lundi 16 avril 2012

Saint BENOÎT-JOSEPH LABRE, pèlerin, mendiant et confesseur



Saint Benoît-Joseph Labre

Les diocèses d'Arras, où il est né en 1748, et de Sées, célèbrent aujourd'hui la mémoire de Saint Benoît-Joseph Labre, le vagabond de Dieu. Après un essai de vie monastique à Sept-Fons, près de Moulins, il mena une vie d'errance, demandant un jour l'hospitalité dans la maison des Vianney à Ecully où Jean-Marie n'était encore qu'enfant. Ses pas le conduisirent jusqu'à Rome : il parcourut quelque 25000 kilomètres à pied sur les routes et les sentiers d'Europe. Il finit par se fixer dans la Ville éternelle, vivant de mendicité sous une arche du Colisée. A sa mort, les enfants de Rome coururent en tous sens annoncer : « le Saint est mort! ». De nombreux miracles se produisirent sur son tombeau.

SOURCE : http://www.paroisse-saint-aygulf.fr/index.php/prieres-et-liturgie/saints-par-mois/icalrepeat.detail/2015/04/16/6165/-/saint-benoit-joseph-labre

Saint Benoît-Joseph Labre

Pèlerin, mendiant (✝ 1783)

Confesseur de la foi.

Il est l'aîné d'une famille de quinze enfants d'un laboureur d'Amettes dans le nord de la France. Il passe sa jeunesse dans les champs avec son père et ses frères. Mais il rêve d'être moine pour ne vivre que de Dieu.

A 19 ans, il se présente dans plusieurs monastères de chartreux. L'un ne prend pas de novices à cause d'un incendie récent. Dans l'autre, on le trouve trop jeune. Admis à la chartreuse de Montreuil-sur-Mer, il n'est pas gardé à cause de sa santé trop fragile. A pied, il se rend à la Grande-Trappe de Soligny : il est toujours trop jeune. Il revient à Montreuil, c'est un nouvel échec. La Grande Trappe de Sept-Fons ne l'accepte pas non plus et le Père Abbé lui dit :"Dieu vous veut ailleurs."

Désormais c'est "ailleurs" qu'il vivra dans l'errance et le pèlerinage perpétuel. Il ne cherche plus à se fixer. Son monastère sera la route, son seul compagnon de prière sera Dieu seul. En sept ans, il parcourut près de 30.000 kilomètres d'un sanctuaire à l'autre, en Espagne, en Suisse, en Allemagne et jusqu'en Pologne(*), vivant dans le plus extrême dénuement, partageant avec les pauvres les soupes populaires et les humiliations, toujours en oraison et toujours patient. Les prêtres qui le confessent sont émerveillés par sa vie mystique et son humilité. Mais son lieu de prédilection, c'est Rome où il passe ses journées en prière dans les églises, logeant avec tant d'autres pauvres dans les ruines du Colisée, distribuant à de plus pauvres ce qu'on lui donne. Dans les rues, les gamins se moquent de lui. Il les entend et rend grâces à Dieu. Le mercredi saint 1783, on le ramasse mourant sur les marches d'une église.

Dès sa mort connue, les gamins et le peuple de Rome s'en vont par les rues de Rome en criant :"Le saint est mort!" Les miracles se multiplient sur son tombeau. Bénéficiant ainsi d'un culte précoce et populaire, il est un défi au matérialisme d'une société vouée à l'argent.

Il est le saint patron des sans-domicile fixe, des pauvres et des exclus.

Béatifié par Pie IX en 1860, il est canonisé par Léon XIII le 8 décembre 1883.

Voir aussi sur le site internet du diocèse d'Arras : "Les couvents l'avaient refusé, mais la route l'accueillit et le mena loin!" Benoît-Joseph Labre, est né à Amettes. Après des essais de vie religieuse, il se fit ermite pèlerin et vécut dans la pauvreté et l' humilité. Il parcourut ainsi la France, l'Italie, l'Espagne, avant de se fixer à Rome où il passait la majeure partie de son temps en prière dans les églises. Il mourut âgé de 35 ans, le 16 avril 1783, à Rome, près de l'église Sainte Marie aux Monts. ll est le patron des personnes déplacées et des gens inadaptés. Une neuvaine a lieu à Amettes, chaque année, la dernière semaine d'août.

(*) l'association Saint Benoît Labre nous signale qu'il "n'est jamais allé en Pologne. Le pays le plus au nord qu'il aurait visité est la Hollande, mais nous n'avons pas de preuve fiable."

À Rome, en 1783, saint Benoît-Joseph Labre. Né à Ameth au diocèse de Boulogne, attiré dès son enfance par le désir d’une vie austère, mais malheureux dans ses essais de vie monastique, il entreprit des pèlerinages pénibles aux sanctuaires les plus réputés, vêtu seulement d’un habit grossier et en loques, se nourrissant de ce qu’il mendiait et donnant partout des exemples de piété et de pénitence. Il fit de Rome la dernière étape de son parcours et mourut, un mercredi saint, près de l’église Sainte-Marie des Monts, où il priait assidûment.

Martyrologe romain

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/986/Saint-Benoit-Joseph-Labre.html



SAINT BENOÎT-JOSEPH LABRE

Pèlerin, mendiant

(1748-1783)

Benoît-Joseph Labre naquit à Amettes, diocèse d'Arras, et fut l'aîné d'une famille de quinze enfants. Âgé de douze ans, il fut reçu chez son oncle paternel, curé d'Érin, pour faire ses études en vue du sacerdoce.

Après la mort de son oncle, Benoît-Joseph passa chez son oncle maternel, vicaire de Conteville, où il ne fit que grandir dans la mortification et la prière. Son attrait était toujours vers le Saint-Sacrement devant lequel il s'abîmait des heures entières en contemplation.

Il y avait longtemps que Benoît-Joseph aspirait à une vie plus parfaite: "Être prêtre est bien beau, disait-il; mais j'ai peur de me perdre en sauvant les autres."

Il finit par vaincre les résistances de ses parents et entre chez les Chartreux, espérant y trouver sa voie définitive. Il se trompait, car la Providence permet qu'il soit bientôt renvoyé par ses supérieurs, comme n'ayant pas la vocation de cet Ordre. La pensée de la Trappe, qu'il avait eue d'abord, lui revient; on ne l'y accepte pas.

Ballotté de nouveau entre la Chartreuse et la Trappe, il est forcé de s'adresser enfin à Sept-Fonts, où ses scrupules, ses peines d'esprit et une maladie sérieuse donnent bientôt lieu à son renvoi.

Toute sa réponse à tant d'épreuves était: "Que la Volonté de Dieu soit faite!" C'est alors que Dieu lui inspire cette vocation de pèlerin-mendiant qui devait le mener droit, par les chemins les plus ardus de la pénitence, à une éminente sainteté.

Il n'aura plus de relations suivies avec personne, vivra en solitaire au milieu du monde, ira toujours à pied, cherchera tous les lieux consacrés par la dévotion. Il sera revêtu d'un habit pauvre et déchiré, qu'il ne changera point.

Un chapelet à la main, un autre au cou, un crucifix sur la poitrine, sur les épaules un petit sac contenant tout son avoir, c'est-à-dire son Nouveau Testament, l'Imitation de Jésus-Christ et le Bréviaire: tel on verra Benoît-Joseph dans ses continuels pèlerinages.

La pluie, le froid, la neige, la chaleur, rien ne l'arrête; il couche le pus souvent en plein air, il vit de charité, au jour le jour, sans rien réserver pour le lendemain; il ne prend que la plus misérable et la plus indispensable nourriture, et se fait lui-même pourvoyeur des pauvres. Souvent il est le jouet des enfants et de la populace; il est regardé comme un insensé; il souffre tout avec patience et amour.

Rome, Lorette, Assise et une multitude d'autres lieux saints sont l'objet de sa dévotion.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_benoit-joseph_labre.html


Saint Benoît-Joseph Labre : le saint des chemins de traverse

Par un parcours étonnant, saint Benoît-Joseph Labre nous enseigne qu’il n’y a pas un unique chemin de sainteté. L’important est de s’abandonner à la volonté divine.

Né le 26 mars 1748 à Amettes dans le Pas-de-Calais, Benoît est l’ainé d’une famille de quinze enfants. Très croyants, travailleurs et relativement aisés, ses parents n’auront de cesse d’encourager Benoît à suivre le même chemin qu’eux.

Or, dès son enfance, Benoît se révèle différent, original. À l’aise dans la solitude, il ne se mêle que rarement aux jeux des autres enfants. Très obéissant, d’une piété ardente, il renonce avec empressement à ses goûts personnels. À l’âge de 12 ans, on l’envoie auprès de son oncle François-Joseph, curé à Erin. C’est là qu’il découvre, dans la bibliothèque du presbytère, des écrits spirituels qui auront une profonde influence sur lui : les écrits du théologien et mystique Louis de Grenade et les sermons du père Lejeune, dit le père l’Aveugle, oratorien du 17e siècle.

Cependant Benoît se désintéresse des études. À 16 ans, il explique clairement qu’il ne se sent pas appelé au sacerdoce. Il veut devenir moine, ermite. Entendant parler de la Trappe, il pense avoir trouvé sa vocation. Ce projet n’emporte pourtant pas l’adhésion des siens : Benoît ne semble pas avoir la santé et l’équilibre nécessaires pour supporter une telle forme de vie.

À la mort de son oncle François-Joseph, ses parents le confient à un autre de ses oncles, l’abbé Vincent, prêtre à Conteville. Ce prêtre édifie profondément Benoît : donnant tout ce qu’il a aux pauvres, il vit dans un grand dénuement. Benoît lui confie son désir d’être trappiste. L’abbé Vincent lui conseille, pour ne pas inquiéter ses parents, de s’orienter plutôt vers les Chartreux, dont la règle de vie était moins rigoureuse et qui avaient un monastère plus proche de chez eux.

« Dieu, toi mon Dieu, je te cherche »

Benoît obtient de ses parents la permission d’entrer à la chartreuse de Longuenesse. Il a 19 ans. Hélas, cette chartreuse, dévastée par un incendie, ne reçoit plus de novices. Benoît décide alors de se rendre à la chartreuse de Montreuil. Nouvelle déconvenue, le prieur le trouve trop jeune et lui conseille de continuer ses études. Benoît obtempère en se rendant dans une école pour séminaristes. S’il excellait dans l’art du plain-chant − il avait une voix magnifique −, il n’en était pas de même dans celui de la dialectique... Quelques temps après, Benoît est admis à entrer à la chartreuse de Montreuil : joie ! Il s’attache alors tout entier à suivre la règle dans la plus grande fidélité et entre profondément dans le silence du monastère. Un jour cependant, il est saisi par une angoisse dont il ne peut se délivrer. Cette tension intolérable l’oblige à quitter la chartreuse. Où se diriger désormais ? Pour lui c’est clair, son premier appel pour la Trappe s’impose.

Le 25 novembre 1767, il arrive à la grande Trappe de Soligny dans l’Orne. Il apprend alors qu’aucun postulant ne peut être reçu avant l’âge de 24 ans. Il retourne à Amettes, désolé et épuisé par le voyage. Il entre alors dans une grande affliction, malgré la tendresse dont l’entoure sa famille.

Plus tard, son évêque l’invite à faire un nouvel essai chez les Chartreux à Montreuil. Le 12 août 1769, confiant dans cet appel de l’Église, il quitte les siens. Au début, tout se passe merveilleusement bien.

Cependant, une crise similaire à celle qu’il avait connu précédemment survient. Benoît doit à nouveau quitter la chartreuse. Le prieur lui adresse alors ces paroles : « Mon fils, la Providence ne vous appelle pas à notre Institut. Suivez les inspirations de la grâce ».

