC • IN • FRONTE • SACRAE • TRANSTVLIT • INDE • DOMVS

EXORNANS • RVTILVM • PRAETIOSO • MARMORE • TYMBVM

IN • QVO • POSCENTES • MIRA • SVPERNA • VIDENT

ET • QVIA • PRAEMICVIT • MIRIS • VIRTVTIBVS • OLIM

VLTIMA • PONTIFIClS • GLORIA • MAIOR • ERIT

SEDIT • IN • EPISCOPATV • ANNOS • XXI • MENSEM • I

DIES • XIII • DEPOSITVS • EST • III • ID... • (APRILES)

ITERVM • TRANSLATVS • HVC • A • BEATO • PAPA

SERGIO • IIII • KAL • IVL • INDICTIONE • I Jusqu’à présent, le corps de ce Pape n’était pas enseveli

Dans la basilique de Pierre, en un tombeau digne de lui.

Ici, des Pères et des Pontifes avaient déjà été recueillir

Les ossements, pour qu’ils reposassent sous le toit de cette splendide demeure.

Léon, au contraire, en Pasteur attentif à garder le bercail et le troupeau

Chrétien, continuait à servir de portier à la basilique,

Et, comme pendant sa vie, à crier du sépulcre

Pour que le loup ne dévastât pas le bercail de Dieu.

Nous en avons pour garants les livres publiés pour la défense du dogme orthodoxe,

Que les âmes religieuses vénèrent, tandis que la troupe des adversaires les redoutent.

Le Lion surgit, et la hardiesse des bêtes féroces en demeure terrifiée,

Alors que les brebis obéissent, dociles, à la voix de leur Pasteur.

Ses ossements reposaient jadis près du seuil du temple.

Aujourd’hui déjà presque tout recouvert par les tombeaux des Pontifes.

L’évêque Serge, poussé par l’amour divin,

En transfère maintenant les ossements dans la grande nef de la basilique vaticane,

Ornant la tombe d’un marbre brillant.

Près de ce sépulcre, ceux qui prient obtiennent des grâces nombreuses ;

Et parce que, durant sa vie, Léon fut illustre par ses très nombreuses vertus,

Ainsi la gloire de ce Pontife grandira-t-elle sans cesse.

Il siégea dans l’épiscopat XXI ans, un mois et treize jours, il fut déposé dans la tombe le 11 (avril).

De nouveau il fut déposé ici par le pape Serge, le 28 juin, de la première indiction.

La messe n’offre rien de spécial, mais emprunte ses diverses parties, ça et là, au Commun des Pontifes. Cependant la lecture évangélique est celle de la fête de saint Pierre, c’est-à-dire celle qui était en usage à Rome pour l’anniversaire de l’Ordination du Pape, et que saint Léon, en pareille circonstance, avait commentée tant de fois au peuple in natale ordinationis suae.

Il ne faut pas oublier, à la gloire de saint Léon, qu’il eut à étendre son activité même dans le champ liturgique. Le Sacramentaire appelé Léonien doit contenir plusieurs compositions du saint Docteur, à qui en outre, avec de bonnes raisons, quelques liturgistes attribuent la rédaction des magnifiques offices de l’Avent.

La collecte est la suivante : « Accueillez, Seigneur, les prières que nous vous offrons à l’occasion de la fête du bienheureux Léon, pontife et confesseur de votre Nom ; et puisqu’il vous servit saintement, par ses mérites délivrez-nous de tout péché. » Quelle belle notion de l’épiscopat, lequel comporte un service de Dieu total et continu. Mais aussi, comme elle est gracieuse, la demande du peuple chrétien, d’être absous de tout péché par les mérites de celui auquel le Christ conféra jadis la puissance d’ouvrir et de fermer les portes du Ciel !

La première lecture est tirée de l’Ecclésiastique (XXXIX, 6-14) : Le docteur catholique acquiert moins la sagesse dans les livres qu’il ne la reçoit comme un don gratuit de la divine grâce, à laquelle l’âme a prêté une correspondance docile par l’humilité, la sobriété et surtout par la prière. Ainsi le serviteur de Dieu n’édifie pas seulement son propre esprit, mais, comme une pluie bienfaisante, il est destiné à faire du bien à la société chrétienne tout entière

La lecture évangélique, pour la fête de cet énergique défenseur de la primauté pontificale sur toute l’Église, est la même que le 22 février, commentée maintes fois par Léon Ier aux évêques et au peuple romain réunis autour du tombeau de saint Pierre pour célébrer l’anniversaire de son élévation au trône pontifical.

Le verset de l’offertoire est tiré du psaume 88 : « J’ai trouvé David mon serviteur ; je l’ai oint de l’huile de ma sainteté. Ma main l’aidera et mon bras le soutiendra. » David est demeuré, dans la sainte Écriture, le type symbolique du Christ et de tout digne pasteur du troupeau de Dieu. Il a mérité cet honneur par sa docilité à la grâce et sa conformité à la volonté divine, ce qui lui valut de l’Esprit Saint l’éloge de pasteur selon le cœur de Dieu.

La prière sur les oblations est la suivante : « Que la solennité annuelle du bienheureux confesseur Léon, votre Pontife, Seigneur, vous rende favorable à nous ; et que cette hostie de propitiation qui accroît sa gloire nous procure le don de votre grâce. » L’offrande du divin Sacrifice accroît dans le ciel la gloire et la béatitude accidentelle des saints, parce que les fidèles rendent à Dieu les actions de grâces qui lui sont dues, et son saint Nom est glorifié pour les mérites qu’il a accordés à ses saints. Cette gloire de Dieu se reflète sur les âmes des bienheureux et augmente leur félicité.

Le verset pour la Communion du peuple est tiré de l’Évangile selon saint Matthieu (XXIV, 46-47) : « Bienheureux ce serviteur qui sera éveillé à l’arrivée du Seigneur ; je vous assure qu’il le mettra à la tête de ses trésors. » La vénération envers les saints ne diminue en rien le culte de Dieu, au contraire elle l’accroît ; car nous les honorons comme des serviteurs fidèles qui ont bien accompli l’œuvre que leur a confiée le Seigneur et qui ont mérité près de lui grâce pour eux-mêmes et pour nous.

En l’honneur de ce grand Pape qui, sous Attila et Genséric, avait sauvé Rome de la ruine, s’élevèrent au moyen âge plusieurs églises et oratoires sur le Cœlius, sur l’Esquilin et près du Tibre, non loin du Môle d’Hadrien. Au Vatican, où saint Léon avait érigé un monastère en l’honneur des martyrs Jean et Paul, on lui dédia une chapelle spéciale, mentionnée dans la vie de Léon III. Mais son souvenir demeura vivant aussi dans les autres basiliques de Rome, où les grandes restaurations, les mosaïques, les absides et les fontaines rappelaient continuellement son nom. Dans la basilique de Saint-Paul, surtout, la mosaïque du grandiose arc triomphal conserve encore le nom de Léon le Grand, et le musée épigraphique de cette abbaye garde aussi l’inscription dédicatoire des grands travaux entrepris par le Pontife pour la restauration de ce vénérable sanctuaire. Les recueils du moyen âge ont reproduit les gracieux vers qui, autrefois, ornaient le cantharus, ou vasque pour les ablutions, qui s’élevait au centre de l’atrium de la basilique. Les voici :

Perdiderat laticum longaeva incuria cursus,

Quos tibi nunc pleno cantharus ore vomit.

Provida Pastoris per totum cura Leonis,

Haec ovibus Christi larga fluenta dedit.

Unda lavat carnis maculas, sed crimina purgat

Purificatque animas mundior amne Fides.

Quisque suis meritis veneranda sacraria Pauli

Une longue incurie avait laissé se dégrader l’aqueduc

dont vous voyez maintenant le bassin vomir les eaux à pleine bouche.

La prévoyance universelle et attentive du Pasteur Léon

a procuré aux brebis du Christ ces flots abondants.

L’eau fait disparaître les souillures du corps ;

mais, plus pure que l’eau, la foi efface les fautes et purifie les âmes.

Vous tous qui pénétrez pour prier dans ce sanctuaire de Paul,

vénérable par ses mérites, lavez vos mains à la fontaine.

Au nom de saint Léon sont liés aussi la basilique et le monastère de Saint-Etienne, qu’il fit ériger sur la voie Latine, aux frais de Démétriade. En voici l’épigraphe dédicatoire :

Cum mundum linquens Demetrias Amnia Virgo,

Clauderet extremum non moritura diem,

Haec tibi, Papa Leo, votorum extrema suorum,

Tradidit, ut sacrae surgeret aula domus.

Mandati completa fides, sed gloria maior,

Interius votum solvere, quam propalam.

Indiderat culmen Stephanus, qui primus in orbe

Raptus morte truci regnat in arce poli.

Praesulis hanc iussu Tigrinus presbyter aulam

Tandis que disant adieu à ce monde, la vierge Amnia Demetrias

achevait son dernier jour — mais pour ne plus mourir —

elle vous transmit, ô Pape Léon, son suprême désir :

la construction d’un édifice sacré.

Sa volonté a été fidèlement exécutée : mais l’accomplissement d’un vœu est plus glorieux

dans l’ordre spirituel que dans le monde visible.

Etienne avait droit à ce temple, lui le premier qu’une mort violente

ait retiré de ce monde pour le faire régner dans les hauteurs du ciel.

Sur l’ordre de son Pontife, le prêtre Tigrinus a préparé cette demeure,

en sa grandeur d’âme et par son activité laborieuse.



Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Tu es Pierre.

