vendredi 13 avril 2012

Saint HERMÉNÉGILDE, prince et martyr


Francisco Herrera el Mozo. Le Triomphe de saint Hermenegilde, 1654,

Saint Herménégilde

prince, martyr, saint

550-585

Né vers 564, Herménégilde était un prince wisigoth, fils du roi Leovigilde et de l’hispano-romaine Théodosia.

Ses parents étant ariens, ils éduquèrent leurs fils — Herménégilde et Récarède — selon leur foi.

Toutefois, on sait qu’il fut un certain temps sous l’influence bénéfique de saint Léandre de Séville, parent proche de Théodosia, sa mère, ce qui explique, en partie, certes, que plus tard, Herménégilde ait épousé — alors qu’il n’état âge que de 15 ans — une catholique, la princesse franque-mérovingienne Ingonthe, fille du roi Sigebert I et de la reine Brunehilde.

Envoyé par son père gouverner la province Bétique, aussitôt après son mariage, Herménégilde y subit l’influence non seulement de son épouse Ingonthe, mais aussi celle de son oncle Léandre et il finit par abjurer l’arianisme et se convertir, ce qui ne fut pas du goût de son père, d’autant plus qu’il envisagea se tailler un royaume dans le sud de la péninsule ibérique (dans la Bétique) avec pour ville principale, Séville, haut-lieu de la foi catholique en Espagne.

Soutenu par sa femme, par l'Église catholique, par les Hispano-romains et par des Suèves catholiques en lutte contre les Wisigoths, il s'opposa à son père. Et le roi, décidé d'en finir avec son fils, le combattit violemment et réussit à vaincre ses troupes et à le capturer en 584.

Captif, Herménégilde fut envoyé à Tarragone. Pour les fêtes de Pâques 585, alors qu'Herménégilde se trouvait en prison, Léogivilde lui envoya un évêque arien, afin qu'il reçoive la communion de ses mains. Le roi offrit même de libérer Herménégilde et de le rétablir dans son ancienne position s'il acceptait cette communion arienne. Mais le saint prince rejeta l'évêque arien et lui reprocha son hérésie.

L'évêque arien rapporta les paroles d'Herménégilde au roi qui se mit aussitôt en colère et ordonna d'exécuter son fils. Dans un sous-sol d'un ancien palais romain d'Auguste, Herménégilde, le prince rebelle, subit le martyre et fut décapité le 13 avril 585.

Herménégild fut aussitôt considéré comme un saint martyr par l'Église catholique d'Espagne ainsi qu'en France et en Italie. Il fut canonisé par le pape Sixte Quint au XVIe siècle. À la suite de cette canonisation, le poète Luis de Gongora y Argote lui consacra une ode, alors que Francisco de Herrera, le Jeune, peignait l’un de ses plus beaux tableaux : “Le Triomphe d' Hermenegilde” (1654), qui se trouve au Musée du Prado, à Madrid.


SAINT HERMÉNÉGILDE

Prince martyr

(+ 586)

Leuvigilde, roi des Visigoths d'Espagne, avait épousé en premières noces la reine Théodosia, tante de saint Léandre et de saint Isidore, et il en avait eu deux fils, Herménégilde et Ricarède. Le roi et ses fils étaient ariens comme le peuple tout entier.

Herménégilde fut uni par son père à une digne épouse, Indégonde, fille du roi de France Sigebert. Indégonde devait être pour son mari l'instrument du salut. Par la persuasion et l'exposition de la vérité, elle conquit l'âme du jeune prince, qui reçut le baptême catholique des mains de son oncle, saint Léandre.

Dès lors, il n'y eut plus de paix dans le palais royal. Goswinde, seconde femme du roi, employa toutes les flatteries, toutes les intrigues, toutes les cruautés, pour faire adopter à Indégonde l'arianisme et pour y ramener le prince. Tout fut inutile.

Accusé par cette femme perfide d'attenter, de plus, à la vie de son père, Herménégilde fut jeté dans un cachot et chargé de chaînes. La prison, dit saint Grégoire, devint pour lui le vestibule du Ciel. Comme si le poids des chaînes n'eût pas suffi à ses mains habituées à porter le sceptre, il voulut encore, prisonnier du Christ, se couvrir d'un cilice, cherchant force et courage dans la prière qu'il adressait sans cesse au Dieu tout-puissant. Son père vint le voir et lui fit tous les reproches imaginables; il ne lui épargna pas même le nom d'ingrat, de parricide et de scélérat.
"Mon père, lui répondit Herménégilde, mon seul crime, c'est ma foi; eh bien! je proteste encore que je suis catholique romain; je voudrais mourir cent fois pour la gloire d'un si beau nom. C'est trop peu d'une bouche pour louer Dieu; qu'on déchire mon corps: les plaies que je recevrai seront comme autant de bouches avec lesquelles je bénirai mon Sauveur."

Son père le quitta exaspéré; mais un ange vint du Ciel consoler Herménégilde et lui prédit son martyre. Au temps de Pâques, le prisonnier refusa de recevoir la communion des mains d'un évêque arien. Quand il apprit que le roi son père allait envoyer un bourreau pour lui donner la mort, il se mit en prière avec plus de ferveur, fit à Dieu le sacrifice de sa vie, pria pour son père, pour sa belle-mère et pour ses ennemis. Pendant qu'il invoquait la très Sainte Vierge et son bon ange, les meurtriers entrèrent et lui tranchèrent la tête d'un coup de hache. Le principal des miracles qui suivirent sa mort fut la prompte conversion de l'Espagne.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.



St Herménégilde, martyr

A MATINES. avant 1960

Hymnus

Regáli sólio fortis Ibériæ,

Hermenegílde, iubar, glória Mártyrum,

Christi quos amor almis

Cæli cœtibus ínserit.

Ut perstas pátiens, pollícitum Deo

Servans obséquium ! Quo pótius tibi

Nil propónis, et arces

Cautus nóxia, quæ placent.

Ut motus cóhibes, pábula qui parant

Surgéntis vítii, non dúbios agens

Per vestígia gressus,

Quo veri via dírigit !

Hymne

O Herménégilde, lumière ayant illustré

le trône royal de la puissante Ibérie, glorieux

entre les Martyrs à qui l’amour du Christ a fait prendre

place parmi les saintes phalanges du ciel.

Comme tu demeures ferme dans la patience

et dans la fidélité que tu as promise à Dieu !

Tu le préfères à tout ; et plein de prudence,

tu sais écarter les plaisirs dangereux.

Comme tu réprimes les passions qui préparent

un aliment à la tentation du vice !

Ce n’est point d’un pas hésitant que tu marches

vers le but où conduit la voie de la vérité.

Honneur à jamais au Père,

Maître souverain de toutes choses ;

que nos prières célèbrent aussi le Fils,

et exaltent par de suprêmes louanges l’Esprit divin.

Ainsi soit-il.

Du Livre des Dialogues de saint Grégoire.

Quatrième leçon. Fils de Léovigilde, roi des Visigoths, le roi Herménégilde, fut converti de l’hérésie arienne à la foi catholique par les prédications du vénérable Léandre, Évêque de Séville, avec lequel je suis lié depuis longtemps d’une étroite amitié. Son père, demeuré arien, s’efforça, et de le gagner par des promesses, et de l’effrayer par des menaces, pour le ramener à l’hérésie. Comme Herménégilde répondait avec une constance inébranlable qu’il ne pourrait jamais quitter la vraie foi après l’avoir connue, son père irrité le priva de ses droits au trône et le dépouilla de tous ses biens. Un traitement si dur n’ayant pu abattre son courage,- Léovigilde le fit jeter dans une étroite prison et charger de fers au cou et aux mains. Le jeune roi commença alors à mépriser les royaumes de la terre, et à rechercher par les plus ardents désirs le royaume du ciel. Couvert d’un ciliée, et gisant à terre accablé par ses liens, il adressait des prières au Dieu tout-puissant, pour qu’il le fortifiât ; et plus il reconnaissait par sa captivité même le néant des biens qui avaient pu lui être ravis, plus il regardait avec dédain la gloire de ce monde qui passe.