Dans une lettre à ses parents, Benoît écrit : « Je suis sorti le second jour d’octobre. Je regarde cela comme un ordre de la Providence qui m’appelle à un état plus parfait. Ils m’ont dit que c’était la main de Dieu qui me retirait de chez eux. Je m’achemine donc vers la Trappe, ce lieu que je désire tant et depuis si longtemps ».

Benoît frappe à la porte de la Trappe de Sept-Fons après avoir parcouru 800 km à pied ! Admis comme postulant à 22 ans, il prend l’habit et reçoit le nom de frère Urbain.

L’intensité de sa vie spirituelle fait l’admiration et tout se déroule au mieux. Il semble avoir trouvé paix et stabilité. Pourtant, une crise de scrupules le saisit, une inquiétude qui l’envahit progressivement, le faisant douter de sa capacité à répondre à l’appel de Dieu. Le maître des novices ne peut que constater la fragilisation psychologique et physique du jeune frère, et, craignant pour son équilibre, le fait admettre à l’infirmerie. Le 2 juillet 1770, l’abbé lui déclare : « Dieu vous appelle ailleurs… ».

Benoît prend la route

Sur cette indication, Benoît commence alors un périple incroyable où, de sanctuaire en sanctuaire, de fatigues en enthousiasmes, il grandit en sainteté. Ses haillons, sa saleté, ses longs cheveux et sa barbe clairsemée lui donnent une allure qui attire les moqueries. Il fréquente les pauvres, les marginaux et fuit toute compassion envers sa personne qu’il juge sans intérêt.

Une croix sur la poitrine, un chapelet entourant son cou et un baluchon sur l’épaule contenant l’Evangile, le bréviaire, l’Imitation de Jésus-Christ et la Règle de saint Benoît, ce jeune pèlerin d’une grande austérité est bien déroutant pour les hommes d’Eglise qu’il rencontre et qui essaient de discerner de quoi il retourne. Impossible de le mettre « dans une case ».

Le 3 décembre 1770, Benoît rejoint Rome, s’arrêtant dans chaque église. Il dort dans une anfractuosité du Colisée. Donnant le pain reçu à ceux qu’il estime plus pauvres que lui, il demeure à Rome jusqu’en 1771 puis se rend au sanctuaire marial de Lorette où on le découvre absorbé dans la prière, inconscient de la foule qui le bouscule. De basilique en église, on le voit séjourner à Naples, puis à Bari. Au Mont Cassin, Benoît retrouve les traces de son saint patron et il prie saint François à Assise. Il découvre la Suisse et ses sanctuaires, revient en France, part en Allemagne, à Compostelle et s’arrête de nouveau à Lorette, où il séjournera onze fois, ayant parcouru entre temps bien d’autres pays encore, tels que l’Autriche ou la Pologne, par exemple.

À 28 ans, il rencontre le père Temple qui, afin d’éprouver le jeune homme, le questionne sur les vérités de la foi et les enseignements de l’Église. Suite à de longs entretiens, le prêtre reconnaît la solidité et la profondeur de la foi de Benoît. Dans ses notes il écrit : « Benoît-Joseph vit en continuelle union avec Dieu, et demeure en Sa présence ».

Le dernier voyage…

Revenu à Rome avec un oedème des jambes, Benoît est admis à l’hospice. Il y retrouve une vie de groupe mais l’ambiance est loin d’être fraternelle ; on le malmène. Il passe des heures dans l’église Sainte-Marie-des-Monts, à genoux, face au Saint-Sacrement. Dans le quartier, tout le monde le connaît. Épuisé, Benoît meurt le 16 avril 1783, un mercredi saint. Il venait d’avoir 35 ans.

À l’annonce de sa mort, les enfants courent dans la ville en criant : « Le saint est mort, le saint est mort ! ». Tous se bousculent pour toucher son corps, s’emparer d’un morceau de son vêtement. Sa dépouille est transportée à Sainte-Marie-des Monts sous les applaudissements. Il faut faire appel aux gardes pour contenir l’enthousiasme de la foule. Les offices du Carême doivent être provisoirement interrompus ! Les miracles se multiplient.

Moins d’un mois après sa mort, le procès de béatification est ouvert. Benoît-Joseph sera canonisé le 8 décembre 1881.

Une trajectoire austère mais remplie de compassion

Après avoir parcouru plus de trente mille kilomètres, Benoît n’aura pas été plus épargné dans sa vie quotidienne que dans la recherche de sa voie spirituelle. Il a choisi de répondre à l’appel du Fils de l’Homme qui « n’a pas su où reposer la tête » (Mt 8, 20).

Progressivement, il a compris qu’il n’avait plus à envisager de lieu, à imaginer une forme de vie bien déterminée. Les limites de son cloître sont les quatre coins de l’horizon. Benoît a suivi fidèlement les « inspirations de la Grâce ». Nourri de la Parole, épris de silence, uni au Christ avec qui il marche et à toute l’humanité pour qui il avance, il a pris les chemins de traverse où il rejoint toute personne désorientée, marquée par les échecs ou qui se sent exclue, pour la conduire au Christ qui est le Chemin, la Vérité et la Vie.

SOURCE : http://www.mavocation.org/vocation/saints/2099-saint-benoit-joseph-labre.html


Saint Benoît-Joseph Labre

Aîné des quinze enfants de paysans aisés d'Amettes (Pas-de-Calais), Benoît-Joseph Labre, né le 26 mars 1748, après avoir fréquenté l'école de son village, fit quelques études auprès d'un de ses oncles paternels, curé de Erin ; attiré par la prière et la solitude, il voulut d'abord être trappiste, mais devant l'opposition de sa famille, il renonça pour entrer chez les Chartreux du Val-Sainte-Aldegonde. Agité, soumis aux tentations et à l'angoisse, les Chartreux ne le gardèrent pas ; il essaya sans plus de succés la Grande Trappe, la chartreuse de Neuville et l'abbaye de Sept-Fons où il reçut l'habit (novembre 1769).

Passé en Italie, il comprit que Dieu l'appelait à la solitude totale et, dans une pauvreté absolue, il entreprit un vaste pélerinage à travers tous les lieux vénérés d'Europe. A part un pélerinage à Lorette, il passa les six dernières années de sa vie à Rome, dans les ruines du Colisée ; ramassé évanoui sur les marches de l'église de la Madona dei Monti, il fut recueilli dans l'arrière-boutique d'un boucher où il mourut le Mercredi Saint, 16 avril 1783. Enseveli à gauche du maître-autel de la Madona dei Monti, Dieu permit plus de cent miracles par son intercession ; son confesseur, l'abbé Marconi, publie sa biographie (1783) et l'abbé Stuter collationne ses souvenirs en Suisse, en Allemagne et en Franche-Comté (1789). Béatifié par Pie IX en 1860, il est canonisé par Léon XIII le 8 décembre 1881.
"Pour aimer Dieu"

Pour aimer Dieu convenablement il faut trois cœurs en un seul.

Le premier doit être tout de feu envers Dieu et nous faire penser continuellement à Dieu, parler habituellement de Dieu, agir constamment pour Dieu, et surtout supporter avec patience le mal qu'il lui plaît de nous envoyer pendant toute la durée de notre vie.

Le second doit être tout de chair envers le prochain et nous porter à l'aider dans ses besoins temporels par les aumônes, et plus encore dans ses besoins spirituels par l'instruction, le conseil, l'exemple et la prière ; il doit surtout s'attendrir pour les pécheurs, et plus particulièrement pour les ennemis, et demander au Seigneur de les éclairer pour les amener à la pénitence ; il doit aussi être plein d'une pieuse compassion pour les âmes du purgatoire, afin que Jésus et Marie daignent les introduire au lieu du repos.

Le troisième doit être tout de bronze pour soi-même et faire abhorrer toute sorte de sensualité, résister sans relâche à l'amour de soi, abjurer la volonté propre, châtier le corps par le jeûne et l'abstinence, et dompter toutes les inclinations de la nature corrompue : car plus vous haïrez et plus vous maltraiterez votre chair, plus grande sera votre récompense dans l'autre vie.

St Benoît-Joseph

SOURCE : http://missel.free.fr/Sanctoral/04/16.php


Saint Benoît-Joseph Labre

1748-1783

Fête le 16 avril

Aîné d'une famille de quinze enfants d'un laboureur d'Amettes dans le nord de la France, il est accueilli à l'âge de douze ans chez son oncle le curé d'Erin, qui lui donne une éducation visant son entrée au Séminaire. Mais il renonce à la prêtrise, « ayant peur de perdre son âme en sauvant celle des autres ». Mais il rêve d'être moine pour ne vivre que de Dieu. A 19 ans, il se présente dans plusieurs monastères de chartreux mais son jeune âge et sa santé fragile lui valent d'accumuler les refus et ce malgré sa vocation. La Grande Trappe de Sept-Fons ne l'accepte pas non plus et le Père Abbé lui dit : « Dieu vous veut ailleurs ». Il prend l'habit religieux à l'Abbaye Notre Dame de Sept-Fons en 1769. Il doit quitter l'abbaye quand il tombe malade. Il se rend alors à Paray-le-Monial, puis à l'approche de Lyon, à Dardilly, Pierre Vianney, qui est le grand-père de celui qui allait devenir Saint Jean-Marie Vianney, offre son hospitalité à ce vagabond. Car, rejeté de toute part, Benoît-Joseph Labre a finalement choisi une vie de mendiant et de pèlerin, allant de sanctuaires en sanctuaires. Désormais c'est ailleurs qu'il vit, dans l'errance et le pèlerinage perpétuel. Il ne cherche plus à se fixer. Son monastère est la route et Dieu son seul compagnon de prière. Benoît devient alors pèlerin perpétuel, pauvre entre les plus pauvres, allant à pied de sanctuaire en sanctuaire. Il évite les auberges et emprunte les routes peu fréquentées, un chapelet en main, un crucifix sur la poitrine et sur l’épaule un petit sac contenant l’Évangile, l’Imitation de Jésus-Christ et le bréviaire Il dort sous les haies ou dans des granges, parfois sous l’abri d’une église. Il demande à Dieu d’ajouter à ses hardes un silice: de la vermine qui le torture sans relâche. Il essuie des rebuffades, reçoit pierres et quolibets, mais finit par atteindre Rome. En sept ans, il parcoure près de 30.000 kilomètres d'un sanctuaire à l'autre, en Espagne, en Suisse, en Allemagne et jusqu'en Pologne, vivant dans le plus extrême dénuement, partageant avec les pauvres, les soupes populaires et les humiliations. Le produit de sa mendicité va le plus souvent à d'autres pauvres, ce qui lui vaut une réputation de sainteté. Ainsi le voit-on chanter à tue-tête les litanies de la Sainte Vierge près du soupirail d'une prison et donner aux prisonniers les pièces qu'on lui avait jetées par charité. Au cours d'un pèlerinage à Assise, il devient membre du tiers-ordre de Saint François. Il fait également vœu de ne pas se laver, par mortification. Son absence d’hygiène et sa vermine sont devenus proverbiaux. Son errance perpétuelle, plus commune au Moyen Age, âge d'or des grands pèlerinages, est, au 18e siècle, en décalage avec l'époque des Lumières, ce qui ajoute à sa sainteté. Les prêtres qui le confessent sont émerveillés par sa vie mystique et son humilité. Il fait un pèlerinage à Rome, où il arrive en décembre 1770, puis se rend à Saint Jacques de Compostelle en 1773, de nouveau à Rome en 1774, et à Lorette en 1777. Il se fixe à Rome l'année suivante. L’Italie adopte ce « saint Français » vêtu de haillons qui passe des heures en méditation et en prière, ne mendie pas mais accepte ce qu’on lui donne, ne garde que le minimum nécessaire et distribue le reste à de plus pauvres. A Rome il loge avec tant d'autres pauvres dans les ruines du Colisée. Dans les rues, les enfants se moquent de lui. Il les entend et rend grâces à Dieu. Il vécut six ans dans les ruines du Colisée, avant de mourir à 35 ans, le 16 avril 1783 (un mercredi saint), au domicile d'un boucher qui l'avait trouvé évanoui sur les marches de l'église Notre Dame des Monts (connue également sous le nom de Santa Maria ai Monti). Dès sa mort connue, les enfants et le peuple de Rome s'en vont par les rues en criant: « Le saint est mort ! ». Son enterrement à l'église de la Madonna dei Monti donna lieu à des manifestations de foi populaire, et son corps reposa sous une pierre de marbre. Les miracles se multiplient sur son tombeau. Il est béatifié par Pie IX en 1860 et canonisé par Léon XIII en 1881. Le masque mortuaire du saint est conservé dans l'église d'Amettes.