Saint Léon. — Jour de mort : 10 novembre 461. Tombeau : dans l’Église Saint-Pierre de Rome. Image : On le représente en pape et docteur de l’Église, avec la crosse et l’Évangile. Vie.. Saint Léon, pape et docteur, surnommé par honneur le Grand, gouverna l’Église de 440 à 461. Ce fut un des plus grands papes de l’histoire. De sa vie nous ne savons pas grand’chose. L’homme, disparaît presque devant le Pape. Pape, il considéra comme une de ses tâches les plus importantes de défendre la primauté du Pontife romain, successeur de saint Pierre, et de relever le prestige du Siège apostolique devant le monde. Et, de fait, peu de papes ont occupé le centre du monde ecclésiastique et du monde politique comme saint Léon. Même comme écrivain, il a une grande renommée. Ses discours, que nous rencontrons souvent dans le bréviaire, sont parmi les plus beaux et les plus profonds. Le bréviaire raconte : « Léon gouvernait l’Église précisément au moment où Attila, roi des Huns, surnommé le « fléau de Dieu », pénétrait en Italie où, après avoir assiégé pendant trois ans Aquilée, il s’empara de cette ville, la pilla, et la dévasta par le feu et le fer. Le roi des Huns, dans sa fureur, s’élançait contre Rome, et son armée commençait déjà à traverser le Mincio à l’endroit où il se jette dans le Pô. Alors, Léon, douloureusement ému par les malheurs de l’Italie, alla à sa rencontre et, par son éloquence divine, persuada à Attila de rétrograder. Comme ses familiers lui demandaient pourquoi, contre son habitude, il avait obéi si humblement aux ordres du Pontife romain, il répondit qu’il avait vu un homme, revêtu des habits sacerdotaux, debout auprès de Léon pendant qu’il parlait. Cet homme lui avait fait peur, car il avait l’épée au clair et le menaçait de mort s’il n’obéissait pas à Léon. Attila retourna en Pannonie. Quant à Léon, il revint à Rome et y fut reçu avec une joie inexprimable. Peu de temps après, Genséric attaqua la ville. Mais Léon, par la force de son éloquence et le renom de sa sainteté, le détermina à s’abstenir d’incendie, d’horreurs et de meurtre (455) ». Saint Léon fit beaucoup, aussi, pour la liturgie. Le sacramentaire dit léonien contient beaucoup d’oraisons de lui ; certains liturgistes lui attribuent la composition du bel office de l’Avent.

La messe (Si diligis). — Au pape qui a défendu la primauté du Pontife Romain revenait une place toute spéciale dans le nouvel office des Souverains Pontifes. C’est à son ancienne messe qu’a été emprunté l’évangile de la messe Si diligis, ainsi que l’homélie qui en donne un commentaire au 3e nocturne des matines. Voici ce que dit saint Léon à l’occasion du second anniversaire de son élévation : « Pierre n’a pas quitté le gouvernail de l’Église qui lui avait été confié ; c’est lui qui, tous les jours, répète dans toute l’Église : Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant ! Dans mon humble personne, c’est lui qu’il faut voir, c’est lui qu’il faut honorer, car la sollicitude qu’il avait de tous les pasteurs et son souci de toutes les brebis n’ont pas cessé d’exister et dans son indigne successeur c’est sa dignité qui survit ».



Saint Léon (le Grand) (440-461)

Il fut considéré comme la figure idéale du pontife romain, étant même pris comme exemple dans les siècles suivants.

Il réussit à retenir Attila, roi des Huns, dans sa marche sur Rome, mais il n'eut pas le même résultat lorsque les Vandales de Genséric, en juin 455, mirent à saque Rome et ses monuments.

Il travailla à la reconstruction de Rome et des églises "vandalisées".




Leo the Great, Pope Doctor (RM)

Born in Rome or Tuscany, Italy; died in Rome, November 10, 461; feast day formerly April 11.


"In Jesus humility was taken up into majesty, weakness into strength, mortality into eternity; and to pay the debt that we humans had incurred, an inviolable nature was united with a nature capable of suffering. He assumed the form of a servant without the stain of sin, enhancing what was human, not detracting from what was divine" --Leo the Great. Born in Tuscany or in Rome of Tuscan parents, Leo was a man of the noblest character and great ability. He became a deacon under Saint Celestine I and later under Saint Sixtus III. Saint Cyril wrote directly to him, and Saint John Cassian dedicated his treatise against Nestorius to him.

In 440, Leo was sent to arbitrate a dispute between Aetius and Albinus, the imperial generals whose quarrels were leaving Gaul open to attacks by the barbarians. While he was still with the two generals, a deputation came to announce the death of Pope Sixtus III and his own succession to the papacy.

Leo took the Chair of Saint Peter on September 29, 440. In this capacity he showed himself a true shepherd and father of souls during a time of crisis both in the Church and in the empire. He immediately set about advancing and consolidating the Roman see, and began his pastoral duties with a series of 96 still extant sermons on faith, encouraging various acts of Christian social charity, elaborating on Christian doctrine, strenuously opposing Manichaeanism, Pelagianism, Priscillianism, and Nestorianism, and defending papal primacy in the jurisdiction of the Church.

Because of his efforts to preserve the integrity of the faith, to defend the unity of the Church, and to repel or mitigate the ef- fects of the barbarian invasions, he well deserves to be called "the Great."

In 448 he received a letter from an abbot (archimandrite) in Constantinople, Eutyches, complaining about the revival of the Nestorian heresy. He replied guardedly and promised to make enquiries. The following year Leo received a protest by Eutyches (supported by the Emperor Theodosius II) against the fact that Saint Flavian, patriarch of Constantinople, had excommunicated him. Duplicates of this letter were sent to the patriarchs of Alexandria and Jerusalem.

Because no official notice of Eutyches excommunication proceedings had reached Rome, Leo wrote to Flavian, who sent a report of the synod at which the abbot had been sentenced. Communication with Saint Flavian revealed that Eutyches denied the two natures of Christ--making him a heretic.

In 449, a council was summoned at Ephesus by Emperor Theodosius, with the superficial intention of investigating the matter. The synod, dubbed "the Robber Synod," was packed with Eutyches's friends and acquitted him while condemning Saint Flavian. Dioscorus, the patriarch of Alexandria, prevented the papal legates from reading aloud a letter Pope Leo had sent through Flavian. Saint Flavian was physically assaulted during the synod and died from the violence done to his person during his deposition.

Following the council Dioscorus was intruded as patriarch of Constantinople in place of Flavian by Emperor Theodosius.

In 451, under Emperor Marcian, 600 bishops and Leo's representatives met during the fourth general council at Chalcedon to consider the teaching of Eutyches (Monophysism). Leo's doctrinal letter (The Dogmatic Letter or Tome of Saint Leo) on the Incarnation was acclaimed as the basis of the council's declaration of orthodox doctrine on Christ's two natures.

This Tome was the letter sent to the earlier synodal council through Patriarch Flavian of Constantinople, suppressed by Dioscorus, which stated that in Jesus Christ "was born true God in the entire and perfect nature of true man. . . . The Son of God, came down from heaven without withdrawing from his Father's glory, and entered this lower world, born after a new order, by a new mode of birth."

Thus, Saint Flavian was vindicated in the Council of Chalcedon and Dioscorus was excommunicated and deposed.

The immediate aim of Saint Leo was to combat the teaching of the monk Eutyches, who had insisted that Jesus had only one nature, since (Eutyches maintained) his human nature was absorbed into his divine nature. But the Tome also greatly enhanced the papacy for the Council of Chalcedon recognized Leo's teaching as "the voice of Saint Peter."

The Council of Chalcedon also issued a canon that Leo refused to recognize: Constantinople was given a dignity second only to Rome above that of Alexandria and Antioch, which threatened to disrupt an ancient traditional order.

The following year, after Attila the Hun had plundered Milan and destroyed Pavia, Leo in person went to Peschiera to confront the invading Huns at the river Mincio, and induced Attila--in consideration of an annual tribute from Rome--to withdraw beyond the Danube. Unfortunately, he could not stop the Vandals. In 455 the Vandal Genseric attacked and sacked Rome, but Leo persuaded him against killing the inhabitants and burning the city.

After the Vandals departed, Leo ministered to the people, replacing the treasures of the churches, and he sent missionary priests with money to Africa to minister to the captives, whom the Vandals took with them, and to purchase their freedom.

In his lifetime Leo gained the respect of people of all ranks, from emperors to barbarians, and his sagacity and effectiveness were to influence the concept of the papacy for centuries. Saint Leo continually attempted to meet the demands of his day firmly and authoritatively. He saw the need to strengthen and extend the influence of the Roman Church; he exerted his authority as pope in Spain, in Gaul, in Illyricum, and in North Africa. His actions provided the energetic central authority needed for stability during this chaotic time.

Leo the Great left 432 (Walsh says 143) surviving letters as well as the 96 sermons noted previously. His writings are remarkable for their precision and clear expression, revealing him to be a decisive and firm man, who speaks with the voice of Peter.

He secured the support of Emperor Valentinian III, although he did not manage to persuade the whole eastern church to accept his jurisdiction.

Saint Leo was typical of the best Roman character: energetic, magnanimous, consistent and unswerving in duty, his religion firmly anchored in the central Christian mystery of the Incarnation of the Word. He always trusted in God, was never discouraged, and maintained an unruffled equanimity even in the most difficult circumstances. The learned Pope Benedict XIV in 1754 added Saint Leo's name to those of the doctors of the Church. His relics are preserved in the Vatican basilica (Attwater, Bentley, Delaney, Jalland, Walsh, White).

Leo is depicted as a pope with a dragon near him as in the 15th- century Breviary of Martin of Aragon. Sometimes he is shown (1) with SS Peter and Paul confronting Attila; (2) Saint Peter giving him the Pallium; (3) angels surrounding him; (4) meeting Attila the Hun at the gates of Rome; (5) on horseback, with Attila and his soldiers kneeling before him; or (6) praying at the tomb of Saint Peter (Roeder, White).
SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/1110.shtml

His relics are preserved in the Vatican Basilica. He is the patron saint of choristers and musicians (Roeder).


Le Saint Pape Léon devant Attila, Vatican, Basilique Saint-Pierre

Pope Saint Leo I 

(the Great)

(Reigned 440-461).