Cinquième leçon. La fête de Pâques étant survenue, son perfide père lui envoya durant le silence d’une nuit profonde un Évêque arien, afin qu’il reçût la communion eucharistique de cette main sacrilège, et qu’il rentrât par ce moyen en grâce auprès de son père. Mais Herménégilde, tout dévoué à Dieu, adressa à l’Évêque arien, quand il l’aborda, les reproches qu’il était de son devoir de lui faire, et repoussa avec une juste indignation ses propositions insidieuses ; car, s’il gisait corporellement sous le poids de ses chaînes, intérieurement il se tenait dans une sécurité profonde et conservait toute l’élévation de son âme. Mais quand l’Évêque revint auprès de Léovigilde, ce prince arien frémit de rage et envoya aussitôt ses appariteurs pour tuer dans sa prison le très courageux confesseur de la foi ; ces ordres s’exécutèrent. Dès que les satellites furent entrés, ils lui fendirent la tête d’un coup de hache, mais en lui ôtant ainsi la vie du corps, ils ne purent lui enlever que ce que l’héroïque victime avait constamment méprisé en sa personne. Les miracles ne manquèrent pas pour manifester la véritable gloire dont il jouissait ; dans le silence de la nuit on entendit tout à coup le chant des Psaumes qui retentissait près du corps de ce roi martyr, d’autant plus véritablement roi qu’il avait obtenu la couronne du martyre.

Sixième leçon. Quelques-uns rapportent aussi que des flambeaux allumés parurent la nuit autour de son corps, ce qui porta tous les fidèles à le révérer comme celui d’un Martyr, ainsi qu’ils le devaient. Le père, plein de perfidie et souillé du sang de son fils, se sentit enfin touché de repentir ; il déplora ce qu’il avait fait, mais ce regret n’alla pas jusqu’à lui obtenir le salut. Tout en reconnaissant la vérité de la foi catholique, il fut retenu par la crainte que lui inspirait son peuple, et n’eut pas le courage de se convertir. Une maladie l’ayant réduit à l’extrémité, il recommanda à l’Évêque Léandre, qu’il avait auparavant persécuté avec tant de rigueur, le roi Récarède. son fils, qu’il laissait plongé dans l’hérésie, afin que les exhortations du saint Prélat opérassent en lui l’heureux changement qu’elles avaient produit en son frère. Après avoir fait cette recommandation, Léovigilde mourut. Le roi Récarède, suivant alors, non les traces de son coupable père, mais l’exemple de son frère le Martyr, renonça aux erreurs de l’hérésie arienne, amena à la vraie foi toute la nation des Visigoths, et refusa de recevoir sous ses étendards, dans tout son royaume, ceux qui ne craindraient pas de se constituer les ennemis de Dieu en restant infectés d’hérésie. Il ne faut pas s’étonner que le frère d’un Martyr soit devenu le prédicateur de la vraie foi : les mérites du second aident le premier à ramener un grand nombre d’âmes au sein [de l’Église] du Dieu tout-puissant.

A LAUDES.

Hymnus

Nullis te génitor blandítiis trahit,

Non vitæ cáperis dívitis ótio,

Gemmarúmve nitóre,

Regnandíve cupídine.

Diris non ácies te gládii minis,

Nec terret périmens carníficis furor :

Nam mansúra cadúcis

Præfers gáudia Cǽlitum.

Nunc nos e Súperum prótege sédibus

Clemens, atque preces, dum cánimus tua

Quæsítam nece palmam,

Pronis áuribus éxcipe.

Hymne

Ton père ne peut te faire dévier par aucune caresse ;

tu ne te laisses captiver ni par les douceurs d’une vie opulente,

ni par l’éclat des pierreries,

ni par l’ambition du trône.

Le tranchant du glaive dont tu es cruellement menacé

et la fureur du bourreau chargé de te faire mourir

n’ont rien qui t’effraie, car tu préfères les joies durables

des cieux au bonheur périssable d’ici-bas.

Maintenant, du haut du ciel, protège-nous,

sois-nous propice, et tandis que nous chantons

la palme obtenue par ta mort, écoute

et accueille favorablement nos prières.

Honneur soit constamment rendu au Père,

souverain Seigneur de toutes choses ;

que les bouches des fidèles célèbrent le Fils dans leurs prières,

et qu’ils exaltent par de suprêmes louanges l’Esprit vivifiant.

Ainsi soit-il.

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Le mystère de la Pâque nous apparaît aujourd’hui à travers les palmes d’un Martyr. Herménégilde , jeune prince visigoth, est immolé par l’ordre d’un père que l’hérésie aveugle ; et la cause de son trépas est la constance avec laquelle il a repoussé la communion pascale qu’un évoque arien voulait le contraindre à recevoir de ses mains. Le martyr savait que la divine Eucharistie est le signe auguste de l’unité catholique, et qu’il n’est pas permis de participer à la chair de notre Agneau pascal avec ceux qui ne sont pas dans la véritable Église. Une consécration sacrilège peut mettre les hérétiques en possession du divin Mystère, si le caractère sacerdotal existe en celui qui a osé franchir la barrière de l’autel du Dieu qu’il blasphème ; mais le catholique qui sait qu’il ne lui est pas même permis de prier avec les hérétiques, tremble à la vue du Mystère profané, et s’éloigne pour ne pas faire outrage au Rédempteur jusque dans le Mystère qu’il n’a établi que pour s’unir à ses fidèles.

Le sang du martyr fut fécond. L’Espagne asservie à l’erreur secoua ses chaînes ; un concile tenu à Tolède consomma la réconciliation que la sainte victime avait commencée. Ce fut un spectacle sublime et rare dans les siècles de voir une nation entière se lever pour abjurer l’hérésie ; mais cette nation a été bénie du ciel. Soumise bientôt à la terrible épreuve de l’invasion sarrasine, elle sut en triompher par ses armes, et sa foi toujours pure depuis lui a mérité le plus beau des titres pour un peuple, celui de Catholique.

Le Pape Urbain VIII a composé les deux Hymnes pour l’Office du saint Martyr.

Courageux témoin de la vérité du Symbole de la foi, Herménégilde, nous vous offrons aujourd’hui nos hommages et nos actions de grâces.

Votre mort courageuse a montré l’amour que vous aviez pour le Christ, et votre mépris des honneurs de la terre nous apprend à les mépriser. Né pour le trône, un cachot est devenu votre séjour ici-bas ; et c’est de là que vous êtes parti pour le ciel, le front ceint des palmes du martyre, couronne mille fois plus éclatante que celle qui vous était offerte pour prix d’une honteuse apostasie. Priez maintenant pour nous ; l’Église, en inscrivant votre nom sur le Cycle sacré, vous y convie en ces jours. La Pâque fut le jour de votre triomphe ; obtenez qu’elle soit pour nous une véritable Pâque, une complète résurrection qui nous conduise sur vos traces jusqu’à l’heureux séjour où vos yeux contemplent Jésus ressuscité. Rendez-nous fermes dans la foi, dociles à l’enseignement de la sainte Église, opposés à toute erreur et à toute nouveauté. Veillez sur l’Espagne votre patrie, qui doit à votre sang versé en témoignage de la vraie foi tant de siècles de pure orthodoxie ; préservez-la de toute défection, afin qu’elle ne cesse jamais de mériter le beau titre qui fait sa gloire.

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Voici un martyr du cycle pascal puisqu’il fut massacré dans sa prison par ordre de son père, pour avoir refusé de recevoir des mains d’un évêque arien la sainte Communion à l’occasion de la solennité de Pâques. Tandis qu’il était apocrisiaire à Constantinople, saint Grégoire le Grand apprit du saint évêque Léandre de Séville les détails de ce martyre et, devenu Pontife, il les consigna au troisième livre de ses Dialogues. L’insertion du nom de saint Herménégilde dans le Missel romain ne date cependant que du temps d’Urbain VIII.

La messe est celle du Commun des Martyrs durant le temps pascal ; mais la collecte et l’évangile sont propres.

L’antienne pour le chant d’introït est tirée du psaume 63 : « Vous m’avez mis, Seigneur, à l’abri de la conspiration des méchants, d’une foule d’ouvriers d’iniquité. » Cet abri est la grâce de Dieu, qui rend le juste supérieur à l’épreuve, et finalement le couronne dans l’éternité. Le persécuteur vise à l’âme du martyr et sévit contre lui ; mais Dieu appelle l’âme au ciel, et il ne demeure entre les mains du tyran qu’un cadavre glacé, contre lequel le persécuteur déchargerait désormais vainement sa colère.

La première lecture est tirée du livre de la Sagesse (V, 1-5) : Les justes se tiennent intrépides devant les tyrans, parce que la crainte de Dieu les réconforte, en sorte qu’ils ne craignent pas les hommes. Mais dans le monde d’outre-tombe la scène changera et les rôles seront intervertis ; c’est pourquoi, tandis que les persécutés d’hier triompheront avec Jésus, le grand proscrit de la vie, les impies reconnaîtront, mais trop tard, leur folie et confesseront s’être trompés.

Le chant alléluiatique, au temps pascal, est composé d’un double verset psalmodique, avec quatre alléluia intercalés. Cependant à l’origine c’était deux psaumes distincts qui suivaient les deux lectures scripturaires précédant le saint Évangile.