Écrits

Lettres à ses parents

À Montreuil, ce 2 octobre 1769.

Mon très cher père et ma très chère mère,

je vous apprends que les chartreux ne m'ont pas jugé propre pour leur état; j'en suis sorti le second jour d'octobre. Je regarde cela comme un ordre de la Providence qui m'appelle à un état plus parfait. Ils m'ont dit que c'était la main de Dieu qui me retirait de chez eux. Je m'achemine vers la Trappe, ce lieu que je désire tant et depuis si longtemps. Je vous demande pardon de toutes les désobéissances et de toutes les peines que je vous ai causées. Je vous prie l'un et l'autre de me donner votre bénédiction, afin que le Seigneur m'accompagne. Je prierai le bon Dieu pour vous tous les jours de ma vie. Surtout ne soyez pas inquiets à mon égard. Quand j'aurais voulu rester dans ce couvent, on ne m'y aurait pas reçu; c'est pourquoi je me réjouis beaucoup de ce que le Tout-Puissant me conduit. Ayez soin de l'instruction de mes frères et sœurs, et surtout de mon filleul. Maintenant la grâce de Dieu, je ne vous coûterai plus jamais rien et ne vous ferai plus aucune peine. Je me recommande à vos prières. Je me porte bien et je n'ai pas donné d'argent au domestique. Je ne suis sorti qu'après avoir fréquenté les sacrements. Servons toujours le bon Dieu et Il ne nous abandonnera pas. Ayez soin de votre salut. Lisez et pratiquez ce qu'enseigne le Père l'Aveugle; c'est un livre qui enseigne le chemin du ciel et, sans faire ce qu'il dit, il n'y a pas de salut à espérer. Méditez les peines effroyables de l'enfer, que l'on y endure une éternité tout entière pour un seul péché mortel qu'on commet si aisément. Efforcez-vous d'être du petit nombre des élus. Je vous remercie de toutes les bontés que vous avez eues pour moi et des services que vous m'avez rendus. Le bon Dieu vous en récompensera. Procurez à mes frères et sœurs la même éducation que vous m'avez donnés; c'est le moyen de les rendre heureux dans le ciel : sans instruction on ne peut se sauver. Je vous assure que vous êtes déchargés de moi. Je vous ai beaucoup coûté; mais soyez assurés que moyennant la grâce de Dieu, je profiterai de tout ce que vous avez fait pour moi. Ne vous affligez point de ce que je suis sorti de chez les chartreux; il ne vous est pas permis de résister à la volonté de Dieu qui en a ainsi disposé pour mon plus grand bien et pour mon salut. Je vous prie de faire mes compliments à mes frères et sœurs. Accordez-moi vos bénédictions; je ne vous ferai plus aucune peine, Le bon Dieu que j'ai reçu avant de sortir, m'assistera et me conduira dans l'entreprise qu'il m'a inspiré. J'aurai toujours la crainte de Dieu devant les yeux et son amour dans le cœur". J'espère fort être reçu à la Trappe. En tout cas, on m'assure que l'ordre de Sept-Fons n'est pas si rude et qu'on y reçoit plus jeune; mais je serai reçu à la trappe.

Votre humble serviteur,

Benoît-Joseph Labre

***

Mon très cher père, ma très chère mère,

vous avez appris que je suis sorti de Sept-Fons, et vous êtes sans doute en peine de savoir quelle route j'ai prise depuis, et quel état de vie j'ai envie d'embrasser. C'est pour m'acquitter de mon devoir et vous tirer d'inquiétude que je vous écris cette présente; je vous dirai donc que je suis sorti de Sept-Fons le 2 de juillet. J'avais encore la fièvre quand je suis parti et elle m'a quitté au quatrième jour de marche; et j'ai pris le chemin de Rome. Je suis bientôt à présent à moitié du chemin; je n'ai guère avancé depuis que je suis sorti de Sept Fons, parce que pendant le mis d'août il fait de grandes chaleurs dans le Piedmont où je suis; et que j'ai été retenu pendant trois semaines dernièrement dans un hôpital, où j'ai été assez bien, par une petite maladie que j'ai eue. Au reste je me suis bien porté depuis que je suis sorti de Sept-Fons. Il y a en Italie plusieurs monastères où la vie est fort régulière et fort austère. J'ai dessein d'entrer dans quelqu'un et j'espère que Dieu m'en fera la grâce. J'en sais même un de monastère, de l'ordre de la Trappe, dont l'abbé a écrit à un abbé de France que s'il allait des Français dans son abbaye, qu'il les recevrait parce qu'il lui manquait des sujets. J'ai tiré de bons certificats de Sept-Fons. Je ne manquerai pas de vous envoyer de mes nouvelles; je voudrais bien en avoir des vôtres, et de mes frères et sœurs. Mais cela n'est pas possible à présent, parce que je ne suis pas arrêté dans un lieu fixe. Je ne manque pas de prier Dieu pour vous tous les jours; je vous demande pardon de toutes les peines que je peux vous avoir causées et vous prie de m'accorder vos bénédictions, afin que Dieu bénisse mes desseins. C'est par l'ordre de sa Providence que j'ai entrepris le voyage que je fais. Ayez soin surtout de votre salut, et de l'éducation de mes frères et sœurs. Veillez sur leur conduite. Pensez aux flammes éternelles de l'enfer et au petit nombre des élus. Je suis bien content d'avoir entrepris le voyage que je fais. Je vous pris de faire mes compliments à ma grand mère et mon grand père, à mes tantes, à mon frère Jacques, à mes frères et sœurs, et à mon oncle Chois. Je vais entrer dans un pays où il fait bon pour les voyageurs. Il m'a fallu affranchir la lettre pour sortir des États du Roi de Sardaigne, tant qu'elle fut arrivée en France. Je finis en vous demandant derechef vos bénédictions, et pardon des chagrins que je vous ai occasionnés. Fait en la ville de Quiers en Piedmont, ce 31 août 1770.

Votre très affectionné fils,

Benoît-Joseph Labre.

À l'exception des deux lettres adressées à ses parents, nous avons très peu de paroles attribuées à Benoît Labre. Son propos le plus célèbre est sa réponse à la question : «Comment devons-nous aimer Dieu ?» — «Pour aimer Dieu, il faut trois cœurs en un seul. Le premier doit être de feu envers Dieu et nous faire penser continuellement à lui, agir constamment pour lui. Le deuxième doit être de chair envers le prochain et nous porter à l'aider dans ses besoins spirituels par l'instruction, le conseil, l'exemple et la prière. Il doit surtout s'attendrir pour les pécheurs. Le troisième doit être de bronze pour soi-même et résister sans relâche à un amour égoïste de soi.»


Prière pour la protection des maisons

En 1771, Benoît-Joseph Labre était en pèlerinage à Fabriano, dans la région des Appenins, en Italie, et pour remercier la famille Fiordi qui l'avait chaleureusement accueilli, il écrivit cette prière en latin, assurant que « Si vous récitez avec foi cette prière, votre maison et les demeures voisines seront préservées de la foudre, de l'incendie et des tremblements de terre ».

Jésus-Christ, roi de gloire est venu en paix.

Dieu s'est fait homme. Le Verbe s'est fait chair.

Jésus-Christ, né de la Vierge Marie.

Jésus-Christ allait en paix au milieu d'eux.

Jésus-Christ a été crucifié.

Jésus-Christ est mort.

Jésus-Christ a été enseveli.

Jésus-Christ est ressuscité.

Jésus-Christ est monté au Ciel.

Jésus-Christ triomphe.

Jésus-Christ règne.

Jésus-Christ gouverne.

Que Jésus-Christ nous délivre de tout mal.

Jésus-Christ est avec nous.

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père.


« Neuf ans après (le passage du saint ndlr), le jour de la Pentecôte 1731, lors du tremblement de terre qui dévasta la ville de Fabriano, les maisons des Fiordi et des Rocca furent épargnées. Cette préservation fut attribuée à la vertu de la prière du Saint Pauvre et celle-ci connut une vogue universelle: elle fut imprimée et répandue partout; beaucoup en portaient sur eux un exemplaire comme protection; tout le monde voulait enn voir l'autographe, conservé comme un joyau de trix par les trois soeurs ».

D'après le Saint Pauvre de Jésus-Christ, Benoît-Joseph Labre, de François Gaquère, aux Ed. Marie Médiatrice/ Apostolat de la Presse, 1954


Prière du matin

retrouvée dans ses papiers personnels après sa mort

Dieu créateur du ciel et de la terre, mon aimable Sauveur, je vous remercie de l'amour immense que vous avez eu non seulement pour moi, mais pour tout le monde. Je vous aime par-dessus toutes choses, et je veux vous aimer toute cette journée, ainsi que tous les instants de ma vie; je vous prie de m'aider à faire votre sainte volonté, et je vous prie continuellement pour tous les infidèles et les pécheurs; je veux vous prier toute cette journée pour eux, afin que vous daigniez les éclairer et les faire entrer dans votre grâce. Je veux encore gagner les indulgences que je peux obtenir pour délivrer les âmes du purgatoire; enfin, ayez pitié des infidèles et des pécheurs. Accordez-moi, ô mon Dieu, votre amour, imprimez en mon coeur les marques de votre cruelle passion. Je vous aime, mon divin Jésus, et je vous donne mon cœur. Sainte Vierge, préservez-moi dans ce jour et tous ceux de ma vie, de tout péché, afin que je ne perde point l'amour de mon Dieu, que je veux aimer tous les jours et tous les moments de vie. Je vous rends grâce, Vierge sainte, au nom de tous les fidèles, du grand amour que vous leur portez; je vous remercie encore pour tous les fidèles et les pécheurs, aidez-les, assistez-les, afin qu'ils retournent à leur aimable Dieu; soyez le secours de tous dans cette journée et toujours.

Prière composée par saint Benoît Labre

Père éternel, par le sang de Jésus miséricorde : consolez-nous dans le besoin et les tribulations, comme vous avez consolé Job, Anne et Tobie dans leurs afflictions; et Vous, Marie, priez et apaisez Dieu pour nous, et obtenez-nous la grâce qu'humblement nous Vous demandons.

Litanies de saint Benoît-Joseph Labre

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous,

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils rédempteur du monde qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.


Sainte Marie, patronne de saint Benoît-Joseph, priez pour nous.

Saint Benoît-Joseph, prédestiné du ciel, priez pour nous.

Saint Benoît-Joseph, enfant de bénédiction, priez pour nous.

Saint Benoît-Joseph, plein d’amour pour Dieu, priez pour nous.