Place and date of birth unknown; died 10 November, 461. Leo's pontificate, next to that of St. Gregory I, is the most significant and important in Christian antiquity. At a time when the Church was experiencing the greatest obstacles to her progress in consequence of the hastening disintegration of the Western Empire, while the Orient was profoundly agitated over dogmatic controversies, this great pope, with far-seeing sagacity and powerful hand, guided the destiny of the Roman and Universal Church. According to the "Liber Pontificalis" (ed. Mommsen, I, 101 sqq., ed. Duchesne, I, 238 sqq.), Leo was a native of Tuscany and his father's name was Quintianus. Our earliest certain historical information about Leo reveals him a deacon of the Roman Church under Pope Celestine I (422-32). Even during this period he was known outside of Rome, and had some relations with Gaul, since Cassianus in 430 or 431 wrote at Leo's suggestion his work "De Incarnatione Domini contra Nestorium" (Migne, P.L., L, 9 sqq.), prefacing it with a letter of dedication to Leo. About this time Cyril of Alexandria appealed to Rome against the pretensions of Bishop Juvenal of Jerusalem. From an assertion of Leo's in a letter of later date (ep. cxvi, ed. Ballerini, I, 1212; II, 1528), it is not very clear whether Cyril wrote to him in the capacity of Roman deacon, or to Pope Celestine. During the pontificate of Sixtus III (422-40), Leo was sent to Gaul by Emperor Valentinian III to settle a dispute and bring about a reconciliation between Aëtius, the chief military commander of the province, and the chief magistrate, Albinus. This commission is a proof of the great confidence placed in the clever and able deacon by the Imperial Court. Sixtus III died on 19 August, 440, while Leo was in Gaul, and the latter was chosen his successor. Returning to Rome, Leo was consecrated on 29 September of the same year, and governed the Roman Church for the next twenty-one years.

Leo's chief aim was to sustain the unity of the Church. Not long after his elevation to the Chair of Peter, he saw himself compelled to combat energetically the heresies which seriously threatened church unity even in the West. Leo had ascertained through Bishop Septimus of Altinum, that in Aquileia priests, deacons, and clerics, who had been adherents of Pelagius, were admitted to communion without an explicit abjuration of their heresy. The pope sharply censured this procedure, and directed that a provincial synod should be assembled in Aquileia, at which such persons were to be required to abjure Pelagianism publicly and to subscribe to an unequivocal confession of Faith (epp. i and ii). This zealous pastor waged war even more strenuously against Manichæism, inasmuch as its adherents, who had been driven from Africa by the Vandals, had settled in Rome, and had succeeded in establishing a secret Manichæan community there. The pope ordered the faithful to point out these heretics to the priests, and in 443, together with the senators and presbyters, conducted in person an investigation, in the course of which the leaders of the community were examined. In several sermons he emphatically warned the Christians of Rome to be on their guard against this reprehensible heresy, and repeatedly charged them to give information about its followers, their dwellings, acquaintances, and rendezvous (Sermo ix, 4, xvi, 4; xxiv, 4; xxxiv, 4 sq.; xlii, 4 sq.; lxxvi, 6). A number of Manichæans in Rome were converted and admitted to confession; others, who remained obdurate, were in obedience to imperial decrees banished from Rome by the civil magistrates. On 30 January, 444, the pope sent a letter to all the bishops of Italy, to which he appended the documents containing his proceedings against the Manichæans in Rome, and warned them to be on their guard and to take action against the followers of the sect (ep. vii). On 19 June, 445, Emperor Valentinian III issued, doubtless at the pope's instigation, a stern edict in which he established seven punishments for the Manichæans ("Epist. Leonis", ed. Ballerini, I, 626; ep. viii inter Leon. ep). Prosper of Aquitaine states in his "Chronicle" (ad an. 447; "Mon. Germ. hist. Auct. antiquissimi", IX, I, 341 sqq.) that, in consequence of Leo's energetic measures, the Manichæans were also driven out of the provinces, and even Oriental bishops emulated the pope's example in regard to this sect. In Spain the heresy of Priscillianism still survived, and for some time had been attracting fresh adherents. Bishop Turibius of Astorga became cognizant of this, and by extensive journeys collected minute information about the condition of the churches and the spread of Priscillianism. He compiled the errors of the heresy, wrote a refutation of the same, and sent these documents to several African bishops. He also sent a copy to the pope, whereupon the latter sent a lengthy letter to Turibius (ep. xv) in refutation of the errors of the Priscillianists. Leo at the same time ordered that a council of bishops belonging to the neighbouring provinces should be convened to institute a rigid enquiry, with the object of determining whether any of the bishops had become tainted with the poison of this heresy. Should any such be discovered, they were to be excommunicated without hesitation. The pope also addressed a similar letter to the bishops of the Spanish provinces, notifying them that a universal synod of all the chief pastors was to be summoned; if this should be found to be impossible, the bishops of Galicia at least should be assembled. These two synods were in fact held in Spain to deal with the points at issue (Hefele, "Konziliengesch." II, 2nd ed., pp. 306 sqq.).

The greatly disorganized ecclesiastical condition of certain countries, resulting from national migrations, demanded closer bonds between their episcopate and Rome for the better promotion of ecclesiastical life. Leo, with this object in view, determined to make use of the papal vicariate of the bishops of Arles for the province of Gaul for the creation of a centre for the Gallican episcopate in immediate union with Rome. In the beginning his efforts were greatly hampered by his conflict with St. Hilary, then Bishop of Arles. Even earlier, conflicts had arisen relative to the vicariate of the bishops of Arles and its privileges. Hilary made excessive use of his authority over other ecclesiastical provinces, and claimed that all bishops should be consecrated by him, instead of by their own metropolitan. When, for example, the complaint was raised that Bishop Celidonius of Besançon had been consecrated in violation of the canons—the grounds alleged being that he had, as a layman, married a widow, and, as a public officer, had given his consent to a death sentence—Hilary deposed him, and consecrated Importunus as his successor. Celidonius thereupon appealed to the pope and set out in person for Rome. About the same time Hilary, as if the see concerned had been vacant, consecrated another bishop to take the place of a certain Bishop Projectus, who was ill. Projectus recovered, however, and he too laid a complaint at Rome about the action of the Bishop of Arles. Hilary then went himself to Rome to justify his proceedings. The pope assembled a Roman synod (about 445) and, when the complaints brought against Celidonius could not be verified, reinstated the latter in his see. Projectus also received his bishopric again. Hilary returned to Arles before the synod was over; the pope deprived him of jurisdiction over the other Gallic provinces and of metropolitan rights over the province of Vienne, only allowing him to retain his Diocese of Arles.

These decisions were disclosed by Leo in a letter to the bishops of the Province of Vienne (ep. x). At the same time he sent them an edict of Valentinian III of 8 July, 445, in which the pope's measures in regard to St. Hilary were supported, and the primacy of the Bishop of Rome over the whole Church solemnly recognized "Epist. Leonis," ed. Ballerini, I, 642). On his return to his bishopric Hilary sought a reconciliation with the pope. After this there arose no further difficulties between these two saintly men and, after his death in 449, Hilary was declared by Leo as "beatæ memoriæ". To Bishop Ravennius, St. Hilary's successor in the see of Arles, and the bishops of that province, Leo addressed most cordial letters in 449 on the election of the new metropolitan (epp. xl, xli). When Ravennius consecrated a little later a new bishop to take the place of the deceased Bishop of Vaison, the Archbishop of Vienne, who was then in Rome, took exception to this action. The bishops of the province of Arles then wrote a joint letter to the pope, in which they begged him to restore to Ravennius the rights of which his predecessor Hilary had been deprived (ep. lxv inter ep. Leonis). In his reply dated 5 May, 450 (ep. lxvi), Leo acceded to their request. The Archbishop of Vienne was to retain only the suffragan Bishoprics of Valence, Tarentaise, Geneva, and Grenoble; all the other sees in the Province of Vienne were made subject to the Archbishop of Arles, who also became again the mediator between the Holy See and the whole Gallic episcopate. Leo transmitted to Ravennius (ep. lxvii), for communication to the other Gallican bishops, his celebrated letter to Flavian of Constantinople on the Incarnation. Ravennius thereupon convened a synod, at which forty-four chief pastors assembled. In their synodal letter of 451, they affirm that they accept the pope's letter as a symbol of faith (ep. xxix inter ep. Leonis). In his answer Leo speaks further of the condemnation of Nestorius (ep. cii). The Vicariate of Arles for a long time retained the position Leo had accorded it. Another papal vicariate was that of the bishops of Thessalonica, whose jurisdiction extended over Illyria. The special duty of this vicariate was to protect the rights of the Holy See over the district of Eastern Illyria, which belonged to the Eastern Empire. Leo bestowed the vicariate upon Bishop Anastasius of Thessalonica, just as Pope Siricius had formerly entrusted it to Bishop Anysius. The vicar was to consecrate the metropolitans, to assemble in a synod all bishops of the Province of Eastern Illyria, to oversee their administration of their office; but the most important matters were to be submitted to Rome (epp. v, vi, xiii). But Anastasius of Thessalonica used his authority in an arbitrary and despotic manner, so much so that he was severely reproved by Leo, who sent him fuller directions for the exercise of his office (ep. xiv).

In Leo's conception of his duties as supreme pastor, the maintenance of strict ecclesiastical discipline occupied a prominent place. This was particularly important at a time when the continual ravages of the barbarians were introducing disorder into all conditions of life, and the rules of morality were being seriously violated. Leo used his utmost energy in maintining this discipline, insisted on the exact observance of the ecclesiastical precepts, and did not hesitate to rebuke when necessary. Letters (ep. xvii) relative to these and other matters were sent to the different bishops of the Western Empire—e.g., to the bishops of the Italian provinces (epp. iv, xix, clxvi, clxviii), and to those of Sicily, who had tolerated deviations from the Roman Liturgy in the administration of Baptism (ep. xvi), and concerning other matters (ep. xvii). A very important disciplinary decree was sent to bishop Rusticus of Narbonne (ep. clxvii). Owing to the dominion of the Vandals in Latin North Africa, the position of the Church there had become extremely gloomy. Leo sent the Roman priest Potentius thither to inform himself about the exact condition, and to forward a report to Rome. On receiving this Leo sent a letter of detailed instructions to the episcopate of the province about the adjustment of numerous ecclesiastical and disciplinary questions (ep. xii). Leo also sent a letter to Dioscurus of Alexandria on 21 July, 445, urging him to the strict observance of the canons and discipline of the Roman Church (ep. ix). The primacy of the Roman Church was thus manifested under this pope in the most various and distinct ways. But it was especially in his interposition in the confusion of the Christological quarrels, which then so profoundly agitated Eastern Christendom, that Leo most brilliantly revealed himself the wise, learned, and energetic shepherd of the Church (see MONOPHYSITISM). From his first letter on this subject, written to Eutyches on 1 June, 448 (ep. xx), to his last letter written to the new orthodox Patriarch of Alexandria, Timotheus Salophaciolus, on 18 August, 460 (ep. clxxi), we cannot but admire the clear, positive, and systematic manner in which Leo, fortified by the primacy of the Holy See, took part in this difficult entanglement. For particulars refer to the articles: EUTYCHES ; SAINT FLAVIAN; ROBBER COUNCIL OF EPHESUS.