« Alléluia, alléluia. » Ps. 88. « Les cieux révèlent vos merveilles, Seigneur, et l’assemblée des justes votre fidélité. » — Ici, les cieux désignent l’Église triomphante, où la vision béatifique est un bien si grand que nul esprit humain ne le pourrait ici-bas concevoir. Quant à l’assemblée des justes, elle désigne l’Église militante, qui jouit par anticipation, grâce à l’espérance, de la possession future de Dieu. Le fondement de cette espérance, c’est la fidélité du Seigneur, parce que comme l’écrit l’Apôtre : Spes autem non confondit. — « Alléluia. » Ps. 20 : « Vous, Seigneur, vous avez posé sur sa tête une couronne d’or fin. » Dieu lui-même sur la terre est, par sa grâce, le bouclier des justes, et au ciel il est la couronne des bienheureux.

L’évangile est celui de la messe Statuit : Si quis venit, comme le 24 janvier, justement pour mettre en relief les circonstances spéciales du martyre d’Herménégilde qui, pour défendre la foi catholique, n’hésita pas à prendre les armes contre son propre père qui était arien. Finalement il succomba, victime de la perfidie de son père ; mais, monté au ciel, il lui obtint de se convertir au moment de sa mort, et, avec le salut de l’âme du vieux roi. Dieu lui accorda aussi le retour de toute la nation visigothe à la foi catholique.

Si cette fête tombe en Carême, sauf la première collecte et l’évangile tout se prend de la messe In virtute.

Si l’on juge héroïque l’acte du moine qui abandonne ses parents et sa famille et court se réfugier dans la paix du cloître, que devra-t-on dire de la vertu de ce jeune prince qui, pour défendre la foi de Nicée et son peuple tyrannisé, va jusqu’à prendre les armes contre son père hérétique ? La charité de Dieu devait vraiment être parfaite dans son cœur, puisqu’elle lui fit mépriser jusqu’aux sentiments les plus doux de la nature, par zèle pour l’honneur dû à la divinité du Sauveur.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Un martyr de la communion pascale.

Saint Herménégilde. — Jour de mort : 13 avril 585. Tombeau : à Séville ; son chef est à Saragosse. Image : On le représente avec la couronne royale et une hache (l’instrument de son supplice). Vie : Le fils du roi, saint Herménégilde, fut par sa mort sanglante « le grain de froment qui est tombé en terre et mourut. (Jean, XII, 24 sq.). « Il ne resta pas seul, mais porta des fruits nombreux : la conversion de tout un peuple. « Dans le royaume des Wisigoths, un homme mourut afin que plusieurs vivent et, comme un grain de blé était tombé dans la foi, il leva une riche moisson d’âmes pour obtenir la vie » (saint Grégoire le Grand). Saint Grégoire nous donne, au bréviaire, une biographie magistrale de notre saint : Le roi Herménégilde, fils du roi Wisigoth Léovigilde, avait été converti de l’erreur arienne à la foi catholique par les prédications du vénérable évêque Léandre (27 février, à Rome, Mart.) avec lequel je suis uni depuis longtemps par une amitié intime. Son père qui était toujours arien essaya, d’abord par de brillantes promesses, ensuite par des menaces, de le faire apostasier. Mais son fils déclara qu’il n’abandonnerait jamais la véritable foi maintenant qu’il la connaissait. Irrité au plus haut point, son père le déshérita et le déclara privé des droits de la succession au trône. Voyant que sa fermeté n’était pas ébranlée, il le fit jeter en prison, le cou et les mains chargés de lourdes chaînes. Alors, le jeune fils de roi commença à mépriser le royaume terrestre pour rechercher avec ardeur le royaume céleste ; dans les chaînes et l’habit de pénitence, il demanda constamment la force au Dieu tout puissant et apprit d’autant plus à mépriser la gloire du monde périssable qu’il reconnaissait davantage, dans ses fers, le néant de ce qu’on pouvait lui enlever. Quand arriva la fête de Pâques, le père cruel envoya vers minuit un évêque arien à son fils, pour lui offrir sa grâce s’il voulait recevoir la communion consacrée sacrilègement. Mais le saint jeune homme repoussa l’évêque avec horreur et lui reprocha avec une noble hardiesse son attachement à l’hérésie impie. Car bien que son corps fût dans les chaînes, il se tenait, dans une sainte liberté d’esprit, sur les saintes hauteurs de la foi. Le roi, instruit par l’évêque de ce qui s’était passé, devint encore plus furieux et il envoya des bourreaux dans la prison pour mettre son fils à mort sur-le-champ. Ils lui tranchèrent la tête d’un coup de hache. Mais ils ne purent que tuer ce que, depuis longtemps, leur victime estimait de peu de valeur. Immédiatement, il se produisit de nombreux miracles surprenants pour prouver la sainteté du martyr. Aussi tous les fidèles considérèrent comme un devoir sacré de traiter le cadavre avec les plus grands honneurs, comme le corps d’un martyr. Le père meurtrier regretta, il est vrai, son acte, mais son repentir ne fut pas assez parfait pour lui obtenir le salut. Il reconnut la vérité de la religion catholique, mais la crainte de ses sujets ariens l’empêcha d’abandonner ses erreurs. A son lit de mort, il recommanda son fils encore arien, Récarède, au saint évêque Léandre qu’il avait naguère si violemment persécuté ; il le pria de l’instruire dans la foi catholique, comme il l’avait fait avec tant de succès pour le saint martyr. Après cette recommandation, il mourut. Après la mort de Léovigilde, son fils Récarède ne suivit pas les traces de son père hérétique, mais celles de son saint frère. Il quitta l’erreur arienne et détermina aussi tout le peuple des Wisigoths à revenir à la véritable Église. Il interdit le port des armes dans son royaume à tous ceux qui se montreraient les ennemis de Dieu en persistant dans l’hérésie arienne. C’est ainsi que celui dont le frère avait été un martyr devint un prédicateur de la vraie foi. Ce sont sans doute les mérites de ce saint qui ramenèrent tant d’âmes dans le sein du Dieu tout puissant.

La messe (Protexisti). — Dans le temps pascal, la liturgie accorde à un groupe de saints des honneurs plus particuliers qu’aux autres. Ce sont les martyrs, parce qu’ils forment l’escorte du Roi des martyrs qui, par sa mort, a sanctifié tout martyre. Les martyrs doivent avoir une part privilégiée à la victoire que leur Roi a remportée dans sa Passion et sa Résurrection. C’est pourquoi ils ont un commun spécial dans le temps pascal. Les textes de ce commun respirent le parfum des catacombes. A l’Introït (Protexisti), le martyr chante lui-même un cantique d’action de grâces. Les persécutions n’ont fait qu’accroître son triomphe. Le Vendredi-Saint et le Samedi-Saint, nous avons appliqué le psaume 63 à la Passion du Christ, nous l’appliquons maintenant aux souffrances des martyrs. La leçon, elle aussi, est dramatique. Nous jetons un regard dans l’au-delà Nous voyons les persécuteurs debout, maintenant, en face de leurs victimes. Ils sont remplis d’effroi et s’écrient : « Les voilà ceux dont nous nous sommes moqués... Fous que nous étions, nous pensions que leur vie était insensée... Voici qu’ils sont comptés maintenant au nombre des enfants de Dieu ». L’Évangile a été choisi en raison des circonstances du martyre de notre saint. « Celui qui vient à moi et ne hait pas son père et sa mère... et ses frères et même sa propre vie, ne peut pas être mon disciple ». Herménégilde, fils de roi, a réellement haï tout ce qui est terrestre, père, royaume, vie, pour l’amour du Christ. Les chants rendent un son énergique, particulièrement le verset que nous chantons deux fois : « Les cieux attestent les merveilles de Dieu » (comme les martyrs) (All. et Off.).


Saint Hermenegild

martyr à Tarragone en Espagne (✝ 586)

Héritier du roi des Wisigoths, il refusa d'embrasser l'arianisme à la différence de son père qui n'accepta pas cette conversion de son fils. Arrété, Hermenegild refusa la communion eucharistique d'un prêtre arien: «ce ne sont que vulgaires pain et vin.» Il fut assassiné par les soldats de son père et consomma ainsi son martyre pour sa foi en la vérité de l'Eglise orthodoxe. Trois ans après sa décapitation, la nation wisigothique revenait elle aussi à la foi de l'Eglise romaine.

