dimanche 18 mars 2012

Saint CYRILLE de JÉRUSALEM, évêque, confesseur et Docteur de l'Église


Saint Cyrille de Jérusalem, évêque et docteur de l'Église

Né vers 315 dans les environs de Jérusalem, Cyrille fut ordonné évêque en 348 par le Métropolite de Césarée de Palestine Acacius, philo arien et qui pensait trouver en lui un allié. Il devint évêque de Jérusalem en ce IVe siècle troublé par les querelles entre les orthodoxes et les ariens qui, à trois reprises, le chassèrent de son siège. Il vivra en tout dix-sept années en exil. En 378, il revient définitivement dans Jérusalem déchirée où il ramena unité et paix parmi les fidèles. Il prêchera inlassablement, on retient ses admirables catéchèses de la nuit pascale pour la formation des nouveaux baptisés. Il mourut en 387 après avoir confessé par ses prédications et plus encore par sa vie le Christ, vrai Dieu et vrai homme.

SOURCE : http://www.paroisse-saint-aygulf.fr/index.php/prieres-et-liturgie/saints-par-mois/icalrepeat.detail/2015/03/18/5635/-/saint-cyrille-de-jerusalem-eveque-et-docteur-de-l-eglise

Saint Cyrille de Jérusalem

Merveille étrange et paradoxale ! Nous ne sommes pas vraiment morts, nous n'avons pas été vraiment ensevelis, nous sommes ressuscités sans avoir été vraiment crucifiés. La souffrance et la mort sont en image ; le salut, en vérité. Le Christ a été réellement crucifié, il est réellement mort, il a été réellement enseveli ; il est réellement ressuscité. Et tout cela nous a été donné par grâce, afin que, rendus participants à l'imitation de ses souffrances, nous possédions véritablement le salut. Excessif amour des hommes ! Le Christ a eu ses mains très pures, ses pieds, percés par les clous, et il a souffert. Et c'est à moi, sans que j'ai souffert ou peiné, qu'il donne le salut en me communicant le fruit de ses souffrances.

Conservez intactes ces traditions et gardez-vous purs vous-mêmes de toute offense. Ne vous détachez pas de la communion pour ne pas vous priver par la souillure du péché de ces mystères spirituels et sacrés. Et que le Dieu de paix vous sanctifie entièrement ; que tout votre être, corps et âme, esprit, soit gardé sans reproche à l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ, à qui, ainsi qu'au Père et au Saint-Esprit, appartiennent gloire, honneur et puissance maintenant et toujours dans les siècles des siècles. Amen !

Saint Cyrille de Jérusalem

Il semble que Cyrille naquit à Jérusalem vers 315, au sein d’une famille chrétienne d’artisans de souche paysanne. Il reçut une éducation libérale et solide où entrèrent l’astronomie, l’anatomie et la géographie dont il fera référence dans ses « Catéchèses » ; il reçut aussi une bonne initiation aux Ecritures et aux Pères de l’Eglise dont il fera la base de son enseignement. Son style, agréable et soigné, est libre et très personnel.

Certains de ses biographes affirment que Cyrille fut moine ; pour les suivre il faut traduire le mot « monazontôn » qu’il emploie au chapitre vingt-trois de sa douzième catéchèse par moine plutôt que par ascète. Saint Jérôme dit qu’il fut ordonné diacre à vingt ans par saint Macaire (évêque de Jérusalem). Il semble sûr qu’il fut ordonné prêtre par Maxime de Jérusalem en 345. Sans doute fut-il très vite chargé de la formation des catéchumènes, puisqu’il prononça pour eux ses « Catécheses », pendant le Carême et le temps pascal de l’année 348.

Dans des conditions obscures, à la mort de Maxime (vers 350), Cyrille fut élu évêque de Jérusalem. Ses tardifs détracteurs dont saint Jérôme se fit l’écho, disent que le pro-arien Acace, métropolite[1] de Césarée, lui aurait proposé le marché suivant : « Cher Cyrille, répudie l'ordre sacré que tu reçus des mains de Maxime. Nous te réordonnerons et tu seras évêque de Jérusalem. Je te le promets, en ma qualité de métropolite palestinien » ; Maxime aurait alors été chassé, et Cyrille aurait été installé à sa place. Théodoret (mort en 466) récuse cette légende : « Cyrille fut un vaillant défenseur de la doctrine catholique, injustement accusé par Jérôme qui ne l’aimait guère.[2] »

La première année de son épiscopat fut marquée par l’apparition de la Croix glorieuse : « En ces jours mêmes de la sainte Pentecôte (7 mai 351), aux nones de mai, vers la troisième heure, une croix lumineuse gigantesque apparut dans le ciel, au-dessus du saint Golgotha, s'étendant jusqu'à la montagne des Oliviers. Elle ne fut pas seulement aperçue par une ou deux personnes mais se montra, fort nettement, à la population entière de la cité. Elle ne disparut pas rapidement comme on pourrait le supposer, à la façon d'un rêve fugace. Elle demeura visible pendant plusieurs heures, estompant par son éclat, les rayons du soleil. Assurément, elle aurait été éclipsée et dissimulée par eux, si elle n'avait offert aux spectateurs un éclat plus puissant que celui du soleil. Ainsi, tous les habitants de Jérusalem se précipitèrent brusquement dans la sainte église, saisis d'une crainte mêlée de joie au spectacle de cette vision céleste. Ils se jetèrent tous dans notre église, non seulement les chrétiens mais les païens étrangers, de passage à Jérusalem. Tous, d'une seule voix, firent monter des louanges sonores vers le Christ Jésus, notre Seigneur, le Fils unique engendré de Dieu, auteur de ces merveilles[3]. »

Si Acace avait promu Cyrille pour être l’allié de l'arianisme, il aurait fait un bien mauvais calcul puisque, sans tarder, les deux épiscopes engagèrent un combat d'influence et de juridiction. Le métropolite Acace invoquait son droit de regard et de contrôle contre le nouvel évêque de Jerusalem qui lui opposait le septième canon du concile de Nicce qui précise : « l’évêque de Jérusalem exercera une primauté de droit et d'honneur. » Acace cita Cyrille à son tribunal, sous l'accusation mensongère de « dilapidation de biens ecclésiastiques » ; Cyrille lui rétorqua : « Au cours d'une famine, je vendis les vases sacrés et les ornements pour secourir les affamés du diocèse » ; sur son « refus de comparaître », il fut condamné par contumace au bannissement.

Cyrille fit appel ; Acace dut venir en personne avec une escouade militaire pour chasser Cyrille du siège de Jérusalem où il installa un évêque arien. Cyrille partit à Antioche puis à Tarse dont l'évêque Sylvain lui fut hospitalier et confiant. Il faut dire que Sylvain était un des chefs des homéausiens qui étaient fort opposés aux ariens homéens que conduisait Acace de Césarée. Les homéens professaient un arianisme strict mais hostile à toute formulation technique : « le Fils est semblable (homoios) au Père » ; les homéausiens, préféraient une formule dogmatique mitigée : « Le Fils est semblable en substance (homoiausios) au Père. » Les uns et les autres sont hérétiques mais les premiers le sont plus radicalement que les seconds, généralement appelés semi-ariens ; la vraie doctrine, formulée par le concile de Nicée (325), a pour mot clef le terme grec homoousios, en latin consubtantialis qu’il est difficile de bien traduire en français avec précision autrement que par consubstantiel, car il faut dire deux choses à la fois : le Fils est « de même nature que le Père » et « de la même nature unique » (un seul Dieu en trois Personnes). Comme entre deux maux il faut choisir le moindre, Cyrille siège avec les homéausiens au concile d'Ancyre (359).

Cyrille, réhabilité au concile de Séleucie, revint à Jérusalem. Quelques mois plus tard, il fut de nouveau chassé lorsqu’un concile de Constantinople (360) présidé par Acace, d’accord avec l’empereur Constance, fit une nouvelle condamnation des homéausiens. Après la mort de Constance (362), Cyrille put retourner à Jérusalem mais, à la fin de l’année, le nouvel empereur, Julien l'Apostat, tenta de reconstruire le temple de Jérusalem pour démontrer la fausseté de la prédiction du Christ[4]. Cyrille qui fit échouer l’entreprise impie de Julien l'Apostat, dut à la mort de l’Empereur (363) de ne pas être accablé de sa vengeance.

A Gélase, neveu de Cyrille, placé sur le siège de Césarée, on substitua l’arien Euzoius, puis l'édit impérial de Valens (367) prescrivit un nouveau bannissement qui dura onze ans. Lorsque Cyrille rejoignit son diocèse (378), il le retrouvera délabré. Bien que recru d'épreuves, il reprit sa tâche de réformateur souple et tenace. En 382, à la session complémentaire du premier concile œcuménique de Constantinople, les Pères, unanimes, adressèrent une « lettre au pape Damase », véritable et touchant éloge : « Nous portons à votre connaissance que l'évêque de l'église de Jérusalem est le révérend et grand ami de Dieu Cyrille, lequel fut ordonné canoniquement par les épiscopes de sa province et soutint en divers lieux de nombreux combats anti-ariens. » Quatre ans plus tard, profondément attristé par les divisions de l'Église, Cyrille mourut (18 mars 386).

Saint Cyrille de Jérusalem serait moins connu sans les « Catéchèses » qu’il donna aux catéchumènes en 348, et pour lesquelles Léon XIII l’a proclamé docteur de l’Eglise en 1893. Dans ces vingt-quatre « catéchèses » il exposa les vérités de la foi et les sacrements de l'initiation chrétienne (baptême, confirmation, eucharistie). Il prononça ces « catéchèses » dans la basilique du Saint-Sépulcre, sauf les cinq dernières donna dans la rotonde de l'Anastasis. Commencées le premier dimanche du Carême, elles se poursuivaient tous les jours, sauf le samedi et le dimanche, jusqu'au baptême. Cyrille y expliquait les Ecritures, l'histoire du salut, puis le Symbole des apôtres. Dans la nuit pascale, les catéchumènes recevaient le baptême, la confirmation et l'eucharistie. Au cours de la semaine pascale, leur instruction s'achevait par les « catéchèses mystagogiques[5] » qui étaient l'explication des rites de l'initiation chrétienne.

Après une introduction, appelée protocatéchèse, saint Cyrille a consacré ses quatre premières prédications à la conversion, en mettant l'accent sur le caractère moral et existentiel, puisqu’il s'agissait d'abord de faire comprendre aux catéchumènes qu’en devenant chrétiens, ils devaient changer de vie et de mœurs.

Les quatorze catéchèses suivantes commentaient le symbole de la foi. Cyrille ne se contentait pas d'énoncer les affirmations théologiques au sujet du Père, du Fils et du Saint-Esprit, mais il montrait admirablement le prolongement concret de cette doctrine dans la vie du chrétien. Le Père nous introduit dans le mystère de Dieu et dans celui qui fait de nous ses fils et ses filles. Le Christ est « notre Sauveur sous des formes varices, selon les besoins de chacun » ; il est tout à tous, tout en restant lui-même ce qu'il est. « L'Esprit nous introduit dans le mystère de l'Eglise qu'il sanctifie et défend » ; il transforme la vie du croyant. « Imaginez quelqu'un qui vit dans l'obscurité ; si, d'aventure, il voit soudain le soleil, son regard est illuminé et, ce qu'il n'apercevait pas, il l'aperçoit clairement. Il en est de même pour celui qui a été jugé digne de recevoir le Saint-Esprit, il a l'âme illuminée ; il voit au-dessus de l'homme des choses jusque là ignorées. »

La catéchèse des cinq dernières instructions développait la doctrine des sacrements de l'initiation chrétienne en expliquant les rites, qui étaient une leçon de choses pour découvrir leur signification. L'eau exprime la puissance de destruction et de vie. Saint Cyrille rattache chaque sacrement aux événements et aux figures de l'Ancien Testament, ce qui était le but de toute catéchèse de son temps.

[1] Le métropolite (ou métroplolitain) est le chef d’une province ecclésiastique ; les occidentaux diront un archevêque.

[2] Théodoret : « Histoire ecclésiastique » (I 2).

[3] Lettre de saint Cyrille de Jérusalem à l’em¬pe¬reur Constance, 351.

[4] Evangile selon saint Matthieu, XXIV 2.

[5] Catéchèses mystagogiques : du grec mustès qui signifie initié, et agein qui signifie conduire.

SOURCE : http://missel.free.fr/Sanctoral/03/18.php


Évêque, Docteur de l'Église

(315-386)

Saint Cyrille naquit à Jérusalem ou aux environs. Il s'appliqua de bonne heure à l'étude de l'Écriture Sainte, et se la rendit si familière, que ses discours, même ceux qu'il n'écrivait pas, n'étaient qu'un tissu de passages des Livres inspirés. Il joignit à cette étude celle des saints Pères et même celle des auteurs profanes, où il trouvait de puissantes armes contre l'erreur et pour la défense de la vérité.

Cyrille reçut l'onction sacerdotale vers l'an 345, et dès lors il se dévoua tout entier, corps et âme, à la conversion des païens et à l'instruction des catéchumènes. On accourait à ses catéchismes, de Jérusalem et de toutes les villes voisines.

Il nous reste de lui vingt-trois instructions familières sur l'ensemble des vérités chrétiennes, le symbole de la foi et les sacrements. Ces instructions sont une de ses gloires les plus pures, car c'est un arsenal où l'apologiste chrétien trouve, même aujourd'hui, des armes puissantes et invincibles. Nous y voyons en particulier, que l'usage de faire le signe de la Croix était connu dès les premiers siècles :

"Ne rougissez pas, disait-il, de la Croix de Jésus-Christ; imprimez-la sur votre front, afin que les démons, apercevant l'étendard du Roi, s'enfuient en tremblant. Faites ce signe, et quand vous mangez, et quand vous buvez, et quand vous êtes debout ou assis, quand vous vous couchez, quand vous vous levez et quand vous marchez; en un mot, faites-le dans toutes vos actions."

La gloire de saint Cyrille est d'avoir été l'ami et le défenseur de saint Athanase et du dogme chrétien contre les hérétiques. Trois fois exilé de Jérusalem, dont il était devenu évêque, trois fois rétabli sur son siège, il restera comme l'un des beaux modèles de la fermeté pastorale.

Plusieurs faits merveilleux favorisèrent son apostolat et l'aidèrent à convertir les païens. Un jour de l'an 351, une Croix immense apparut dans le ciel, s'étendant du Calvaire au mont des Oliviers; tous les habitants de Jérusalem la virent, et un grand nombre de païens crurent en Jésus-Christ.

Dix ans plus tard, Julien l'Apostat, voulant faire mentir la prophétie évangélique qui annonçait la destruction du Temple, entreprit de le rebâtir; mais Cyrille prédit les châtiments de Dieu; il ne se firent pas attendre, car des tourbillons de flammes sortirent de terre et dévorèrent les ouvriers. Une multitude d'infidèles se convertirent.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_cyrille_de_jerusalem.html


BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 27 juin 2007


Saint Cyrille de Jérusalem


Chers frères et sœurs!

Notre attention se concentre aujourd'hui sur saint Cyrille de Jérusalem. Sa vie représente le mélange de deux dimensions: d'une part, le soin pastoral et, de l'autre, la participation - malgré lui - aux controverses enflammées qui troublaient alors l'Eglise d'Orient. Né autour de 315 à Jérusalem, ou dans ses environs, Cyrille reçut une excellente formation littéraire; ce fut la base de sa culture ecclésiastique, centrée sur l'étude de la Bible. Ordonné prêtre par l'Evêque Maxime, lorsque celui-ci mourut ou fut déposé, en 348, il fut ordonné Evêque par Acacius, Archevêque métropolitain influent de Césarée de Palestine, philo-arien, qui était convaincu d'avoir trouvé en lui un allié. Il fut donc soupçonné d'avoir obtenu la nomination épiscopale grâce à des concessions à l'arianisme.