Eutyches appealed to the pope after he had been excommunicated by Flavian, Patriarch of Constantinople, on account of his Monophysite views. The pope, after investigating the disputed question, sent his sublime dogmatic letter to Flavian (ep. xxviii), concisely setting forth and confirming the doctrine of the Incarnation, and the union of the Divine and human natures in the one Person of Christ . In 449 the council, which was designated by Leo as the "Robber Synod", was held. Flavian and other powerful prelates of the East appealed to the pope. The latter sent urgent letters to Constantinople, particularly to Emperor Theodosius II and Empress Pulcheria, urging them to convene a general council in order to restore peace to the Church. To the same end he used his influence with the Western emperor, Valentinian III, and his mother Galla Placidia, especially during their visit to Rome in 450. This general council was held in Chalcedon in 451 under Marcian, the successor of Theodosius. It solemnly accepted Leo's dogmatical epistle to Flavian as an expression of the Catholic Faith concerning the Person of Christ. The pope confirmed the decrees of the Council after eliminating the canon, which elevated the Patriarchate of Constantinople, while diminishing the rights of the ancient Oriental patriarchs. On 21 March, 453, Leo issued a circular letter confirming his dogmatic definition (ep. cxiv). Through the mediation of Bishop Julian of Cos, who was at that time the papal ambassador in Constantinople, the pope tried to protect further ecclesiastical interests in the Orient. He persuaded the new Emperor of Constantinople, Leo I, to remove the heretical and irregular patriarch, Timotheus Ailurus, from the See of Alexandria. A new and orthodox patriarch, Timotheus Salophaciolus, was chosen to fill his place, and received the congratulations of the pope in the last letter which Leo ever sent to the Orient.

In his far-reaching pastoral care of the Universal Church, in the West and in the East, the pope never neglected the domestic interests of the Church at Rome. When Northern Italy had been devastated by Attila, Leo by a personal encounter with the King of the Huns prevented him from marching upon Rome. At the emperor's wish, Leo, accompanied by the Consul Avienus and the Prefect Trigetius, went in 452 to Upper Italy, and met Attila at Mincio in the vicinity of Mantua, obtaining from him the promise that he would withdraw from Italy and negotiate peace with the emperor. The pope also succeeded in obtaining another great favour for the inhabitants of Rome. When in 455 the city was captured by the Vandals under Genseric, although for a fortnight the town had been plundered, Leo's intercession obtained a promise that the city should not be injured and that the lives of the inhabitants should be spared. These incidents show the high moral authority enjoyed by the pope, manifested even in temporal affairs. Leo was always on terms of intimacy with the Western Imperial Court. In 450 Emperor Valentinian III visited Rome, accompanied by his wife Eudoxia and his mother Galla Placidia. On the feast of Cathedra Petri (22 February), the Imperial family with their brilliant retinue took part in the solemn services at St. Peter's, upon which occasion the pope delivered an impressive sermon. Leo was also active in building and restoring churches. He built a basilica over the grave of Pope Cornelius in the Via Appia. The roof of St. Paul's without the Walls having been destroyed by lightning, he had it replaced, and undertook other improvements in the basilica. He persuaded Empress Galla Placidia, as seen from the inscription, to have executed the great mosaic of the Arch of Triumph, which has survived to our day. Leo also restored St. Peter's on the Vatican. During his pontificate a pious Roman lady, named Demetria, erected on her property on the Via Appia a basilica in honour of St. Stephen, the ruins of which have been excavated.

Leo was no less active in the spiritual elevation of the Roman congregations, and his sermons, of which ninety-six genuine examples have been preserved, are remarkable for their profundity, clearness of diction, and elevated style. The first five of these, which were delivered on the anniversaries of his consecration, manifest his lofty conception of the dignity of his office, as well as his thorough conviction of the primacy of the Bishop of Rome, shown forth in so outspoken and decisive a manner by his whole activity as supreme pastor. Of his letters, which are of great importance for church history, 143 have come down to us: we also possess thirty which were sent to him. The so-called "Sacramentarium Leonianum" is a collection of orations and prefaces of the Mass, prepared in the second half of the sixth century. Leo died on 10 November, 461, and was buried in the vestibule of St. Peter's on the Vatican. In 688 Pope Sergius had his remains transferred to the basilica itself, and a special altar erected over them. They rest today in St. Peter's, beneath the altar specially dedicated to St. Leo. In 1754 Benedict XIV exalted him to the dignity of Doctor of the Church (doctor ecclesiæ). In the Latin Church the feast day of the great pope is held on 11 April, and in the Eastern Church on 18 February.

Sources


Leonis Opera omnia, ed. ARDICINIO DELLA PORTA, (Rome, 1470); ed. QUESNEL (2 vols., Paris, 1675); edd. PETRUS AND HIERONYMUS BALLERINI (2 vols., Venice, 1753-7); ed. in P.L., LIV-VI; AMELLI, S. Leone d'Magno e l'Oriente (Rome, 1886), 361-8; JAFFÉ Regesta Rom. Pont., 2nd ed., I, 58 sqq.; VON NOSTITZ­RIENECK, Die Briefe Papst Leos I. im Codex Monacen. 14540 in Historisches Jahrbuch (1897), 117- 33; IDEM, Die päpstlichen Urbanden f252;r Thessalonike und deren Kritik durch Prof. Friedrich in Zeitsch. für kath. Theologie (1897), 1-50. Translation of letters and sermons given in FELTOE, A select Library of Nicene and Post-Nicene Fathers, XIId (2nd series, New York, 1896); Sacramentarium Leonianum, ed. FELTOE (Cambridge, 1897). Concerning the Sacramentarium, cf. DUCHESNE, Christian Worship; its origin and evolution (London, 1903), 135 sqq.; and PROBST, Die ältesten römischen Sacramentarien und Ordines erklärt (Münster, 1892).;—Liber Pontificalis, ed. DUCHESNE, I, 238 sqq.; TILLEMONT, Mémoires pour servir à l'histoire eccles., XV, 414 sqq.; ARENDT, Leo der Grosse u. seine Zeit (Mainz, 1835); PERTHEL, Papst Leos I. Leben u. Lehren (Jena, 1843d); DE SAINT­CHÉRON, Hist. du Pontificat de Saint-Léon le Grand (Paris, 1845; 2nd ed., 1861-4); FR. AND P. BÖHRINGER, Die Väter den Papsttums Leo I und Gregor I in Die Kirche Christi u. ihre Zeugen (Stuttgart, 1879); BERTANI, Vita di Leone Magno (2 vols., Monza, 1880-2); GORE in Dict. Christ. Biog. (London, 1882), s.v.; LANGEN, Gesch. der röm. Kirche, II (Bonn, 1885), 1 sqq.; GRISAR, Gesch. Roms u. der Päpste im Mittelalter, I, 308 sqq.; IDEM, Il Primato romano nel secolo quinto in Analecta Romana, I (Rome, 1900), 307-52; IDEM, Rom u. die fränkische Kirche vornehmlich im VI. Jahrhundert in Zeitschr. für kath. Theologie (1890), 447-93; GUNDLACH, Der Streit der Bistümer Arles u. Vienne um den Primatus Galliarum in Neues Archiv (1899), 250 sqq.; (1890), 9 sqq., 233 sqq.; KUHN, Die Christologie Leos I. des Grossen (Würtzburg, 1894); HEFELE, Konziliengesch., II (2nd ed.), passim.

Kirsch, Johann Peter. "Pope St. Leo I (the Great)." The Catholic Encyclopedia. Vol. 9. New York: Robert Appleton Company,1910. 11 Nov. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/09154b.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by WGKofron. With thanks to St. Mary's Church, Akron, Ohio.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1910. Remy Lafort, Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/09154b.htm



BENEDICT XVI

GENERAL AUDIENCE

Paul VI Audience Hall

Wednesday, 5 March 2008

Saint Leo the Great


Dear Brothers and Sisters,

Continuing our journey through the Fathers of the Church, true stars that shine in the distance, at our meeting today we encounter a Pope who in 1754 Benedict XIV proclaimed a Doctor of the Church:  St Leo the Great. As the nickname soon attributed to him by tradition suggests, he was truly one of the greatest Pontiffs to have honoured the Roman See and made a very important contribution to strengthening its authority and prestige. He was the first Bishop of Rome to have been called Leo, a name used subsequently by another 12 Supreme Pontiffs, and was also the first Pope whose preaching to the people who gathered round him during celebrations has come down to us. We spontaneously think of him also in the context of today's Wednesday General Audiences, events that in past decades have become a customary meeting of the Bishop of Rome with the faithful and the many visitors from every part of the world.

Leo was a Tuscan native. In about the year 430 A.D., he became a deacon of the Church of Rome, in which he acquired over time a very important position. In the year 440 his prominent role induced Galla Placidia, who then ruled the Empire of the West, to send him to Gaul to heal a difficult situation. But in the summer of that year, Pope Sixtus III, whose name is associated with the magnificent mosaics in St Mary Major's, died, and it was Leo who was elected to succeed him. Leo heard the news precisely while he was carrying out his peace mission in Gaul. Having returned to Rome, the new Pope was consecrated on 29 September 440. This is how his Pontificate began. It lasted more than 21 years and was undoubtedly one of the most important in the Church's history. Pope Leo died on 10 November 461 and was buried near the tomb of St Peter. Today, his relics are preserved in one of the altars in the Vatican Basilica.

The times in which Pope Leo lived were very difficult:  constant barbarian invasions, the gradual weakening of imperial authority in the West and the long, drawn-out social crisis forced the Bishop of Rome - as was to happen even more obviously a century and a half later during the Pontificate of Gregory the Great - to play an important role in civil and political events. This, naturally, could only add to the importance and prestige of the Roman See. The fame of one particular episode in Leo's life has endured. It dates back to 452 when the Pope, together with a Roman delegation, met Attila, chief of the Huns, in Mantua and dissuaded him from continuing the war of invasion by which he had already devastated the northeastern regions of Italy. Thus, he saved the rest of the Peninsula. This important event soon became memorable and lives on as an emblematic sign of the Pontiff's action for peace. Unfortunately, the outcome of another Papal initiative three years later was not as successful, yet it was a sign of courage that still amazes us:  in the spring of 455 Leo did not manage to prevent Genseric's Vandals, who had reached the gates of Rome, from invading the undefended city that they plundered for two weeks. This gesture of the Pope - who, defenceless and surrounded by his clergy, went forth to meet the invader to implore him to desist - nevertheless prevented Rome from being burned and assured that the Basilicas of St Peter, St Paul and St John, in which part of the terrified population sought refuge, were spared.