À Tarragone en Espagne, l’an 586, saint Herménégilde, martyr. Fils du roi arien des Visigoths Léovigild, il fut converti à la foi catholique par l’évêque saint Léandre, et ne se laissa fléchir ni par les faveurs ni par les menaces de son père, qui, irrité, le priva du règne et le fit enfermer dans une étroite prison. Au moment des fêtes pascales, ayant refusé de recevoir la communion des mains d’un évêque arien, il fut frappé à mort d’un coup de hache, sur l’ordre de son père.

Martyrologe romain

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/8795/Hermenegild.html

Saint HERMÉNÉGILDE

Fils du roi des Visigoths d’Espagne, saint Herménégilde épousa la fille du roi des Francs d’Austrasie, et se convertit à la Foi catholique, car sa famille était arienne. Son père irrité le fit mettre dans un cachot et la nuit de Pâques lui fit porter la Communion part un évêque arien.
« Mais Dieu ne le délaissa point dans les chaînes ». « Saint Herménégilde sacrifia à l’amour de Dieu l’amour de son père et de sa propre vie », et repoussa l’évêque hérétique avec indignation.

[ On n’a pas dit que le sacrement ait été invalide ou même l’épiscopat, et saint Herménégilde a refusé de faire ses Pâques des mains d’un évêque-hérétique-quoique-valide et non à cause de l’invalidité… ]
Mis à mort le 13 avril 586, il participa au triomphe du Christ qui « dans le royaume de Dieu lui donna le sceptre royal ». Son père en effet mourut en demandant à Récarède, frère du Martyr, de ramener toute sa nation à la vraie Foi. Et l’Espagne se fit chrétienne.

À l’exemple de saint Herménégilde, qui préféra la royauté du Ciel à celle de la terre, méprisons les biens périssables pour ne chercher que les biens éternels ».
  • Saint Herménégilde honoré à Nice : 1644 [ date inscrite sur la fontaine du village à Moriez… ] (Histoire des Diocèses de France (17) : Nice et Monaco, p. 109)
Extrait :
CHAPITRE V
Le diocèse de Nice du XVIe au XVIIIe siècle
Cérémonies, dévotions, pratiques pieuses

Les grandes cérémonies sont la manifestation la plus spectaculaire de la religiosité. Les processions accompagnent toutes les fêtes ou ont lieu en des circonstances exceptionnelles lorsque la protection divine est particulièrement nécessaire : périodes de sécheresse, d’inondations, d’épidémie : en 1608, on organise une procession pour demander que cesse le ravage des récoltes par les vers ; en 1650, l’évêque se rend en procession sur la plage et s’embarque pour maudire les dauphins qui gênent les pêcheurs ; en 1782, lors d’un furieux orage de grêle, il n’est pas question de procession, mais la foule se masse dans la cathédrale autour du Saint-Sacrement qu’a exposé le Chapitre. Parmi les cérémonies assez solennelles pour avoir été notées par les chroniqueurs, on trouve les arrivées de reliques : corps du martyr saint Agapit déposé chez les Clarisses en 1616, relique de sainte Rosalie à la suite du vœu de la ville lors de la peste de 1631, relique de saint Vincent en 1642, bras de saint Herménégilde en 1644… La canonisation des saints Ignace et François-Xavier donne aussi lieu à de grandes cérémonies : feux de joie pendant trois nuits, procession générale, etc.

DIALOGUES de SAINT GRÉGOIRE - LE GRAND

Écrit de 594
INCIPIUNT CAPITULA LIBRI TERTII

Table des chapitres du Livre III

XXXI. Le roi Herménégilde, fils du roi wisigoth Léovigilde, mis à mort par son père pour la Foi catholique
GRÉGOIRE. De nombreux visiteurs venus des Espagnes nous ont appris que récemment le roi Herménégilde, fils de Léovigilde, roi des Wisigoths, se convertit de l’hérésie arienne à la Foi catholique, instruit par le très révérend Léandre, Évêque de Séville, avec qui je suis lié depuis longtemps en intime amitié.

2. Son père arien entreprit de le faire revenir à cette hérésie, avec des avantages pour le persuader et des menaces pour l’effrayer. Comme il répondit très fermement qu’il n’abandonnerait jamais la vraie Foi maintenant qu’il la connaissait, son père, irrité, le destitua de la royauté et le dépouilla de tous ses biens. Même après cela, comme il n’arrivait pas à ébranler sa force d’âme, il l’enferma dans un cachot étroit avec des fers au cou et aux poignets. Le jeune roi Herménégilde méprisait le royaume terrestre, cherchant le Céleste d’un puissant désir. Il gisait, enchaîné, vêtu d’un cilice, à prier avec effusion le Dieu tout-puissant de lui donner du cœur. Il dédaignait avec d’autant plus de grandeur la gloire de ce monde transitoire, que, chargé de chaînes, il connaissait le néant des biens susceptibles d’être confisqués.

3. Quand vint la fête de Pâques, dans le silence au cœur de la nuit, son mécréant de père lui envoya un évêque arien pour recevoir de sa main une communion consacrée de façon sacrilège. De cette manière, il mériterait de rentrer en grâce auprès de son père. Mais l’homme tout donné à Dieu fit à l’évêque arien venu à lui les remontrances qu’il lui devait. Il repoussa sa mécréance avec les reproches qui convenaient, car si extérieurement il gisait enchaîné, en son for intérieur, à la haute altitude de son âme, il se dressait en sécurité.

4. Au retour de l’évêque, le père arien frémit de rage, et aussitôt il dépêcha ses appariteurs avec ordre de mettre à mort l’inébranlable confesseur de Dieu là où il gisait. Ce qu’ils firent. À peine entrés, ils lui fichèrent une hache dans le crâne, lui ôtant ainsi la vie corporelle. Ils réussirent à massacrer en lui ce que cet homme mourant avait lui-même, de toute évidence, méprisé.

5. Mais pour révéler sa véritable gloire, les signes d’en-haut ne manquèrent pas. On entendit dans le silence nocturne le chant d’une psalmodie auprès du corps de ce roi et martyr : oui, il fut vraiment roi parce qu’il fut aussi martyr. Certains rapportent aussi que là, pendant la nuit, des lampes allumées apparaissaient. Il s’ensuivit que son corps fut à juste titre, comme celui d’un Martyr, vénéré par tous les fidèles.

6. Son père hérétique et parricide (1) fut secoué d’un sentiment de pénitence. Il se repentit de son action, mais n’alla pas jusqu’à obtenir le salut, car il reconnut que la Foi catholique est la vraie, mais arrêté par la crainte des réactions de son peuple, il ne mérita pas d’y accéder. Tombé malade, arrivé à toute extrémité, il eut soin de recommander à l’Évêque Léandre, que naguère il avait vivement persécuté, son fils le roi Récarède, qu’il laissait dans son hérésie : que l’Évêque fît avec lui, par ses instructions, comme pour son frère Herménégilde. Cette recommandation faite, il mourut.
(1) C’est le mot latin. En français, le sens par extension, vieilli, est celui d’une personne qui attente à la vie de très proches parents.

7. Après sa mort, le roi Récarède ne suivit pas son père hérétique mais son frère Martyr. Il se convertit de la mauvaise hérésie arienne et conduisit à la vraie Foi toute la nation des Wisigoths : il ne permit à personne d’être employé au service de son royaume, s’il osait être hostile au royaume de Dieu par la mécréance hérétique.

8. Ne nous étonnons pas qu’il soit devenu héraut de la vraie Foi, ce frère d’un Martyr. Celui-ci, par ses mérites, aide Récarède à ramener tant d’hommes dans le sein de Dieu tout-puissant. Dans ce retournement, il nous faut bien voir que tout cela n’aurait pas pu se produire si le roi Herménégilde n’était pas mort pour la vérité. Car comme il est écrit : « Si le grain de froment tombant en terre ne meurt, il demeure seul ; s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn, XII, 24), nous voyons s’accomplir dans les membres ce qui s’est accompli, nous le savons, dans la tête. En effet, dans la nation des Wisigoths, un seul est mort pour que beaucoup aient la vie, et quand un seul grain est tombé dans sa fidélité pour garder la Foi, une grande moisson d’âmes s’est levée.

ACTUALITÉ DE SAINT HERMÉNÉGILDE
Cette actualité tient d’abord à ce que les Saints sont toujours d’actualité, raison pour laquelle notre sainte Mère l’Église les a canonisés afin de nous servir de modèles, d’exemples, de références à cette illustration de la vie catholique qu’ils ont manifestée.

Ensuite parce que notre Saint a sa fête en une période habituellement occupée par un calendrier du temporal mobile qui empêche très souvent la fête d’être célébrée (les Saints de cette période sont à ce même régime), mais cette année la Saint-Herménégilde peut être célébrée normalement. Profitons-en !