Saint Benoît-Joseph, vrai disciple de Jésus-Christ,

Saint Benoît-Joseph, temple très pur de l’Esprit-Saint,

Saint Benoît-Joseph, fidèle à la grâce,

Saint Benoît-Joseph, fervent dans la prière,

Saint Benoît-Joseph, contempteur du monde,

Saint Benoît-Joseph, exemple d’humilité,

Saint Benoît-Joseph, abject à vos propres yeux,

Saint Benoît-Joseph, heureux dans les opprobres,

Saint Benoît-Joseph, pèlerin sur la terre,

Saint Benoît-Joseph, vivant sans asile,

Saint Benoît-Joseph, pauvre volontaire,

Saint Benoît-Joseph, dépouillé de tout,

Saint Benoît-Joseph, charitable pour les autres,

Saint Benoît-Joseph, zélé pour le salut de vos frères,

Saint Benoît-Joseph, amant de la croix,

Saint Benoît-Joseph, héros de la pénitence,

Saint Benoît-Joseph, passionné pour les souffrances,

Saint Benoît-Joseph, avide de mortification,

Saint Benoît-Joseph, admirable de patience,

Saint Benoît-Joseph, doué d’une pureté angélique,

Saint Benoît-Joseph, dévot des quarante-heures,

Saint Benoît-Joseph, adorateur constant de l’Eucharistie,

Saint Benoît-Joseph, zélé serviteur de Marie,

Saint Benoît-Joseph, imitateur de saint François d’Assise,

Saint Benoît-Joseph, gloire nouvelle de l’église d’Arras,

Saint Benoît-Joseph, puissant dans le ciel,

Saint Benoît-Joseph, par votre glorification,

Saint Benoît-Joseph, par votre crédit auprès de Dieu,

Saint Benoît-Joseph, par les miracles accordés à votre intercession,

Saint Benoît-Joseph, par votre ardente charité,

Saint Benoît-Joseph, par tous vos mérites,


Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.


Priez pour nous, saint Benoît-Joseph,

Afin que nous devenions dignes des promesses de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Prions

O Dieu, qui nous offrez dans la personne de saint Benoît-Joseph Labre, votre fidèle serviteur, un nouveau modèle de la perfection évangélique, accordez-nous par son intercession la grâce de suivre ses exemples et de vous aimer, comme lui, de tout notre cœur, afin que, par le mépris de nous-mêmes et de tout ce qui se passe, nous parvenions au bonheur de l’éternité. Nous vous en prions par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ainsi soit-il.


Prière à saint Benoît Labre

Dieu qui a donné à saint Benoît- Joseph Labre de mener une vie humble et pauvre, toute à l'image du Christ, fais-nous emprunter les mêmes chemins pour suivre ton Fils et vivre unis à toi, pleins de joie et de charité, en pèlerins du Royaume. Seigneur Dieu, qui avez amené saint Benoît Labre à s'attacher à Vous seul par l'humilité vraie et la pauvreté réelle, donnez-moi, grâce à ses mérites, de mépriser les biens de la terre et de rechercher uniquement ceux du ciel. Ainsi-soit-il.

Saint Benoît Labre, qui passa en ce monde comme un pauvre pèlerin, brûlez mon cœur d'amour pour Jésus pauvre et crucifié. Ainsi-soit-il.

SOURCE : http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/lirarticle-83937-1588610.html

Saint BenoÎt Labre…


par


Emile Meunier

Le langage de la croix est folie pour ceux qui se perdent mais pour ceux qui se sauvent c’est la force de Dieu… nous nous proclamons le Christ crucifié, scandale pour les juifs, folie pour les païens… (1Cor, 1 :18-23)

Un vagabond mystique au siècle de Voltaire…

« Un exemple de paresse et d’obscurantisme sanctifié sous prétexte qu’il était mort en état de crasse » telle est la déclaration d’un sénateur français au moment de la canonisation de Benoît Labre en 1881 par le pape Léon XIII. Qui était–il ? Grand saint ou grand fou ? Un inadapté, un clochard (comme tant d’autres à l’époque) en décalage avec son temps. Benoît Labre n’a rien fait de sa vie… C’est un vagabond qui a marché sans cesse jusqu’à n’en plus pouvoir. Vêtu de haillons, mendiant et errant. Il meurt à 35 ans, déclaré saint par le peuple de Rome.

La genèse de l’errance
Benoît Labre né le 26 mars 1748 à Amettes en Artois dans une famille de cultivateurs et de petits commerçants. Son père Jean Baptiste travaille la terre. Sa mère, Anne Barbe Grandsir tient commerce de mercerie au domicile. Benoît est l’aîné d’une fratrie de quatorze frères et sœurs, dont cinq sont décédés en bas âge. Son oncle paternel, François-Joseph, vicaire dans un village proche, devenant parrain du nouveau-né dès le lendemain de sa naissance, célèbre le baptême. Benoît se révèle comme un enfant discret, secret, assoiffé de solitude, de silence et d’union à Dieu. Passant pour un original, il va vivre sa scolarité à l’école de Nédon à quelques kilomètres d’Amettes. Sachant lire et écrire couramment à l’âge de 12 ans, il va rejoindre son oncle François Joseph nommé curé d’Erin et auprès de qui il demeurera 6 ans, apprenant le latin, jusqu’à sa mort en 1766. Benoît est heureux auprès de cet oncle prêtre et vit ses années d’adolescence dans l’angoisse. Sa vie intérieure et son côté apparemment renfermé s’accentuent aux yeux de son environnement. Sa vie spirituelle se nourrit des écrits théologiques et mystiques du frère dominicain espagnol Luis de Grenade (XVIe siècle[1]) ainsi que de la lecture des dix volumes de sermons du Père Lejeune, dit le « Père aveugle », oratorien du XVIIe siècle dont la spiritualité est teintée de jansénisme[2]. A l’âge de 16 ans il prend distance vis-à-vis des études au grand dam de ses parents et de son oncle qui compte tenu de sa frêle constitution l’auraient orienté vers le sacerdoce. Benoît sait qu’il n’est pas fait pour être prêtre mais désire être moine ou ermite. Son projet se heurte à l’incompréhension de ses parents. En août 1766, une épidémie de peste se déclare à Erin. L’oncle curé soigne les malades et assiste les agonisants pendant que Benoit prend en charge le travail de la terre et le soin des animaux laissés à eux-mêmes. L’oncle est contaminé à son tour par le terrible mal et décède. Benoît, bouleversé, doit retourner à Amettes mais obtient de garder en souvenir les sermons du père Lejeune. Les parents de Benoît continuant de s’opposer à son projet de vie monastique le confient à un autre de ses oncles, prêtre, l’abbé Vincent.

En 1766, Benoît se rend à Courteville chez celui que ses parents appellent le nouveau monsieur Vincent. Là, il se retrouve au milieu de quelques jeunes venus étudier auprès de son oncle et qui font de lui le sujet de leurs moqueries à cause de son côté renfermé et bigot. Il est profondément touché par l’exemple de détachement de l’oncle Vincent, celui-ci non content de distribuer le moindre argent, voire ses chaussures, en vient à donner un à un, chacun de ses pauvres meubles au point d’être obligé de creuser un trou en terre battue de la salle commune, afin de pouvoir s’asseoir lors du partage du repas. L’exemple de l’abbé Vincent et la complicité spirituelle qui les unit confirment Benoît dans son désir d’être moine. Lors d’une mission prêchée dans la paroisse au cours de l’été 1767, Benoît évoque son projet de vie monastique auprès des prédicateurs. S’appuyant sur cet échange, il finit par gagner l’oncle Vincent à sa cause. Celui-ci prudent, conseille Benoît de ne pas inquiéter ses parents en parlant de la Trappe en leur présence. Il propose d’examiner la possibilité d’une vie cartusienne, les Chartreux ayant des monastères dans la région…

L’errance de monastère en monastère

En avril 1767, Benoît qui vient d’avoir 19 ans obtient de ses parents de se rendre à la Chartreuse de Longuenesse près de la ville de Saint Omer… Commence pour lui une longue période de désolation parce que cette vocation que Benoît ressent en lui ne va se dessiner que par ses propres échecs et ses rejets successifs. Il entame une errance accablante d’une communauté à l’autre. A la chartreuse de Longuenesse, le prieur le refuse par manque de place. Après quelques semaines de réflexion, Benoît rejoint le monastère de Neuville près de Montreuil sur mer, nouvelle déception, il est refusé parce que trop jeune. Le prieur lui conseille d’apprendre le chant et de poursuivre ses études. Nous le retrouvons sur la route de Montreuil en compagnie d’un autre garçon qui aspire à la vie monastique. Cette fois-ci, tous deux sont admis. Après quelques semaines, en proie à des crises d’angoisse, épuisé par ses scrupules et trop d’austérité, il est renvoyé et reconduit chez ses parents. Bien que vivant cela comme un échec, il ne se décourage pas. Se croyant appelé à la trappe, il se remet en route vers le monastère de Soligny. Il y arrive le 25 novembre 1767. Tout son voyage s’étant déroulé sous une pluie battante continuelle, il se présente au monastère dans un état pitoyable. Il est tellement épuisé qu’il ne peut être question de le garder, d’autant plus qu’il ne peut être admis au noviciat avant l’âge de 24 ans. Après ces deux tentatives échouées, Benoît quitte ses parents et son village d’Amettes qu’il ne reverra plus jamais pour rejoindre Montreuil sur mer. Admis sans difficulté au monastère, Benoît se révèle à nouveau dans l’incapacité d’assurer une vie communautaire. Son état dépressif s’accentue, le conduisant à un quasi-mutisme. Le prieur le prie de quitter le monastère en lui confiant ses paroles : « Allez, Dieu ne vous veut pas chez nous, suivez les inspirations de la grâce »

Benoît se met route vers ce qu’il considère comme son unique espoir : la trappe Notre Dame du Saint Lieu à sept Fons, près de Moulin. Après avoir parcouru 800km à pied, il frappe à la trappe de Sept-Fonts où il est admis comme postulant, le 11 novembre 1769, il prend l’habit sous le nom de frère Urbain. Les moines admirent l’intensité de la vie spirituelle de ce jeune frère dont chaque instant de liberté se passe devant le saint sacrement. Cependant une inquiétude se fait jour face aux privations et excès ascétiques non prévus par la règle que Benoît multiplie et s’impose. Cet ascétisme exacerbé n’est-il pas un symptôme, une manifestation d’un état dépressif, qui peu à peu, le submerge à nouveau. Benoît se retrouve effectivement confronté aux tiraillements incessants du doute concernant sa capacité à répondre à l’appel du Seigneur. Le maître des novices constatant le délabrement psychologique et physique du jeune frère et craignant pour son équilibre le fait admettre à l’infirmerie du monastère. Le deux juillet, Benoît s’entend à nouveau dire de l’abbé qu’il lui est impossible de demeurer entre ses murs en cet état de vie mais que « Dieu l’attend ailleurs »

Le détachement de tout

S’ensuit une longue errance, choisie celle-ci, qui devient la vie de Benoît, au cours de laquelle il se détache de tout. Il vit la réalité du vagabond sans argent, ni toit, ni lien… Il marche inlassablement sur les chemins, dort dans les fossés, dans les granges. Il a parcouru environ 30000Km à pied dans toute l’Europe de la France en Espagne, de la Suisse à l’Italie (privilégiant les sanctuaires). Benoît vit cette errance de façon radicale. Il n’a pas de compagnon, ni de domicile fixe. Il vit dans la solitude et sur les chemins qui l’amènent vers des buts provisoires (des sanctuaires) avant de repartir sur d’autres chemins. Il vit la contemplation par le silence et la solitude, l’action par la marche continuelle. Ses vêtements finiront en loques pleines de vermines. Comme vêtement il gardera la tenue des novices cisterciens, le cordon des tertiaires franciscains auquel pendent une écuelle en bois et une gourde, coiffé d’un chapeau troué. Pour tout bagage, il a un crucifix, 2 chapelets, dont l’un autour du coup, dans sa besace les 4 tomes du bréviaire, le Nouveau-Testament, l’imitation de Jésus-Christ ainsi qu’une boîte en fer blanc qui contient ses papiers (son acte de baptême)… Il devient mendiant…

En ce XVIIIe siècle, ou pèlerins, paresseux cyniques et mauvais garçons roublards errent sur les mêmes routes et tendent la main devant les édifices religieux, Benoît qui se présente « je suis chrétien » avec ses haillons, ses longs cheveux, sa barbe clairsemée est malmené, rejeté, accusé parfois emprisonné. Il fait partie d’un courant mystique d’une donation qui se veut parfaite. Il reste proche du courant franciscain… il connaît comme saint François cet Amour du créateur pour les créatures, le dépouillement et la charité envers plus pauvre que lui. Il offre sa vie dans la solitude et la prière marchant dans la chaleur ou sous la pluie mangeant l’herbe des champs ou des épluchures qu’il est facile de trouver dans les villes. Benoît rejoint la foule anonyme des ermites, des errants, des fols en Christ. Il est le dernier de tous, il ne demande rien, il ne possède rien. Il donne à ses compagnons les plus infortunés à qui personne ne fait l’aumône.