We are familiar with Pope Leo's action thanks to his most beautiful sermons - almost 100 in a splendid and clear Latin have been preserved - and thanks to his approximately 150 letters. In these texts the Pontiff appears in all his greatness, devoted to the service of truth in charity through an assiduous exercise of the Word which shows him to us as both Theologian and Pastor. Leo the Great, constantly thoughtful of his faithful and of the people of Rome but also of communion between the different Churches and of their needs, was a tireless champion and upholder of the Roman Primacy, presenting himself as the Apostle Peter's authentic heir:  the many Bishops who gathered at the Council of Chalcedon, the majority of whom came from the East, were well aware of this.

This Council, held in 451 and in which 350 Bishops took part, was the most important assembly ever to have been celebrated in the history of the Church. Chalcedon represents the sure goal of the Christology of the three previous Ecumenical Councils:  Nicea in 325, Constantinople in 381 and Ephesus in 431. By the sixth century these four Councils that sum up the faith of the ancient Church were already being compared to the four Gospels. This is what Gregory the Great affirms in a famous letter (I, 24):  "I confess that I receive and revere, as the four books of the Gospel so also the four Councils", because on them, Gregory explains further, "as on a four-square stone, rises the structure of the holy faith". The Council of Chalcedon, which rejected the heresy of Eutyches who denied the true human nature of the Son of God, affirmed the union in his one Person, without confusion and without separation, of his two natures, human and divine.

The Pope asserted this faith in Jesus Christ, true God and true man, in an important doctrinal text addressed to the Bishop of Constantinople, the so-called Tome to Flavian which, read at Chalcedon, was received by the Bishops present with an eloquent acclamation. Information on it has been preserved in the proceedings of the Council:  "Peter has spoken through the mouth of Leo", the Council Fathers announced in unison. From this intervention in particular, but also from others made during the Christological controversy in those years, it is clear that the Pope felt with special urgency his responsibilities as Successor of Peter, whose role in the Church is unique since "to one Apostle alone was entrusted what was communicated to all the Apostles", as Leo said in one of his sermons for the Feast of Sts Peter and Paul (83, 2). And the Pontiff was able to exercise these responsibilities, in the West as in the East, intervening in various circumstances with caution, firmness and lucidity through his writings and legates. In this manner he showed how exercising the Roman Primacy was as necessary then as it is today to effectively serve communion, a characteristic of Christ's one Church.

Aware of the historical period in which he lived and of the change that was taking place - from pagan Rome to Christian Rome - in a period of profound crisis, Leo the Great knew how to make himself close to the people and the faithful with his pastoral action and his preaching. He enlivened charity in a Rome tried by famines, an influx of refugees, injustice and poverty. He opposed pagan superstitions and the actions of Manichaean groups. He associated the liturgy with the daily life of Christians:  for example, by combining the practice of fasting with charity and almsgiving above all on the occasion of the Quattro tempora, which in the course of the year marked the change of seasons. In particular, Leo the Great taught his faithful - and his words still apply for us today - that the Christian liturgy is not the memory of past events, but the actualization of invisible realities which act in the lives of each one of us. This is what he stressed in a sermon (cf. 64, 1-2) on Easter, to be celebrated in every season of the year "not so much as something of the past as rather an event of the present". All this fits into a precise project, the Holy Pontiff insisted:  just as, in fact, the Creator enlivened with the breath of rational life man formed from the dust of the ground, after the original sin he sent his Son into the world to restore to man his lost dignity and to destroy the dominion of the devil through the new life of grace.

This is the Christological mystery to which St Leo the Great, with his Letter to the Council of Ephesus, made an effective and essential contribution, confirming for all time - through this Council - what St Peter said at Caesarea Philippi. With Peter and as Peter, he professed: "You are the Christ, the Son of the living God". And so it is that God and man together "are not foreign to the human race but alien to sin" (cf. Serm. 64). Through the force of this Christological faith he was a great messenger of peace and love. He thus shows us the way:  in faith we learn charity. Let us therefore learn with St Leo the Great to believe in Christ, true God and true Man, and to implement this faith every day in action for peace and love of neighbour.



To special groups

I offer a warm welcome to all the English-speaking visitors and pilgrims attending today's Audience, including the groups from England, Denmark, Sweden, Indonesia, Canada and the United States. I extend particular greetings to the visitors from Christendom College and to the many student groups present. May this Lenten Season purify your hearts and renew your faith and your hope in the mystery of Christ our Redeemer. God bless you all!

Lastly, I greet the sick and the newly-weds. Dear sick people, may you always be aware that you make a mysterious contribution to building the Kingdom of God, generously offering your sufferings to the Heavenly Father in union with those of Christ. And you, dear newly-weds, may you be able to edify your family daily by listening to God in faithful reciprocal love and by welcoming the neediest after the example of the Holy Family of Nazareth.

© Copyright 2008 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : https://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/en/audiences/2008/documents/hf_ben-xvi_aud_20080305.html

ST. LEO THE GREAT

LEO was born at Rome. He embraced the sacred ministry, was made archdeacon of the Roman Church by St. Celestine, and under him and Sixtus III. had a large share in governing the Church. On the death of Sixtus, Leo was chosen Pope, and consecrated on St. Michael's day, 440, amid great joy. It was a time of terrible trial. Vandals and Huns were wasting the provinces of the empire, and Nestorians, Pelagians, and other heretics wrought more grievous havoc among souls. Whilst Leo's zeal made head against these perils, there arose the new heresy of Eutyches, who confounded the two natures of Christ. At once the vigilant pastor proclaimed the true doctrine of the Incarnation in his famous "tome;" but fostered by the Byzantine court, the heresy gained a strong hold amongst the Eastern monks and bishops. After three years of unceasing toil, Leo brought about its solemn condemnation by the Council of Chalcedon, the Fathers all signing his tome, and exclaiming, "Peter hath spoken by Leo." Soon after, Attila with his Huns broke into Italy, and marched through its burning cities upon Rome. Leo went out boldly to meet him, and prevailed on him to turn back. Astonished to see the terrible Attila, the " Scourge of God," fresh from the sack of Aquileia, Milan, Pavia, with the rich prize of Rome within his grasp, turn his great host back to the Danube at the Saint's word, his chiefs asked him why he had acted so strangely. He answered that he saw two venerable personages, supposed to be SS. Peter and Paul, standing behind Leo, and impressed by this vision he withdrew. If the perils of the Church are as great now as in St. Leo's day, St. Peter's solicitude is not less. Two years later the city fell a prey to the Vandals; but even then Leo saved it from destruction. He died A.D. 461, having ruled the Church twenty years.

REFLECTION.—Leo loved to ascribe all the fruits of his unsparing labors to the glorious chief of the Apostles, who, he often declared, lives and governs, in his successors.