Ce qui n’est plus d’actualité, ce sont les belles familles princières catholiques de l’Europe qui tentent de s’allier, et y arrivent fréquemment et avec une certaine facilité, car elles sont catholiques. Pour ce qui regarde notre Saint, nous avons deux familles royales, l’une chez les Goths d’Espagne (les Wisigoths dans la presque totalité de la péninsule ibérique et le Languedoc, un véritable empire avec Tolède comme capitale), l’autre en Austrasie (Nord-Est de la France, la Belgique et jusqu’au Rhin, avec Reims puis Metz comme capitale). Léovigilde est roi des Wisigoths et Sigebert, petit-fils de Clovis, roi d’Austrasie. Pour assurer une dynastie, Léovigilde place ses deux fils, chacun comme roi d’une partie de l’Espagne et saint Herménégilde s’installe à Séville pour la partie méridionale.

SAINT LÉANDRE ET L’HÉRÉSIE GALOPANTE

Goswinde, belle-mère de Sigebert est la seconde épouse de Léovigilde. Indegonde, fille de Sigebert va épouser saint Herménégilde fils de Léovigilde. Mais depuis de nombreuses années, Léovigilde s’était laissé aller par cette femme à l’arianisme, l’hérésie galopante de l’époque, entraînant son royaume et ses fils. Quant à Indegonde, pieuse et fervente catholique, elle sut gagner son jeune époux : « Si je voyais le moindre rayon de vérité en la secte que vous professez, et quelque espérance de salut, je m’y rangerais de bon cœur pour me lier davantage à votre personne, que j’aime après Dieu plus que toutes les choses du monde ; mais il est certain que vous êtes dans l’erreur, que vous suivez un fantôme au lieu de la vérité, et que, mourant en cet état, vous perdez votre âme, que je voudrais racheter au prix de tout mon sang ».

HERETICUM HOMINEM DEVITA

Saint Herménégilde se place alors sous la direction de l’archevêque catholique de Séville, saint Léandre (dont la sœur fut la première femme de Léovigilde), qui le catéchise puis le baptise et le confirme. À cette dernière occasion d’ailleurs, saint Herménégilde fait frapper des pièces d’or avec son image, et comme inscription « Hereticum hominem devita, Évitez l’homme hérétique ». Plus tard, après le martyre de saint Herménégilde en 586, saint Léandre sera éxilé et se liera d’amitié à Constantinople avec un saint personnage qui deviendra le Pape saint Grégoire-le Grand qui rapportera en 594 les événements concernant saint Herménégilde dans ses Dialogues.

SOTTISES ET CONTRE-VÉRITÉS
D’anciennes contre-vérités, extrapolées de saint Isidore de Séville — frère de saint Léandre auquel il succéda sur le siège épiscopal de Séville — qui ignore la conversion de saint Herménégilde, ont été reproduites, comme le fait que notre jeune roi se serait rebellé contre son père. Le témoignage de l’archevêque de Séville, saint Léandre, reproduit par saint Grégoire-le Grand, indique bien la provocation du père voulant faire renoncer son fils au Catholicisme. Témoignage aussi de saint Grégoire de Tours concernant les horreurs commises par Goswinde à l’égard de sa belle-fille dans le même but de la faire apostasier. Léovigilde déjà mis en fureur par la résistance de son fils, poussé par sa femme vexée de ne rien obtenir de sa belle-fille, entreprit une guerre contre son fils qu’il fit prisonnier par une grande traîtrise et mettre aux fers, et c’est là que, Pâques de l’an 586 étant arrivé, l’évêque hérétique-quoique-valide, s’est vu refuser ses actes religieux qui n’étaient pas d’Église. L’ayant appris, Léovigilde fit décapiter son fils.

Certains ont pu faire de saint Herménégilde un « martyr de l’Eucharistie », ce qui est un raccourci. Certes notre saint roi a concrètement refusé l’hostie présentée dans sa prison par l’évêque arien venu sur l’ordre du roi Léovigilde. Mais c’était pour l’obliger à « faire ses Pâques », c’est-à-dire certes communier, mais aussi ce qui va avec, la confession dans le sacrement de pénitence qui précède et prédispose à la communion. Nous dirions plutôt : un Martyr de la foi en l’Église.

Certain a prétendu récemment s’appuyer sur les Petits Bollandistes pour affirmer que saint Herménégilde avait refusé les sacrements de l’évêque arien parce qu’il aurait été un évêque invalide. Cela parce qu’il est dit que saint Herménégilde a reçu un baptême arien invalide. Mais quel rapport avec l’évêque arien qui intervient peut-être vingt ans plus tard ?
Le sang des Martyrs étant de la semence de Chrétiens (Tertullien), après la mort de saint Herménégilde, son frère Récarède, devenu roi des Wisigoths à la mort de son père, se convertit et entraîna derrière lui toute l’Espagne.

Saint HERMÉNÉGILDE

Le roi prisonnier saint Herménégilde refuse les services d’un évêque-hérétique-quoique-valide, comme nous devons le faire nous-mêmes pour tous ces « évêques » multi-formes (ou sans forme…) et leurs produits, qu’ils soient carrément invalides comme les officiels, ou des « cercles-carrés-quoique-valides » autrement appelés « évêques-diminués » qui se multiplient à la façon des lapins australiens (voyez sous la soutane).

Pour nous aider à méditer

Le tentateur se conduit à la façon des hérétiques. Il cite l’Écriture. Tous les Pères observent que c’est le propre des hérétiques de citer les bonnes paroles dans un mauvais sens. Voir saint Vincent de Lérins, Tertullien et tous les autres. “La science des Écritures consiste non pas à les lire mais à les comprendre” (S. Jérôme). (S. François de Sales, Sermons, CXXI)

Notes tirées du sermon

Demain nous fêterons saint Herménégilde. Dans le calendrier liturgique, sa fête, le 13 avril, se situe autour de Pâques car il a été martyrisé ce jour-là après avoir refusé de faire ses Pâques par le moyen de « la communion d’une consécration sacrilège » dit le Pape saint Grégoire-le Grand. Il faut noter qu’il n’y aurait pas de consécration sacrilège si l’évêque arien avait été invalide, puisqu’il n’y aurait pas eu de consécration du tout.

« Faire ses Pâques » c’est communier (et donc se confesser préalablement) au moins une fois l’an, et dans cette période qui généralement commence le dimanche des Rameaux et se termine le dimanche in Albis, avec des élargissements dans certains diocèses. Comme ce devoir est doux à ceux qui, en ce dimanche, ont déposé l’habit blanc de leur Baptême en la nuit pascale ! Et tout autant pour ceux qui ont simplement (!) renouvelé les promesses de leur Baptême. C’est, dans la joie pascale, plus qu’un complément, la plénitude. Dans ce sommet de l’année liturgique, comment rester à l’écart quand Dieu nous donne de vraies possibilités d’utiliser les Sacrements d’Église.

Il y a le cas, pénible humainement, de ceux qui sont obligés, comme saint Herménégilde, de se priver (ou d’être privés) de ces Sacrements pour rester totalement fidèles à l’Église et de témoigner ainsi de leur Foi. Mais peut-on mesurer la grâce que Dieu peut accorder à ceux qui, si entièrement, se soumettent à cette dure restriction ? Saint Grégoire ne dit-il pas que « bien qu’il fut couché extérieurement lié, il se tenait assuré en lui-même dans une grande élévation d’esprit (…) ce très constant confesseur de Dieu ». Et d’ajouter : ce que les assassins « purent faire périr en lui [ce n’était pas la Foi], c’était une chose que celui-là même qui périt se trouvait avoir méprisée en lui-même ». Et la gloire qui s’ensuivit : « Cependant il ne manqua pas de miracles célestes pour manifester sa vraie gloire. En effet, on commença d’entendre, dans le silence de la nuit, le chant d’une psalmodie auprès du corps de ce même roi et Martyr, qui fut véritablement roi parce qu’il fut aussi Martyr ».
Recommandation spirituelle de la semaine

Le premier des Sacrements, autour duquel gravitent tous les autres, se confectionne au cours du Sacrifice de la Messe dans l’oblation PURE.




ST. HERMENEGILD, Martyr.

Leovigild, King of the Visigoths, had two sons, Hermenegild and Recared, who reigned conjointly with him. All three were Arians, but Hermenegild married a zealous Catholic, the daughter of Sigebert, King of France, and by her holy example was converted to the faith. His father, on hearing the news, denounced him as a traitor and marched to seize his person. Hermenegild tried to rally the Catholics of Spain in his defence, but they were too weak to make any stand, and, after a two years' fruitless struggle, he surrendered on the assurance of a free pardon. When safely in the royal camp, the king had him loaded with fetters and cast into a foul dungeon at Seville. Tortures and bribes were in turn employed to shake his faith, but Hermenegild wrote to his father that he held the crown as nothing, and preferred to lose sceptre and life rather than betray the truth of God. At length, on Easter night, an Arian bishop entered his cell, and promised him his father's pardon if he would but receive Communion at his hands. Hermenegild indignantly rejected the offer, and knelt with joy for his death-stroke. The same night a light streaming from his cell told the Christians who were watching near that the martyr had won his crown, and was keeping his Easter with the Saints in glory. He died in 586 A.D. .