En réalité, Cyrille se heurta très vite à Acacius non seulement sur le terrain doctrinal, mais également sur le terrain juridictionnel, car Cyrille revendiquait l'autonomie de son siège par rapport à l'Eglise métropolitaine de Césarée. En vingt ans, Cyrille connut trois exils: le premier en 357, à la suite d'une déposition de la part d'un Synode de Jérusalem, suivi en 360 par un deuxième exil voulu par Acacius et, enfin, par un troisième, le plus long - il dura onze ans - en 367, à l'initiative de l'empereur philo-arien Valente. Ce n'est qu'en 378, après la mort de l'empereur, que Cyrille put reprendre définitivement possession de son siège, en rétablissant l'unité et la paix entre les fidèles.

D'autres sources, également anciennes, appuient la thèse de son orthodoxie, mise en doute par plusieurs sources de l'époque. Parmi celles-ci, la lettre synodale de 382, après le deuxième Concile œcuménique de Constantinople (381), auquel Cyrille avait participé en jouant un rôle important, est celle qui fait le plus autorité. Dans cette lettre, envoyée au Pontife romain, les Evêques orientaux reconnaissent officiellement l'orthodoxie la plus absolue de Cyrille, la légitimité de son ordination épiscopale et les mérites de son service pastoral, que la mort conclura en 387.

Nous conservons de lui vingt-quatre catéchèses célèbres, qu'il présenta en tant qu'Evêque vers 350. Introduites par une Procatéchèse d'accueil, les dix-huit premières sont adressées aux catéchumènes ou illuminands (photizomenoi); elles furent tenues dans la Basilique du Saint-Sépulcre. Les premières (1-5) traitent chacune, respectivement, des dispositions préalables au Baptême, de la conversion des coutumes païennes, du sacrement du Baptême, des dix vérités dogmatiques contenues dans le Credo ou Symbole de la foi. Les suivantes (6-18) constituent une "catéchèse continue" sur le Symbole de Jérusalem, dans une optique anti-arienne. Dans les cinq dernières (19-23), appelées "mystagogiques", les deux premières développent un commentaire aux rites du Baptême, les trois dernières portent sur le chrême, sur le Corps et le Sang du Christ et sur la liturgie eucharistique. On y trouve une explication du Notre Père (Oratio dominica): celle-ci établit un chemin d'initiation à la prière, qui se développe parallèlement à l'initiation aux trois sacrements du Baptême, de la Confirmation et de l'Eucharistie.

La base de l'instruction sur la foi chrétienne se déroulait également dans un but polémique contre les païens, les judéo-chrétiens et les manichéens. L'argumentation était fondée sur la réalisation des promesses de l'Ancien Testament, dans un langage riche d'images. La catéchèse était un moment important, inséré dans le vaste contexte de toute la vie, en particulier liturgique, de la communauté chrétienne, dans le sein maternel de laquelle avait lieu la gestation du futur fidèle, accompagnée par la prière et le témoignage des frères. Dans leur ensemble, les homélies de Cyrille constituent une catéchèse systématique sur la renaissance du chrétien à travers le Baptême. Il dit au catéchumène: "Tu es tombé dans les filets de l'Eglise (cf. Mt 13, 47). Laisse-toi donc prendre vivant; ne t'enfuis pas, car c'est Jésus qui te prend à son hameçon, non pour te donner la mort mais la résurrection après la mort. Tu dois en effet mourir et ressusciter (cf. Rm 6, 11.14). Meurs au péché, et vis pour la justice dès aujourd'hui" (Procatéchèse 5).

Du point de vue doctrinal, Cyrille commente le Symbole de Jérusalem en ayant recours à la typologie des Ecritures, dans un rapport "symphonique" entre les deux "Testaments", pour arriver au Christ, centre de l'univers. La typologie sera décrite de manière incisive par Augustin d'Hippone: "L'Ancien Testament est le voile du Nouveau Testament, et dans le Nouveau Testament se manifeste l'Ancien" (De catechizandis rudibus, 4, 8). Quant à la catéchèse morale, elle est ancrée de manière profondément unie à la catéchèse doctrinale: l'on fait progressivement descendre le dogme dans les âmes, qui sont ainsi sollicitées à transformer les comportements païens sur la base de la nouvelle vie en Christ, don du Baptême. Enfin, la catéchèse "mystagogique" marquait le sommet de l'instruction que Cyrille dispensait non plus aux catéchumènes, mais aux nouveaux baptisés ou néophytes au cours de la semaine pascale Celle-ci les introduisait à découvrir, sous les rites baptismaux de la Veillée pascale, les mystères qui y étaient contenus et qui n'étaient pas encore révélés. Illuminés par la lumière d'une foi plus profonde en vertu du Baptême, les néophytes étaient finalement en mesure de mieux les comprendre, ayant désormais célébré leurs rites.

Avec les néophytes d'origine grecque, Cyrille s'appuyait en particulier sur la faculté visuelle qui leur était particulièrement adaptée. C'était le passage du rite au mystère, qui valorisait l'effet psychologique de la surprise et l'expérience vécue au cours de la nuit pascale. Voici un texte qui explique le mystère du Baptême: "A trois reprises vous avez été immergés dans l'eau et à chaque fois vous en êtes ressortis, pour symboliser les trois jours de la sépulture du Christ, c'est-à-dire imitant à travers ce rite notre Sauveur, qui passa trois jours et trois nuits dans le sein de la terre (cf. Mt 12, 40). Lors de la première émersion de l'eau, vous avez célébré le souvenir du premier jour passé par le Christ dans le sépulcre, de même qu'avec la première immersion vous en avez confessé la première nuit passée dans le sépulcre: vous avez été vous aussi comme celui qui est dans la nuit et qui ne voit pas, et celui qui, en revanche, est au jour et jouit de la lumière. Alors qu'auparavant vous étiez plongés dans la nuit et ne pouviez rien voir, en émergeant, en revanche, vous vous êtes trouvés en plein jour. Mystère de la mort et de la naissance, cette eau du salut a été pour vous une tombe et une mère... Pour vous... le moment pour mourir coïncida avec le moment pour naître: un seul et même moment a réalisé les deux événements" (Deuxième catéchèse mystagogique, 4).

Le mystère qu'il faut saisir est le dessein du Christ, qui se réalise à travers les actions salvifiques du Christ dans l'Eglise. A son tour, la dimension mystagogique s'accompagne de celle des symboles, qui expriment le vécu spirituel qu'ils font "exploser". Ainsi, la catéchèse de Cyrille, sur la base des trois composantes décrites - doctrinale, morale et, enfin mystagogique -, apparaît comme une catéchèse globale dans l'Esprit. La dimension mystagogique réalise la synthèse des deux premières, en les orientant vers la célébration sacramentelle, dans laquelle se réalise le salut de tout l'homme.

Il s'agit, en définitive, d'une catéchèse intégrale, qui - concernant le corps, l'âme et l'esprit - reste emblématique également pour la formation catéchétique des chrétiens d'aujourd'hui.

* * *

J'accueille avec plaisir tous les pèlerins de langue française présents ce matin. A l'exemple de saint Cyrille, mettez le Christ au centre de votre vie, de votre prière, de votre action. Bon séjour à Rome!

* * *

Salut du Pape aux fidèles réunis dans la Basilique Saint-Pierre

Je salue cordialement les pèlerins de langue française présents dans cette Basilique et venus en pèlerinage sur les tombes des Apôtres et présents ce matin. Je vous invite à vivre ce temps fort comme un ressourcement dans la foi et un engagement renouvelé à suivre le Christ. Vous assurant de ma prière, je vous confie tous à l’intercession de la Vierge Marie, Mère de Dieu et notre Mère.

© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2007/documents/hf_ben-xvi_aud_20070627_fr.html


Cyrille de Jérusalem

dans Lire les Pères de l'Église, s. Gabriel Peters o.s.b. :

Que le baptême est quelque chose de grand ! Il est affranchissement de votre captivité, rémission et mort des péchés, régénération de l’âme, vêtement lumineux, signe saint et ineffaçable, chemin du ciel, avant-goût du paradis, carte d’hospitalité pour le Royaume, don de l’adoption filiale.
Procatéchèse 16

Nous sommes devenus un avec lui (sumphotos) par la ressemblance de sa mort, nous le serons aussi par celle de la résurrection. Il est splendide ce mot sumphotos - un avec lui, greffés sur lui. En effet, la vraie Vigne a été plantée ici sur ce Golgotha et nous, par la participation à son baptême de mort, nous sommes devenus un avec lui.
Catéchèse 20, 7

À Dieu de donner la grâce, à toi de la recevoir et de la garder !
Catéchèse 1, 3

I. Vie

Cyrille naît en 313 [1] en Palestine, probablement à Jérusalem. En 343, il est ordonné prêtre à Jérusalem par l’évêque Maxime (confesseur de la foi rentré borgne et boiteux des mines) qui lui demandera de prêcher les Catéchèses qui furent prononcées en 348. À la suite ou à la place de Maxime, Cyrille devint évêque de Jérusalem avec le consentement de l’évêque métropolitain Acace, arianisant. Les difficultés et les intrigues ne tardèrent pas à surgir (exemple : on accuse Cyrille d’avoir vendu au profit des pauvres des ornements donnés par Constantin, une actrice au théâtre en était revêtue). Cyrille fut exilé. Disons tout de suite que, sur 38 ans d’épiscopat, Cyrille en vécut, au cours de trois exils, 16 loin de Jérusalem.

• Premier exil en 357

Acace chasse Cyrille et installe à sa place un évêque arien Cyrille se réfugie à Antioche et à Tarse. Le Concile de Séleucie réhabilite Cyrille et le rappelle, l’exil a duré deux ans.

• Deuxième exil en 359

L’année même de son retour, un nouveau Concile - celui de Constantinople, présidé par Acace en personne (qui avait été déposé) renvoie de nouveau Cyrille. Il reviendra en 362, profitant du rappel de tous les exilés sur l’ordre de Julien l’Apostat. Julien souhaite d’ailleurs « que les chrétiens se querellent entre eux ! » Pendant 5 ans, l’évêque peut gouverner paisiblement son diocèse. L’exil a duré trois ans.

• Troisième exil en 367, par ordre de l’empereur Valens

Rappel en 378 : l’empereur Gratien rappelle tous les évêques bannis. L’exil a duré onze ans. En 381, Cyrille participe au Concile de Constantinople. Il y est réhabilité : le Concile proclame que le très vénérable et très pieux Cyrille a beaucoup lutté contre les Ariens.

Cyrille meurt le 18 mars 386. En cette même année, saint Jérôme se fixait à Bethléem.

II. Œuvres

On a conservé de Cyrille de Jérusalem une Lettre à l’empereur Constance et une Homélie sur la guérison du paralytique, la première place cependant revient à ses Catéchèses baptismales, précédées d’une Procatéchèse. On compte 24 catéchèses, soit 18 adressées aux catéchumènes et 5 catéchèses mystagogiques.

Cyrille de Jérusalem sera toujours connu comme le modèle des catéchètes [2]. Il consacre le plus grand soin à sa tâche pastorale et la série de ses catéchèses est « un des trésors les plus précieux de l’antiquité chrétienne » [3]

Ces conférences se répartissent donc en deux groupes :

• 18 Catéchèses aux catéchumènes

Le style en est oral, familier, imagé : un auditeur a transcrit le texte. Les 5 premières catéchèses, précédées d’une procatéchèse, traitent du péché, de la pénitence, de la foi. Les 13 suivantes commentent le symbole baptismal :

Comme la semence de sénevé contient dans un petit grain de nombreux rameaux, ainsi le symbole embrasse en peu de mots toute la connaissance de la religion dans l’Ancien et le Nouveau Testaments.
Catéchèse 5, 12

• 5 Catéchèses mystagogiques

Ces catéchèses ont été prononcées pendant la « semaine des vêtements blancs », elles sont adressées aux nouveaux baptisés qui ont reçu le baptême dans la nuit pascale.

Ces conférences ont été rédigées par Cyrille, le ton en est simple, très biblique [4].

Les Catéchèses mystagogiques constituent, d’après la signification même de leur nom, une « initiation aux mystères », c’est-à-dire aux sacrements du baptême, de la chrismation ou confirmation, de l’eucharistie. Voici quels sont les sujets traités : 1. La renonciation à Satan et la profession de foi. 2. Le mystère du baptême. 3. La chrismation (confirmation). 4. Le Corps et le Sang du Christ. 5. La célébration eucharistique.

Le cadre et l’auditoire

Les Catéchèses sont prononcées à Jérusalem auprès du tombeau du Christ, ce qui donne à leur enseignement sur la mort et la résurrection un accent tout particulier. Cyrille parle de celui « qui fut crucifié ici » (Cat. 16, 4 ; 20, 7 etc).

Dans leur ensemble, les conférences aux catéchumènes furent prononcées au lieu de la grande basilique constantinienne appelé Martyrium, au-dessus de la crypte de l’invention de la sainte Croix. Aussi Cyrille célèbre-t-il avec amour la gloire de la croix :

Toute action du Christ est la gloire de l’Eglise catholique mais la gloire des gloires c’est la Croix.
Cat. 13

L’emblème lumineux de la Croix précédera le Roi en manifestant celui qui fut d’abord crucifié.
Cat. 15

La 4e et la 13e Catéchèses indiquent comme lieu de réunion le Golgotha, atrium où se trouvait l’emplacement du Calvaire.

Les Cathéchèses mystagogiques sont toutes prononcées dans la Rotonde de l’Anastasis (le mot signifie Résurrection) auprès du tombeau du Christ.

Le public est, comme bien l’on pense, composite mais il est intéressant de signaler que des moines et des vierges se trouvent aussi dans l’auditoire (Cat. 4, 24 et 12, 33, 34). Nous savons par ailleurs que les moines et les vierges de la ville, - les monazontes et les parthenae, - étaient chargés d’assurer la régularité des Offices :

Tous les jours, avant le chant des coqs, on ouvre toutes les portes de l’Anastasis et tous descendent, moines et vierges comme on dit ici, mais pas seulement eux, en outre les laïcs, hommes et femmes, tous ceux qui désirent faire cette vigile matinale.

Éthérie, Journal de voyage [5]

III. Contenu et importance

Dans un style très simple et direct, Cyrille transmet la foi. Sa méthode est concrète et l’unique objet de sa catéchèse, c’est l’histoire très concrète du salut.

Notre foi porte sur des interventions de Dieu dans l’histoire et la rédemption est un acte éternel qui se manifeste par étapes successives et progressives. La foi a pour Cyrille un aspect vital, la foi entraîne une vie de foi. Ce qui est demandé, c’est un engagement de la volonté, une vie de relation personnelle et vivante avec les Personnes divines. La catéchèse de Cyrille est pascale : la vie chrétienne qui s’enracine dans la grâce du baptême est participation à la mort et à la résurrection du Christ.

Ces paroles te sont données non seulement pour que tu les entendes mais pour que tu témoignes par la foi de ce que je te dis.
Cat. 1, 5

Par principe, Cyrille évite d’utiliser le mot homoousios, le terme n’étant pas dans les Écritures mais sa foi est orthodoxe et il confesse le Christ, « vrai Dieu, Dieu de Dieu » (Cat. 11) et il croit en la divinité du Saint-Esprit (Cat. 16 et 17).

Ne te préoccupe pas de la nature de Dieu ni de son essence, si l’Écriture en parlait, nous le dirions, ne recherche pas vainement ce qui n’a pas été écrit. Pour notre salut, il nous suffit de savoir qu’il y a un Père, un Fils et un Esprit Saint.
Cat. 16, 24

La doctrine de l’eucharistie est ferme et la mention de la présence réelle très claire.

Après nous être sanctifiés par des chants spirituels, nous supplions le Dieu de miséricorde d’envoyer le Saint Esprit sur les offrandes déposées devant nous (c’est l’épiclèse) pour qu’il transforme le pain dans le corps du Christ et le vin dans le sang du Christ. Ce qu’a touché le Saint-Esprit est en effet totalement sanctifié et transformé.
Cat. myst. 5, 7

Le langage de Cyrille est toujours celui de la Bible et de la liturgie. Cyrille apparaît comme un initiateur dans le domaine liturgique non seulement en ce qui concerne les rites mais aussi en ce qui concerne leur explication. Il développe le thème du baptême considéré comme un retour au Paradis, il établit un parallélisme entre l’initiation chrétienne et le contenu du Cantique des cantiques, le thème devient courant : aint Grégoire de Nysse et saint Ambroise le développent aussi [6].