SOURCE : http://jesus-passion.com/saint_leo_the_great_pope.htm


St. Leo the Great, Pope

A heart thus empty of itself could not fail to be supported and directed by the divine grace. He was called to the government of the church in the most difficult times, and he diligently applied himself without delay to cultivate the great field committed to his care, and especially to pluck up the weeds of errors, and to root out the thorns of vices wherever they appeared. He never intermitted to preach to his people with great zeal; which he often mentions as the most indispensable duty of pastors, and the constant practice of his predecessors. 4 A hundred and one sermons preached by this pope on the principal festivals of the year are still extant. He often inculcates in them the practice of holy fasting and alms-deeds, as good works which ought to be joined to and support each other. We have among his works nine sermons on the fast of the tenth month, or of Ember-days in December. He says, the church has instituted the Ember-days in the four seasons of the year to sanctify each season by a fast: 5 also to pay to God a tribute of thanksgiving for the fruits and other blessings which we continually receive from his bounty: 6 and to arm us constantly against the devil. He sets forth the obligation of alms, which is so great, that for this alone God gives riches, and not to be hoarded up, or lavished in superfluities: and at the last day he seems in his sentence chiefly to recompense this virtue, and to punish the neglect of it, to show us how much alms-deeds are the key of heaven, and of all other graces. 7 He says, this obligation binds all persons, though it is not to be measured by what a man has, but by the heart; for all men are bound to have the same benevolence, and desire of relieving others. 8 That the rich are obliged to seek out the bashful poor, who are to be assisted without being put to the blush in receiving. 9 He shows the institution of Collects or gatherings for the poor to be derived from the apostles, and ever to have been continued in the church for the relief of the indigent. 10 He surpasses himself in sentiment and eloquence whenever he speaks of the sweetness of the divine love which is displayed to us in the mystery of the incarnation of the Son of God. His one hundred and forty-one epistles are wholly employed in treating on important subjects of discipline and faith, and alone suffice to show his pastoral vigilance and immense labours in every part of the Christian world, for the advancement of piety. He brought many infidels to the faith, and took great delight in instructing them himself. His signal victories over the Manichees, Arians, Apollinarists, Nestorians, Eutychians, Novatians, and Donatists, are standing proofs of his zeal for the purity of the faith. Carthage being taken by the Vandals in 439, a great number of Manichees fled out of Africa to Rome: but there, to escape the rigour of the imperial laws against their sect, feigned themselves Catholics. They called wine the gall of the dragon, produced by the devil or their evil god: on which account they always refrained from that liquor, which they regarded as, of its own nature, unclean. To conceal themselves, they received the holy communion from the Catholic priests, but under one kind alone, which it was left to every one’s discretion then to do. This affectation of the heretics passed some time unobserved, as we learn from St. Leo, 11 in the year 433. 12 But he no sooner discovered this sacrilegious abuse, than he took the utmost care to prevent the contagion from infecting his flock. He detected several of these heretics, and among them one whom they called their bishop, and to manifest the impiety of this sect, he assembled several bishops and priests, and the most illustrious persons of the senate and empire, and caused the elect of the Manichees, that is, those that were initiated in their mysteries, to be introduced. 13 They confessed publicly many impious tenets, 14 superstitions, and a crime which modesty forbids to be named. 15 St. Prosper says their books were burned; but many of them repented, and abjured their heresy. St. Leo, in receiving them into the church, exhorted his people to pray and sigh with him for them. 16 Those who remained obstinate were banished. St. Leo, about the same time crushed Pelagianism, which began again to show its head about Aquileia. 17 His watchfulness put a stop to the growing evil, both in those parts and in Rome itself, where St. Prosper detected some remains of the same leaven. For this pope, who was a true judge of merit, and drew many learned men about his person, had chosen St. Prosper of Aquitain his secretary, to write his letters and dispatch the like business. The Priscillianist heretics reigned almost uncontrolled in Spain: only St. Turibius, bishop of Astorga, zealously opposed them. St. Leo wrote to commend his zeal, and to awaken the attention of the other bishops of that country, whom he ordered to convene a council for the extirpation of the spreading cancer. 18 He examined the cause of Chelidonius, bishop of Besançon, deposed by St. Hilary of Arles, and restored him to his see. 19 He transferred the dignity of primate from the see of Arles to that of Vienne in Gaul, which Zosimus had formerly adjudged to Arles, 20 “Out of respect,” as he said, “for the blessed Trophimus, (first bishop of Arles,) from the fountain of whose preaching all the Gauls had received the streams of faith.” 21 The learned De Marca thinks that St. Leo did not deny the jurisdiction of Hilary over Besançon before that time; but he judged Chelidonius not to have been guilty of that which had been laid to his charge, adding “that the sentence would have stood firm, if the things objected had been true.” 22 St. Leo laid down this important maxim for the rule of his conduct, never to give any decision, especially to the prejudice of another, before he had examined into the affair with great caution and exactness, and most carefully taken all informations possible. He was very careful in the choice of persons whom he promoted to holy orders, as his writings show; yet the author of the Spiritual Meadow relates, that he heard Amos, patriarch of Jerusalem, say to the abbots: “Pray for me. The dreadful weight of the priesthood affrights me beyond measure, especially the charge of conferring orders. I have found it written, that the blessed Pope Leo, equal to the angels, watched and prayed forty days at the tomb of St. Peter, begging through the intercession of that apostle to obtain of God the pardon of his sins. After this term, St. Peter, in a vision, said to him: Your sins are forgiven you by God, except those committed by you in conferring holy orders: of these you still remain charged to give a rigorous account.” 23 St. Leo, with regard to those who are to be ordained ministers of the altar, lays down this rule, inserted in his words into the body of the canon law: “What is it not to lay hands upon any one suddenly, according to the precept of the apostle, but not to raise to the honour of the priesthood any who have not been thoroughly tried, or before a mature age, a competent time of trial, the merit of labour in the service of the church, and sufficient proofs given of their submission to rule, and their love of discipline and zeal for its observance.” 24

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Many affairs in the churches of the East furnished this great pope with much employment, as the intrusion of Bassian into the see of Ephesus, 25 &c. But above all the rest, the rising heresy of Eutyches drew his attention on that side of the world. This heresiarch had been condemned by St. Flavian in 448; yet, by the intrigues of Chrysaphius, a powerful eunuch, he prevailed with the weak Emperor Theodosius II. to assemble a packed council at Ephesus, in which Dioscorus, the wicked patriarch of Alexandria, an Eutychian, and general disturber of Christian peace, took upon him to preside. This pretended synod, commonly called the Latrocinale, or cabal of Ephesus, met on the 8th of August, 449, acquitted Eutyches, and condemned St. Flavian, with a degree of malice and violence unheard of among barbarians. 26 The legates of Leo, who were Julius, bishop of Puozzoli, the ancient Puteoli, Renatus, a priest, Hilarius, a deacon, and Dulcitius, a notary, refused to subscribe to the unjust sentence, and opposed it with zeal and vigour that were admired by the whole world, says Theodoret. 27 Upon the first advice of these proceedings, St. Leo declared them null and void, 28 and at the same time he wrote to St. Flavian to encourage him, and to the emperor himself, telling him that no sacrilegious cabal ever came up to the fury of this assembly, 29 and conjuring him in these words: “Leave to the bishops the liberty of defending the faith: no powers or terrors of the world will ever be able to destroy it. Protect the church, and seek to preserve its peace, that Christ may protect your empire.” He adds, that he trembles to see him draw down the divine vengeance upon his own head; which had the appearance of a prediction on account of the various misfortunes which befel that prince and his sudden death: though before the latter event his eyes began to be opened. Marcian and St. Pulcheria, succeeding in the empire, vigorously supported the zealous endeavours of the pope. By his authority the general council of Chalcedon, consisting of six hundred or six hundred and thirty bishops, was opened on the 8th of October in 451. St. Leo presided by his legates, Paschasinus, bishop of Lilybæum; Lucentius, bishop of Ascoli; and Boniface, priest of Rome. In this synod the memory of St. Flavian was vindicated; and Dioscorus was convicted of having maliciously suppressed the letters of St. Leo in the Latrocinale of Ephesus, and of having presumed to excommunicate St. Leo, which attempt was made the principal cause of his deposition: for which, besides other crimes, it was also urged against him, that he had pretended to hold a general council without the authority of the pope, a thing never lawful, and never done, as was observed by the pope’s legates. 30 For these crimes and excesses, he was by the pope’s legates and the whole council declared excommunicated and deposed. 31 St. Leo had written to St. Flavian on the 13th of June in 449, a long and accurate doctrinal letter, in which he clearly expounded the Catholic faith concerning the mystery of the incarnation, against the errors both of Nestorius and Eutyches. This excellent letter had been suppressed by Dioscorus, but was read by the legates at Chalcedon, and declared by the voice of that general council to be dictated by the Holy Ghost, and to be a rule throughout the universal church. The great Theodoret having read it, blessed God for having preserved his holy faith. 32 St. Leo approved all things that had been done in this council relating to definitions of faith; but, being an enemy to innovations, vigorously opposed the twenty-eighth canon, framed in the absence of his legates, by which the Archbishop of Constantinople was declared a patriarch, 33 and the first among the patriarchs of the East. 34 However, the Eastern bishops, who usually found access to the emperor through the Bishop of Constantinople, allowed him that pre-eminence, which the law of custom confirmed. 35 The same council declared the Bishop of Jerusalem independent of Antioch, and primate of the three Palestines. 36 In the synodal letter to St. Leo, the fathers beseech him to confirm their decrees, saying, “he had presided over them as the head over its members.” 37 The pope restrained his confirmation to the decrees relating to matters of faith, 38 which were received with the utmost respect imaginable by the whole church. Theodoret was restored to his see in the council, after having anathematized Nestorius. Ibas, bishop of Edessa, who had been unjustly deposed with Theodoret in the Latrocinale of Ephesus, was likewise restored upon the same condition. The latter seems never to have been very solicitous about Nestorius, but was a warm defender of Theodorus of Mopsuestia, whom he regarded as an orthodox doctor, because he died in the communion of the church. Ibas was accused of Nestorianism, but acquitted by Domnus, patriarch of Antioch, and a council held in that city in 448. But his letter to Maris, the Persian, was afterwards condemned in the fifth general council.

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Whilst the Eastern empire was thus distracted by heretical factions, the Western was harassed by barbarians. Attila, the Hunn, enriched with the plunder of many nations and cities, marched against Rome. 39 In the general consternation, St. Leo, at the request of the whole city of Rome, went to meet Attila, in hopes of mollifying his rage, and averting the danger that threatened his country. Avienus, a man of consular dignity, and Trygetius, who had been prefect of the city, were deputed to accompany him in this embassy. They found the haughty tyrant at Ambuleium, near Ravenna, where the highway passes the river Menzo. Contrary to the expectation of every one, he received the pope with great honour, gave him a favourable audience, and, through his suggestion, concluded a treaty of peace with the empire on the condition of an annual tribute. Baronius, from a writer of the eighth century, relates, that Attila saw two venerable personages, supposed to be the apostles SS. Peter and Paul, standing on the side of the pope whilst he spoke. The king immediately commanded his army to forbear all hostilities, and soon after repassed the Alps, and retired beyond the Danube into Pannonia; but in his way home was seized with a violent vomiting of blood, of which he died in 453. Divisions among his children and princes destroyed the empire of the Hunns. 40 Thus fell the most haughty and furious of all the barbarian heathen kings, styled the terror of the world, and the Scourge of God, whose instrument he was in punishing the sins of Christians. It was the glory of St. Leo to have checked his fury and protected Rome, when it was in no condition of defence. In 455, the friends of Aëtius (whose greatness and arrogance had given the emperor so much umbrage that he caused him to be assassinated) revenged the death of that general by the murder of Valentinian himself. His wife Eudoxia married by compulsion the tyrant Maximus, who had usurped his throne; but, not brooking these affronts, she invited Genseric, the Arian Vandal king, from Africa, to come and revenge the murder of her husband. Maximus fled; but was slain by Valentinian’s servants on the 12th of June, in the twenty-seventh day of his reign, in 455. Three days after, Genseric arrived, and found the gates of Rome open to receive him. St. Leo went out to meet him, and prevailed with him to restrain his troops from slaughter and burning, and to content himself with the plunder of the city. The example of St. Leo shows, that even in the worst of times, a holy pastor is the greatest comfort and support of his flock. After the departure of the Vandals with their captives, and an immense booty, St. Leo sent zealous Catholic priests and alms for the relief of the captives in Africa. He repaired the Basilics, and replaced the rich plate and ornaments of the churches which had been plundered, though some part had escaped by being concealed, especially what belonged to the churches of SS. Peter and Paul, which Baronius thinks Genseric spared, and granted to them the privilege of sanctuaries, as was done at other times. This great pope, for his humility, mildness, and charity, was reverenced and beloved by emperors, princes, and all ranks of people, even infidels and barbarians. He filled the holy see twenty-one years, one month, and thirteen days, dying on the 10th of November, 461. His body was interred in the church of St. Peter, and afterwards translated to another place, in the same church, on the 11th of April; on which day his name is placed in the Roman Calendar. His relics were again translated with great solemnity and devotion, inclosed in a case of lead, and placed in the altar dedicated to God under his invocation, in the Vatican church, in the year 1715, as is related at length by Pope Benedict XIV. 41 A writer who delights in relating slander, could not refuse this character of St. Leo: “He was,” says he, “without doubt, a man of extraordinary parts, far superior to all who had governed that church before him, and scarce equalled by any since.” 42