Leovigild on his death-bed, though still an Arian, bade Recared seek out St. Leander, whom he had himself cruelly persecuted, and, following Hermenegild's example, be received by him into the Church. Recared did so, and on his father's death labored so earnestly for the extirpation of Arianism that he brought over the whole nation of the Visigoths to the Church. "Nor is it to be wondered," says St. Gregory, "that he came thus to be a preacher of the true faith, seeing that be was brother of a martyr, whose merits did help him to bring so many into the lap of God's Church."

Reflection.---St. Hermenegild teaches us that constancy and sacrifice are the best arguments for the Faith, and the surest way to win souls to God.


St. Hermengild

Date of birth unknown; d. 13 April, 585. Leovigild, the Arian King of the Visigoths (569-86), had two sons, Hermengild and Reccared, by his first marriage with the Catholic Princess Theodosia. Hermengild married, in 576,Ingundis, a Frankish Catholic princess, the daughter of Sigebert and Brunhilde. Led by his own inclination, and influenced by his wife as well as by the instructions of St. Leander of Seville, he entered the Catholic fold.Leovigild's second wife, Goswintha, a fanatical Arian, hated her daughter-in-law and sought by ill-treatment to force her to abandon the Catholic Faith. Hermengild had accordingly withdrawn, with his father's sanction, toAndalusia, and had taken his wife with him. But when Leovigild learned of his son's conversion he summoned him back to Toledo, which command Hermengild did not obey. The fanatical Arianism of his step-mother, and hisfather's severe treatment of Catholics in Spain, stirred him to take up arms in protection of his oppressed co-religionists and in defence of his own rights. At the same time he formed an alliance with the Byzantines. Leovigold took the field against his son in 582, prevailed on the Byzantines to betray Hermengild for a sum of 30,000 gold solidi, besieged the latter in Seville in 583, and captured the city after a siege of nearly two years. Hermengild sought refuge in a church at Cordova, whence he was enticed by the false promises of Leovigild, who stripped him in camp of his royal raiment and banished him to Valencia (584). His wife, Ingundis, fled with her son to Africa, where she died, after which the boy was given, by order of Emperor Mauritius, into the hands of his grandmother Brunhilde. We are not fully informed as to Hermengild's subsequent fate.


Gregory the Great relates (Dialogi, III, 31, in P.L. LXVII, 289-93) that Leovigild sent an Arian bishop to him in hisprison, on Easter Eve of 585, with a promise that he would forgive him all, provided he consented to receive Holy Communion from the hands of this bishop. But Hermengild firmly refused thus to abjure his Catholic belief, and was in consequence beheaded on Easter Day. He was later venerated as a martyr, and Sixtus V (1585), acting on the suggestion of King Philip II, extended the celebration of his feast (13 April) throughout the whole of Spain.

Sources

Acta SS., April, II, 134-138; GAMS, Kirchengeschichte Spaniens, II (Ratisbon, 1864), i, 489 sqq.; II (1874), ii, 1 sqq.; GÖRRES, Hermengild in Zetschrift für historische Theologie, 1873, 1-109; LECLERCQ, L'Espagne chrétienne (Paris, 1906), 254 sqq.

Kirsch, Johann Peter. "St. Hermengild." The Catholic Encyclopedia. Vol. 7. New York: Robert Appleton Company, 1910. 13 Apr. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/07276a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Gordon and Pat Hermes.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. June 1, 1910. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/07276a.htm

April 13


St. Hermenegild, Martyr

From St. Gregory the Great, Dial. b. 3, c. 31; St. Gregory of Tours; Hist. b. 5, c. 39, and b. 9, c. 16; Mariana, Hist. b. 5, c. 12; Flores, Espana Sagrada. t. 5, c. 2, p. 200; Henschenius, t. 2, Apr. p. 134.

A.D. 586

LEVIGILD, or LEOVIGILD, the Goth, 1 king of Spain, had two sons by his first wife Theodosia, namely, Hermenegild and Recared. These he educated in the Arian heresy, which he himself professed, but married Hermenegild, the eldest, to Ingondes, a zealous Catholic, and daughter to Sigebert, king of Austrasia, in France. The grandees had hitherto disposed of their crown by election, but Levigild, to secure it to his posterity, associated his two sons with him in his sovereignty, and allotted to each a portion of his dominions to inure them to government, and Seville fell to the lot of the elder. Ingondes had much to suffer from Gosvint, a bigoted Arian, whom Levigild had married after the death of Theodosia; but, in spite of all her cruel treatment, she adhered strictly to the Catholic faith. And such was the force of her example, and of the instructions and exhortations of St. Leander, bishop of Seville, that the prince became a convert; and, taking the opportunity of his father’s absence, abjured his heresy, and was received into the church by the imposition of hands, and the unction of chrism on the forehead. Levigild, who was already exasperated against his son, upon the first appearance of his change, being now informed of his open profession of the Catholic faith, in a transport of rage divested him of the title of king, and resolved to deprive him of his possessions, his princess, and even his life, unless he returned to his former sentiments. Hermenegild, looking upon himself as a sovereign prince, resolved to stand upon his defence, and was supported by all the Catholics in Spain; but they were by much too weak to defend him against the Arians. The   prince therefore sent St. Leander to Constantinople, to solicit Tiberius for succours. But he dying soon after, and his successor Maurice being obliged to employ all his forces to defend his own dominions against the Persians, who had made many irruptions into the imperial territories, no succours were to be obtained. Hermenegild implored next the assistance of the Roman generals, who were with a small army in that part of Spain, on the coast of the Mediterranean, of which the empire of Constantinople still retained possession. They engaged themselves by oath to protect him, and received his wife Ingondes and infant son for hostages; but, being corrupted by Levigild’s money, they basely betrayed him. Levigild held his son besieged in Seville above a year, till Hermenegild, no longer able to defend himself in his capital, fled secretly to join the Roman camp; but, being informed of their treachery, he went to Cordova, and thence to Osseto, a very strong place, in which there was a church held in particular veneration over all Spain. He shut himself up in this fortress with three hundred chosen men; but the place   was taken and burnt by Levigild. The prince sought a refuge in a church at the foot of the altar; and the Arian king not presuming to violate that sacred place, permitted his second son, Recared, then an Arian, to go to him, and to promise him pardon, in case he submitted himself and asked forgiveness. Hermenegild believed his father sincere, and going out threw himself at his feet. Levigild embraced him, and renewed his fair promises, with a thousand caresses, till he had got him into his own camp. He then ordered him to be stripped of his royal robes, loaded with chains, and conducted prisoner to the tower of Seville, in 586, when the saint had reigned two years, as F. Flores proves from one of his coins, and other monuments.

There he again employed all manner of threats and promises to draw him back to his heresy, and hoping to overcome his constancy, caused him to be confined in a most frightful dungeon, and treated with all sorts of cruelty. The martyr repeated always what he had before wrote to his father: “I confess your goodness to me has been extreme. I will preserve to my dying breath the respect, duty, and tenderness which I owe you; but is it possible that you should desire me to prefer worldly greatness to my salvation? I value the   crown as nothing; I am ready to lose sceptre and life too, rather than abandon the divine truth.” The prison was to him a school of virtue. He clothed himself in sackcloth, and added other voluntary austerities to the hardships of his confinement, and with fervent prayers begged of God to vouchsafe him the strength and assistance which was necessary to support him in his combat for the truth. The solemnity of Easter being come, the perfidious father sent to him an Arian bishop in the night, offering to take him into favour, if he received the communion from the hand of that prelate; but Hermenegild rejected the proposal with indignation, reproaching the messenger with the impiety of his sect, as if he had been at full liberty. The bishop, returning to the Arian king with this account, the furious father, seeing the faith of his son proof against all his endeavours to pervert him, sent soldiers out of hand to dispatch him. They entered the prison, and found the saint fearless and ready to receive the stroke of death, which they instantly inflicted on him, cleaving his head with an axe, whereby his brains were scattered on the floor. St. Gregory the Great attributes to the merits of this martyr the conversion of his brother, King Recared, and of the whole kingdom of the Visigoths in Spain. Levigild was stung with remorse for his crime, and though by God’s secret, but just judgment, he was not himself converted, yet, on his death-bed, he recommended his son Recared to St. Leander, desiring him to instruct him in the same manner as he had done his brother Hermenegild—that is, to make him a Catholic. This saint received the crown of martyrdom on Easter-Eve, the 13th of April. His body remains at Seville. St. Gregory of Tours observes, that whatever guilt this holy king and martyr incurred by taking up arms against his father, this at least was expiated by his heroic virtue and death. Before St. Hermenegild declared himself a Catholic, the persecution was raised with great violence against the Goths, who embraced the orthodox faith of the Trinity, and many lost their goods, many were banished, and several died of hunger, or by violence. St. Gregory of Tours ascribes not only the death of St. Hermenegild, but also this whole persecution, chiefly to the instigation of Gosvint.