La vocation à l’essentiel

Benoît vit en opposition au monde de son temps. Il est dans le monde et pas du monde. Il rejoint les exclus, les laissés pour compte. Sa personnalité ne peut que choquer les rationalistes de son temps. Le constat d’inutilité de sa vie apporte une raison supplémentaire à sa condamnation par les biens pensants.

Benoît est étranger à ce qui fait le siècle des lumières. Il est miséreux et humble et son action n’est pas raisonnable aux yeux des sages de ce monde… « Fardeau inutile dans un monde gagné par l’utilité et l’efficacité… » « C’est proprement ne valoir rien que de n’être utile à personne » (Descartes). Dans un siècle où la civilisation de l’avoir l’emporte, il faut avoir de l’argent, du pouvoir, une position sociale, des biens matériels, de l’intelligence de la santé et de l’apparence… Benoît n’a rien de tout cela, il n’a pas d’argent, pas d’apparence, il est au dernier rang de la société… Il n’a jamais rien su faire que prier. En ce dix-huitième siècle, épris de liberté, l’humanisme se construit sans Dieu et contre Dieu, revendiquant l’autonomie de la raison. C’est l’époque de Voltaire, de Montesquieu, des libertins, c’est l’époque de la parution de l’encyclopédie de Diderot. C’est aussi l’époque d’un grand changement profond préparant la Révolution française… six ans après la mort de Benoît Labre. Paradoxalement, cette époque est aussi l’époque de la parution de l’encyclopédie spirituelle « La philocalie » en grec et en slavon, c’est aussi le siècle de Païssy Velichtchovsky[3] et de Séraphin de Sarov[4]… témoins expérimentant la présence divine dans leur chair. Benoît semble être le frère jumeau du pèlerin russe[5] en quête de la prière perpétuelle et du royaume de Dieu.

Benoît rejoint Rome le 3 décembre 1770, s’arrêtant dans chaque église, se recueillant dans les catacombes, il trouve au Colisée, lieu de martyrs, sa niche… Il demeure à Rome[6] passant son temps dans l’adoration du Saint Sacrement, mendiant et redonnant du pain à ceux qu’il estime plus pauvres que lui. Il reprend la route vers Lorette au printemps 1771, C’est à cette époque que Benoît quittant Lorette entreprend un périple à travers l’Italie puis au-delà à travers l’Europe.[7]De basilique en église, on le voit séjourner à Naples, puis à Bari où il chante afin de gagner un peu de nourriture pour les prisonniers, au mont Cassien, à Assises, en Suisse, en France, en Allemagne, en Espagne à Saint-Jacques-de-Compostelle et nouvel arrêt chaque fois à Lorette où il séjournera 11 fois.

A Lorette, un jeune clerc, Don Valeri, attaché à la basilique, le découvre absorbé dans sa relation à Dieu, inconscient de la foule qui se presse et le bouscule. Frappé par son dénuement et le détachement de Benoît, il décide un jour de l’aborder afin de comprendre comment il vit. Benoît lui explique sa manière de vivre. Il refuse humblement et fermement une aide financière et un lit. Don Valeri reverra souvent Benoît, tiraillé par une incertitude : est-il un saint ou un fou ?... Ce témoin lui révélera un jour le sens de la vie chrétienne : « pour aimer Dieu, il faut trois cœurs : l’un brûlant d’Amour pour Dieu, le second plein de compassion pour le prochain, le troisième, de bronze, rigoureux pour soi-même, s’employant sans cesse à combattre volonté personnelle et amour-propre ».

Une autre rencontre va fortement s’inscrire dans son existence. Benoît a 28 ans en 1776, il se dirige vers un prêtre qui sort d’un confessionnal et demande à lui parler. Il s’agit du père Temple[8] un prêtre conventuel français. Il le livre à un interrogatoire sur les vérités de la foi et l’enseignement de l’Eglise. Il ne peut que constater la solidité et la profondeur de sa vie spirituelle. Après l’avoir entendu en confession, le père Temple ne doutera plus que le mystique en guenilles soit un grand saint. Il lui demandera de venir le voir le plus régulièrement possible, prenant note de tout ce qu’il entend, voit et comprend. Il en arrivera à affirmer que Benoît vit en continuelle union avec Dieu et demeure en sa présence.

En 1782, après avoir souffert d’un dernier voyage dans la montagne, un certain père Almerici l’entendant en confession, déposa plus tard que l’ayant interrogé : « Je compris que Dieu l’avait élevé à une plus haute contemplation. Les mystères de la passion étaient ceux qu’il se proposait le plus volontiers et, surtout, le couronnement d’épines. Quand il appliquait son esprit à ce mystère, sans s’en vouloir et sans s’en apercevoir, il était transporté à contempler le mystère de la Sainte Trinité. » « Et que savez-vous, homme ignorant, d’un si sublime mystère ? »Lui demande un jour Almerici, affectant d’un ton de mépris. « Je ne sais rien, répondit Benoît, je suis transporté. »

L’Ultime voyage et naissance au ciel

Ayant marché de sanctuaire en sanctuaire dans l’Europe, il se replie sur Rome en 1777, épuisé physiquement, couvert de vermine et avec un œdème dans les jambes. Il passe ses journées en adoration d’églises en églises… Finalement, il se voit obliger d’accepter l’asile de l’hospice pour la nuit quand il n’en peut plus. Il a vécu jusqu’au bout de ce que vivent les vagabonds, les SDF, la perte de cet espace qui est sa seule richesse et qui se restreint de plus en plus au fur et à mesure que sa santé décline. Enfin Benoît n’a plus d’apparence, il est couvert de vermines, nauséabond, en loques. En 1783, Benoît a une mauvaise toux, il souffre des bronches et respire difficilement. Une dysenterie ne cesse de l’affaiblir. Il accepte l’hospitalité de la famille Zaccarelli à Rome (un boucher et sa femme) à condition de n’être nourri que des restes et ne point avoir d’argent. Nous sommes en Carême, ses amis craignent pour lui, le voyant chanceler à chaque pas et n’avancer qu’en se tenant aux murs. En dépit des vertiges et des évanouissements, il continue ses dévotions. Le 14 avril, un mercredi saint, il meurt entouré de ses amis, des errants et des clochards. Il venait d’avoir 35 ans. L’annonce de sa mort se répand comme une traînée de poudre. : « E morto il santo » ce cri spontané se répand à la vitesse de l’éclair. Un chirurgien examine le cadavre, le défunt a un aspect naturel et le corps n’exhale aucune mauvaise odeur. Sa popularité est instantanée dans toute l’Europe. Son corps est transporté à l’Eglise sainte Marie des monts. Le soir de Pâques, son corps sera déposé dans son tombeau. Le 6 juin 1783 commence son procès de béatification. 168 miracles sont mentionnés. Il sera béatifié par Pie IX le 20 mai 1860 et canonisé le 8 décembre 1881 par Léon XIII.

Alors que les anticléricaux critiquent l’Eglise d’avoir canonisé Benoît Labre, deux grands poètes lui rendront hommage : Paul Verlaine et Germain Nouveau qui tous deux se rendront en pèlerinage à Amettes pour y prier.

Signification spirituelle de la vie de Benoît Labre

Comment comprendre la sainteté de Benoît Labre en ce 18ème siècle ? Comment comprendre que l’Eglise (romaine)[9] ait pu canoniser ce personnage hideux se complaisant dans la crasse ? Acte déraisonnable aux yeux des tenants de la lumière de la raison. Ce siècle est le siècle de la révélation de l’homme. L’homme est libre et la Raison est sa seule règle. Il doit donc s’affranchir de tout ce qui l’empêche d’être autonome et sujet... il doit s’affranchir de Dieu, du roi, de l’esclavage, de toute tyrannie. Il doit se libérer de la superstition et de l’obscurantisme religieux. L’homme est souverain et ses droits excluent toute autorité de droit divin. Si L’homme ne peut pas choisir sa condition, s’il ne peut pas choisir son destin, si les jeux sont faits, s’il est condamné à dérouler un programme tout établi alors la vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Si la vie est sérieuse, si la vie a du sens, il faut que notre destin soit entre nos mains, il faut qu’aucune puissance ni au ciel[10] ni sur la terre, ne puisse jamais nous traiter comme des objets. Et ce qui paraît une révolte blasphématoire et démoniaque, c’est simplement la conscience que l’homme est sujet. Cette révolte n’est pas autre chose que la conscience de ne pas être un objet. C’est la conscience qu’il a d’être sujet, comme d’un être qui doit être l’origine et la source de ses actes et créateur de son existence humaine en tant qu’humain. Tels sont les idéaux des philosophes des lumières.[11] Le Dieu de ces philosophes ne devient plus qu’un Dieu extérieur, mécanique, premier moteur et non plus un Dieu-personne. Mais ce que n’ont pas perçu ces philosophes des lumières, c’est qu’il y a une révolte plus profonde encore, plus essentielle, plus radicale qui est la révolte contre nous-mêmes sous le joug d’une tyrannie intérieure. Car le siècle des lumières est aussi le siècle de la renaissance philocalique, d’un humanisme chrétien, qui propose un chemin de libération et de communion avec Dieu qui loin de l’écraser le divinise. C’est ce chemin que fait Benoît Labre ainsi que tous les spirituels… Par ce chemin l’homme doit apprendre à lutter contre son moi possessif, ses instincts, ses passions[12], ce moi infantile qui l’empêche de s’ouvrir à autrui et à plus grand que lui… Chez Benoît Labre, il n’y a plus de retour sur soi, il est pur élan vers Dieu… (Je suis emporté). Le père Temple dira qu’il brûle de charité. Benoît d’ailleurs quand il rencontrera le père Temple, il lui demande d’être sous son obédience (et non sous son obéissance) ce qui n’est pas soumission mais écoute humble afin de discerner la justesse de sa vie. Il vit continuellement en présence de Dieu (abîmé-effacé- dans l’adoration eucharistique). Benoît Labre a vécu sa nouvelle naissance, il est né de la liberté, né de la lumière, né de l’esprit et de la vérité… Il a quitté son rivage de servitude, il s’est arraché à ce tyran intérieur, son moi biologique pour vivre une rencontre unique avec la liberté divine. Le royaume de Dieu s’est accompli en lui. Il vit Dieu, il le respire, il le vit au-dedans de lui dans une relation nuptiale, Dieu l’illumine et le divinise[13]. C’est dans cette liberté et dans son dépouillement dépassant ses angoisses et ses scrupules que Dieu atteste sa présence. Nous pouvons nous questionner quant à l’excès ascétique de Benoît qui est à situer dans le contexte de la piété chrétienne catholique du XVIIIe siècle… Cette piété[14] met l’accent sur la méditation de la passion du Christ de ses souffrances pour la rédemption de l’humanité occultant le mystère de la résurrection chère à l’orthodoxie. L’excès de Benoît est à mettre en corrélation avec son Amour pour le Christ souffrant et sa compassion pour les plus pauvres que lui[15]. Un jour que le Père Temple lui parlait des plaies du sauveur, Benoît s’écria comme transporté : « O plaies capables de blesser des cœurs de pierre et d’enflammer infailliblement des âmes de glace ! »