Comme le mouvement de pèlerinages à Jérusalem s’intensifiait, la liturgie de Jérusalem joua un grand rôle dans l’histoire du développement de la liturgie. D’autre part, ce fut le symbole baptismal de Jérusalem qui fut pris comme base du symbole de Nicée, à la demande d’Eusèbe de Césarée, théologien de l’empereur Constantin.

Cyrille est le premier auteur chrétien chez qui nous voyons le culte environné d’un climat de crainte sacrée (la phriké) ce trait sera dès lors caractéristique de la liturgie syriaque : à la liturgie mystique d’union (importance du Cantique des cantiques) se joint la liturgie mystique de crainte.

Initiateur sur le plan liturgique, Cyrille l’est aussi sur le plan théologique en ce qui concerne le thème de l’Incompréhensibilité de Dieu : Grégoire de Nysse et Jean Chrysostome dépendent de lui sur ce point.

L’importance de Cyrille de Jérusalem semble donc avoir été méconnue : en fait, il est le fondateur de la liturgie orientale et le créateur de la théologie mystagogique [7]. Il a ce sens de la transcendance absolue de l’essence divine qui caractérise les Cappadociens et saint Jean Chrysostome.

Appendice : la descente aux enfers

- 1. Texte de saint Cyrille de Jérusalem

Nous voudrions simplement citer deux textes de saint Cyrille de Jérusalem afin de montrer la richesse théologique du thème de la descente aux enfers, image de la rédemption. Ce thème est traditionnel dans l’Orient chrétien :

« L’Orient chrétien a gardé une certaine tradition que l’Occident a très tôt laissé échapper. L’image de la rédemption en Occident est le Golgotha : le crucifié entre les deux larrons… Pour l’Orient, l’image de la rédemption est la descente du Christ aux enfers : l’ouverture forcée de la porte éternellement fermée, la main du Rédempteur tendue au premier Adam qui, n’en croyant pas ses yeux, contemple la lumière pascale dans les ténèbres de la mort. C’est ainsi que les Pères grecs ont toujours présenté la rédemption dans leur prédication, c’est ainsi que les Byzantins et les Russes ont figuré l’événement rédempteur de l’au-delà. » [8]
Et tout d’abord, la descente du Christ dans les eaux du Jourdain préfigure la descente du Christ aux enfers :
Le dragon d’après Job [9] se trouvait dans les eaux et sa gueule engloutissait le Jourdain. Il fallait briser les têtes du dragon, Jésus descendit donc dans les eaux et il enchaîna le fort (Ps 73 - Mt 12) afin que nous recevions la puissance de marcher sur les serpents et les scorpions (Lc 10)… la vie courut au-devant pour que désormais la mort fût refrénée, pour que nous tous, les sauvés, nous puissions dire : Où est, ô Mort, ton aiguillon ? Où est, ô enfer, ta victoire ? (1 Co 15). Le baptême anéantit l’aiguillon de la mort.
Cat. 3, 11

Et voici le thème de la descente aux enfers, on remarquera que la citation scripturaire illustrant la rédemption est la même : « Ô Mort, où est ton aiguillon, enfer, où est ta victoire ? »

La Mort fut épouvantée lorsqu’elle vit cet Homme Nouveau descendu aux enfers sans être lié par aucune chaîne. Pourquoi sa vue vous fait-elle peur, ô gardiens des enfers ? Quelle crainte insolite vous a-t-elle envahis ? La Mort s’est enfuie, et cette fuite ne fait que trahir sa peur. Les Saints Prophètes accourent à sa rencontre, Moïse le législateur, Abraham, Isaac, Jacob, David, Salomon, Isaïe et Jean-Baptiste, lui le témoin qui avait demandé : Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? Il a racheté tous les justes que la mort avait engloutis… alors chacun des justes disait : « Ô Mort, où est ta victoire ? Enfer, où est ton aiguillon ? » Le vainqueur nous a libérés.
Cat. 14, 19

- 2. Texte du pseudo-Epiphane

Au présent lien vous trouverez un texte plus tardif qui fut attribué à tort à Epiphane de Salamine (315-403), le thème atteint tout son développement.

Source :
Soeur Gabriel Peters, Lire les Pères de l’Église. Cours de patrologie, DDB, 1981. Avec l’aimable autorisation des Éditions Migne.

[1] L’année de l’édit de Milan qui accorde la liberté de culte aux chrétiens.

[2] Voir A. Paulin, Saint Cyrille de Jérusalem, catéchète, Paris, « Lex Orandi », 1959.

[3] Voir J. Quasten, Initiation aux Pères de l’Église, t. 3, Paris 1963, p.511.

[4] Voir la discussion sur l’authenticité des catéchèses mystagogiques, dans Cyrille de Jérusalem, Catéchèses mystagogiques, Introduction de A. Piedagnel, Paris, SC n° 126, Paris 1966, p. 18-40.

[5] Voir Éthérie, Journal de voyage, Paris 1948, SC n° 21, p. 189. Ce texte du IVe siècle décrit une liturgie dont il y a lieu de penser que saint Cyrille de Jérusalem fut l’initiateur. Le Journal d’Éthérie est paru aussi dans « Foi Vivante », n° 180, 1977, sous le titre Mon pèlerinage en Terre sainte.

[6] Pour ceci et ce qui suit voir F.L. Cross, St Cyril of Jérusalem, Lectures on the Christian Sacraments, London 1951, à l’introduction.

[7] D’après F. L. Cross, op. cit.

[8] Voir H. Urs von Balthasar, Dieu et l’homme d’aujourd’hui, « Foi Vivante », n° 16, Paris 1966, p. 257-258.

[9] Jb 40, 18 : un Jourdain lui jaillirait jusqu’à la gueule sans que Béhémoth bronche !




St Cyrille de Jérusalem, évêque, confesseur et docteur

Mort à Jérusalem le 18 avril 387. Fêté le 18 mars dans les calendriers orientaux dès le Ve siècles chez les Arméniens.

Léon XIII introduisit sa fête en 1882 avec le titre de Docteur de l’Église.

A MATINES. avant 1960

Au deuxième nocturne.

Quatrième leçon. Cyrille de Jérusalem s’adonna dès ses plus tendres années, avec un très grand soin, à l’étude des divines Écritures, et fit de tels progrès dans cette science qu’il devint un vaillant défenseur de la foi orthodoxe. Plein d’amour pour les institutions monastiques, il se voua à une perpétuelle continence, et voulut embrasser le genre de vie le plus austère. Après avoir été ordonné prêtre par saint Maxime, Évêque de Jérusalem, il s’acquitta avec le plus grand mérite de la charge de prêcher aux fidèles la parole divine et d’instruire les catéchumènes, et composa ces catéchèses vraiment admirables, dans lesquelles, embrassant avec autant de clarté que d’éloquence toute la doctrine de l’Église,-il établit solidement et défendit contre les ennemis de la foi chacun des dogmes de la religion. Il y disserta d’une manière si nette et si distincte qu’il réfuta non seulement les hérésies qui avaient déjà paru, mais encore celles qui s’élevèrent dans la suite, comme s’il les avait prévues : par exemple, en prouvant la présence réelle du corps et du sang du Christ dans l’admirable sacrement de l’Eucharistie. Après la mort de saint Maxime, il fut désigné pour lui succéder par les Évêques de la province.

Cinquième leçon. Comme le bienheureux Athanase, dont il était le contemporain, il eut à souffrir durant son épiscopat beaucoup d’injustices et de revers pour la cause de la foi, de la part des factions ariennes ; ces factions, supportant difficilement la véhémence avec laquelle Cyrille s’opposait aux hérésies, l’attaquèrent par des calomnies, et après l’avoir déposé dans un conciliabule, elles le chassèrent de son siège. Pour se soustraire à leur fureur, Cyrille se réfugia à Tarse en Cilicie, et il soutint les rigueurs de l’exil tant que vécut Constance. Ce prince étant mort, et Julien l’Apostat ayant été élevé à l’empire, Cyrille put revenir à Jérusalem où il travailla avec un zèle ardent à détourner son peuple des erreurs et des vices. Mais il fut de nouveau forcé de s’exiler sous l’empereur Valens, jusqu’au jour où furent réprimées la cruauté et l’audace des Ariens, la paix ayant été rendue à-l’Église par Théodose le Grand. Cet empereur reçut Cyrille avec honneur comme un très courageux athlète du Christ et le rétablit sur son siège. On voit la preuve de la diligence et de la sainteté avec lesquelles le Pontife remplit les devoirs de son sublime ministère, dans l’état florissant de l’Église de Jérusalem à cette époque, état que saint Basile a décrit, après être allé vénérer les lieux saints et y être resté quelque temps.

Sixième leçon. La tradition nous apprend que Dieu illustra par de célestes prodiges la sainteté de ce vénérable évêque. Parmi ces faits, on cite la célèbre apparition d’une croix plus brillante que les rayons du soleil, événement qui signala le début de son épiscopat. Païens et Chrétiens furent témoins oculaires de ce miracle, ainsi que Cyrille lui-même, qui, après en avoir rendu grâces à Dieu dans l’église, raconta le fait dans une lettre à l’empereur Constance. Un prodige non moins digne d’admiration est ce qui arriva aux Juifs, lorsque, sur l’ordre de l’empereur Julien, ils s’efforçaient de rebâtir le temple renversé par l’empereur Titus : un violent tremblement de terre se produisît, d’énormes tourbillons de flammes sortirent du sol, et le feu consuma tous les travaux, de sorte que les Juifs et Julien, changeant d’avis, abandonnèrent leur entreprise, comme Cyrille l’avait prédit avec assurance. Peu de temps avant sa mort, ce Saint prit part au second concile de Constantinople, dans lequel on condamna l’hérésie des Macédoniens et de nouveau celle des Ariens. De retour à Jérusalem il y fit une sainte mort, étant presque septuagénaire et dans la trente-cinquième année de son épiscopat. Le souverain Pontife Léon XIII a ordonné que son Office et sa Messe fussent célébrés par l’Église universelle.

Au troisième nocturne.

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu. Cap. 10, 23-28.

En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples : Lorsqu’ils vous persécuteront dans une ville, fuyez dans une autre. Et le reste.

Homélie de saint Athanase, Évêque.

Septième leçon. La Loi avait ordonné d’établir des villes de refuge, où ceux qu’on rechercherait d’une manière ou d’une autre pour les faire mourir, pourraient être en sûreté. En outre, le Verbe du Père, qui avait précédemment parlé à Moïse, étant venu lorsque les temps furent accomplis, le Verbe fit lui-même à son tour ce commandement : « Lorsqu’on vous poursuivra dans une ville, fuyez dans une autre ». Et peu après il ajoute : « Quand vous verrez l’abomination de la désolation, prédite par le Prophète Daniel, établie dans le lieu saint (que celui qui lit entende) : alors que ceux qui sont dans la Judée s’enfuient sur les montagnes ; que celui qui sera sur le toit ne descende point pour emporter quelque chose de sa maison ; que celui qui sera dans les champs ne retourne pas pour prendre sa tunique. »

Huitième leçon. Instruits de ces choses, les saints en ont toujours fait la règle de leur conduite. Car le Seigneur, avant même d’être venu s’incarner, avait déjà commandé par ses ministres ce qu’il enjoint ici par lui-même, et ses divins préceptes conduisent les hommes à la perfection ; car il faut absolument observer tout ce que Dieu ordonne. Et afin de nous donner l’exemple, le Verbe lui-même, fait homme pour notre salut, n’a pas cru indigne de lui de se cacher comme nous lorsqu’on le cherchait, de fuir et d’éviter les embûches lorsqu’on le persécutait. Mais quand il eut mené au terme fixé par lui le temps où il voulait souffrir en son corps il se livra spontanément à ceux qui lui dressaient des embûches.

Neuvième leçon. Quant aux saints, hommes qu’ils étaient, ils devaient eux-mêmes se conformer à la règle qu’ils tenaient du Sauveur (c’est lui en effet qui les a tous enseignés, et autrefois et depuis). En conséquence, ils fuyaient pour échapper légitimement aux persécuteurs, et cherchés par eux, ils demeuraient cachés. Ignorant combien de temps leur avait mesuré la divine Providence, ils ne voulaient pas se livrer témérairement à leurs perfides ennemis. D’un autre côté, sachant ce que dit l’Écriture, que Dieu tient dans ses mains le sort des hommes, qu’il est le maître de la mort et de la vie, ils trouvaient plus sage de persévérer jusqu’à la fin, s’en allant ça et là, comme dit l’Apôtre, couverts de peaux de brebis et de peaux de chèvre, dans l’indigence, dans l’angoisse, errant dans les solitudes et se cachant au fond des antres et des cavernes ; et cela, jusqu’à ce que le temps de mourir fût arrivé pour eux, ou que Dieu, qui avait déterminé ce temps, les consolât par sa parole et arrêtât les complots des méchants, ou enfin les livrât aux mains des persécuteurs, selon qu’il aurait plu à sa divine Providence.



Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Il était juste qu’en ces jours consacrés à l’instruction des catéchumènes, la sainte Église honorât le Pontife dont le nom rappelle, mieux qu’aucun autre, le zèle et la science que doivent déployer les pasteurs dans la préparation de ses futurs membres au baptême. Longtemps cependant, la chrétienté latine borna ses hommages envers un si grand Docteur à la mention faite de lui, chaque année, en son martyrologe. Mais voici qu’à l’antique expression de sa reconnaissance pour des services rendus en des temps éloignés déjà de quinze siècles, se joint chez elle aujourd’hui, vis-à-vis de Cyrille, la demande d’une assistance rendue maintenant non moins nécessaire qu’aux premiers âges du christianisme Le baptême, il est vrai, se confère aujourd’hui dès l’enfance ; il met l’homme, par la foi infuse, en possession de la pleine vérité avant que son intelligence ait pu rencontrer le mensonge. Mais trop souvent, de nos jours, l’enfant ne trouve plus près de lui la défense dont ne peut se passer sa faiblesse ; la société moderne a renié Jésus-Christ, et son apostasie la pousse à étouffer, sous l’hypocrite neutralité de prétendues lois, le germe divin dans toute âme baptisée, avant qu’il ait pu fructifier et grandir. En face de la société comme dans l’individu, le baptême a ses droits cependant ; et nous ne pouvons honorer mieux saint Cyrille, qu’en nous rappelant, au jour de sa fête, ces droits du premier Sacrement au point de vue de l’éducation qu’il réclame pour les baptisés. Durant quinze siècles les nations d’Occident, dont l’édifice social reposait sur la fermeté de la foi romaine, ont maintenu leurs membres dans l’heureuse ignorance de la difficulté qu’éprouve une âme pour s’élever des régions de l’erreur à la pure lumière. Baptisés comme nous à leur entrée dans la vie, et dès lors établis dans le vrai, nos pères avaient sur nous l’avantage de voir la puissance civile défendre en eux, d’accord avec l’Église, cette plénitude de la vérité qui formait leur plus grand trésor, en même temps qu’elle était la sauvegarde du monde. La protection des particuliers est en effet le devoir du prince ou de quiconque, à n’importe quel titre, gouverne les hommes, et la gravité de ce devoir est en raison de l’importance des intérêts à garantir ; mais cette protection n’est-elle pas aussi d’autant plus glorieuse pour le pouvoir, qu’elle s’adresse aux faibles, aux petits de ce monde ? Jamais la majesté de la loi humaine n’apparut mieux que sur les berceaux, où elle garde à l’enfant né d’hier, à l’orphelin sans défense, sa vie, son nom, son patrimoine. Or, l’enfant sorti de la fontaine sacrée possède des avantages qui dépassent tout ce que la noblesse et la fortune des ancêtres, unies à la plus riche nature, auraient pu lui donner. La vie divine réside en lui ; son nom de chrétien le fait l’égal des anges ; son patrimoine est cette plénitude de la vérité dont nous parlions tout à l’heure, c’est-à-dire Dieu même, possédé par la foi ici-bas, en attendant qu’il se découvre à son amour dans le bonheur de l’éternelle vision.