St. Hermenegild began then to be truly a king, says St. Gregory the Great, when he became a martyr. From his first conversion to the true faith, it was his main study to square his life by the most holy maxims of the gospel. Yet, perhaps, whilst he lived amidst the hurry, flatteries, and pomp of a throne, his virtue was for some time imperfect, and his heart was not perfectly crucified to the world. But humiliations and sufferings for Christ, which the saint bore with the heroic courage, the fidelity, and perfect charity of the martyrs, entirely broke all secret ties of his affections to the earth, and rendered him already a martyr in the disposition of his soul, before he attained to that glorious crown. Christ founded all the glory of his humanity and that of his spiritual kingdom, the salvation of the universe, and all the other great designs of his sacred incarnation, upon the meanness of his poor and abject life, and his ignominious sufferings and death. This same conduct he held in his apostles and all his saints. Their highest exaltation in his grace and glory, was built upon their most profound humility, and the most perfect crucifixion of their hearts to the world and themselves; the foundation of which was most frequently laid by the greatest exterior as well as interior humiliations. How sweet, how glorious were the advantages of which, by this means, they became possessed, even in this life! God making their souls his kingdom, and by his grace and holy charity reigning sovereignly in all their affections. Thou hast made us a kingdom to our God, and we shall reign, say all pious souls to Christ, penetrated with gratitude for his inexpressible mercy and goodness, with esteem for his grace and love alone, and with a contempt of all earthly things. They are truly kings, depending on God alone, being in all things, with, inexpressible joy, subject to him only, and to all creatures, purely for his sake; enjoying a perfect liberty, despising equally the frowns and the flatteries of the world, ever united to God. The riches of this interior kingdom, which they possess in Christ, are incomprehensible, as St. Paul assures us. They consist in his grace, light, science of divine things, true wisdom, and sublime sentiments of his love and all virtues. In this kingdom, souls are so replenished with the fulness of God as St. Paul expresses it, that they can desire no other goods. This is to be truly rich. Joy and pleasure are possessed in this kingdom. The solid delight, sweetness, comfort, and peace, which a soul relishes in it, surpass all the heart can desire, or the understanding conceive. Lastly, all worldly splendour is less than a dream or shadow, if compared to the dignity, glory, and honour of this happy state. Thus was St. Hermenegild a great king in his chains. We also are invited to the same kingdom.

Note 1. This name in original Gothic manuscripts is constantly written Liuvigild, as Flores observes. He began his reign in the year of our Lord 568, of the Spanish æra 606, and put S. Hermenegild to death in the eighteenth year of his reign, as is clear from an old chronicle published by Flores, Espana Sagrada, t. 2, p. 199. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume IV: April. The Lives of the Saints.  1866.



Hermenegild, King M (RM)

Died c. 583-586. Son of the Visigoth King Leovigild of Spain and his first wife, Theodosia, Saint Hermenegild was raised in Arian court of Seville. He married the Christian Inezonde (Ingunda), daughter of Sigebert of Austrasia. His conversion to orthodox Christianity was the result of the fervent prayers and virtuous example of his wife, as well as the teaching of Archbishop Saint Leander of Seville. At his conversion, his father disinherited him, whereupon he rose in arms. Hermenegild sent Saint Leander to Constantinople to garner support. Finding no assistance there, he begged the help of the Roman generals who still governed a strip of land along the Mediterranean coast. They took his wife and son as hostages and made promises that they failed to fulfill. After being besieged by his father's troops for a full year at Seville, Hermenegild fled to the Roman camp, only to find that his father had bribed them to betray him.


Almost without hope, Hermenegild sought refuge in a church at the altar, where not even his father would violate the sanctuary. Instead, Leovigild sent his son Reccared, another Arian, to offer Hermenegild forgiveness if he would repent. Hermenegild believed his father and was reconciled for a time. Some of his former dignities were restored until Leovigild's second wife, Gosvinda, succeeded in estranging the two again. This time Hermenegild was arrested for heresy, rather than treason, and imprisoned at Tarragona. He was promised liberty if he would recant his profession of faith.

On Easter Day, his father sent the Arian bishop to him, offering to restore him to favor if he would receive the Eucharist from the prelate. Hermenegild, fortified by prayer and penance since his arrest, refused absolutely. Enraged, his father sent soldiers to behead him--which was accomplished by one blow from an axe. Saint Gregory the Great attributes the conversion of Reccared and the whole of Visigothic Spain to the witness of Hermenegild; however, many dispute his entitlement to be honored as a martyr (Attwater2, Benedictines, Coulson, Encyclopedia, Walsh).

Saint Hermenegild is depicted in art as a young prince wearing armor and being borne to heaven while contemplating the crucifix. Angels carry an axe, chains, royal regalia, a palm, and a rose wreath. Heretical bishops and king stand below. He might also be shown as a prince with an axe (Roeder). Venerated in Spain (Roeder).


SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0413.shtml

Sant' Ermenegildo Martire


m. 585

Vissuto nel VI secolo, era figlio di Leovigildo, il primo re di Spagna visigoto e, come tutti i visigoti, era seguace di Ario. Il suo matrimonio con una cattolica provocò tensioni a corte e il re esiliò Ermenegildo e sua moglie a Siviglia.. Qui, il giovane si convertì al cattolicesimo e tentò di sconfiggere il padre con l’aiuto dei Bizantini e degli Svevi. Gettato in carcere a Tarragona, rifiutò di ricevere la Comunione dalle mani di un vescovo ariano e per questo fu giustiziato. Figura molto controversa, il giudizio su di lui è stato a volte severo, a volte più o meno comprensivo. San Gregorio Magno, ad ogni modo, mette in rilievo il suo incontrovertibile martirio. E’ patrono della Spagna.

Patronato: Spagna

Etimologia: Ermenegildo = dono del dio Irmin, dal tedesco

Emblema: Palma

Martirologio Romano: A Tarragona in Spagna, sant’Ermenegildo, martire, che, figlio di Leovigildo re dei Visigoti seguace dell’eresia ariana, si convertì alla fede cattolica per opera del vescovo san Leandro; rinchiuso in carcere per essersi ribellato alla volontà del padre rifiutandosi di ricevere la comunione da un vescovo ariano nel giorno della solennità di Pasqua, per ordine del padre stesso morì sotto un colpo di scure.

Sant’Ermenegildo, patrono della Spagna, e suo fratello Reccaredo erano figli di Leovigildo, primo re dei Visigoti in terra spagnola, e di Teodosia, sua prima consorte. Si ignora la data esatta della sua nascita, collocabile comunque verso la metà del VI secolo. Sin dalla giovinezza fu educato nell’arianesimo, confessione eretica professata dai suoi padri.

I Visigoti, originari della Scandinavia, nel III secolo scesero sulle rive del Danubio e le coste settentrionali del Mar Nero, ove furono convertiti all’arianesimo da Ulfila (+383). Nato in Germania, nipote di prigionieri cristiani stanziati in Cappadocia, egli fu per oltre quarant’anni loro vescovo missionario, che li catechizzò con la traduzione gotica della Bibbia. Quando nel 376, incalzati dagli Unni, si stanziarono in Tracia come federati dell'impero, erano ormai completamente arianizzati. In quel tempo gli imperatori Costanzo e Valente tentavano di imporre l’erronea dottrina di Ario come religione di stato.
Dai Goti di Ulfila l’arianesimo fu trasmesso come patrimonio nazionale a tutti i popoli germanici orientali che, nel V secolo, irruppero entro i confini dell’impero. Anche quando, sotto il di regno San Teodosio I il Grande, venne adottata ufficialmente per legge dall’impero la fede nicena, la chiesa dell’arianesimo germanico continuò imperterrita a ritenere che il Figlio di Dio fosse solamente simile al Padre e non ugualmente eterno come Lui, a ripudiare la speculazione trinitaria e cristologica dei teologi greci, ad usare la lingua germanica nelle funzioni liturgiche, a riconoscere al sovrano il potere di nomina dei vescovi e di convocazione dei sinodi ed infine a considerare le chiese quali proprietà di chi aveva concesso il suolo per la loro edificazione. Nei Balcani i Visigoti giunsero presto ad un aspro conflitto con i loro protettori bizantini, il maltrattamento da parte dei funzionari imperiali provocò un sommossa e nel 378 l’imperatore Valente rimase sconfitto e ucciso nella battaglia di Adrianopoli. Gli sforzi compiuti dal suo successore Teodosio il Grande, come più tardi dal patriarca di Costantinopoli San Giovanni Crisostomo, per indurre i Visigoti ad accogliere la dottrina del concilio di Nicea, ebbero purtroppo scarso successo. Presso di loro l’arianesimo si mantenne così ancora per lungo tempo, quando ormai il popolo, dopo aver percorso e devastato la Grecia e l’Italia, si conquistò una nuova patria nella Gallia meridionale e nella Spagna nel 419.