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The writings of this great pastor are the monuments of his extraordinary genius and piety. 43 His thoughts are true, bright, and strong; and in every sentiment and expression we find a loftiness which raises our admiration. By it we are dazzled and surprised in every period, and whilst we think it impossible that the style should not sink, we are astonished always to find it swelling in the same tenour, and with equal dignity and strength. His diction is pure and elegant; his style concise, clear, and pleasing. It would sometimes appear turgid in another; but in him, where it seems to swell the highest, a natural ease and delicacy remove all appearance of affectation and study, and show it to be the pure effort of a surprising genius and lofty natural eloquence. But the dress with which he clothes his thoughts, is much less to be considered than the subjects themselves of which he treats; in which the most consummate piety and skill in theology equally raise admiration, instruct and edify his readers in the learned and pious sermons, and doctrinal letters which compose his works. His unwearied zeal and unshaken steadiness against vice and error, though armed with all the power of a world leagued with the devils against the truth, procured the church infinite advantages and victories over the reigning novelties of that age; and his writings are an armory against all succeeding heresies. He fully and clearly explains the whole mystery of the incarnation; he proves, 44 against the Eutychians, that Christ had a true body, because his body is really received in the holy eucharist. He laments as the greatest of spiritual evils, that at Alexandria, during the violences exercised by the Eutychians, the oblation of the sacrifice, and the benediction of chrism had been interrupted. 45 He is very explicit on the supremacy of St. Peter, 46 and on that of his successors. 47 He often recommends himself to the prayers of the saints reigning in heaven, especially of St. Peter, and exhorts others to place great confidence in their powerful intercession. 48 He honours their relics and festivals. 49 And testifies that their churches were adorned with lights. 50 He calls the fast of Lent an apostolical tradition, also that of the Ember-days, Whitsun-eve, &c. 51 He adds, that the church retained the fast of Ember-days in December from the Jewish practice before Christ. Pope Benedict XIV., in a decree by which he commands St. Leo to be honoured with the mass peculiar to doctors, dated in 1744, bestows on him due praises for his eminent learning and sanctity. 52

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According to the observation of this holy doctor 53 it is a fundamental maxim of our holy religion, that the only true and valuable riches consist in that blessed poverty of spirit which Christ teaches us to look upon as the first and main step to all happiness. This is a profound and sincere humility of heart, and a perfect disengagement from all inordinate love of earthly goods. By this rule, those who are exalted above others by their rank, learning, or other abilities, differ not by these advantages from the poorest in the eyes of God: only poverty of spirit makes the distinction, and shows which is truly the greatest. Of this courageous poverty the apostles and primitive Christians set us the most illustrious example. “What is greater than this their humility? What is richer than this their poverty?” By imitating this spirit, we enter into the possession of the riches of Christ. And we shall improve our share in all these spiritual treasures of grace, love, peace, and all virtues, in proportion as we shall advance in this spirit. St. Leo puts us in mind in another place, 54 that in putting on this spirit, which is no other than that of Christ or the new man, consists that newness of life in which we are bound to walk according to the spirit of Christ; which delivers us from the powers of darkness, and transfers us into the kingdom of the Son of God; which raises our love and desires of heavenly goods, and extinguishes in us the concupiscence of the flesh. We put on this spirit by baptism, and we strengthen ourselves in it by being fed with the body of Christ. “For what is the fruit of our partaking of the body and blood of Christ, but that we may pass into that which we receive; and that in whom we are dead, and buried, and raised again (in the newness of our spirit and life) we may bear him both in spirit and in our flesh through all things.” Next to frequent devout communion, the assiduous meditation on the life of Christ is the most powerful means of learning the true spirit of his divine virtues, particularly of that humility of which his whole life was the most astonishing model, and which is the summary of his holy precepts. 55 St. Leo, by his tender devotion to our Redeemer, and the zeal with which he defended the mystery of his incarnation, was penetrated with his spirit of poverty and humility; from whence sprang that ardent charity, that admirable greatness of soul, and that invincible courage which were so conspicuous in all his actions. 6

Note 1. Ep. 27. ad Pulcher. c. 4.

Note 2. Conc. t. 4. p. 820.

Note 3. Serm. 2. de Assumpt. sua. c. 1. p. 4. t. 1. ed. Rom.

Note 4. Serm. 3. 7. 11.

Note 5. Serm. 18.

Note 6. Serm. 12.

Note 7. Serm. 8. c. 3. p. 17. and Serm. 9. c. 3. p. 20. Serm. 10. c. 1. p. 21.

Note 8. Serm. 7. item. 5 and 6. 16. 39. &c.

Note 9. Serm. 8. p. 17.

Note 10. Serm. 10. p. 21.

Note 11. Serm. 4. de Quadrag. t. 1. p. 217.

Note 12. This practice they continued, till pope Gelasius, in 496, above forty years after St. Leo’s time, effectually to prevent those sacrilegious and superstitious communions of unworthy hypocrites, commanded all to receive under both kinds: which law subsisted at Rome as long as the Manichæan heresy made it necessary: but after that danger was over, this ordinance of discipline ceased by disuse.

Note 13. Ep. 8. p. 33. and Ep. 15. c. 16. p. 71. t. 1. Serm. 15. p. 31. t. 1. Serm. 33. p. 87. Serm. 41. p. 111.

Note 14. Dr. Lardner, in his Credibility of the Gospel, vol. ix. charges St. Leo with falsely accusing the Manichees of abominable practices without the least colour of reason. He ought to have taken notice that though the testimony of St. Leo is alone satisfactory, we must certainly believe these heretics against themselves, for they were publicly convicted of these crimes, and openly confessed the same before the most illustrious personages of the church and state. See Cacciari, Exercitationes in Op. S. Leonis M. de Manichæorum hæresi, l. 2. c. 7. p. 142. c. 9. p. 154.

Note 15. Ep. 15. ad Turib. p. 62. Serm. 15.

Note 16. Serm. 33. Ep. 8.

Note 17. Ep. 15.

Note 18. Ib.

Note 19. Ep. 9. 10.

Note 20. See Baronius, ad an. 417.

Note 21. Zosimus, Ep. ad ep. Gal.

Note 22. A notorious slanderer has presumed to fasten upon St. Leo the censure of haughtiness and injustice in this affair: but he certainly only betrays his own malice. Hilary was present in the pope’s council at Rome, together with Chelidonius; but was not able to make good his charge against him. He had also ordained another bishop to the see of Projectus whilst he was living, who being then sick afterward recovered. This precipitate action of Hilary was an infraction of the canons: nor does his apologist, the author of his life, offer any excuse. To satisfy the clamours of Chelidonius, Projectus, and others, and chiefly by his example to enforce the most strict observation of that important canon, the neglect of which would fill the church on every side with schisms and confusion, St. Leo deprived Hilary of the primacy over the province of Vienne for the time to come, though he restored part of it to his successor. See Fabre, Panégyrique et Histoire de la Ville d’Arles, 1743. St. Leo indeed seems to have not been acquainted in the beginning with the true character of St. Hilary, and therefore to have proceeded with the greater severity: but he showed that his heart was incapable of rancour by the ample testimony which he gave to the sanctity of St. Hilary after his death, in a letter to his successor Ravennus, ep. 37. ed. Quesn. 38. ed. Rom. p. 171. t. 2.

Note 23. Prat. Spir. c. 149.

Note 24. St. Leo, ep. 1. t. 2. p. 2. ed. Rom. Item Distinct. 78. 3. Quid est manus. from 1 Tim. v. 22.

Note 25. Conc. t. 4. p. 687.

Note 26. On the appeal of St. Flavian to the pope St. Leo, see Cacciari, Exercitationes in Opera S. Leonis, Dissert. de Hæresi Eutychianâ, l. 1. c. 8. p. 387, and c. 9. p. 393. Valentinianus Imp. ep. ad Theodosium Imp. inter ep. S. Leonis, 49. p. 201. t. 2. On the appeal of Theodoret to pope Leo, Cacciari, ibid. and on that of Eutyches, ib.

Note 27. Theodoret, ep. 116.

Note 28. Conc. t. 4. p. 47. and St. Leo, ep. 49 and 56. ed. Quesn. 50 and 57, ed. Rom.

Note 29. St. Leo, ep. 42. in ed. Quesn. 43. in ed. Rom. p. 187. t. 2. St. Leo ad Theodos. Imp. ep. 40. ed. Quesn. 41. ed. Rom. p. 178. Ep. ad Pulcheriam Augustam, ep. 41. ed Quesn. 42. ed. Rom. p. 183.

Note 30. See Marca de Concordia, Sac. et Imperil. l. 5. c. 5. and Cacciari, Exercitat. in Op. S. Leonis Dissert. de Hæresi Eutychianâ.

Note 31. Conc. t. 4. p. 424.

Note 32. Theodoret, ep. 121.

Note 33. The episcopal see of Byzantium was subject to the metropolitan of Heraclea in Thrace, till, in the reign of Constantine, it was honoured with the metropolitical dignity. By the second general council, held at Constantinople, a precedence was given to the archbishops of this city, before all the other bishops and patriarchs of the East, and from that time they exercised a superior jurisdiction over Thrace, Asia Minor and Pontus: which Theodoret calls (Hist. l. 5. c. 28.) three districts, consisting of twenty-eight provinces, which St. Chrysostom governed. This decree of the council of Constantinople is called by some the date of its patriarchal dignity; though it be more properly referred by others to the twenty-eighth canon of the council of Chalcedon. See Thomassin, Discipline de l’Eglise, l. 1. c. 6. p. 22. Le Quien shows that this canon was originally framed by the clergy of Constantinople, and the bishops whose situation rendered them dependant on that church: that St. Leo rejected it, and stirred up the other Oriental patriarchs and bishops to maintain the ancient discipline: that St. Proterius, patriarch of Alexandria, and all the bishops of Egypt, strenuously opposed this innovation, and so great a number among the Oriental bishops vigorously exerted their zeal against it, that the archbishops of Constantinople dropped their pretensions to this privilege till it was revived by Acacius: from which time it gradually gained ground, till at length other churches acquiesced in it. See Le Quien, Oriens Christianus de Patriarchatu Constantinopolitano, c. 9. t. 1. p. 46. Item. de Patr. Alexandr. t. 2. p. 339.