Quelle grandeur donc en ces berceaux où vagit la faiblesse de l’enfance ! mais aussi quelle responsabilité pour le monde ! Si Dieu n’attend point, pour conférer de tels biens à la terre, que ceux auxquels ils sont départis soient en âge de les comprendre, c’est l’impatience de son amour qui se manifeste en cette hâte sublime ; mais c’est aussi qu’il compte sur le monde pour révéler au temps venu leur dignité à ces enfants des cieux, pour les former aux devoirs résultant de leur nom, pour les élever comme il convient à leur divin lignage. L’éducation d’un fils de roi répond à sa naissance ; ceux qu’on admet à l’honneur de l’instruire, s’inspirent dans leurs leçons de son titre de prince ; les connaissances communes à tous lui sont elles-mêmes présentées delà manière qui s’harmonise le mieux à sa destinée suréminente ; rien pour lui qui ne tende au même but : tout doit, en effet, concourir à le mettre en état de porter sa couronne avec gloire. L’éducation d’un fils de Dieu mérite-t-elle moins d’égards ; et peut-on davantage, dans les soins qu’on lui donne, mettre en oubli sa destinée et sa naissance ?

Il est vrai : l’Église seule est capable, ici-bas, de nous expliquer l’ineffable origine des fils de Dieu ; seule elle connaît sûrement la manière dont il convient de ramener les éléments des connaissances humaines au but suprême qui domine la vie du chrétien. Mais qu’en conclure, sinon que l’Église est de droit la première éducatrice des nations ? Lorsqu’elle fonde des écoles, à tous les degrés de la science elle est dans son rôle, et la mission reçue d’elle pour enseigner vaut mieux que tous les diplômes. Bien plus ; s’il s’agit de diplômes qu’elle n’ait pas délivrés elle-même, l’usage de ces pièces civilement officielles tire sa première et principale légitimité, à l’égard des chrétiens, de son assentiment : il demeure soumis toujours, et de plein droit, à sa surveillance. Car elle est mère des baptisés ; et la surveillance de l’éducation des enfants reste à la mère, quand elle ne fait pas cette éducation par elle-même.

Au droit maternel de l’Église, se joint ici son devoir d’Épouse du Fils de Dieu et de gardienne des sacrements. Le sang divin ne peut, sans crime, couler inutilement sur la terre ; des sept sources par lesquelles l’Homme-Dieu a voulu qu’il s’épanchât à la parole des ministres de son Église, il n’en est pas une qui doive s’ouvrir autrement qu’avec l’espoir fondé d’un effet véritablement salutaire, et répondant au but du sacrement dont il est tait usage. Le saint baptême surtout, qui élève l’homme des profondeurs de son néant à la noblesse surnaturelle, ne saurait échapper, dans son administration, aux règles d’une prudence d’autant plus vigilante que le titre divin qu’il confère est éternel. Le baptisé, ignorant volontaire ou forcé de ses devoirs et de ses droits, ressemblerait à ces fils de famille qui par leur faute ou non, ne connaissant rien des traditions de la race d’où ils sortent, en sont l’opprobre, et promènent inutilement par le monde leur vie déclassée. Aussi, pas plus maintenant qu’au temps de Cyrille de Jérusalem, l’Église ne peut admettre, elle n’a jamais admis personne à la fontaine sacrée, sans exiger dans le candidat au baptême la garantie d’une instruction suffisante : s’il est adulte, il doit tout d’abord faire par lui-même preuve de sa science ; si l’âge lui lait défaut et que l’Église néanmoins consente à l’introduire dans la famille chrétienne, c’est qu’en raison du christianisme de ceux-là même qui le présentent et de l’état social qui l’entoure, elle se tient assurée pour lui d’une éducation conforme à la vie surnaturelle devenue sienne au sacrement.

Ainsi a-t-il fallu l’affermissement incontesté de l’empire de l’Homme-Dieu sur le monde, pour que la pratique du baptême des enfants soit devenue générale comme elle l’est aujourd’hui ; et nous ne devons pas nous étonner si l’Église, à mesure que s’achevait la conversion des peuples, s’est trouvée seule investie de la tache d’élever les générations nouvelles. Les cours stériles des grammairiens, des philosophes et des rhéteurs, auxquels ne manquait que la seule connaissance nécessaire, celle du but de la vie, fuient désertés pour les écoles épiscopales et monastiques où la science du salut, primant toutes les autres, éclairait en même temps chacune d’elles de la vraie lumière. La science baptisée donna naissance aux universités, qui réunirent dans une féconde harmonie tout l’ensemble des connaissances humaines, jusque-là sans lien commun et trop souvent opposées l’une à l’autre. Inconnues au monde avant le christianisme, qui seul portait en lui la solution de ce grand problème de l’union des sciences, les universités, dont cette union fait l’essence même, demeurent pour cette raison l’inaliénable domaine de l’Église. Vainement, en nos jours, l’État, redevenu païen, prétend dénier à la mère des peuples et s’attribuer à lui-même le droit d’appeler d’un pareil nom ses écoles supérieures ; les nations déchristianisées, qu’elles le veuillent ou non, seront toujours sans droit pour fonder, sans force pour maintenir en elles ces institutions glorieuses, dans le vrai sens du nom qu’elles ont porté et réalisé dans l’histoire. L’État sans foi ne maintiendra jamais dans la science d’autre unité que l’unité de Babel ; et, ne pouvons-nous pas déjà le constater avec évidence ? le monument d’orgueil qu’il veut élever à rencontre de Dieu et de son Église, ne servira qu’à ramener l’effroyable confusion des langues à laquelle l’Église avait arraché ces nations païennes dont il reprend les errements. Quant à se parer des titres de la victime qu’on a dépouillée, tout spoliateur et tout larron peut en faire autant ; mais l’impuissance où il se trouve de faire montre, en môme temps, des qualités que ces titres supposent, ne fait que manifester d’autant mieux le vol commis au détriment du légitime propriétaire.

Dénions-nous donc à l’État païen, ou neutre, comme on dit aujourd’hui, le droit d’élever à sa manière les infidèles qu’il a produits à son image ? Nullement ; la protection qui est le droit et le devoir de l’Église, ne regarde que les baptisés. Et même, n’en doutons pas : si l’Église doit être amenée à constater un jour que toute garantie du coté de la société fait désormais vraiment défaut au saint baptême, elle reviendra à la discipline de ce premier âge, où la grâce du sacrement qui fait les chrétiens n’était point accordée comme aujourd’hui indistinctement à tous, mais seulement aux adultes qui s’en montraient dignes, ou aux enfants dont les familles présentaient les assurances nécessaires à sa responsabilité de Mère et d’Épouse. Les nations alors se retrouveront divisées en deux parts : d’un côté les enfants de Dieu, vivant de sa vie, héritiers de son trône ; de l’autre, les hommes qui, conviés comme tout fils d’Adam à cette noblesse surnaturelle, auront préféré criminellement rester les esclaves de celui qui les voulait pour fils en ce monde dont l’Incarnation a fait son palais. L’éducation commune et neutre apparaîtra alors plus impossible que jamais : si neutre qu’on la suppose, l’école des valets du palais ne saurait convenir aux princes héritiers.

Sommes-nous proche de ces temps où les hommes que le malheur de la naissance aura exclus du baptême à leur entrée dans la vie, devront conquérir par eux-mêmes le privilège de l’admission dans la famille chrétienne ? Dieu seul le sait ; mais plus d’un indice porterait à le croire ; l’institution de la fête de ce jour peut n’être pas sans lien, dans le dessein de la Providence, avec les exigences d’une situation nouvelle qui serait faite à l’Église sous ce rapport. Une semaine ne s’est pas écoulée depuis les hommages que nous avons rendus à saint Grégoire le Grand, le Docteur du peuple chrétien ; trois jours plus tôt, c’était le Docteur de l’école, Thomas d’Aquin, dont la jeunesse chrétienne et studieuse fêtait le glorieux patronage : pourquoi aujourd’hui, après quinze cents ans écoulés, ce Docteur nouveau sur le Cycle, ce Docteur d’une classe disparue, les catéchumènes, sinon, comme nous le disions, parce que l’Église voit les services nouveaux que Cyrille de Jérusalem est appelé à rendre, avec l’exemple et l’enseignement contenus dans ses Catéchèses immortelles ? Dès maintenant, combien de chrétiens égarés n’ont pas de plus grand obstacle à surmonter, dans leur retour à Dieu, qu’une ignorance désespérante, et plus profonde que celle-là même d’où le zèle de Cyrille savait retirer les païens et les Juifs !

Vous avez été, ô Cyrille, un vrai fils de la lumière [1]. La Sagesse de Dieu avait dès l’enfance conquis votre amour ; elle vous établit comme le phare éclatant qui brille près du port, et sauve, en l’attirant au rivage, le malheureux ballotté dans la nuit de l’erreur. Au lieu même où s’étaient accomplis les mystères de la rédemption du monde, et dans ce IV° siècle si fécond en docteurs, l’Église vous confia la mission de préparer au baptême les heureux transfuges que la victoire récente du christianisme amenait à elle de tous les rangs de la société. Nourri ainsi que vous l’étiez des Écritures et des enseignements de la Mère commune, la parole s’échappait de vos lèvres, abondante et pure, comme de sa source ; l’histoire nous apprend qu’empêché par les autres charges du saint ministère de consacrer vos soins exclusivement aux catéchumènes, vous dûtes improviser ces vingt-trois admirables discours, vos Catéchèses, où la science du salut se déroule avec une sûreté, une clarté, un ensemble inconnus jusque-là et, depuis lors, jamais surpassés. La science du salut, c’était pour vous, saint Pontife, la connaissance de Dieu et de son Fils Jésus-Christ, contenue dans le symbole de la sainte Église ; la préparation au baptême, à la vie, à l’amour, c’était pour vous l’acquisition de cette science unique, seule nécessaire, profonde d’autant plus et gouvernant tout l’homme, non par l’impression d’une vaine sentimentalité, mais sous l’empire de la parole de Dieu reçue comme elle a droit de l’être, méditée jour et nuit, pénétrant assez l’âme pour l’établir à elle seule dans la plénitude de la vérité, la rectitude morale et la haine de l’erreur.

Sûr ainsi de vos auditeurs, vous ne craigniez point de leur dévoiler les arguments et les abominations des sectes ennemies. Il est des temps, des circonstances dont l’appréciation reste aux chefs du troupeau, et où ils doivent passer par-dessus le dégoût qu’inspirent de telles expositions, pour dénoncer le danger et tenir leurs brebis en garde contre les scandales de l’esprit ou des mœurs. C’est pour cela, ô Cyrille, que vos invectives indignées poursuivaient le manichéisme au fond même de ses antres impurs ; vous pressentiez en lui l’agent principal de ce mystère d’iniquité [2] qui poursuit sa marche ténébreuse et dissolvante à travers les siècles, jusqu’à ce qu’enfin le monde succombe par lui de pourriture et d’orgueil. Manès en nos temps règne au grand jour ; les sociétés occultes qu’il a fondées sont devenues maîtresses. L’ombre des loges continue, il est vrai, de cacher aux profanes son symbolisme sacrilège et les dogmes qu’il apporta de Perse jadis ; mais l’habileté du prince du monde achève de concentrer dans les mains de ce fidèle allié toutes les forces sociales. Dès maintenant, le pouvoir est à lui ; et le premier, l’unique usage qu’il en fasse, est de poursuivre l’Église en haine du Christ. Voici qu’à cette heure il s’attaque à la fécondité de l’Épouse du Fils de Dieu, en lui déniant le droit d’enseigner qu’elle a reçu de son divin Chef ; les enfants mêmes qu’elle a engendrés, qui déjà sont à elle par le droit du baptême, on prétend les lui arracher de vive force et l’empêcher de présider à leur éducation. Cyrille, vous qu’elle appelle à son secours en ces temps malheureux, ne faites pas défaut à sa confiance. Vous compreniez si pleinement les exigences du sacrement qui fait les chrétiens ! Protégez le saint baptême en tant d’âmes innocentes où l’on veut l’étouffer. Soutenez, réveillez au besoin, la foi des parents chrétiens ; qu’ils comprennent que si leur devoir est de couvrir leurs enfants de leur propre corps plutôt que de les laisser livrer aux bêtes, l’âme de ces chers enfants est plus précieuse encore. Déjà plusieurs, et c’est la grande consolation de l’Église en même temps que l’espoir de la société battue en brèche de toutes parts, plusieurs ont compris la conduite qui s’imposait a mute âme généreuse en de telles circonstances : s’inspirant de leur seule conscience, et forts de leur droit de pères de famille, ils subiront la violence de nos gouvernements de force brutale, plutôt que de céder d’un pas aux caprices d’une réglementation d’État païen aussi absurde qu’odieuse. Bénissez-les, ô Cyrille ; augmentez leur nombre. Bénissez également, multipliez, soutenez, éclairez les fidèles qui se dévouent à la tâche d’instruire et de sauver les pauvres enfants que trahit le pouvoir ; est-il une mission plus urgente que celle des catéchistes, en nos jours ? En est-il qui puisse vous aller plus au cœur ?

La sainte Église nous rappelait, tout à l’heure, l’apparition de la Croix qui vînt marquer les débuts de votre épiscopat glorieux. Notre siècle incrédule a été, lui aussi, favorisé d’un prodige semblable, lorsque, à Migné, au diocèse d’Hilaire, votre contemporain et votre émule dans la lutte pour le Fils de Dieu, le signe du salut parut au ciel, resplendissant de lumière, à la vue de milliers de personnes. Mais l’apparition du 7 mai 351 annonçait le triomphe : ce triomphe que vous aviez prévu sans nul doute pour la sainte Croix, lorsque sous vos yeux, quelques années plus tôt, Hélène retrouvait le bois rédempteur ; ce triomphe qu’en mourant vous laissiez affermi par le dernier accomplissement des prophéties sur le temple juif. L’apparition du 17 décembre 1826 n’aurait-elle, hélas ! annonce que défaites et ruines ? Confiants dans votre secours si opportun, nous voulons espérer mieux, saint Pontife ; nous nous souvenons que ce triomphe de la Croix dont vous fûtes le témoin heureux, a été le fruit des souffrances de l’Église, et que vous dûtes l’acheter pour votre part au prix de trois dépositions de votre siège et de vingt ans d’exil. La Croix, dont le Cycle sacré nous ramène les grands anniversaires, la Croix n’est point vaincue, mais grandement triomphante au contraire, dans le martyre de ses fidèles et leurs épreuves patiemment supportées ; c’est victorieuse à jamais qu’elle apparaîtra sur les ruines du monde, au dernier jour.

[1] Eph V, 8.

[2] II Thess. II, 7.

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Le commencement de l’épiscopat de ce Pontife (+ 386 ?) fut marqué par Dieu du prodige d’une croix lumineuse apparue dans le ciel le 7 mai 351 à la vue de Jérusalem tout entière. La fête de saint Cyrille fut instituée en 1882 par Léon XIII ; elle est en relation avec l’œuvre de ce Pontife pour favoriser le retour des Églises orientales à l’unité de la Communion catholique.

La messe est celle du Commun des Docteurs, sauf les particularités suivantes :

La première collecte contient une allusion délicate à l’œuvre doctrinale de Cyrille, qui fut l’énergique champion de la divinité du Verbe contre les Ariens. Pour ce motif, sous les empereurs ariens Constance et Valens, notre Saint fut déposé de son siège et contraint par trois fois de mener une vie difficile en exil, ce qui lui valut le mérite et la gloire de confesseur de la foi.

La lecture de l’Épître se trouve après la messe du Commun des Docteurs ; elle est tirée de l’Ecclésiastique, XXXIX, 6-14.

L’Évangile, que nous retrouverons pour la fête de saint Athanase, se rapporte aux persécutions et à l’exil infligés à Cyrille par les Ariens. Le Sauveur ne veut pas que les Apôtres s’exposent témérairement à la mort, ou qu’ils exercent un ministère inutile auprès de ceux qui n’ont cure de leur œuvre. Il ordonne donc à ses disciples (Matth., X, 23-28) persécutés dans une ville de se rendre dans une autre, afin que la parole évangélique se répande et que tout le monde puisse voir briller le flambeau de la Parole divine et en reçoive le salut. Les Apôtres, Paul surtout, exécutèrent exactement cet ordre que leur avait donné le Sauveur, et, rejetés par les Juifs, ils se portèrent vers les Gentils du monde grec et romain au sein duquel se recruta de préférence l’Église primitive.