Il atteste ainsi que le miséreux qui n’a rien présente une valeur inestimable parce qu’il est un être humain tout simplement[16]. Et c’est cet être à l’image de Dieu qui est perçu tel par les pauvres qui l’approchent. Il montre qu’au dernier degré de la déchéance physique et psychique quand l’homme n’a plus rien, il lui reste l’essentiel, son être, image de Dieu. C’est cet Amour de Dieu qui l’a créé, aimé, sauvé qui lui confie une dignité indépendante de tout avoir et du faire. Benoît Labre nous invite à comprendre, à percevoir que la vie chrétienne c’est avant tout une Présence, un cadeau, que Dieu n’est pas un tyran extérieur mais une Lumière. Il témoigne par sa vie d’une autre focalisation que celle de l’argent, il initie une saine révolte prophétique contre l’utilitarisme naissant à cette époque (économie, capitalisme…)[17] Le plus pauvre, celui qui n’est rien aux yeux de ce monde, qui n’a rien, est sujet de la sollicitude de Dieu. Benoît n’a pas fait de propagande, ni de catéchisme[18], il n’a pas encombré les autres de convictions mais il a laissé rayonné une présence, il l’a laissé transparaître et de la présenter gracieusement sans rien dire et il a entouré chaque être humain et particulièrement les plus pauvres de cet honneur divin. Une femme le voyant un jour perdu en Dieu se répétait : « Oh bienheureux ! Qui sait ce que tu vois ? »

Canonisé par les poètes

Il est interpellant de constater que des hommes, des poètes aient une affection, voire même une dévotion pour ce saint en qui ils se reconnaissent. Ils ont perçu le secret de Benoît, cette présence et cette lumière qui ne peuvent s’exprimer que dans la poésie qui laisse entrevoir le mystère profond du cœur de l’homme. Les poètes Verlaine et Germain Nouveau lui feront un hommage à travers leur poème à l’occasion de sa canonisation. Ils se rendront même en pèlerinage à Amettes à cette occasion.

« Saint Benoît-Joseph Labre, la seule gloire française du XVIIIème siècle, mais quelle gloire ! »

Verlaine (1844 – 1896)


SAINT BENOÎT-JOSEPH LABRE

Comme l'Église est bonne, en ce siècle de haine

D'orgueil et d'avarice et de tous les péchés,

D'exalter aujourd'hui le caché des cachés

Le doux entre les doux à l'Ignorance humaine.

Et le mortifié sans pair que la Foi mène

Saignant de pénitence et blanc d'extase, chez

Les peuples et les saints qui, tous sens détachés,

Fit de la Pauvreté son épouse et sa reine,

Comme un autre Alexis, comme un autre François

Et fut le Pauvre affreux, angélique, à la fois

Pratiquant la douceur, l'horreur de l'Évangile !

Et pour ainsi montrer au monde qu'il a tort

Et que les pieds crus d'or et d'argent sont d'argile

Comme l'Église est bonne et que Jésus est fort !

(Paul Verlaine – « Souvenirs » 1881)



C'est Dieu qui conduisait à Rome,

Mettant un bourdon dans sa main,

Ce saint qui ne fut qu'un pauvre homme,

Hirondelle de grand chemin,

Qui laissa tout, son coin de terre,

Sa cellule solitaire,

Et la soupe du monastère,

Et son banc qui chauffe au soleil,

Sourd à son siècle, à ses oracles,

Accueilli des seuls tabernacles,

Mais vêtu du don des miracles

Et coiffé du nimbe vermeil (...).

Fière statue enchanteresse

De l'autorité que Dieu dresse

Au bout du siècle de l'ivresse

Au seuil du siècle de l'argent (...).

Beau paysan, ange d'Amettes,

Ayant aujourd'hui pour trépieds

La lune au ciel et la comète,

Et tous les soleils sous vos pieds ;

Couvert d'odeurs délicieuses,

Vous, qui dormiez sous les yeuses

Vous, que l'Eglise aux mains pieuses

Peint sur l'autel et le guidon,

Priez pour nos âmes, ces gouges,

Et pour que nos cœurs, las des bouges,

Lavent leurs péchés noirs et rouges

Dans les piscines du pardon.

Aimez bien vos amours ; aimez l'amour qui rêve

Une rose à la lèvre et des fleurs dans les yeux

C'est Lui que vous cherchez quand votre avril se lève,

Lui dont reste un parfum quand vos ans se font vieux.

Aimez l'amour qui joue au soleil des peintures,

sous l'azur de la Grâce, autour de ses autels,

Et qui déroule au ciel la tresse et les ceintures,

Ou qui vide un carquois sur des cœurs immortel

Aimez l'amour qui parle avec la lenteur basse

Des Ave Maria chuchotés sous l'arceau ;

C'est lui que vous priez quand votre tête est lasse,

Lui dont la voix vous rend le rythme du berceau.

Aimez l'amour que Dieu souffla sur notre fange,

Aimez l'amour aveugle, allumant son flambeau,

Aimez l'amour rêvé qui ressemble à notre ange,

Aimez l'amour promis aux cendres du tombeau !

Amour sur l'océan, amour sur les collines !

Amour dans les grands lys qui montent vallons !

Amour dans la parole et les brises câlines !

Amour dans la prière et sur les violons !

Amour dans tous les coeurs et sur toutes les lèvres !

Amour dans tous les bras, amour au bout des doigts !

Amour dans tous les seins et dans toutes les fièvres !

Amour dans tous les yeux et dans toutes les voix !

Amour dans chaque ville : ouvrez-vous citadelles !

Amour dans les chantiers : travailleurs, à genoux !

Amour dans les couvents : anges, battez des ailes !

Amour dans les prisons : murs noirs, écroulez-vous !

Germain Nouveau

Poème extrait de « La Doctrine de l'Amour »

(1879-1881)

NOTES

[1] Luis de Grenade fut contemporain d’Ignace de Loyola, Thérèse de Jésus de Pierre d’Alcantara, Charles Borromée correspondit avec lui…Il participa activement au renouveau qui suivit le concile de Trente. Saint François de sales s’en inspira dans plusieurs de ses écrits et même des huguenots lisaient ses ouvrages. Son traité de l’oraison est un enseignement sur la vie spirituelle (puisée dans les écritures et les pères de l’Eglise) qui se veut à la portée de tous. Cela lui valut des déboires avec l’inquisition. « Qu’en sera-t-il du chrétien sans oraison sinon un soldat sans armes, un écrivain sans plume et un chirurgien sans outils ?»Son enseignement n’est pas teinté de Jansénisme.

[2] Le jansénisme est une doctrine théologique venant d’une lecture de la doctrine de saint Augustin proche de la théologie protestante de l’époque qui voyait l’homme tellement corrompu par le péché originel que seule la grâce divine pouvait assurer le salut. Dieu n’accordant le salut qu’aux prédestinés. Le bénéfice de la grâce appelait la plus grande rigueur morale. Cette doctrine a été condamnée par Rome. Le concile de Trente (au XVI siècle) a réaffirmé la nécessaire coopération entre la grâce divine et la volonté de l’homme, la théologie orthodoxe utilise le terme synergie entre la volonté de l’homme et l’Amour divin. Néanmoins cette pensée a influencé la piété catholique au XVIIe et XVIIIe siècle et encore après.

[3] Mystique orthodoxe russe (1722-1794) ayant contribué au renouveau spirituel du monde orthodoxe slave par sa traduction en russe de la philocalie.

[4] Mystique et moine orthodoxe russe (1759-1833).

[5] Récits d’un pèlerin russe

[6] A Rome les mendiants sont acceptés et protégés alors qu’en France des lois ordonnent de les mettre en prison ou au travail.

[7] Benoît se serait rendu à Notre dame de Gaverland à Melsele (Beveren) en Belgique

[8] Ses notes seront importantes pour le procès de canonisation.

[9] C’est d’abord le peuple de Rome qui l’a canonisé.

[10] Une certaine théologie a présenté Dieu comme tout puissant et dévalorisant l’homme et les clercs ont opprimé les consciences. Les spirituels et les mystiques ont une autre conscience de Dieu, Un Dieu d’Amour qui grandit l’homme dans une relation nuptiale.

[11] Qui en partie sont légitimes.

[12] C’est ainsi qu’il faut situer l’ascétisme certainement très excessif à nos yeux d’aujourd’hui de Benoît.

[13] Un peintre le prendra pour modèle pour peindre un Christ.

[14] Les scrupules de Benoît sont liés à la peur de l’enfer qui angoisse beaucoup de catholiques.

[15] Il est important de signaler que Benoît Labre n’est pas du tout janséniste en témoigne un dialogue rapporté par le Père Temple : « Et que feriez-vous si un ange vous annonçait que votre nom a été rayé ou non inscrit au livre de vie ? Je garderais la confiance, répondit le saint, espérant immuablement que rien de ce qui est nécessaire à mon salut ne peut m’être refusé par Celui qui a tant fait et tant souffert pour mon salut. »

[16] Un des sénateurs ayant critiqué la canonisation de Benoît Labre, ce paresseux mort en état de crasse, disait que les saints se trouvaient dans les usines….mais ce sénateur reconnaissait-il le droit d’une vie digne et décente à un prix juste pour ces ouvriers considérés comme des outils…. ?

[17] Le pape Léon XIII qui l’a canonisé est celui qui a initié la doctrine sociale de l’Eglise défendant les ouvriers comme des sujets et non comme des machines productives (encyclique Rerum Novarum). « Les travailleurs isolés se sont vus, avec le temps livrés à la main de maîtres inhumains et à la cupidité d’une concurrence effrénée une usure dévorante est venue s’ajouter encore au mal…A tout cela il faut ajouter la concentration entre les mains de quelques uns de l’industrie et du commerce, devenue le partage d’un petit monde de riches et d’opulents qui imposent un joug presque servile à l’infinie multitude des prolétaires… »

[18] Le père Temple témoignera de sa sagesse spirituelle rappelons-nous les mystiques orthodoxes : « celui qui prie est théologien. »


St. Benedict Joseph Labre

Born 26 March, 1748 at Amettes in the Diocese of Boulogne, France; died in Rome 16 April, 1783.


He was the eldest of fifteen children. His parents, Jean-Baptiste Labre and Anne-Barba Grandsire, belonged to the middle class and so were able to give to their numerous offspring considerable opportunities in the way ofeducation. His early training he received in his native village in a school conducted by the vicar of the parish. The account of this period furnished in the life written by his confessor, Marconi, and that contained in the one compiled from the official processes of his beatification are at one in emphasizing the fact that he exhibited a seriousness of thought and demeanor far beyond his years. Even at that tender age he had begun to show a marked predilection for the spirit of mortification, with an aversion for the ordinary childish amusements, and he seems from the very dawning of reason to have had the liveliest horror for even the smallest sin. All this we are told was coexistent with a frank and open demeanor and a fund of cheerfulness which remained unabated to the end of his life.