Note 34. St. Leo, ep. 87, 92.

Note 35. See Thomassin, Discipline de l’Eglise, l. 1. ch. 6.

Note 36. Sess. 7.

Note 37. Conc. t. 4. p. 833.

Note 38. St. Leo. ep. 87. c. 2. p. 613. ep. 92. c. 5. p. 623. &c.

Note 39. The Hunns, a savage nation from that part of Scythia which now lies in Muscovy, had passed the Palus Mæotis, in 276, and made their first inroads upon the coasts of the Caspian Sea, and as far as Mount Taurus in the East. Almost two hundred years after this, Attila, the most powerful and barbarous of all the kings of that nation, in 433, had marched first into the East, then subject to Theodosius the Younger, and having amassed a vast booty in Asia, returned into Pannonia, where he was already master of a large territory. His next expedition was directed against the western part of the empire. His army marching through Germany, drew along with it additional supplies from all the barbarous nations near which it passed, and amounted at length to the number of five hundred, Jornandes says seven hundred thousand fighting men; all stirred up by no other motive than the hope of great spoils from the plunder of the richest countries of the empire. Entering Gaul, Attila laid in ruins Tongres, Triers, and Metz. Troyes was spared by him, at the entreaty of St. Lupus, and St. Nicasius preserved Rheims. The barbarian had just taken Orleans by storm, when Aëtius, the Roman general, came up with him, expelled him that city, and followed him to the plains of Mauriac or Challons, which, according to Jornandes, were extended in length one hundred miles, and seventy in breadth, and seem to have comprised the whole country, known since the sixth century under the name of Champagne. Here Attila halted, and when Aëtius with the Romans, Visigoths, and Burgundians, came up, these vast fields seemed covered with troops. In a most bloody battle, the Hunns were here discomfited. Attila, enraged at this defeat, and having repaired his losses of the former year, entered Italy by Pannonia, in 453, took and burned Aquileia, and filled the whole country with blood and desolation. Some of the inhabitants, who fled from his arms into the little islands in the shallow lakes at the head of the Adriatic Gulf, here laid the foundations of the city of Venice, which we find named by Cassiodorus, fifty years after this event. Attila sacked Milan, razed Pavia, and wherever he passed laid waste whole provinces. The weak Emperor Valentinian III. shut himself up in Ravenna, and the Romans, in the utmost terror, expected to see the barbarian speedily before their gates. Such was the state of affairs when Leo went to meet Attila.

Note 40. Jornand. Rer. Goth. c. 12. 49. Prosp. in Chron. ad an. 452.

Note 41. De Canoniz. l. 4. c. 22. s. 8, 9, 10. t. 4. pp. 212, 213.

Note 42. Bower the apostate Jesuit, in his Lives of the Popes, on St. Leo, t. 2.

Note 43. Quesnel’s edition of the works of St. Leo, more ample than any that had preceded, appeared at Paris, in 1675, was condemned by the Roman inquisition, in 1676, which prohibition was inserted in the Roman Index, in 1682, p. 277. This oratorian, in several of the summaries, in many passages in the sixteen dissertations which he subjoined, and in some unwarrantable alterations of the text itself of St. Leo, is clearly convicted of dealing unfairly, in order to favour his own erroneous doctrine, and to weaken certain proofs of the authority of the holy see. The editor gave a second edition, with some critical amendments, (though not in the most essential points,) at Lyons, in 1675. Savioli, a printer at Venice, gave a new edition of the works of SS. Leo and Maximus, in 1741, with most of Quesnel’s notes and dissertations; but by supine carelessness has printed the text extremely incorrect. Poleti, another printer at Venice, published, in 1748, another edition of SS. Leo and Maximus, with the summaries of Quesnel, without his dissertations: the text is printed from Quesnel’s edition, with all its faults. The falsifications of Quesnel in this edition are complained of, and several proved upon him by Baluze, Not. et Observ. ad Con. Calced. by Antelmi, John Salinas, Coutant, &c. The collection of canons to which Quesnel has prefixed the false title of the Ancient Code of Canons of the Roman Church, (Op. S. Leonis, t. 2, p. 1,) is evidently a private compilation of canons of different ages and countries of a modern date, as Coutant (in Collect. Pontif. Romanor. Epistol. Præfat. Gener. p. 57,) and others have demonstrated. The Church of Rome made use of the code of canons of the universal Church, which Quesnel endeavoured to confine to the Eastern churches. This consisted of the canons of the four first general councils, and of the councils of Ancyra, Gangres, Neocæsarea, Antioch, and Laodicea. It was augmented by the addition of the fifty canons called of the apostles, those of Sardica and several others, made by Dionysius the Little, about the year 520. Pope Adrian I. sent a copy to Charlemagne, telling him that the Church of Rome had used this code for three hundred years. Baluze (Dissert. de Thelensi Concilio.) shows that Quesnel omitted certain passages, because he thought them too favourable to the see of Rome. In the council of Telepté, (a city in Byzacena,) Quesnel foisted in the name of Telense, for Telepté, that he might forge some argument to reject it with the Epistola Tractatoria Syricii Papæ per Africam. See Baluze and Cacciari in t. 2, Op. St. Leonis, p. 55. But enough on Quesnel’s edition of the works of St. Leo.

F. Cacciari, a Carmelite friar, printed the same at Rome, with notes, in two volumes fol. anno. 1753. The sermons of this holy pope are contained in the first, being one hundred and one in number, of which Quesnel had only given us ninety-six. In the second we have one hundred and forty-five letters of St. Leo, besides several others of emperors and other eminent persons relating to St. Leo’s affairs. Quesnel had only published one hundred and forty-one letters of this pope. They are most interesting both for Church history, and for many important dogmatical decrees and rules of discipline which they contain. F. Cacciari gave us, in 1751, Exercitationes in Opera S. Leonis, M. in folio, consisting of several dissertations on the heresies of the Manichæans, Priscillianists, Pelagians, and Eutychians. Theologians and the whole church stand much indebted to him for his labours; but the value of the present would have been enhanced if the style had been closer, and less scholastic, and the expressions on some occasions more genteel. A French translation of the sermons of St. Leo was published by Abbé de Bellegarde, at Paris, in 1701.

Note 44. Ep. 46, c. 2, p. 260, ed. Quesn.; Ep. 47, p. 193, ed. Rom. Vide etiam Serm. 6, de Jejunio Septimi Mensis, &c.

Note 45. Ep. 125, ad Leon. Imper. c. 5, p. 337, ed. Quesn.; Ep. 129, ed. Rom. p. 435.

Note 46. Serm. 2, p. 52; ed. Quesn. p. 5, 6; ed. Rom. &c.

Note 47. Ep. 89, 93, 4, 5, 10, ed. Quesn.; 91, 95, 4, 5, 10, ed. Rom.

Note 48. Serm. 4, c. 5, p. 13; Serm. 3, p. 11; Serm. 34, c. 4, p. 91, 83 ed. Quesn. 87 ed. Rom.; see also Serm. 15, p. 32; Serm. 18, p. 39; Serm. 41, p. 112; Serm. 76, ed. Quesn. 78, ed. Rom. p. 230; Serm. 80, ed. Quesn. 82, ed. Rom. p. 238; Serm. 81, ed Quesn. 83, ed. Rom. p. 240; and in several other sermons on the saints.

Note 49. Ep. 59, ed. Quesn.; 60, ed. Rom. t. 2, p. 245, &c.

Note 50. Serm. 100, in Cathedrâ S. Petri. c. 2, p. 286.

Note 51. Serm. 46, de Quadragesimâ, p. 125; Serm. 77, ed. Quesn.; 79, ed. Rom. p. 230.

Note 52. Bened. XIV. Constit. Militantis Ecclesiæ.

Note 53. Serm. 96, ed. Quesn.; 99, ed. Rom. p. 279.

Note 54. Serm. 43, c. 7, t. 1, p. 180, ed. Rom.

Note 55. Serm. 36, c. 3, p. 95, ed. Rom.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/4/111.html

Pope Saint Leo the Great

It is regrettable that so little is known about the early life of this man who proved to be such an extraordinary shepherd of the Catholic Church that he came to be known not only as Pope Saint Leo I, but also is one of the only two Popes in two thousand years to be called “the Great.”

What we do know is that as a deacon of the Roman Church, before being elevated to the office of Pope in 440 AD, St. Leo the Great had opposed the heresy of Pelagianism which taught that grace was not necessary for salvation, but was rather a bonus that God granted to those who earned it by their good works.  As Pope, St. Leo the Great was forceful and unambiguous in his Christological teaching which affirmed the full divinity and humanity of Christ.  In fact his most famous writing, commonly known as the Tome of St. Leo (449), was the basis of the Council of Chalcedon’s (451) dogmatic definition of Christ as one Divine Person possessing two complete natures, human and divine.

St. Leo the Great was Pope during the middle of the fifth century, a troubled time when barbarian armies were ravaging the once mighty Roman Empire.  For all intents and purposes, the Western Empire was in total political and military collapse and there was a vacuum of political leadership.  Pope St. Leo filled the void and became the advocate for the temporal as well as spiritual needs of his flock.

He is perhaps most famous for persuading Attila the Hun to abandon his plans to sack the city of Rome and to withdraw his forces beyond the Danube river (452).  St. Leo once again was the spokesperson for the Roman citizenry in 455 when the Vandal barbarians swept into Central Italy, securing concessions from them.

Through both his powerful teaching and his leadership, Pope St. Leo the Great very much strengthened the office of the Papacy and made a strong biblical case for the Divine institution of this ministry by examining the biblical evidence for Peter’s unique role among the apostles.

The writings that survive by St. Leo, besides his famous Tome, consist of 143 letters and 96 sermons.  His sermons cover every season of the liturgical year and are indeed a treasure. St. Leo the Great died in 461 and  is regarded as one of the most important of the Western Fathers of the Church and was declared a “Doctor of the Church” by Pope Benedict XIV.


Voir aussi : http://jesusmarie.free.fr/leon_le_grand.htm