Le grand fugitif du IVe siècle, saint Athanase, à la persécution duquel, comme le dit la sainte liturgie, avait conspiré le monde entier, a écrit un livre pour démontrer que la fuite en temps de persécution, c’est-à-dire dans les circonstances prévues par le texte évangélique de ce jour, est un acte de grande perfection, non seulement parce qu’elle est un précepte du Christ, mais parce que, au lieu de mettre fin aux souffrances inhérentes à l’apostolat par une mort rapide, elle les prolonge au contraire, réservant le missionnaire à des épreuves nouvelles et plus dures.

Voici la belle prière sur l’oblation : « Regardez, Seigneur, l’hostie immaculée que nous vous offrons ; et par les mérites de votre bienheureux pontife et confesseur Cyrille, faites que nous la recevions dans un cœur pur. Par notre Seigneur, etc. »

Il était certes à propos que la messe en l’honneur du glorieux auteur des catéchèses mystagogiques de Jérusalem s’inspirât au moins de ces précieux écrits, où Cyrille, avec une clarté et une concision admirables, expose la doctrine de l’Église relativement aux Sacrements, et en particulier à l’Eucharistie. Le concept de la collecte d’action de grâces, où l’on demande que la sainte Communion nous fasse participer à la société de la nature divine, est tiré des écrits de Cyrille, lequel à son tour s’inspire de la IIe Épître de saint Pierre (I, 4). Prière d’action de grâces. — « O Seigneur Jésus-Christ, que par les prières de votre bienheureux pontife Cyrille, le sacrement de votre Corps et de votre Sang que nous venons de recevoir sanctifie notre esprit et notre cœur, en sorte que nous méritions d’avoir part à la nature divine elle-même au moyen de votre grâce. »

Il n’est rien de plus noble ni de plus mystérieux que la grâce qui communique à l’âme, d’une manière créée et proportionnée à sa capacité, certes, mais toujours réelle cependant, la vie divine. Créée, et divine, disons-nous ; deux termes qui semblent s’exclure ; et pourtant l’élévation de l’âme à l’ordre surnaturel exige précisément le soutien de cette vie supérieure. La grâce, en effet, prépare l’âme à la gloire, aussi ne faut-il pas s’étonner si les théologiens semblent si embarrassés quand ils doivent expliquer sa nature intime, puisque, pour la comprendre, il faudrait en connaître aussi le dernier terme, qui est la vision béatifique de l’essence divine.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Que nous connaissions le seul et vrai Dieu et Jésus-Christ. (Oraison).

Saint Cyrille : Jour de mort. 18 mars 386. — Tombeau : inconnu. Image : représenté comme évêque, avec une bourse (à cause de sa générosité envers les pauvres. Vie : Saint Cyrille est, avec saint Athanase, un des grands champions de la foi dans la lutte contre l’arianisme. Il fut célèbre comme prédicateur et nous a laissé ses catéchèses qui comptent parmi les témoignages les plus complets du christianisme antique. Nous possédons 24 catéchèses. Dix-neuf furent prêchées pendant le Carême comme préparation au baptême ; les cinq autres, dites catéchèses mystagogiques, furent adressées, pendant le temps de Pâques, aux néophytes pour leur faire approfondir les mystères du christianisme. Pratique : Pour le renouvellement et la formation liturgique, notre temps a besoin de maîtres éminents. Il ne s’agit pas d’un enseignement ordinaire et d’une science quelconque ; il faut amener les chrétiens à se mettre intérieurement et extérieurement au service de la vie de grâce, de la vie liturgique. Il s’agit d’une éducation qui, d’une manière efficace, mettra les chrétiens en contact avec les sources profondes de la vie commune dans le Christ. Sous ce rapport, saint Cyrille fut, dans son temps, un modèle des docteurs. Il fut un maître de l’éducation pour les catéchumènes, surtout dans la formation à la vie liturgique. Qu’il soit aussi notre guide pour nous faire arriver au point essentiel et central de la liturgie : Par le Christ, vers la Sainte Trinité. — Nous prenons la messe de Carême et faisons mémoire du saint docteur.

Extraits des catéchèses : « Quand tu t’approches (de l’Eucharistie), ne marche pas les mains ouvertes et étendues ou en écartant les doigts, mais fais de ta main gauche comme un trône pour ta main droite, car c’est elle qui doit recevoir le Roi. Puis, ferme à demi la main et reçois le corps du Christ en ajoutant : « Amen. ») Ensuite, après avoir sanctifié tes yeux en leur faisant toucher avec précaution le saint corps, consomme-le en prenant bien garde de n’en rien perdre. Car si tu en perds quelque chose, c’est comme si tu avais perdu quelque chose d’un de tes propres membres. En effet, dis-moi, si on te donnait des pépites d’or, ne les garderais-tu pas avec le plus grand soin et ne prendrais-tu pas garde de n’en perdre aucune et de ne pas éprouver de dommage ? Ne prendras-tu pas encore plus de soin de ne perdre aucune miette de ce qui est plus précieux que l’or et les pierreries ? Après la communion du corps du Christ, approche-toi aussi du calice du sang. N’étends pas les mains (vers le calice), mais incline-toi, dis avec adoration et respect « Amen », sanctifie-toi en recevant aussi le sang du Christ. Puis, alors que tes lèvres sont encore humides, touche-les avec tes mains et porte-les sur tes yeux, ton front et tes autres sens pour les sanctifier. Attends alors pour la prière et rends grâces à Dieu qui t’a jugé digne de si grands mystères.

Gardez cet enseignement sans rien y changer et demeurez vous-mêmes sans reproche. Ne vous séparez pas de la communion. Ne vous privez pas, par la souillure du péché, de ces mystères saints et spirituels. « Que le Dieu de paix vous sanctifie tout entier avec votre corps et votre âme » [3].

[3] 1 Thess. V, 23.



St. Cyril of Jerusalem

Bishop of Jerusalem and Doctor of the Church, born about 315; died probably 18 March, 386. In the East hisfeast is observed on the 18th of March, in the West on the 18th or 20th. Little is known of his life. We gather information concerning him from his younger contemporaries, Epiphanius, Jerome, and Rufinus, as well as from the fifth-century historians, Socrates, Sozomen and Theodoret. Cyril himself gives us the date of his "Catecheses" as fully seventy years after the Emperor Probus, that is about 347, if he is exact. Constans (d. 350) was then still alive. Mader thinks Cyril was already bishop, but it is usually held that he was at this dateonly as a priest. St. Jerome relates (Chron. ad ann. 352) that Cyril had been ordained priest by St. Maximus, his predecessor, after whose death the episcopate was promised to Cyril by the metropolitan, Acacius of Caesarea, and the other Arian bishops, on condition that he should repudiate the ordination he had received from Maximus. He consented to minister as deacon only, and was rewarded for this impiety with the see.Maximus had consecrated Heraclius to succeed himself, but Cyril, by various frauds, degraded Heraclius to thepriesthood. So says St. Jerome; but Socrates relates that Acacius drove out St. Maximus and substituted St. Cyril. A quarrel soon broke out between Cyril and Acacius, apparently on a question of precedence orjurisdiction. At Nicaea the metropolitan rights of Caesarea had been guarded, while a special dignity had been granted to Jerusalem. Yet St. Maximus had held a synod and had ordained bishops. This may have been as much as the cause of Acacius' enmity to him as his attachment to the Nicene formula. On the other hand,Cyril's correct Christology may have been the real though veiled ground of the hostility of Acacius to him. At all events, in 357 Acacius caused Cyril to be exiled on the charge of selling church furniture during a famine. Cyriltook refuge with Silvanus, Bishop of Taraus. He appeared at the Council of Seleucia in 359, in which the Semi-Arian party was triumphant. Acacius was deposed and St. Cyril seems to have returned to his see. But the emperor was displeased at the turn of events, and, in 360, Cyril and other moderates were again driven out, and only returned at the accession of Julian in 361. In 367 a decree of Valens banished all the bishops who had been restored by Julian, and Cyril remained in exile until the death of the persecutor in 378. In 380, St. Gregory of Nyssa came to Jerusalem on the recommendation of a council held at Antioch in the preceding year. He found the Faith in accord with the truth, but the city a prey to parties and corrupt in morals. St. Cyrilattended the great Council of Constantinople in 381, at which Theodosius had ordered the Nicene faith, now alaw of the empire, to be promulgated. St. Cyril then formally accepted the homoousion; Socrates and Sozomencall this an act of repentance. Socrates gives 385 for St. Cyril's death, but St. Jerome tells us that St. Cyrillived eight years under Theodosius, that is, from January 379.

Writings

The extant works of St. Cyril of Jerusalem include a sermon on the Pool of Bethesda, a letter to the EmperorConstantius, three small fragments, and the famous "Catecheses". The letter describes a wonderful cross of light, extending from Calvary to the Mount of Olives, which appeared in the air on the nones of May, afterPentecost, toward the beginning of the saint's episcopate. The catechetical lectures are among the most precious remains of Christian antiquity. The include an introductory address, eighteen instructions delivered inLent to those who were preparing for baptism, and five "mystagogical" instructions given during Easter week to the same persons after their baptism. They contain interesting local references as to the finding of the Cross, the position of Calvary in relation to the walls, to the other holy places, and to the great basilica built byConstantine in which these conferences were delivered. They seem to have been spoken extempore, and written down afterwards. The style is admirably clear, dignified, and logical; the tone is serious and full ofpiety. The subject is thus divided: 1. Hortatory. 2. On sin, and confidence in God's pardon. 3. On baptism, how water receives the power of sanctifying: as it cleanses the body, so the Spirit seals the soul. 4. An abridged account of the Faith. 5. On the nature of faith. 6-18. On the Creed: 6. On the monarchy of God, and the various heresies which deny it. 7. On the Father. 8. His omnipotence. 9. The Creator. 10. On the Lord Jesus Christ. 11. His Eternal Sonship. 12. His virgin birth. 13. His Passion. 14. His Resurrection and Ascension. 15. His second coming. 16-17 On the Holy Ghost. 18. On the resurrection of the body and the Catholic Church. The first mystagogical catechesis explains the renunciations of Satan, etc. which preceded baptism; the second is on the effects of baptism, the third on confirmation, the fourth on Holy Communion, and the fifth on holy Massfor the living and the dead. The hearers are told to observe the disciplina arcani; Rom. they must repeat nothing to heathens and catechumens; the book also has a note to the same effect.

A few points may be noted. The mythical origin of the Septuagint is told, and the story of the phoenix, so popular from Clement onwards. The description of Mass speaks of the mystical washing of the priest's hands, the kiss of peace, the "Sursum Corda", etc., and the Preface with its mention of the angels, the Sanctus, theEpiclesis, the transmutation of the elements by the Holy Ghost, the prayer for the whole Church and for thespirits of the departed, followed by the Paternoster, which is briefly explained. Then come the "Sancta Sanctis" and the Communion. "Approaching do not come with thy palms stretched flat nor with fingers separated. But making thy left hand a seat for thy right, and hollowing thy palm, receive the Body of Christ, responding Amen. And having with care hallowed thine eyes by the touch of the Holy Body, take it, vigilant lest thou drop any of it. For shouldst thou lose any of it, it is as though thou wast deprived of a member of thy own body." "Then after Communion of the Body of Christ, approach the Chalice of His Blood, not extending thy hands, but bending low, and with adoration and reverence saying Amen, sanctify thyself by receiving also the Blood ofChrist. And while thy lips are yet wet, touch them with thy hands, and sanctify thy eyes and thy forehead and thy other senses" (Cat. Myst., v, 22, 21-22). We are to make the sign of the cross when we eat and drink, sit, go to bed, get up, talk, walk, in short, in every action (Cat. iv, 14). Again: "if thou should be in foreign cities, do not simply ask where is the church (kyriakon), for the heresies of the impious try to call their caves kyriaka, nor simply where is the Church (ekklesia), but where is the Catholic Church, for this is the proper name of thisholy Mother of all" (Cat. xviii, 26).

Doctrine

St. Cyril's doctrine is expressed in his creed, which seems to have run thus:

I believe in one God, the Father Almighty, Creator of Heaven and earth and of all things visible and invisible. And in one Lord Jesus Christ, the only-begotten Son of God, begotten by the Father true God before all ages, God of God, Life of Life, Light of Light, by Whom all things were made. Who for us men and for our salvation came down, and was incarnate by the Holy Ghost and the Virgin Mary, and was made man. He was crucified . . . and buried. He rose again on the third day according to theScriptures, and sat at the right hand of the Father. And He cometh in glory to judge the living and the dead, whose kingdom shall have no end. And in one Holy Ghost, the Paraclete, Who spake by theprophets; and in one baptism of repentance for the remission of sins, and in one holy CatholicChurch, and in the resurrection of the body, and in life everlasting.

The italicized words are uncertain. St. Cyril teaches the Divinity of the Son with perfect plainness, but avoids the word "consubstantial", which he probably thought liable to misunderstanding. He never mentions Arianism, though he denounces the Arian formula, "There was a time when the Son was not". He belonged to the Semi-Arian, or Homoean party, and is content to declare that the Son is "in all things like the Father". He communicated freely with bishops such a Basil of Ancyra and Eustathius of Sebaste. He not only does not explain that the Holy Trinity has one Godhead, but he does not even say the Three Persons are one God. The one God for him is always the Father. "There is one God, the Father of Christ, and one Lord Jesus Christ, the only-begotten Son of the only God, and one Holy Ghost, Who sanctifies and deifies all things" (Cat. iv, 16). But he rightly says: "We do not divide the Holy Trinity as some do, neither do we make a melting into one like Sabellius" (Cat. xvi, 4). Cyril never actually calls the Holy Ghost God, but He is to be honoured together with the Father and the Son (Cat. iv, 16). There is therefore nothing incorrect in his doctrine, only the explicit use of the Nicene formulae is wanting, and these, like St. Meletius and others of his party, he fully accepted at a later date.

St. Cyril's teaching about the Blessed Sacrament is of the first importance, for he was speaking freely, untrammelled by the "discipline of the secret". On the Real Presence he is unambiguous: "Since He Himself has declared and said of the bread: This is My Body, who shall dare to doubt any more? And when He asserts and says: This is My Blood, who shall ever hesitate and say it is not His Blood?" Of the Transformation, he argues, if Christ could change water into wine, can He not change wine into His own Blood? The bread and wine aresymbols: "In the type of bread is given thee the Body, in the type of wine the Blood is given thee"; but they do not remain in their original condition, they have been changed, though the senses cannot tell us this: "Do not think it mere bread and wine, for it is the Body and Blood of Christ, according to the Lord's declaration". "Having learned this and being assured of it, that appears to be bread is not bread, though perceived by the taste, but the Body of Christ, and what appears to be wine is not wine, though the taste says so, but the Blood of Christ . . . strengthen thy heart, partaking of it as spiritual (food), and rejoice the face of thy soul". It is difficult not to see the whole doctrine of Transubstantiation in these explicit words. Confirmation is withblessed chrism: "As the bread of the Eucharist after the invocation of the Holy Ghost is not bread, but the Body of Christ, so this holy myrrh is no longer simple, as one might say, after the invocation, but a gift ofChrist and capable by the presence of the Holy Ghost of giving His divinity" (ii, 4). St. Peter and St. Paul went to Rome, the heads (prostatai) of the Church. Peter is ho koryphaiotatos kai protostates ton apostolon. TheFaith is to be proved out of Holy Scripture. St. Cyril, as the Greek Fathers generally, gives the Hebrew canon of the Old Testament omitting the deutero-canonical books. But yet he often quotes them as Scripture. In theNew Testament he does not acknowledge the Apocalypse.