At the age of twelve his education was taken over by his paternal uncle, François-Joseph Labre, curé of Erin, with whom he then went to live. During the six following years which he spent under his uncle's roof, he made considerable progress in the study of Latin, history, etc. but found himself unable to conquer a constantly growing distaste for any form of knowledge which did not make directly for union with God. A love of solitude, a generous employment of austerities and devotedness to his religious exercises were discernible as distinguishing features of his life at this time and constitute an intelligible prelude to his subsequent career.

At the age of sixteen he resolved to embrace a religious life as a Trappist, but having on the advice of his uncle returned to Amettes to submit his design to his parents for their approval he was unable to win their consent. He therefore resumed his sojourn in the rectory at Erin, redoubling his penances and exercises of piety and in every way striving to make ready for the life of complete self-annihilation to which the voice within his soul seemed to be calling him.

After the heroic death of his uncle during an epidemic in September 1766, Benedict, who had dedicated himself during the scourge to the service of the sick and dying, returned to Amettes in November of the same year. His absorbing thought at this time was still to become a religious at La Trappe, and his parents fearing that further opposition would be resistance to the will of God fell in with his proposal to enter the cloister. It was suggested, how ever, by his maternal uncle, the Abbé Vincent, that application be made to the Carthusians at Val-Sainte-Aldegonde rather than to La Trappe. Benedict's petition at Val-Sainte-Aldegonde was unsuccessful but he was directed to another monastery of the same order at Neuville. There he was told that as he was not yet twenty there was no hurry, and that he must first learn plain-chant and logic. During the next two years he applied twice unsuccessfully to be received at La Trappe and was for six weeks as a postulant with the Carthusians at Neuville, he finally sought and obtained admission to the Cistercian Abbey of Sept-Fonts in November, 1769. After a short stay at Sept-Fonts during which his exactness in religious observance and humility endeared him to the whole community, his health gave way, and it was decided that his vocation lay elsewhere. In accordance with a resolve formed during his convalescence he then set out for Rome. From Chieri in Piedmont he wrote to hisparents a letter which proved to be the last they would ever receive from him. In it he informed them of his design to enter some one of the many monasteries in Italy noted for their special rigor of life. A short time, however, after the letter was dispatched he seems to have had an internal illumination which set at rest forever any doubts he might have as to what his method of living was to be. He then understood "that it was God's willthat like St. Alexis he should abandon his country, his parents, and whatever is flattering in the world to lead a new sort of life, a life most painful, most penitential, not in a wilderness nor in a cloister, but in the midst of the world, devoutly visiting as a pilgrim the famous places of Christian devotion". He repeatedly submitted this extraordinary inspiration to the judgment of experienced confessors and was told he might safely conform to it. Through the years that followed he never wavered in the conviction that this was the path appointed for him byGod. He set forward on his life's journey clad in an old coat, a rosary about his neck, another between his fingers, his arms folded over a crucifix which lay upon his breast. In a small wallet he carried a Testament, abreviary, which it was his wont to recite daily, a copy of the "Imitation of Christ", and some other pious books.Clothing other than that which covered his person he had none. He slept on the ground and for the most part in the open air. For food he was satisfied with a piece of bread or some herbs, frequently taken but once a day, and either provided by charity or gotten from some refuse heap. He never asked for alms and was anxious to give away to the poor whatever he received in excess of his scanty wants. The first seven of the thirteen remaining years of his life were spent in pilgrimages to the more famous shrines of Europe. He visited in this way Loreto,Assisi, Naples, Bari, Fabriano in Italy; Einsiedeln in Switzerland; Compostella in Spain; Parav-le-Monial in France. The last six years he spent in Rome, leaving it only once a year to visit the Holy House of Loreto. His unremitting and ruthless self-denial, his unaffected humility, unhesitating obedience and perfect spirit of union with God inprayer disarmed suspicion not unnaturally aroused as to the genuineness of a Divine call to so extraordinary a way of existence. Literally worn out by his sufferings and austerities, on the 16th of April 1783, he sank down on the steps of the church of Santa Maria dei Monti in Rome and, utterly exhausted, was carried to a neighboring house where he died. His death was followed by a multitude of unequivocal miracles attributed to hisintercession. The life written by his confessor, Marconi, an English version of which bears the date of 1785,witnesses to 136 miraculous cures as having been certified to up to 6 July, 1783. So remarkable, indeed, was thecharacter of the evidence for some of the miracles that they are said to have had no inconsiderable part in finally determining the conversion of the celebrated American convert, Father John Thayer, of Boston who was in Romeat the time of the saint's death. Benedict was proclaimed Venerable by Pius IX in 1859 and canonized by Leo XIII8 December, 1881. His feast is kept on the 16th of April, the day of his death.

Sources

Biog. Univ. (Paris, 1811-28); Biog. Eccles. Completa (Madrid, 1857); Life of Venerable Benedict Joseph Labre, French tr., BARNARD (London, 1785); Life of the Venerable Servant of God, Benedict Joseph Labre (Oratorian Series, London, 1850).

Delany, Joseph. "St. Benedict Joseph Labre." The Catholic Encyclopedia. Vol. 2. New York: Robert Appleton Company,1907. 1 Apr. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/02442a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by John Coleman.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. 1907. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.



Benedict Joseph Labre (RM)

Born at Amettes (near Boulogne), Arras, France, March 26 (25?), 1748; died in Rome, April 17 (16?), 1783; beatified in 1860; canonized in 1881. Since God leads each of us in our own way, our spiritual life will assume an pattern totally different from that of anyone else. Each of us is one of a kind. Our spirituality then should also be one of a kind. This is shown dramatically in various people's lives.


The story of Saint Benedict caught my eye and my heart. He was born in 18th century France in Amettes, then in the diocese of Boulogne-sur-Mer, to a family of prosperous shopkeepers. His mother claimed to feel his sanctity while she carried him in her womb. Because of his piety he was sent to an uncle who was a parish priest at Erin for his education in Latin, grammar, and mathematics to prepare him for the religious life.

A domestic servant in his uncle's house, probably jealous, used to knock Benedict about when they were alone and forced the youngster to perform chores beyond the strength of his years. Since Benedict seemed to find this odious treatment amusing, the bully was disarmed.

In freedom from the prying eyes of his preoccupied elders, little Benedict tried his hand at austerities, the recipes for which he found in the dusty library of the presbytery. In addition to almsgiving that gives so much pleasure to the giver, he adopted a minor practice in austerity that was more sane than them all: every night he would replace his pillow with a plank of oakwood. Once upon being surprised while sleeping in this way, he explained, without ostentation: "I do it in order not to sleep too deeply."

He made steady progress in his studies until he was 16. Then, suddenly, he was unable to learn any more. His uncle died of cholera after he and Benedict had ministered to other victims in the parish. Is this the reason he could learn no more? Or was it because Benedict was overcome by the dark night of the soul, as Saint John of the Cross calls this state, in which God forms the soul and prepares it for union with himself?

After his uncle's death, he walked 60 miles to La Trappe to become a monk. He was irresistibly drawn to the very austere order. But he was denied entry. He vainly applied numerous times between 1766 and 1770 for entry into the Trappists, Carthusians, and Cistercians, but each time was sent home. For some of the communities he was too young; others, after admitting him, found him to be suffering such spiritual tortures that they couldn't let him stay; to still others, the failure of his physical health was proof that he could not observe the rule and, therefore, must be rejected.

Finally, Benedict realized that God must have something else in store for him. He went home and told his parents that he felt God was calling him to Rome. Perhaps because he was the eldest of 15 children, they were reluctant but finally gave him their blessing. Off he went on foot to Rome, begging his way.

Those who have never begged say that it's painful only the first time, but this isn't true. One does not knock on all doors in the same way. It is not true that the same words invariably come to mind in front of different faces. Each time is the first time. How tempting then to deprive yourself of a stale piece of bread which even the dogs would forego and to not ask. Begging is not easy. Try stretching out your own hand and you will see how difficult it is to swallow pride and ask for help.

Saint Vincent de Paul understood that the beggar needs us and deprives himself of us because we deprive ourselves of him. A beggar is a man who is completely at our mercy, and whom we never thank for the opportunity to act in God's Name.

The saint wandered to Italy to seek admission there into a strict monastery or community of hermits. In Italy he experienced inner enlightenment and clearly recognized that it was God's will that, like Saint Alexis, he was to leave his home, his father and mother, and everything that was agreeable in the world, in order to lead a new life, a life of rigorous penance, in the midst of the world, as an eternal pilgrim.

From the moment of this recognition, his soul was filled with perfect peace, and all attempts made by confessors to bring him back to an ordered life, with work, failed.

Benedict Joseph wandered. For the next three or four years he wandered about western Europe, going from shrine to shrine. He went to Santiago de Compostella in Spain, to Aix-en-Provence and Paray-le-Monial in France, to Assisi, Loreto, and Bari in Italy. He paid repeated visits to Einsiedeln and to German sanctuaries, made a pilgrimage every year to Loretto, and continued to make Rome his city of perpetual pilgrimage. He always travelled on foot, slept in the open or in some corner, his clothing rags, his body filthy, picking up food where he could, and sharing any money given to him.

As he travelled in his sack-cloth cinched with a rope, he carried with him only his perpetual nourishment: the Imitation of Christ, the New Testament, and a breviary. His rosary was made from the berries of wild rose bushes, which he would eat when they began to wear out.

He finally settled in Rome in 1774, where he found his vocation as a tramp, wandering the streets with other vagrants. How could this be a vocation? He dressed in rags and wandered from shrine to shrine. Eventually he became widely known as one of the homeless who roamed the streets accepting crumbs of food and clothes that the charitable would give him.

During the day he spent most of his time in churches with perpetual adoration; at night he wandered to the seven major basilicas. He quenched his thirst at the fountains; he lived from remnants of food found in the streets. He slept for a few hours under an arch of the Colosseum at the station of the Cross named "Simon of Cyrene helps Jesus to carry the Cross." As time went on people began to realize that there was something different about this tramp. He became known as the 'beggar of the Colosseum' or the 'beggar of the perpetual adoration.'

It was rumored that he was of high birth but had committed a murder or other heinous crime and now sought atonement. Alms given to him burned in his hand; he passed them on to other who he deemed more needy. He was once beaten by a man who thought Benedict had spurned his offer of money because he gave it away.

His soul hovered constantly over the greatest mysteries of the faith. And, just as all water streams to the sea, so everything carried him on to the mysteries of the Most Holy Trinity. "When I contemplate the crowning of thorns," he said to the priest who examined him, "I feel myself elevated to the Trinity of God."

"What do you, a man without education, understand about this mystery?" the priest asked.

"I understand nothing about it," Benedict answered, "but I feel myself transported to it." And this transport was sometimes so strong that his soul was carried away and his body lay as though dead.

One day as he was praying at Saint Ignatius' and had fallen into ecstasy, an anxious visitor to the church asked the sacristan in alarm: "What has happened to this beggar?"

Benedict seemed to be swaying in the air. He was in a position that mocked the laws of equilibrium and gravity. "The saint is in ecstasy," said the sacristan, as though this were the most natural thing in the world, and went on sweeping with his broom.