Sorse così il primo regno germanico indipendente sul suolo dell’impero romano. Leovigildo, sovrano astuto, ariano convinto, trattò i suoi sudditi cattolici ancora col massimo rigore e talvolta anche con crudeltà, perché temeva che potessero minare l’assolutezza del suo potere. Dopo la morte di Teodosia, egli sposò Gosvinda, vedova di suo fratello Atanagildo e madre di Brunechilde, andata sposa al re di Austrasia Sigiberto. La loro figlia Ingunda, cattolica assai fervente, fu sposata nel 579 da Ermenegildo, che il padre aveva accuratamente allevato nella fede ariana  ed aveva poi associato con Reccaredo al governo del regno sin dal 573.

Politicamente Leovigildo fu soddisfatto di tale matrimonio, che costituiva un maggiore legame con i Franchi, del cui appoggio necessitava al fine di consolidare il suo potere in Spagna. Gosvinda, invece, acerrima ariana, prese a manifestare apertamente tutto il suo odio contro la nuora cattolica.

Pretendeva ad ogni costo che ella si facesse ribattezzare secondo il rito ariano, ma Ingunda rimase ferma nelle sue convinzioni e non ne volle minimamente sapere, neppure quando la suocera la afferrò per i capelli, la spogliò delle vesti e la immerse in una piscina. “Mi basta - le rispose fiera - di essere stata purificata una volta dal peccato originale, con un salutare battesimo e di avere confessato la Santissima Trinità una e senza ineguaglianza di persone: ecco ciò che dichiaro di credere di tutto cuore. Mai rinuncerò alla mia fede”. Ingunda non solo mantenne fermamente il suo proposito, ma si adoperò con tutto il suo cuore e con tutte le sue forze per convincere suo marito ad abbracciare la retta fede nicena.

Per porre termine ai frequenti litigi a corte, causati dall’appartenenza della nuora alla religione cattolica, Leovigildo pensò di allontanare Ermenegildo e mandarlo a Siviglia in Andalusia. Quel forzato trasferimento si rivelò invece provvidenziale per suo figlio, che incontrò proprio in tale città colui che sarebbe stato il suo catechista e che avrebbe coadiuvato Ingunda nell’opera della sua conversione: il vescovo San Leandro. Questi, nato a Cartagena da una famiglia greco-romana molto religiosa, aveva abbracciato sin da giovane la vita monastica prima a San Claudio di Leon, poi a Siviglia, ove la famiglia si era trasferita. La solida formazione ricevuta lo aveva reso capace di divenire l’artefice dell’avvenire del suo paese in campo culturale e religioso. Eletto metropolita di Siviglia nel 579, aprì una scuola per studi dogmatici, artistici e scientifici, molto frequentata ai suoi tempi. Di questo apprezzatissimo centro culturale furono allievi anche i due figli di Leovigildo, ma solamente sull’erede al trono in un primo momento Leandro riuscì ad esercitare un benefico influsso, inducendolo infatti a ricevere il battesimo niceno.

Da quel momento Ermenegildo non poté che diventare il capo della fazione cattolica, con conseguente grande ira di suo padre che, mal consigliato da Gosvinda, non esitò a ricorrere ad ogni mezzo affinché l’arianesimo prevalesse, guadagnando alla sua causa persino qualche vescovo e condannando alla prigione ed all’esilio tutti coloro che, come Leandro, tennero testa alle sue violenze. Durante la lunga lotta tra padre e figlio, il santo vescovo fu mandato da Ermenegildo a Costantinopoli per implorare l’aiuto presso l’imperatore bizantino. Lo sventurato padre finì con l’assediare Siviglia dal 583 per quasi due anni finché il figlio, esaurita ogni risorsa, chiese aiuto ai bizantini in procinto di attaccare la Spagna. Il padre, credendo che suo figlio fosse fuggito, prese d’assalto la città. L’esercito imperiale, lasciatosi corrompere da Leovigildo, non gli prestò l’aiuto promesso, motivo per cui ad Ermenegildo non restò che rifugiarsi a Cordova, ove fu fatto prigioniero dal padre e quindi esiliato a Valenza. Lo fece poi trasferire in un carcere di Terragona, dove venne decapitato il 13 aprile 585 per essersi rifiutato di ricevere la comunione da un vescovo ariano.

Con la tragica scomparsa di Ermenegildo, le legazioni di Leandro a Costantinopoli mutarono in una vera e proprio condizione di esilio, durante la quale strinse amicizia con l’apocrisario della Santa Sede, San Gregorio Magno, che proprio su sua insistenza scrisse i “Moralia in Job”. L’esilio di Leandro non durò però a lungo, giacché Leovigildo morendo lo raccomandò alla benevolenza di Reccaredo, suo successore. Non appena poté fare ritorno a Siviglia, Leandro si dedicò alla conversione degli ariani, a cominciare dalla famiglia reale. Reccaredo, animato dalla gloriosa testimonianza di suo fratello, si convertì alla fede cattolica e favorì con ogni mezzo la conversione del suo popolo. Gosvinda invece non ne volle assolutamente sapere e si pose a capo di una rivolta ariana contro il sovrano, ma vedendosi presto sconfitta si tolse la vita. Reccaredo, riportate tre brillanti vittorie sui vescovi ariani sostenuti dal re burgundo Gontrano, convocò nel 589 il terzo Concilio di Toledo in cui consegnò la sua professione di fede ortodossa scritta nelle mani dei vescovi presenti e decretò il ritorno all’unità politico-religiosa dei popoli dei Goti e degli Svevi. L’anno successivo Leandro apprese che il suo amico Gregorio era stato eletto al sommo pontificato e gli mandò le sue felicitazioni, informandolo degli ultimi notevoli progressi della fede cattolica nella penisola iberica. 

Figura molto controversa, il giudizio degli storici su Ermenegildo è stato a volte severo, a volte più o meno comprensivo.
San Gregorio Magno, ad ogni modo, mise in rilievo il suo incontrovertibile martirio subito in odio alla fede cattolica. Su intercessione del re Filippo II, nel 1585 il pontefice Sisto V concesse alla Spagna di poter celebrare la festa del santo sovrano nella data della morte, dopodichè Urbano VIII estese tale memoria alla Chiesa Universale ed ancora oggi la nuova edizione del Martyrologium Romanum riporta al 13 aprile il martire Sant’Ermenegildo.

E’ infine degno di nota, in quanto dedicato alla memoria del santo, l’Ordine Militare di Sant’Ermenegildo istituito dal re Ferdinando VII di Spagna il 28 novembre 1814 e destinato a ricompensare il servizio reso dai militari in Spagna e nelle Indie. L’Ordine si divide in tre classi: Cavalieri di Gran Croce, Cavalieri di seconda classe e Cavalieri di terza classe. La decorazione consiste in una croce patente d’oro, smaltata di bianco, sormontata dalla corona reale. Caricato in cuore uno scudetto d’azzurro con l’immagine di Sant’Ermenegildo. Lo scudetto risulta circondato dal motto “Premio a la constancia militare”; nel retro la cifra del sovrano. Il nastro dell’Ordine è di bianco al palo di rosso.

L’iconografia è solita rappresentare il santo con tutte le insegne tipiche dei martiri e dei sovrani: palma, ascia, scettro, corona. Celebri sono due sue raffigurazioni pittoriche: “Trionfo di Sant’Ermenegildo” di Francisco de Herrera, custodita presso il Museo del Prado, e “Sant’Ermenegildo in carcere” di Francisco Goya y Lucientes, presso il Museo Lazaro Galdiano in Madrid. Non mancano però anche icone orientali, in quanto il santo è talvolta venerato anche dalle Chiese Ortodosse.

Autore:
Fabio Arduino


SOURCE : http://www.santiebeati.it/dettaglio/31850