There have been many editions of St. Cyril's works:--(Vienna, 1560); G. Morel (Paris, 1564); J. Prévot (Paris, 1608); T. Milles (London, 1703); the Benedictine edition of Dom Touttée (Paris, 1720; reprinted at Venice, 1763); a new edition from manuscripts, by G.C. Reischl, 8vo (Munich, 1848; 2nd vol. by J. Rupp, 1860); Mignegives the Bened. ed. in P.G., XXXIII; Photius Alexandrides (2 vols., Jerusalem, 1867-8); Eng. tr. in Library of the Fathers (Oxford).

Sources

TILLEMONT, Mémoires pour servir, etc., VIII; TOUTTEE in his edition, and REISCHL; Acta SS., March, II; DELACROIX, Saint-Cyrille de Jerusalem (Paris, 1865); MADER, Der hl. Cyrillus, Bischof von Jerusalem (Einsiedein, 1901).

Chapman, John. "St. Cyril of Jerusalem." The Catholic Encyclopedia. Vol. 4. New York: Robert Appleton Company, 1908. 19 Mar. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/04595b.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Mike Humphrey.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. Remy Lafort, Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.



ST. CYRIL OF JERUSALEM.

DOCTOR OF THE CATHOLIC CHURCH

CYRIL was born at or near the city of Jerusalem, about the year 315. He was ordained priest by St. Maximus, who gave him the important charge of instructing and preparing the candidates for baptism. This charge he held for several years, and we still have one series of his instructions, given in the year 347 or 348. They are of singular interest as being the earliest record of the systematic teaching of the Church on the Creed and Sacraments, and as having been given in the church built by Constantine on Mount Calvary. They are solid, simple, profound; saturated with Holy Scripture; exact, precise, and terse; and, as a witness and exposition of the Catholic Faith, invaluable. On the death of St. Maximus, Cyril was chosen Bishop of Jerusalem. At the beginning of his episcopate a cross was seen in the air reaching from Mount Calvary to Mount Olivet, and so bright that it shone at noonday. St. Cyril gave an account of it to the emperor; and the faithful regarded it as a presage of victory over the Arian heretics. While Cyril was bishop, the apostate Julian resolved to falsify the words of our Lord by rebuilding the temple at Jerusalem. He employed the power and resources of a Roman emperor; the Jews thronged enthusiastically to him and gave munificently. But Cyril was unmoved. "The word of God abides," he said; "one stone shall not be laid on another." When the attempt was made, a heathen writer tells us that horrible flames came forth from the earth, rendering the place inaccessible to the scorched and scared workmen. The attempt was made again and again, and then abandoned in despair. Soon after, the emperor perished miserably in a war against the Persians, and the Church had rest. Like the other great bishops of his time, he was persecuted, and driven once and again from his see; but on the death of the Arian Emperor Valens he returned to Jerusalem. He was present at the second General Council at Constantinople, and died in peace A.D. 386, after a troubled episcopate of thirty-five years. He was declared a Doctor of the Catholic Church by Pope Leo XIII (r. 1878-1903).

REFLECTION.—"As a stout staff," says St. John Chrysostom, "supports the trembling limbs of a feeble old man, so does faith sustain our vacillating mind, lest it be tossed about by sinful hesitation and perplexity."

St. Cyril’s life began a few years before Arianism (the heresy that Jesus was not divine or one in being with the Father) and he lived to see its suppression and condemnation at the end of his life. In between he was the victim of many of the power struggles that took place.

We know little about Cyril’s early life. Historians estimate he was born about 315 and that he was brought up in Jerusalem. He speaks about the appearance of the sites of the Nativity and Holy Sepulchre before they were “improved” by human hands as if he were a witness. All we know of his family were that his parents were probably Christians and he seemed to care for them a great deal. He exhorted catechumens to honor parents “for however much we may repay them, yet we can never be to them what they as parents have been to us.” We know he also had a sister and a nephew, Gelasius, who became a bishop and a saint.
He speaks as one who belonged to a group called the Solitaries. These were men who lived in their own houses in the cities but practiced a life of complete chastity, ascetism, and service.

After being ordained a deacon and then a priest, his bishop Saint Maximus respected him enough to put him in charge of the instruction of catechumens. We still have these catechetical lectures of Cyril’s that were written down by someone in the congregation. When speaking of so many mysteries, Cyril anticipated the question, “But some one will say, If the Divine substance is incomprehensible, why then do you discourse of these things? So then, because I cannot drink up all the river, am I not even to take in moderation what is expedient for me? Because with eyes so constituted as mine I cannot take in all the sun, am I not even to look upon it enough to satisfy my wants? Or again, because I have entered into a great garden, and cannot eat all the supply of fruits, would you have me go away altogether hungry?.. I am attempting now to glorify the Lord, but not to describe him, knowing nevertheless that I shall fall short of glorifying God worthily, yet deeming it a work of piety even to attempt it at all.”

When Maximus died, Cyril was consecrated as bishop of Jerusalem. Because he was supported by the Arian bishop of Caesarea, Acacius, the orthodox criticized the appointment and the Arians thought they had a friend. Both factions were wrong, but Cyril wound up in the middle.

When a famine hit Jerusalem, the poor turned to Cyril for help. Cyril, seeing the poor starving to death and having no money, sold some of the goods of the churches. This was something that other saints including Ambrose and Augustine had done and it probably saved many lives. There were rumors, however, that some of the vestments wound up as clothing for actors.

Actually, the initial cause of the falling out between Acacius and Cyril was territory not beliefs. As bishop of Caesarea, Acacia had authority over all the bishops of Palestine. Cyril argued that his authority did not include Jerusalem because Jerusalem was an “apostolic see” — one of the original sees set up by the apostles. When Cyril did not appear at councils that Acacius called, Acacius accused him of selling church goods to raise money and had him banished.

Cyril stayed in Tarsus while waiting for an appeal. Constantius called a council where the appeal was supposed to take place. The council consisted of orthodox, Arians, and semi-Arian bishops. When Acacius and his faction saw that Cyril and other exiled orthodox bishops were attending, they demanded that the persecuted bishops leave. Acacius walked out when the demand was not met. The other bishops prevailed on Cyril and the others to give in to this point because they didn’t want Acacius to have reason to deny the validity of the council. Acacius returned but left again for good when his creed was rejected — and refused to come back even to give testimony against his enemy Cyril. The result of the council was the Acacius and the other Arian bishops were condemned. There’s no final judgment on Cyril’s case but it was probably thrown out when Acacius refused to testify and Cyril returned to Jerusalem.

This was not the end of Cyril’s troubles because Acacius carried his story to the emperor — embellishing it with details that it was a gift of the emperor’s that was sold to a dancer who died wearing the robe. This brought about a new synod run by Acacius who now had him banished again on the basis of what some bishops of Tarsus had done while Cyril was there.

This exile lasted until Julian became emperor and recalled all exiled bishops, orthodox or Arian. Some said this was to exacerbate tension in the Church and increase his imperial power. So Cyril returned to Jerusalem. When Acacius died, each faction nominated their own replacement for Caesarea. Cyril appointed his nephew Gelasius — which may seem like nepotism, except that all orthodox sources spoke of Gelasius’ holiness. A year later both Cyril and Gelasius were driven out of Palestine again as the new emperor’s consul reversed Julian’s ruling.

Eleven years later, Cyril was allowed to go back to find a Jerusalem destroyed by heresy and strife. He was never able to put things completely right. He did attend the Council at Constantinople in 381 where the Nicene Creed and orthodoxy triumphed and Arianism was finally condemned. Cyril received justice at the same Council who cleared him of all previous rumors and commended him for fighting “a good fight in various places against the Arians.”

Cyril had eight years of peace in Jerusalem before he died in 386, at about seventy years old.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/saint-cyril-of-jerusalem/

March 18

St. Cyril, Archbishop of Jerusalem, Confessor

From the church historians, and his works collected by Dom Touttée in his excellent edition of them at Paris, in 1720.

A.D. 386

CYRIL was born at, or near the city of Jerusalem, about the year 315. So perfectly was he versed in the holy scriptures, that many of his discourses, and some of these pronounced extempore, are only passages of the sacred writings connected and interwoven with each other. He had read diligently both the fathers and the pagan philosophers. Maximus, bishop of Jerusalem, ordained him priest about the year 345, and soon after appointed him his preacher to the people, likewise his catechist to instruct and prepare the catechumens for baptism; thus committing to his care the two principal functions of his own pastoral charge. St. Cyril mentions his sermons to the faithful every Sunday. 1 Catechumens ordinarily remained two years in the course of instruction and prayer, and were not admitted to baptism till they had given proof of their morals and conduct, as well as of their constancy in the faith. 2 This office St. Cyril performed for several years; but we have only the course of his catechetical sermons for the year 348, or 347. Perhaps, the others were never committed to writing. He succeeded Maximus in the see of Jerusalem about the end of the year 350.

The beginning of his episcopacy was remarkable for a prodigy by which God was pleased to honour the instrument of our redemption. It is related by Socrates, 3 Philostorgius, 4 the chronicle of Alexandria, &c. St. Cyril, an eye-witness, wrote immediately to the emperor Constantius, an exact account of this miraculous phenomenon: and his letter is quoted as a voucher for it by Sozomen, 5 Theophanes, 6 Eutychius, 7 John of Nice, 8 Glycas, and others. Dr. Cave has inserted it at length in his life of St. Cyril. 9 The relation he there gives of the miracle is as follows: “On the nones (or 7th) of May, about the third hour (or nine in the morning) a vast luminous body, in the form of a cross, appeared in the heavens, just over the holy Golgotha, reaching as far as the holy mount of Olivet, (that is, almost two English miles in length,) seen not by one or two persons, but clearly and evidently by the whole city. This was not, as maybe thought, a momentary transient phenomenon: for it continued several hours together visible to our eyes, and brighter than the sun; the light of which would have eclipsed it, had not this been stronger. The whole city, struck with a reverential fear, tempered with joy, ran immediately to the church, young and old, Christians and heathens, citizens and strangers, all with one voice giving praise to our Lord Jesus Christ, the only Son of God, the worker of miracles; finding by experience the truth of the Christian doctrine, to which the heavens bear witness.” He concludes his letter with wishes that the emperor may always glorify the holy and consubstantial Trinity. 10 Philostorgius and the Alexandrian chronicle affirm, that this cross of light was encircled with a large rainbow. 11 The Greek church commemorates this miracle on the 7th of May.

Some time after this memorable event, a difference happened between our saint and Acacius, archbishop of Cæsarea, first a warm Semi-Arian, afterwards a thorough Arian. It began on the subject of metropolitical jurisdiction, which Acacius unjustly claimed over the church of Jerusalem; and what widened the breach between them was their difference of sentiments with regard to the consubstantiality of the Son, which St. Cyril had always most zealously asserted. 12 This was sufficient to render him odious in the eyes of Acacius, who in a council of Arian bishops, convened by him, declared St. Cyril deposed for not appearing, after two years warning, to answer to the crimes alleged against him. One of them was, that he had lavished away the goods of the Church, and had applied its sacred ornaments to profane uses. The ground of the accusation was, that, in time of a great famine at Jerusalem, he had sold some of the Church plate, and precious stuffs to relieve the wants of the poor. St. Cyril, not looking upon the members of the council as qualified judges, appealed to higher powers, 13 but yielding to violence withdrew to Antioch, and thence removed to Tarsus, where he was honourably entertained by the bishop Sylvanus, and had in great respect, notwithstanding the sentence of Acacius and his council against him. Here living in communion with Sylvanus, Eustathius of Sebaste, Basil of Ancyra, and others, who soon appeared at the head of the Semi-Arian faction, this gave rise to the calumny that St. Cyril himself had espoused it. But nothing could be more falsely alleged against him, he having always maintained the Catholic faith. He had accordingly, in 349, together with his predecessor Maximus, received the decrees of the council of Sardica, and consequently those of Nice. And we have already seen, in his letter to Constantius, that he made an undaunted profession of the Consubstantial Trinity. To which we may add, that in the council of Constantinople, in 381, he joined with the other bishops in condemning the Semi-Arians and Macedonians. And the orthodox bishops assembled in the same city, in 382, writing to Pope Damasus and to the western bishops, gave a most ample testimony to his faith, declaring, “That the most reverend and beloved of God, Cyril, bishop of Jerusalem, had been canonically elected by the bishops of the province, and had suffered many persecutions for the faith.” 14 Upon the death of Constantius, in 361, Julian the apostate, partly out of aversion to his uncle, and partly in hopes to see the Christian sects and the orthodox more at variance, suffered all the banished bishops to return to their churches. Thus did God make use of the malice of his enemy to restore St. Cyril to his see. He shortly after made him an eye-witness to the miraculous manifestation of his power, by which he covered his blaspheming enemies with confusion. The following most authentic history of that remarkable event is gathered from the original records, and vindicated against the exceptions of certain sceptics by Tillemont, 15 and by our most learned Mr. Warburton in his Julian.

In vain had the most furious tyrants exerted the utmost cruelty, and bent the whole power which the empire of the world put into their hands to extirpate, if it had been possible, the Christian name. The faith increased under axes, and the blood of martyrs was a fruitful seed, which multiplied the Church over all nations. The experience of how weak and ineffectual a means brute force was to this purpose, moved the emperor Julian, the most implacable, the most crafty, and the most dangerous instrument which the devil ever employed in that design, to shift his ground, and change his artillery and manner of assault. He affected a show of great moderation, and in words disclaimed open persecution; but he sought by every foul and indirect means to undermine the faith, and sap the foundations of the Christian religion. For this purpose he had recourse to every base art of falsehood and dissimulation, in which he was the most complete master. He had played off the round of his machines to no purpose, and seemed reduced to this last expedient of the pacific kind, the discrediting the Christian religion by bringing the scandal of imposture upon its divine author. This he attempted to do by a project of rebuilding the Jewish temple, which, if he could have compassed, it would have sufficiently answered his wicked design; Christ and the prophet Daniel having in express terms foretold not only its destruction, which was effected by the Romans under Titus, but its final ruin and desolation.

The Jewish religion was a temporary dispensation, intended by its divine author, God himself, to prefigure one more complete and perfect, and prepare men to embrace it. It not only essentially required bloody sacrifices, but enjoined a fixed and certain place for them to be performed in; this was the temple at Jerusalem. Hence, the final destruction of this temple was the abolition of the sacrifices, and annihilated the whole system of this religious institution. Whence St. Chrysostom 16 shows that the destruction of Jerusalem is to be ascribed, not to the power of the Romans, for God had often delivered it from no less dangers; but to a special providence, which was pleased to put it out of the power of human perversity to delay or respite the extinction of those ceremonial observances. “As a physician,” says that father, “by breaking the cup, prevents his patient from indulging his appetite in a noxious draught; so God withheld the Jews from their sacrifices by destroying the whole city itself, and making the place inaccessible to all of them.” St. Gregory Nazianzen, Socrates, Theodoret, and other Christian writers, are unanimous in what they say of Julian’s motive, ascribing to him the intention already mentioned, of falsifying the scripture prophecies, those of Daniel and Christ, which his actions sufficiently evidence. His historian, indeed, says, that he undertook this work out of a desire of rendering the glory of his reign immortal by so great an achievement: 17 but this was only an after-thought or secondary motive; and Sozomen in particular assures us that not only Julian, but that the idolators who assisted in it, pushed it forward upon that very motive, and for the sake thereof suspended their aversion to the Jewish nation. Julian himself wrote a letter to the body or community of the Jews, extant among his works, 18 mentioned by Sozomen, 19 and translated by Dr. Cave, in his life of St. Cyril. In it he declares them free from all exactions and taxes, and orders Julus or Illus, (probably Hillel,) their most reverend patriarch, to abolish the apostoli, or gatherers of the said taxes; begs their prayers, (such was his hypocrisy,) and promises, after his Persian expedition, when their temple should be rebuilt, to make Jerusalem his residence, and to offer up his joint prayers together with them.