Such soaring over the ground, as well as bilocation, is frequently attested in Benedict's case. As he worked in painting the interior of the church, Antonio Cavallucci was so impressed by the sight of the saint that he once took him to his studio and painted him. This painting can still be seen at the Galleria Nazionale d'Arte Antica in Rome, Italy.

This painting and his death mask reveal that Benedict was a handsome man with deep-set eyes, strong cheek bones, a perfectly straight and noble nose, high forehead, and gently protruding upper lip. Not only was his soul beautiful, so was his physical body. Perhaps the one transformed the other?
He is reputed to have multiplied bread for the hungry, and on another occasion to have cured an invalid.

One day some friends found him in a quiet glen on his knees absorbed in prayer. He stayed that way for the longest time. His companions were deeply impressed. They also found out that he had the rare gift of counseling people with the most complex problems and bringing them peace.

His reputation spread throughout Rome and soon strangers from all walks of life came to talk to him: lawyers, doctors, judges, women in society, bishops, cardinals, as well as just ordinary folks. His wisdom and understanding enabled him to bring peace to the most troubled souls.

He neglected his body and his fragile health finally obliged him to seek refuge in a hospice for poor men. There he was known to give away his portion of the soup.

The man who had spent long hours before the Blessed Sacrament collapsed from exhaustion on the steps of his favorite Roman church, Santa Maria dei Monti, during Holy Week and died, consumed by the inner flame of ceaseless prayer, in the back room of a butcher's shop to which he had been carried. Since the burial of Saint Philip Neri, there had been no such crowd pressing to see the mortal remains of a servant of God as at the Requiem Mass for Benedict Joseph. The military summoned to the scene had difficulty preserving order.

After his burial, people came from all over Europe to visit his grave and ask his intercession with God. In less than three months after his death, 136 miracles had already been protocoled. The healings and graces people received were so overwhelming that the Vatican was forced to start the process for his canonization as a saint. In record time, in 1883, he was proclaimed a person of rare heroic holiness.

The people of Rome had no doubt about the holiness of this 'new Saint Francis.' He is a late Western example of an ascetical vocation better known in the East, that of the pilgrim or wandering holy man. He also has points of resemblance with the Greek saloi and Russian yurodivy, 'fools for Christ's sake' (Attwater, Attwater2, Benedictines, Delaney, Encyclopedia, Farmer, Girzone, de la Gorce, Schamoni, White).

On the day of his canonization Mass, in the crowded Saint Peter's Basilica way above the heads of the congregation was the glorious painting of this sainted tramp dressed in his rags, held up for the veneration and admiration of all the faithful.

"What a strange vocation! And you cannot help but ask why. But it was a time when the whole Christian world had become so materialistic that spiritual things meant little to people. So God called this young man to give up everything and wander the streets of Rome with other homeless people, dressed in the stinking rags of a tramp.

"All the while God molded in the depths of his soul a holiness that transcended anything people had ever witnessed, and held up the remarkable spirituality of this lowly beggar for the admiration and example of all. It was no doubt a difficult vocation for one to follow, but Saint Benedict was always a happy man, so he must have found a strange satisfaction in the realization that he was following where God was leading him" (Girzone).

Where is God leading you? Have you heard His voice yet? It's a small voice that cannot be heard except in the stillness of your heart. You, too, are called to be a saint--but how?

And how many of those nameless, faceless souls that we pass on the street are really God's Presence among us? How often do we recognize Him in them? Which one(s) is the saint we have failed to recognize?

In art, Saint Joseph Labre is depicted as a beggar with his bowl and the tricorn hat of a pilgrim sharing his alms with other poor (Roeder, White). He is the patron saint of tramps and the homeless (White).
SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0416.shtml

San Benedetto Giuseppe Labre Pellegrino


Amettes, Francia, 26 marzo 1748 - Roma, 16 aprile 1783

Portato alla contemplazione, desidero diventare trappista ma, per il suo spirito inquieto, ebbe difficoltà a restare nei monasteri. Partì per Roma e lungo il percorso scoprì la sua vera vocazione: Dio lo aveva messo sulla strada e qui sarebbe rimasto. Divenne “ il vagabondo di Dio “ in compagnia dell’Imitazione di Cristo, del breviario, di un Crocifisso e della corona del rosario, compì pellegrinaggi in Italia e Francia, vivendo di carità che distribuiva i bisognosi. Morì a Roma nel retrobottega del macellaio che lo aveva raccolto per strada svenuto, dopo tredici anni vissuti pellegrinando, testimone, come soleva dire, del fatto che “ in questo mondo siamo tutti pellegrini verso il Paradiso “.

Patronato: Mendicanti, Senzatetto

Etimologia: Benedetto = che augura il bene, dal latino

Martirologio Romano: A Roma, san Benedetto Giuseppe Labre, che, preso fin dall’adolescenza dal desiderio di un’aspra vita di penitenza, intraprese faticosi pellegrinaggi a celebri santuari, coperto soltanto di una povera e lacera veste, nutrendosi soltanto del cibo che riceveva in elemosina e dando ovunque esempio di pietà e penitenza; fece di Roma la meta ultima dei suoi viaggi, vivendo qui in estrema povertà e in preghiera.

"Il pellegrino della Madonna”, “Il povero delle Quarantore”, “Il penitente del Colosseo”, “Il nuovo sant’Alessio”. Così il popolo romano chiamava Benedetto Giuseppe Labre, che morì a Roma a 35 anni. Un francese che trascorse parte della sua breve vita come pellegrino, sostando in preghiera davanti alle immagini più care della Madonna e davanti all’Eucarestia. 

San Benedetto Giuseppe Labre, nacque ad Amette il 26 marzo del 1748, primo di quindici fratelli. Più tardi potè entrare nei Certosini, da cui usci quasi subito, e fra i trappisti di cui pure dovette allontanarsi per grave malattia. Di nuovo libero, si mosse al pellegrinaggio di Roma, secondo il voto fatto durante la convalescenza. Durante il viaggio ebbe una luce interna così viva sulla vocazione che gli era riservata, che non ne dubitò mai più. Egli diceva come S.Alessio: "Bisogna  abbandonare la patria ed i propri parenti, per condurre una nuova specie di vita di estrema penitenza, ma in mezzo al mondo, visitando in pellegrinaggio i Santuari cattolici più celebrati". Si decise, adunque, dopo ripetute approvazioni di direttori spirituali, ad iniziare la lunga serie di pellegrinaggi, che durò tutta la sua vita. 

Vestì un abito rozzo e logoro, trascurando ogni norma di igiene personale: non domandò mai elemosina: visitò nei primi sei anni Loreto, Assisi, Compostella, nella Spagna, i Santuari della Svizzera e della Francia. 

Gli ultimi sei anni li trascorse a Roma, da dove ogni anno partiva per una visita alla Santa Casa di Loreto. 

Poichè la più dolce compagnia di Benedetto Labre è Gesù e Maria, il Santuario dove si compì il mistero della Incarnazione, il Santuario testimone di tutte le virtù intime della Sacra Famiglia, Benedetto che portava pure il nome di Giuseppe e che onorava grandemente il casto Sposo della Santa Vergine, vorrebbe non abbandonarlo mai: ed infatti egli non se ne allontanerebbe, se il senso cristiano di cui egli è ben penetrato, non gli avesse fatto conoscere in Roma una fonte ancor più feconda di vita religiosa che in qualsiasi altro luogo. A Roma passa i suoi giorni e, quando può, anche le sue notti nelle chiese: egli sa venerare tutte le memorie dei Santi Apostoli e dei Martiri. Là egli è assiduo in tutte le chiese, secondo i turni fissati, dinnanzi al Santissimo Sacramento, tanto che a voce di popolo viene battezzato il povero delle Quarantore. 

Lo si vedeva dinnanzi all'altare ora immobile come una statua, ora trasportato verso Dio da un impulso che si manifesta dal suo atteggiamento esteriore. 

Attraverso tutti gli strappi delle sue vesti il lume della grazia, direi quasi della gloria, sfolgora da ogni parte: "Vedete dunque questo povero, esclamava un giorno una donna, come è buono! come è bello! Bello?! Sì: la stessa scrittura che ci dipinge Gesù Cristo come l'uomo abietto e l'ultimo degli esseri, ce lo rappresenta altrove il più bello dei figli degli uomini. 

Ora Benedetto Labre ha conciliato in sè questo doppia caratteristica , che i profeti avevano dato di Cristo: un tipo superiore si rivela attraverso questa grossolana corteccia. Egli è il rifiuto del mondo, eppure nè è il fiore. 

Alla fine, logoro dalle austerità, Benedetto Labre il 16 aprile del 1783 cadde sui gradini della Chiesa di S. Maria dei Monti a Roma e, portato in una casa vicina, vi morì. La sua morte fu seguita da una grande quantità di grazie e di miracoli.
Fu beatificato da Pio IX nel 1839 e canonizzato da Leone XIII l'8 dicembre 1883.

Autore: Don Luca Roveda

In questo mondo siamo tutti pellegrini nella valle di lacrime: camminiamo sempre per la via sicura della Religione, in Fede, Speranza, Carità, Umiltà, Orazione, Pazienza e Mortificazione cristiana, per giungere alla nostra patria del Paradiso". Era questa una delle massime preferite di S. Benedetto Giuseppe Labre, che ben corrisponde alla sua testimonianza di vita. Dei 35 anni che visse, almeno 13 li passò da "pellegrino" sulla strada. A giusto titolo perciò lo si definì "il vagabondo di Dio" o anche "lo zingaro di Cristo", espressioni ben più tenere che non "santo dei pidocchi", come venne pure denominato.

Benedetto Giuseppe Labre nacque ad Amettes, presso Arras, il 26 marzo 1748, primo di 15 figli di modesti agricoltori. Fece qualche studio presso la scuola del villaggio e apprese i primi rudimenti del latino presso uno zio materno. Portato più alla vita contemplativa che al sacerdozio, sollecitò invano dai genitori il permesso di farsi trappista. Solo a diciotto anni poté fare richiesta d'ingresso alla certosa di S. Aldegonda, ma il parere dei monaci fu contrario. Stessa ripulsa ricevette dai cistercensi di Montagne in Normandia, dove giunse dopo aver percorso a piedi 60 leghe in pieno inverno. Solo sei settimane durò il suo soggiorno nella certosa di Neuville, e poco di più rimase nell'abbazia cistercense di Sept-Fons, di cui però avrebbe sempre portato la tunica e lo scapolare di novizio.

A 22 anni prese la grande decisione: il suo monastero sarebbe stato la strada, e più precisamente le strade di Roma. Nel sacco di povero pellegrino portava tutti i suoi tesori: il Nuovo Testamento, l'Imitazione di Cristo e il breviario che recitava ogni giorno; sul petto portava un crocifisso, al collo una corona e tra le mani un rosario. Mangiava appena un tozzo dì pane e qualche erba; non chiedeva la carità e, se la riceveva, si affrettava a renderne partecipi gli altri poveri, anche a rischio che il donatore, scorgendovi un gesto di scontentezza, facesse seguire alla moneta una gragnuola di bastonate (come effettivamente avvenne un giorno). Di notte riposava tra le rovine del Colosseo e le sue giornate le passava nella preghiera contemplativa e nei pellegrinaggi ai vari santuari: uno dei più cari al suo cuore fu quello di Loreto.

Morì logorato dagli stenti e dall'assoluta mancanza d'igiene il 16 aprile 1783, nel retrobottega del macellaio Zaccarelli, presso la chiesa di S. Maria dei Monti, in cui venne sepolto tra grande concorso di popolo. Venne canonizzato nel 1881 da Leone XIII.

Autore:
Piero Bargellini


Voir aussi : http://www.amis-benoit-labre.net/labre_rayonnement.html