After this he assembled the chief among the Jews, and asked them why they offered no bloody sacrifices, since they were prescribed by their law? They replied, that they could not offer any but in the temple, which then lay in ruins. Whereupon he commanded them to repair to Jerusalem, rebuild their temple, and re-establish their ancient worship, promising them his concurrence towards carrying on the work. The Jews received the warrant with inexpressible joy, and were so elated with it, that, flocking from all parts to Jerusalem, they began insolently to scorn and triumph over the Christians, threatening to make them feel as fatal effects of their severity, as they themselves had heretofore from the Roman powers. 20 The news was no sooner spread abroad than contributions came in from all hands. The Jewish women stript themselves of their most costly ornaments, to contribute towards the expense of the building. The emperor also, who was no less impatient to see it finished, in order to encourage them in the undertaking, told them he had found in their mysterious sacred books, that this was the time in which they were to return to their country, and that their temple and legal observances were to be restored. 21 He gave orders to his treasurers to furnish money and everything necessary for the building, which would require immense sums: he drew together the most able workmen from all quarters, and appointed for overseers persons of the highest rank, placing at their head his intimate friend Alypius, who had formerly been Pro-prefect of Britain; charging him to make them labour in this great work without ceasing, and to spare no expense. All things were in readiness, workmen were assembled from all quarters; stone, brick, timber, and other materials, in immense quantities, were laid in. The Jews of both sexes and of all degrees bore a share in the labour; the very women helping to dig the ground, and carry out the rubbish in their aprons and skirts of their gowns. It is even said that the Jews appointed some pickaxes, spades, and baskets to be made of silver for the honour of the work. But the good bishop St. Cyril, lately returned from exile, beheld all these mighty preparations without any concern, relying on the infallible truth of the Scripture prophecies: as, that the desolation of the Jewish temple should last till the end; 22 and that one stone should not be left on another; 23 and being full of the spirit of God, he foretold with the greatest confidence, that the Jews, so far from being able to rebuild their ruined temple, would be the instruments whereby that prophecy of Christ would be still more fully accomplished than it had been hitherto, and that they would not be able to put one stone upon another, 24 and the event justified the prediction.

Till then the foundations and some ruins of the walls of the temple subsisted, as appears from St. Cyril: 25 and Eusebius says, 26 the inhabitants still carried away the stones for their private buildings. These ruins the Jews first demolished with their own hands, thus concurring to the accomplishment of our Saviour’s prediction. Then they began to dig the new foundation, in which work many thousands were employed. But what they had thrown up in the day was, by repeated earthquakes, the night following cast back again into the trench. “And when Alypius the next day earnestly pressed on the work, with the assistance of the governor of the province, there issued,” says Ammianus, “such horrible balls of fire out of the earth near the foundations, 27 which rendered the place, from time to time, inaccessible to the scorched and blasted workmen. And the victorious element continuing in this manner obstinately and resolutely bent as it were to drive them to a distance, Alypius thought proper to give over the enterprise.” 28 This is also recorded by the Christian authors, who, besides the earthquakes and fiery eruption, mention storms, tempests, and whirlwinds, lightning, crosses impressed on the bodies and garments of the assistants, and a flaming cross in the heavens, surrounded with a luminous circle. The order whereof seems to have been as follows: this judgment of the Almighty was ushered in by storms and whirlwinds, by which prodigious heaps of lime and sand, and other loose materials were carried away.” 29 After these followed lightning, the usual consequence of collision of clouds in tempests. Its effects were, first the destroying the more solid materials, and melting down the iron instruments; 30 and secondly, the impressing shining crosses on the bodies and garments of the assistants without distinction, in which there was something that in art and elegance exceeded all painting or embroidery; which when the infidels perceived, they endeavoured, but in vain, to wash them out. 31 In the third place came the earthquake, which cast out the stones of the old foundations, and shook the earth into the trench or cavity dug for the new; besides overthrowing the adjoining buildings and porticos wherein were lodged great numbers of Jews designed for the work, who were all either crushed to death, or at least maimed or wounded. The number of the killed or hurt was increased by the fiery eruption in the fourth place, attended both with storms and tempest above, and with an earthquake below. 32 From this eruption, many fled to a neighbouring church for shelter, but could not obtain entrance; whether on account of its being closed by a secret invisible hand, as the fathers state the case, or at least by a special providence, through the entrance into the oratory being choked up by a frighted crowd, all pressing to be foremost. “This, however,” says St. Gregory Nazianzen, 33 “is invariably affirmed and believed by all, that as they strove to force their way in by violence, the Fire, which burst from the foundations of the temple, met and stopt them, and one part it burnt and destroyed, and another it desperately maimed, leaving them a living monument of God’s commination and wrath against sinners.” This eruption was frequently renewed till it overcame the rashness of the most obdurate, to use the words of Socrates; for it continued to be repeated as often as the projectors ventured to renew their attempt, till it had fairly tired them out. Lastly, on the same evening there appeared over Jerusalem a lucid cross, shining very bright, as large as that in the reign of Constantine, encompassed with a circle of light. “And what could be so proper to close this tremendous scene, or to celebrate this decisive victory, as the Cross triumphant, encircled with the Heroic symbol of conquest?”

This miraculous event, with all its circumstances, is related by the writers of that age; by St. Gregory Nazianzen in the year immediately following it; by St. Chrysostom, in several parts of his works, who says that it happened not twenty years before, appeals to eye-witnesses still living and young, and to the present condition of those foundations, “of which,” says he, “we are all witnesses;” by St. Ambrose in his fortieth epistle, written in 388; Rufinus, who had long lived upon the spot; Theodoret, who lived in the neighbourhood in Syria; Philostorgius, the Arian; Sozomen, who says many were alive when he wrote who had it from eye-witnesses, and mentions the visible marks still subsisting; Socrates, &c. The testimony of the heathens corroborate this evidence; as that of Ammianus Marcellinus above quoted, a nobleman of the first rank, who then lived in the court of Julian at Antioch and in an office of distinction, and who probably wrote his account from the letter of Alypius to his master at the time when the miracle happened. Libanus, another pagan friend and admirer of Julian, both in the history of his own life, and in his funeral oration on Julian’s death, mentions these earthquakes in Palestine, but with a shyness which discovers the disgrace of his hero and superstition. Julian himself speaks of this event in the same covert manner. Socrates testifies, that, at the sight of the miracles, the Jews at first cried out that Christ is God; yet returned home as hardened as ever. St. Gregory Nazianzen, says, that many Gentiles were converted upon it, and went over to the Church. Theodoret and Sozomen say many were converted; but as to the Jews, they evidently mean a sudden flash of conviction, not a real and lasting conversion. The incredulous blinded themselves by various pretences: but the evidence of the miracle leaves no room for the least cavil or suspicion. The Christian writers of that age are unanimous in relating it with its complicated circumstances, yet with a diversity which shows their agreement, though perfect, could not have been concerted. The same is confirmed by the testimony of the most obstinate adversaries. They, who, when the temple of Daphne was consumed about the same time, by lightning, pretended that it was set on fire by Christians, were not able to suspect any possibility of contrivance in this case: nor could the event have been natural. Every such suspicion is removed by the conformity of the event with the prophecies: the importance of the occasion, the extreme eagerness of Jews and Gentiles in the enterprise, the attention of the whole empire fixed on it, and the circumstances of the fact. The eruption, contrary to its usual nature, was confined to one small spot; it obstinately broke out by fits, and ceased with the project, and this in such a manner, that Ammianus himself ascribes it to an intelligent cause. The phenomena of the cross in the air, and on the garments, were admirably fitted, as moral emblems, to proclaim the triumph of Christ over Julian, who had taken the cross out of the military ensigns, which Constantine had put there to be a lasting memorial of that cross which he had seen in the air that presaged his victories. The same was again erected in the heavens to confound the vanity of its impotent persecutor. The earthquake was undoubtedly miraculous; and though its effects were mostly such as might naturally follow, they were directed by a special supernatural providence, as the burning of Sodom by fire from heaven. Whence Mr. Warburton concludes his dissertation on this subject with the following corrolary. “New light continually springing up from each circumstance as it passes in review, by such time as the whole event is considered, this illustrious miracle comes out in one full blaze of evidence.” 34 Even Jewish Rabbins, who do not copy from Christian writers, relate this event in the same manner with the fathers from their own traditions and records. 35 This great event happened in the beginning of the year 363. St. Chrysostom admires the wonderful conduct of divine providence in this prodigy, and observes, that had not the Jews set about to rebuild their temple, they might have pretended they could have done it; therefore did God permit them thrice to attempt it, once under Adrian, when they brought a greater desolation upon themselves; a second time under Constantine the Great, who dispersed them, cut off their ears, and branded their bodies with the marks of rebellion. He then relates this third attempt, “in our own time,” as he says, “not above twenty years ago, in which God himself visibly baffled their endeavours, to show that no human power could reverse his decree; and this at a time when our religion was oppressed, lay under the axes, and had not the liberty even to speak; that impudence itself might not have the least shadow of pretence.”

St. Cyril adored the divine power in this miracle, of which he had occular demonstration. Orosius says that Julian had destined him to slaughter after his Persian expedition, but the death of the tyrant prevented his martyrdom. He was again driven from his see by the Arian emperor, Valens, in 367, but recovered it in 378, when Gratian, mounting the throne, commanded the churches to be restored to those who were in communion with Pope Damasus. He found his flock miserably divided by heresies and schisms under the late wolves to whom they had fallen a prey: but he continued his labours and tears among them. In 381 he assisted at the general council of Constantinople, in which he condemned the Semi-Arians and Macedonians, whose heresy he had always opposed, though he had sometimes joined their prelates against the Arians before their separation from the Church, as we have seen above; and as St. Hilary, St. Meletius, and many others had done. He had governed his church eight years in peace from the death of Valens, when, in 386, he passed to a glorious immortality, in the seventieth year of his age. He is honoured by the Greeks and Latins on this day, which was that of his death.

Note 1. Cat. 5. 10. 14. [back]

Note 2. See Fleury Mœurs des Chrétiens, p. 42. [back]

Note 3. B. 2. c. 28. [back]

Note 4. Ib. 3. c. 26. [back]

Note 5. Ib. 5. c. 5. [back]

Note 6. Ad. an. 353. [back]

Note 7. Annal. p. 475. [back]

Note 8. Auctar. Combefis. t. 2. p. 382. [back]

Note 9. T. 2. p. 344. [back]

Note 10. [Greek]. This is an argument of his firm adherence to the Nicene faith, and that by the praises which he bestows on an Arian emperor in this piece, he meant not to flatter him in his heterodox sentiments; they being only compliments of course in an address to an eastern emperor, and his own sovereign. [back]

Note 11. Certain moderns imagine that the luminous crosses which appeared in the air in the reigns of Constantine and Constantius, were merely natural solar halos; and that under Julian, which appeared in the night, a lunar halo, or circle of colours, usually red, round those celestial bodies. But in opposition to this hypothesis we must observe, that those natural phenomena do not ordinarily appear in the figure of a cross, but of a ring or circle, as both experience and the natural cause show. We ought also to take notice, that this prodigy appeared thrice in the same century, and always on extraordinary occasions, in which many circumstances rendered a miraculous manifestation of the divine power highly credible. Moreover, how will these secretaries and confidents of the intrigues of nature, as Mr. Warburton styles them, account for the inscription, In this conquer, which was formed in bright letters round the cross, which appeared in the air to Constantine and his whole army, as that emperor himself affirmed upon oath, and as Eusebius assures us from his testimony, and that of other eye-witnesses. (l. 1. de Vit. Const. c. 28. olim 22.) Fabricius very absurdly pretends that [Greek] may here signify an emblem, not an inscription. Mr. Jortin, after taking much pains on this subject, is obliged to confess (vol. 3. p. 6) that, “After all, it seems more natural to interpret [Greek] of a writing than of a picture. “It is an ugly circumstance,” says this author, “and I wish we could fairly get rid of it.” Those who can explain the scripture account of the passage of the Israelites through the Red Sea by a natural strong wind, and an extraordinary ebbing of the waters, can find no knot too hard for them. To deny a supernatural interposition they can swallow contradictions, and build hypothesis far more wonderful than the greatest miracles. [back]

Note 12. Sozomen indeed says, (b. 4. c. 24.) that Acacius fought for Arianism, Cyril for Semi-Arianism: but this is altogether a mistake. For Acacius himself was at that time a Semi-Arian, and in 341, in the council of Antioch, affirmed Christ to be like, though not equal, to his Father. It was only in 358, that he closed in with Eudoxius, and the other rigid Arians. And as to St. Cyril, it is also clear from the facts above mentioned, and from his writings, that he always professed the Catholic faith, with regard to the article of the Consubstantiality of the Son of God. This is demonstrated by Dom Touttée, in his life of St. Cyril, and by his colleague Dom Maran, in his dissertation on the Semi-Arians, printed at Paris, in 1721, to vindicate this father against a certain author in the memoirs of Trevoux, an. 1721. [back]

Note 13. Sozom. b. 4. c. 24. [back]

Note 14. Apud Theod. Hist. b. 5. c. 9. [back]

Note 15. Tillem. t. 7. p. 400. [back]

Note 16. Hom. 6. adv. Judæ. t. 1. p. 646. ed. Ben. [back]

Note 17. Amm. Marcell. l. 3. c. 1. [back]

Note 18. Ep. 25. p. 152. [back]

Note 19. Soz. l. 5. c. 22. [back]

Note 20. It was about this time that the Jews demolished the great church of Alexandria, two more at Damascus, and others elsewhere. [back]

Note 21. Naz. Or. 4. adv. Julian. [back]

Note 22. Dan. ix. 27. [back]

Note 23. Matt. xxiv. 2. [back]

Note 24. Rufin. Hist. l. 10. c. 37. [back]

Note 25. Catech. 15. n. 15. [back]

Note 26. Dem. Evang. l. 8. p. 406. [back]

Note 27. Out of the very foundations themselves, according to St. Chrysostom, Sozomen, and Theodoret. [back]

Note 28. Hocque modo elemento destinatius repellente. Amm. Marcel. l. xxiii. c. 1. A very emphatical expression in the mouth of a pagan. He seems by it to ascribe sense to the element, by which he discovers the finger of God visibly defeating the obstinacy of the undertaking, and a renewal of the eruption so often till it overcame the rashness of the most obstinate. [back]

Note 29. Theod. Hist. l. 3. c. 20. [back]

Note 30. Soc. lib. 3. c. 20. [back]

Note 31. St. Greg. Naz. Or. 4. adv. Julian. Theodoret indeed says that these crosses were shaded with a dark colour: but this without any real contradiction to St. Gregory’s relation of the matter, because, like the phosphorus, they were of a darkish hue by day, and lucid by night. [back]

Note 32. St. Greg. Naz. Or. 9. [back]

Note 33. Or. 4, adv. Julian. [back]

Note 34. This learned author demonstrates, lib. 2. ch. 4. that the exceptions of Mr. Basnage are founded on glaring mistakes and misrepresentations of his authorities. [back]

Note 35. See Warburton, p. 88. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume III: March. The Lives of the Saints.  1866.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/3/182.html

March 18

Appendix on the Writings of St. Cyril of Jerusalem

ST. MAXIMUS, bishop of Jerusalem, having appointed St. Cyril both his preacher and his catechist, our saint diligently acquitted himself of both these functions, the most important of the episcopal charge. St. Cyril mentions his sermons which he made to the people every Sunday. (Cat. 5. 10. 14.) One of these is extant in the new edition of his works. It is a moral discourse against sin, as the source of all our miseries, drawn from the gospel upon the sick man healed at the Probatic pond. (John v.) He preached every year a course of catechetical sermons for the instruction of the catechumens, to prepare them for baptism and the holy communion. Only those which he preached in 347, or rather in 348, seem to have been committed to writing. These consist of eighteen to the competentes, or llluminati, that is, catechumens before baptism; and of five mystagogic catechetical discourses, so called either because they were addressed to the catechumens immediately after they were initiated in the holy mysteries of Baptism, Confirmation, and the Eucharist, or because these sacraments are fully explained in them, which were never expounded to those who were not initiated, out of respect, and for fear of giving occasion to their profanation by the blasphemies of infidels. In the first eighteen, St. Cyril explains the doctrine of the Church concerning the pardon of sin, prayer, and all the articles of the Apostles’ Creed. The style is clear, suitable to an exposition of doctrine, such as is here given, and the work is one of the most important of Christian antiquity. The Latin translation of Grodecius, canon of Warmia in Poland, printed first in 1563, though often corrected, was very inaccurate; and the Greek editions very incorrect and imperfect, before that given by Thomas Milles at Oxford, in 1703, which is very valuable, though the author in part of his notes, where he endeavours to maintain the principles of the Protestant Church, is very inconsistent. Dom Touttée, a Maurist monk, who died in 1718, prepared an excellent and complete edition of the works of St. Cyril; which was published by Dom Maran, in 1720, in one volume in folio. The journalists of Trevoux, in their memoirs for December, in 1721, criticised some of the notes concerning the Semi-Arians, and the temporary neutrality of St. Cyril. Dom Maran answered them by a learned and curious dissertation, Sur le Semi-Ariens, printed by Vincent, in 1722.

Three French Calvinists, Aubertin, Rivet, (Critici Sacri, l. 3. c. 8, 9, 10, and 11.) and the apostate Casimir Oudin, (De Scr. Eccl. t. 1. p. 459.) deny these catechesis, at least the mystagogics, to be the work of St. Cyril. Oudin to his usual inaccuracy adds many affected blunders, and shows a dread of his unanswerable authority in favour of many articles which he was unwilling to allow, was his chief motive for raising such a contest about the author; though if this was not St. Cyril, these critics must confess from six hundred passages in the discourses, that they were delivered at Jerusalem, about the middle of the fourth century. Other Protestants, especially the English, are more sincere, and prove them this father’s most undoubted work, as Doctor Cave, in St. Cyril’s life, Thomas Milles, in his preface and notes to his edition of St. Cyril, Whittaker, Vossius, Bull, &c. They were preached at Jerusalem, seventy years after Manes broached his heresy, whom some then alive had seen, (Cat. 6.) which agrees only to the year 347. They are mentioned by St. Jerom, in the same age, (Catal. c. 112.) quoted by Theodoret (Dial. Inconfusus, p. 106.) and innumerable other fathers in every age downwards. As for the five mystagogics, they are inseparable from the rest, and as undoubted. The author promises them in his eighteenth, and mentions his first eighteen in the first mystagogic. (n. 9.) They are quoted by Eustrasius, (under Justinian,) by Anastius the Sinaite, Nico the monk, and other ancients produced by Dom Touttée. (Diss. 2. p. cv.)

In his first catechetic instructions, he commands the catechumens not to divulge any part of our mysteries to any infidel, as unworthy, and exhorts them to the dispositions and preparation for holy baptism, viz., to a pure intention, assiduity in prayer, and at church, devoutly receiving the exorcisms, fasting, sincere repentance, confessing their sins, whatever they had committed. (Catech. 1. n. 5.) In the fourth he gives a summary of the Christian faith, and reckons up the canonical books of scripture, in which he omits the Apocalypse, and some of the deutero-canonical books, though he quotes these in other places as God’s word. In the following discourses he explains very distinctly and clearly every article of our Creed: he teaches Christ’s descent into the subterraneous dungeons ([Greek]) to deliver the ancient just. (Cat. 4. n. 11. p. 57.) The porters of hell stood astonished to behold their conqueror, and fled: the prophets and saints, with Moses, Abraham, David, &c., met him, now redeemed by him. (Cat. 14. n. 19. p. 214.) He extols exceedingly the state of virginity as equal to that of the angels. (Cat. 4. n. 24. Cat. 12. n. 33, 34.) He says it will, in the day of judgment, in the list of good works, carry off the first crowns. (Cat. 15. n. 23.) He compares it to gold, and marriage, which is yet good and honourable, to silver; but prescribes times of continency to married persons for prayer. (Cat. 4. n. 26.) He calls Lent the greatest time of fasting and penance, but says, “Thou dost not abstain from wine and flesh as bad in themselves, as the Manichees, for so thou wilt have no reward: but thou retrenchest them, good indeed in themselves, for better spiritual recompenses, which are promised.” (Cat. 4. n. 27.) He mentions the fasts and watchings of superposition, i. e. of holy week before Easter, as most austere. (Cat. 18.) He expresses on all occasions the tenderest devotion to the holy cross of Christ, and a great confidence in it, with which lie endeavours also to inspire others. “Let us not be ashamed of the cross of Christ,” says he: “sign it openly on thy forehead, that the devils, seeing the royal standard, may fly far trembling; make this sign when thou eatest or drinkest, sittest, liest, risest, speakest, walkest, in a word, in every action [Greek].” (Cat. 4. p. 58.) And again, “when thou art going to dispute against an infidel, make with thy hand the sign of the cross, and thy adversary will be struck dumb; be not ashamed to confess the cross. The angels glory in it, saying, Whom do you seek? Jesus the crucified, Mat. xxviii. 6. You could have said, O Angel, My Lord: but the cross is his crown.” (Cat. 13. n. 22. p. 194.) St. Porphyry of Gaza, instructed by St. Cyril’s successor, John, following this rule, by beginning a disputation with a famous Manichean woman, struck her miraculously dumb. St. Cyril, in his thirteenth catechesis, thus addresses his catechumen: (n. 36. p. 200.) “Be careful to form with your finger on your forehead boldly, the sign of the cross for a signet and standard, and that before every thing; whilst we eat our bread, or drink our cups, in coming in and going out, before sleep, and in rising, in walking, and in standing still.” He testifies, in his tenth catechesis, (n. 19.) that the holy wood of the cross kept at Jerusalem, had in the few years since its invention by St. Helena, already filled the whole world, being carried every where by those who, full of devotion, cut off little chips. (p. 146.) We learn from Rufin, (Hist. b. 1. c. 10.) that the holy cross was covered by St. Helena with a silver case; and from S. Paulinus, (Ep. 31. n. 6.) that it was kept in an inner treasury in the church into which the passage lay through a portico or gallery, as appears from the Spiritual Meadow. (C. 105.) A lamp burned before the cross, by the oil whereof St. Sabas and St. Cyriacus wrought many miracles, as we read in their lives. A priest was appointed by the bishop to be the guardian of this sacred treasury, which honour was conferred on St. Porphyry of Gaza, soon after St. Cyril’s death; and then the case of the cross was of gold. St. Paulinus says, it was exposed to the public veneration of the people once a year at Easter, which some think to have been on Good Friday. St. Sophronius of Jerusalem, (Or. 1.) besides other days, in his time, says it was on Easter Monday. At extraordinary times the bishop gave leave for it to be shown to pilgrims to be venerated, and for them to cut off small chips, by which, miraculously, the cross never diminished, as St. Paulinus wrote seventy years after its invention. The devotion of St. Cyril to the holy cross, was doubtless more inflamed by the sacred place in which he made all his sermons, which was the church built by St. Helena and Constantine, sometimes called of the Holy Cross, which was kept in it; sometimes of the Resurrection, because it contained in it the sepulchre, out of which Christ arose from death. It is curiously described as it stood, before it was destroyed by the Saracens, in 1011, by Horn Touttée, in a particular dissertation at the end of St. Cyril’s works. (p. 423.) It was since rebuilt, but not exactly in the same place.

St. Cyril inculcates also an honour due to the relics of saints, which he proves (Cat. 17. n. 30, 31.) from the Holy Ghost performing miracles by the handkerchiefs of St. Paul, how much more by the saints’ bodies? This he shows (Cat. 18. n. 16. p. 293.) by the man raised to life by touching the body of Eliseus. (4 Reg. xiii. 21.) He gives the Blessed Virgin the title of Mother of God, [Greek] (Cat. 10. n. 19. p. 146.) He is very clear in explaining the eternity and consubstantiality of God the Son, (Cat. 4. 10, 11, 15.) which would alone justify him from all suspicion of Semi-Arianism. He is no less explicit against the Macedonians, on the divinity of the Holy Ghost. On that article: I believe in the Holy Ghost, “Believe of him,” says he, “the same as of the Father and of the Son,” &c. (Cat. 4. n. 16. p. 59, 60.) On the article of the holy Catholic Church, he observes, that the very name of Catholic distinguishes it from all heresies, which labour in vain to usurp it; this always remains proper to the spouse of Christ, as we see, if a stranger ask in any city, Where is the Catholic Church? (Cat. 18. n. 26.) That it is catholic, or universal, because spread over the whole world from one end to the other; and because universally and without failing or error, [Greek], it teaches all truths of things visible and invisible, (ib. n. 23. p. 296.) which he proves from Matt. xvi. 18. The gates of hell shall never prevail against it. 1 Tim. iii. 15. It is the pillar and ground of truth. Malach. i. 11. From the rising of the sun to the setting, my name is glorified. He is very earnest in admonishing, that no book is to be received as divine, but by the authority of the Church, and by tradition from the apostles, and the ancient bishops, the rulers of the Church. (Cat. 4. n. 23. 35, 36.) By the same channel of the tradition of the Church, he teaches the sign of the cross, the honouring of that holy wood of our Saviour’s sepulchre, and of saints’ relics, exorcisms, and their virtue, insufflations, oil sanctified by exorcisms, (Cat. 20.) holy chrism, (Cat. 21.) blessing the baptismal water, (Cat. 3.) prayers, and sacrifices for the dead, (Cat. 23.) the perpetual virginity of the Virgin Mary, (Cat. 12.) &c. He made these eighteen catecheses to the catechumens during Lent: the five following he spoke to them after they were baptized during Easter week, to instruct them perfectly in the mysteries of the three sacraments they had received together, baptism, confirmation, and the eucharist, which it was thought a profanation to explain fully to any before baptism. Hence these five are called mystagogic catecheses. As to baptism, St. Cyril teaches (Procat. n. 16. p. 12.) that it imprints an indelible signet, or spiritual character in the soul, which, he says, (Cat. 1. n. 2.) is the mark by which we belong to Christ’s flock: he adds, this is conferred by the regeneration, by and in the lotion with water. (Cat. 4 & 12. Cat 16. n. 24.) He calls the character given by confirmation the signet of the communication of the Holy Ghost, (Cat. 18. n. 33.) and says (Cat. 22. n. 7.) it is imprinted on the soul, whilst the forehead is anointed with chrism, (Cat. 22. n. 7.) and after by baptism, (ib. n. 33.) by which he clearly distinguishes the characters of these two different sacraments, though Mr. Milles (not. in Procat.) has taken great pains to confound them. St. Cyril teaches that baptism perfectly remits all sin; but penance, the remedy for sins after it, does not quite efface them, as wounds that are healed leave still scars. (Cat. 18. n. 20.) He attributes great virtue to the exorcisms for purifying the soul, (Procat. n. 9.) and says, as incantations give a diabolical virtue to defile the soul, so does the invocation of the Holy Ghost give a virtue to the water, and gives it the power to sanctify. (Cat. 3. n. 3.) He says the same of the blessed oil, (Cat. 20. n. 3. p. 3.) and establishes clearly confirmation to be a distinct sacrament from baptism: he calls it the chrism and the mystical ointment, (Cat. 21.) and says it is to arm and fortify us against the enemies of our salvation, (Ib. p. 317. n. 4.) and that whilst the body is anointed with this visible ointment, the soul is sanctified by the holy and life-giving spirit, (ib. n. 3.) In his nineteenth catechesis, the first mystagogic, he explains the force of the baptismal renunciations of the devil and his pomps. In the twentieth, the other ceremonies of baptism, and what they mean; in the twenty-first, the sacrament of confirmation; in the twenty-second, that of the blessed eucharist; in the twenty-third, or last, the liturgy or sacrifice of the mass and communion. As to the blessed eucharist, he says, by it we are made concorporeal and consanguined with Christ by his body and blood being distributed through our bodies. (Cat. 22. n. 1. 3.) This same strong expression which wonderfully declares the strict union which is the effect of this sacrament, is used by St. Chrysostom, (Hom. 6. in Hebr. &c.) St. Isidore, of Pelusium, (l. 3. ep. 195.) St. Cyril, of Alexandria, (l. 10. in Joan. p. 862. dial. de Trin. p. 407.) &c. Our holy doctor explains to his neophytes the doctrine of transubstantiation in such plain terms, that no one can doubt of its being the faith of the Church in the fourth age. The learned Lutheran Pfaffius, (Dis. de oblatione Euchar. c. 38. p. 327.) owns it cannot be denied that this is Cyril’s opinion. Grabe affirms the same, (not. in l. 5. Irenæi, c. 2. p. 399.) This twenty-second catechesis alone puts it out of dispute. “Do not look upon the bread and wine as bare and common elements, for they are the Body and Blood of Christ, as our Lord assures us. Although thy sense suggest this to thee, let faith make thee firm and sure. Judge not of the thing by the taste, but be certain from faith that thou hast been honoured with the gift of Christ’s Body and Blood. (Cat. 22. n. 6. p. 321.) When he has pronounced and said of the bread: ‘This is my body,’ who will, after this, dare to doubt? and when he has assured and said, ‘This is my blood,’ who can ever hesitate, saying it is not his blood? (n. 1. p. 32.) He changed water into wine, which is akin to blood, in Cana; and shall we not think him worthy our belief, when he has changed [Greek] wine into blood? (n. 2.) &c. Wherefore let us receive them with an entire belief as Christ’s Body and Blood, for under the figure of bread is given to thee his Body, and under the figure of wine his Blood, that when thou hast received Christ’s Body and Blood thou he made one body and blood with him: for so we carry him about in us, his Body and Blood being distributed through our bodies.” (n. 3. p. 320.) We learn the manner of receiving the blessed sacrament from his Catech. 23. “Putting your left hand under your right,” says he, “form a throne of your right hand to receive the king; hold it hollow, receiving on it the Body of Christ. Answer, Amen. Carefully sanctify your eyes by touching them with the holy Body, being very watchful that no part of it fall. Approach to the cup of the Blood, bowed in a posture of adoration and reverence; saying, Amen, take of the blood of Christ. Whilst yet something of the moisture sticks on your lips, touch them with your hand, and by applying it then to your eyes, forehead and other senses sanctify them.”

In his twenty-third or last catechesis, he calls the mass an unbloody sacrifice, a victim of propitiation, a supreme worship, &c. (n. 8. p. 327.) He explains the Preface, and the other principal parts of it, especially the Communion, and mentions the priest from the altar crying out to the faithful, before they approached to receive, [Greek]. He expounds the Lord’s Prayer, and mentions the commemorations for the living and the dead. Of the latter he writes thus: (n. 9. p. 328.) “We also pray for the deceased holy fathers, bishops, and all in general who are dead, believing that this will be a great succour to those souls for whom prayer is offered, whilst the holy and most tremendous victim lies present.” And, (n. 10. ib.) “If a king, being offended at certain persons, had banished them, and their friends offer him a rich garland for them, will not he be moved to release them from punishment? In like manner we, offering prayers to God for the dead, though they be sinners, do not make a garland, but we offer Christ sacrificed for our sins, striving to appease and make our merciful God propitious both to them and to ourselves.” This very passage is quoted out of St. Cyril, in the sixth century, by Eustratius, a priest of Constantinople, author of the life of the patriarch Eutychius, in his book on praying for the dead, or on the state of the dead, published by Leo Allatius, l. De Consensu Eccl. Orient. et Occid. De Purgat. and in Bibl. Patr. t. 27. It is also cited by Nicon the monk, in his Pandect.

St. Cyril’s famous letter to Constantius, On the Apparition of the Cross in the Heavens, was written by him soon after he was raised to the episcopal dignity, either in the same year, 350, or in the following.

A sermon, On the Feast of the Purification of the Blessed Virgin, and the Presentation of Christ in the Temple, bears the name of St. Cyril of Jerusalem, in almost all the MSS.; but the custom of carrying blessed candles in procession that day mentioned in this discourse, was only introduced at Jerusalem at the suggestion of a devout lady named Icelia, about the middle of the fifth century, about sixty years after the death of St. Cyril. Other passages in this discourse seem clearly levelled against the heresy of Nestorius. The style is also more pompous and adorned than that of St. Cyril, nor abounds with parentheses like his. It is a beautiful, eloquent, and solid piece, and was probably composed by some priest of the church of Jerusalem, whose name was Cyril, about the sixth century, when either Sallust or Elias was patriarch. See Dom Touttée, and Ceillier, t. 6. p. 544.

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume III: March. The Lives of the Saints.  1866.


SOURCE : http://www.bartleby.com/210/3/183.html